Le site Disputationes theologicae
a réalisé une fort intéressante rencontre avec Mgr. Domenico
BARTOLUCCI, maître émérite de la Chapelle Sixtine, grand ami et
collaborateur de Benoît XVI.
Il pose les bases d'une
analyse honnête et courageuse du passé liturgique récent, tout en proposant,
dans une attitude positive et bienveillante, des remèdes pratiques et surtout
réalisables.
Mgr. Domenico BARTOLUCCI est né en 1917 à Borgo San Lorenzo (Florence), toscan
par sa naissance puis romain par l'appel du Pape. Il est nommé en 1952
substitut de la Chapelle Sixtine, aux côtés de Lorenzo Perosi, puis maître de
cette chapelle papale à partir de 1956, où il a eu l'honneur de travailler avec
cinq papes. Le 24 juin 2006, le Pontife régnant a tenu à organiser une cérémonie
spéciale (photo) afin de sceller « à perpétuité » sa proximité et son
admiration pour le grand musicien, auquel il adressait les mots suivants :
« La polyphonie sacrée, en particulier celle de l'école romaine, est un
héritage à conserver avec soin (...). Un authentique aggiornamento de la musique
sacrée ne peut advenir que sur le socle de la grande tradition héritée du
passé, celle du chant grégorien et de la polyphonie sacrée ».
Un de nos fidèles adhérents, nous a adressé il y a quelques mois la copie de deux pages des « Notes intimes » de Marie Noël et nous l’en remercions vivement. Ce texte est d’autant plus remarquable qu’il fut rédigé en 1934. Et comme le dit justement notre abonné « certaines forces centrifuges étaient déjà sournoisement à l’oeuvre dès cette époque… »
…Certains clercs novateurs tendent de plus en plus à s’écarter de la liturgie traditionnelle pour ouvrir l’avenir, de plus en plus, à une religion discoureuse qu’ils pensent devoir parler mieux, avec plus de fruit, à l’âme du peuple. Ils abandonnent volontiers la pratique dominicale - vêpres, complies - pour multiplier, hors église, des réunions conversantes, des séances de petits parlements pieux et substituent, dans les offices même, aux mystérieuses hymnes sacrées jugées inintelligibles, le cantique en langue vulgaire qui dit tout ce qu’il signifie peu de chose ou rien. Dans ce parti de vulgariser oh combien ! le culte divin en le dépouillant de sa beauté séculaire sanctifiante, comme un ci-devant qu’il faut enfin exproprier, un passé qu’il est temps d’appauvrir pour le mettre au bas niveau du plus grand nombre, ils oublient que sa vertu mystique est au contraire d’élever le plus grand nombre au niveau sur-quotidien des éternels élus. Est-il nécessaire aux croyants de tout comprendre ? Il y a plusieurs paroles dans le verbe de Dieu. Dieu ne parle pas seulement à l’homme par le discours plus ou moins convaincant de l’homme, mais aussi, quand l’homme se tait, par une atteinte intérieure que l’homme ne sait pas......
Publié dans la revue Una Voce N° 266 de mai-juin 2009