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| La Repubblica (Italie) : Discussions sur le rite en latin entre évêques et traditionalistes |
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| Revue de Presse - Presse italienne | |
| 07-10-2008 | |
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Discussions sur le rite en latin entre évêques et traditionalistes. Comment est saboté l'ordre du Pape concernant la messe ancienne en latin.
Louis de
Lestang, catholique traditionaliste versaillais, décrit les choses ainsi :
" Il y a le prêtre qui vous dit qu'il y a un problème pour l'unité de la
paroisse, le curé qui affirme ne pas savoir la célébrer la messe en latin, le
pretre de la paroisse qui vous dit avoir déjà 2 ou 3 messes à
célébrer le dimanche matin et qu'il ne peut pas faire davantage.
Puis il y a les autorités ecclesiastiques qui mettent à la disposition des
traditionalistes une petite église de campagne ou un édifice plus grand,
mais seulement une fois par mois. Le diocèse repousse les demandes à
connotation aggressive, mais Louis, 34 ans, opérateur touristique, marié-5
enfants, soutient qu'autour de Versailles, les groupes qui réclament la messe
en latin sont présents dans la moitié des 3 000 paroisses. Il s'agit par
moments de 30, 40 personnes, parfois de 600. Il y a ceux qui peuvent suivre la
messe tridentine chaque dimanche, ceux qui le peuvent une fois par mois et ceux
qui ne le peuvent jamais. Alors Louis et ses amis ont eu l'idée d'organiser à
la fin du mois une conférence nationale afin de faire le point sur
l'application du motu proprio Summorum Pontificum, qui depuis le 14 septembre
2007, autorise des groupes stables de traditionalistes à pouvoir demander à
leur paroisse la célébration de la messe pré-conciliaire. Les adhésions
pleuvent.
Si Louis
a raison, les paroisses ont aussi leurs raisons. Il se passe la même chose en
Italie et dans les autres pays européens. Une fois mobilisés, les
traditionalistes ne trouvent pas d'espaces correspondant à leurs exigences, et
les paroisses, étranglées par le manque de prêtres, la saturation des activités
paroissiales, la course à droite et à gauche pour répondre aux demandes des
milliers de fidèles qui dépendent de leur "territoire", sont ainsi
récalcitrantes à organiser une pastorale parallèle pour une poignée de
personnes. "Laissez moi le temps d'apprendre" s'est exclamé un prêtre
toscan quand des traditionalistes se sont présentés au presbytère pour la messe
pré-conciliaire.
Parce
que le mécanisme du document papal présente une logique inexorable. Avec JPII,
il revenait aux eveques d'autoriser la pratique de l'ancien rite. L'ordre de
Ratzinger en revanche, transforme la question en un droit des fidèles tradis,
à qui les prêtres doivent assurer ce service. Les prêtres n'en sont
pas convaincus, ils sont habitués à la liturgie post-conciliaire, plus
communicative, participative et plus riche dans l'utilisation des textes
sacrés.Mais surtout, les évêques ne sont en rien d'accord avec la justification
du motu proprio qui favorise de fait la création d'une église parallèle. S'il y
a une révolution que ni les eveques, ni les cardinaux ne veulent, c'est
celle-la. Le jésuite Tom Reese, ancien directeur de l'influente revue America,
précise : "Ce fut une claque pour l'épiscopat". En Italie, des
personnalités comme le Cardinal Carlo Maria Martini ou le vice président de la
CEI comme Plotti et Corti n'ont pas caché leurs fortes réserves. L'eveque Brandolini,
membre de la Commission liturgique du CEI s'est exclamé lors de l'annonce du
Motu proprio : " C'est un jour de lutte, il se fonde une réforme plus
importante que le Concile". Si l'Eglise Catholique était gouvernée comme l'Eglise Orthodoxe sur le principe de la décision collective des Sinodes, le changement ne pourrait être autorisé. .... Apres, enumeration des situations dans plusieurs villes et paroisses.... Le cardinal Castrillon Hoyos, president de Ecclesia Dei, lorsque les traditionalistes lui ont demandé d'avoir à leur disposition systématique la basilique de Sainta Maria MAggiore, a lâché ; "ils sont insatiables". Dans le diocèse de Novara, l'eveque Corti a écarté 3 pretres de leurs paroisses qui s'étaient mis à ne celebrer qu'en latin, prétextant qu'ils n'étaient pas des juke-box. Mais le geste du Pape a pour but : "d'ouvrir les coeurs à l'unité de l'Eglise, pour comprendre qu'il y a différentes pièces dans la maison de Dieu".
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