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| Extrait du Discours du Saint-Père au couvent des Bernardins |
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| 12-09-2008 | |
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".....Pour prier sur la base de la Parole de Dieu, la
seule labialisation ne suffit pas, la musique est nécessaire. Deux chants de la
liturgie chrétienne dérivent de textes bibliques qui les placent sur les lèvres des Anges : le
Gloria qui est chanté une première fois par les Anges à la naissance de Jésus,
et le Sanctus qui, selon Isaïe 6, est l'acclamation des Séraphins qui se
tiennent dans la proximité immédiate de Dieu. Sous ce jour, la Liturgie
chrétienne est une invitation à chanter avec les anges et à donner à la parole sa plus haute fonction.
À ce sujet, écoutons encore une fois Jean Leclercq : «
Les moines devaient trouver des accents qui traduisent le consentement de
l'homme racheté aux mystères qu'il célèbre : les quelques chapiteaux de Cluny*
qui nous aient été conservés montrent les symboles christologiques des divers
tons du chant » (cf. ibid., p. 229). Pour saint Benoît, la règle déterminante
de la prière et du chant des moines est la parole du Psaume : Coram angelis psallam
Tibi, Domine - en présence des anges, je veux te chanter, Seigneur (cf. 138,
1). Se trouve ici exprimée la conscience de chanter, dans la prière
communautaire, en présence de toute la cour céleste, et donc d'être soumis à la
mesure suprême : prier et chanter pour s'unir à la musique des esprits sublimes
qui étaient considérés comme les auteurs de l'harmonie du cosmos, de la musique
des sphères...
De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec les mots qu'Il a Lui-même donnés, est née la grande musique occidentale. Ce n'était pas là l'œuvre d'une « créativité » personnelle où l'individu, prenant comme critère essentiel la représentation de son propre moi, s'érige un monument à lui-même. Il s'agissait plutôt de reconnaître attentivement avec les « oreilles du cœur » les lois constitutives de l'harmonie musicale de la création, les formes essentielles de la musique émise par le Créateur dans le monde et en l'homme, et d'inventer une musique digne de Dieu qui soit, en même temps, authentiquement digne de l'homme et qui proclame hautement cette dignité...."
* NDLR: Les huit chapiteaux des huit tons du plain-chant du chœur
de Cluny ont fait l'objet d'un article d'Odile Welfelé et Valérie Carpentier dans le numéro 259 de mars-avril 2008 de la revue Una Voce.
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