L'Association Una Voce a souhaité porter à votre
connaissance, si vous ne l'avez pas déjà lu, un important sondage CSA au sujet
de la forme extraordinaire du rite romain, commandé par l'association Paix
Liturgique, qui oeuvre comme notre association en faveur de l'application du Motu proprio Summorum Pontificum de Sa Sainteté Benoît XVI .
En voici les résultats, présentés et commentés par Paix Liturgique:
Aux lendemains de la visite du Saint-Père en France, Paix
Liturgique a souhaité demander à l'organisme professionnel et indépendant CSA
de mener une enquête d'opinion sur la réception du Motu Proprio Summorum
Pontificum en France auprès des français se reconnaissant comme catholiques à
qui nous avons fait poser les 4 questions suivantes :
Question 1 : Le Pape Benoît XVI a rappelé en juillet 2007 que la messe
pouvait être célébrée à la fois en français, c'est-à-dire sous sa forme
moderne dite Ordinaire, et en latin et grégorien, c'est-à-dire sous sa forme
ancienne dite Extraordinaire et que ces deux formes étaient tout aussi
acceptables l'une que l'autre. Le saviez-vous ?
Question 2 : Considéreriez-vous comme normal ou pas normal si les deux
formes liturgiques (en français, c'est-à-dire sous sa forme moderne dite
Ordinaire, et en latin et grégorien, c'est-à-dire sous sa forme ancienne dite
Extraordinaire) devaient être célébrées régulièrement dans les principales
églises de votre diocèse ?
Question 3 : Seriez-vous tout à fait favorable, plutôt favorable,
plutôt pas favorable ou pas du tout favorable à ce que la messe soit célébrée
en latin et grégorien chaque dimanche dans votre paroisse, en plus de la
messe en français ?
Question 4 : Si une messe était célébrée en latin et grégorien, sous
sa forme ancienne dans une église près de chez vous, ou dans votre paroisse y
assisteriez vous...?
Ce sondage a été réalisé les 24 et 25 septembre 2008 auprès d'un panel
représentatif : les résultats de cette étude scientifique et objective sont
éloquents et sans appel...
Cette enquête est la vraie réponse de tous ceux au nom de qui
"on" parle depuis 40 ans pour justifier les nouveautés et exclure
les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle.
A moins d'être aveugle, sourd-muet et d'une mauvaise foi sans limite, il
n'est plus possible - sauf à vouloir passer pour un humoriste ou un petit
plaisantin - de continuer de dire : "Il n'y a pas de demande, je ne peux
pas inventer ce qui n'existe pas".
Nous n'avons pas la prétention de penser que cette étude scientifique fera
changer d'avis les ennemis de la paix et les idéologues qui depuis 40 ans
s'acharnent à bâtir une Eglise théorique tout à fait étrangère à la réalité
et à exclure ceux qui ne partagent pas leur vision sectaire et sans amour.
Nous espérons néanmoins qu'elle confortera tous les hommes de bonne volonté
qui, dans un esprit de paix, se retrouvent dans l'intuition de génie de
Benoît XVI de vouloir rendre le trésor de la liturgie traditionnelle de
l'Eglise à toute l'Eglise universelle, à toutes les paroisses.
Pour ne pas noyer nos lecteurs et pour permettre une bonne assimilation de
cette étude bouleversante pour le paysage ecclésial, nous consacrerons
chacune de nos 3 prochaines lettres à la présentation d'une question du
sondage et de sa réponse.
Celle d'aujourd'hui est donc consacrée à la première question posée lors de
ce sondage.
Question 1 : Le Pape Benoît XVI a rappelé en juillet 2007 que la messe
pouvait être célébrée à la fois en français, c'est-à-dire sous sa forme
moderne dite Ordinaire, et en latin et grégorien, c'est-à-dire sous sa forme
ancienne dite Extraordinaire et que ces deux formes étaient tout aussi
acceptables l'une que l'autre. Le saviez-vous ?
Ensemble des catholiques : OUI : 58% NON : 42%
Dont pratiquants réguliers : OUI : 82% NON 18%
Les Commentaires de Paix Liturgique :
1 - Chez les pratiquants, nous notons une nette évolution - par rapport au
précédent sondage CSA réalisé en 2006 - du nombre de catholiques qui savent
qu'il est parfaitement permis de célébrer (pour les prêtres) et d'assister
(pour les fidèles) à la messe traditionnelle appelée aujourd'hui "Extraordinaire".
Toutefois, il reste encore 18% des pratiquants, c'est à dire près d'un
catholique sur 5 qui ignorent encore en 2008, la liberté de culte rappelée
par le Motu Proprio du 7 juillet 2007.
Un pratiquant sur cinq n'a pas encore été dans la possibilité de demander à
son curé l'application du Motu Proprio dont il ignore encore l'existence.
Les premiers résultats de notre enquête nous forcent à conclure que si ce
nombre se réduisait, les réponses aux autres questions du sondage seraient
encore plus largement favorables.
2 - Les résultats de cette enquête nous montrent l'importance capitale de la
communication et de la nécessité d'informer.
Pouvons-nous compter sur la presse catholique ? Pouvons-nous compter sur le
Figaro ?
Pouvons-nous compter sur nos pasteurs qui jusqu'à maintenant ont été plutôt
"discrets" sur ce texte pontifical et n'ont mis aucun moyen en œuvre
pour évaluer les besoins, jauger la demande et trouver des réponses adaptées
?
La réponse est assez limpide et nous devons plus que jamais redoubler
d'efforts et poursuivre nous-mêmes ce travail de communication auprès de nos
frères.
3 - Forts de ces 82 % de pratiquants qui sont au courant des dispositions du
Motu Proprio, les groupes locaux de demandeurs de mise en œuvre du Motu Proprio
seraient bien inspirés de demander à leurs curés d'organiser des réunions
d'information dans leurs paroisses pour éclairer les 18 % de fidèles qui
l'ignorent encore. Ces groupes pourront - toujours dans un souci de
communication - mieux faire connaître la bonne Nouvelle du Motu proprio dans
leurs paroisses, à l'occasion d'actions de sensibilisation à leur propre
demande, comme les fidèles de Notre-Dame l'on fait avec talent à Versailles
auprès de l'ensemble de leurs frères paroissiens.
4 - Le second axe de réflexion concerne les non-pratiquants qui ne sont que
58 % à connaître le Motu Proprio... 42 % de ces catholiques en ignorent donc
les bienfaits.
Le chiffre de 58% est à mettre au crédit de la grande presse audio et télé
qui a plusieurs fois évoqué plus ou moins bien cette question. Toutefois, il
y a beaucoup à faire et nombreuses sont les expériences à mener auprès de ces
catholiques, pas seulement à la sortie des églises où ils ne vont plus, mais
par des boitages ou des présences sur des marchés et autres lieux publics.
Il n'est en effet absolument pas paradoxal d'aller vers les non-pratiquants
pour une question qui concerne "la pratique". D'abord parce que
c'est notre devoir de catholiques que d'aller au devant de nos frères mais
surtout parce qu'il nous faut nous rappeler qu'un nombre sans doute
significatif de "non-pratiquants" le sont devenus car ils se sont
sentis perdus dans la tourmente post-conciliaire et soixante-huitarde...
Sur ce sujet le sondage est éclairant car il indique que 3% des non-pratiquants
(les non-pratiquants représentant environ 90 % des catholiques) iraient
volontiers à une messe célébrée dans sa forme "Extraordinaire"...
Faites vos calculs, et même en nuançant cette intention, vous constaterez que
le nombre total de pratiquants réguliers pourrait s'accroître d'un nombre
significatif de fidèles s'il leur était donné de prier dans une liturgie
qu'ils aiment, dont ils ont su apprécier les bienfaits et dont ils ont
souvent la nostalgie...
N'est-ce pas le but de la nouvelle évangélisation ?
Question 2 :
Considéreriez-vous comme normal ou pas normal si les deux formes
liturgiques (en français, c'est-à-dire sous sa forme moderne dite Ordinaire,
et en latin et grégorien, c'est-à-dire sous sa forme ancienne dite
Extraordinaire) devaient être célébrées régulièrement dans les principales
églises de votre diocèse ?
Ensemble des catholiques :30%
Catholiques pratiquants : 34 %
NE SE PRONONCENT PAS
Ensemble des catholiques :8 %
Catholiques pratiquants : 5 %
Remarques de Paix Liturgique :
1/ La majorité des catholiques, pratiquants ou non, trouvent normal la
coexistence des deux formes du rite romain au sein des grandes paroisses. Il
est donc faux de dire qu'il n'est pas possible de mettre en œuvre le Motu
Proprio Summorum Pontificum dans une paroisse au motif « que la grande
majorité des fidèles y est opposée ».
2/ Le détail de cette étude indique que les jeunes sont plus réceptifs à ce
pluralisme liturgique et confirme que le temps est un facteur favorable au
respect mutuel, alors que les personnes "du deuxième âge" qui n'ont
pas connu la forme extraordinaire dans leur jeunesse et qui ont plus que les
autres subi le matraquage "moderne" sont les moins nombreux à se montrer
"favorables" même si près de 50 % d'entre eux partagent cette
attitude bienveillante.
3/ 30 à 34 % des catholiques souhaitent que la célébration de la forme
ordinaire et celle de la forme extraordinaire se fasse dans des lieux de
culte distincts.
Notons que ce pourcentage doit être nuancé d'une part par la partie non
négligeable (1 catholique pratiquant sur 5 et 2 sur 5 s'agissant des
non-pratiquants) des catholiques qui ne connaissent pas encore le Motu
Proprio et qui par conséquent changeraient peut être d'avis s'ils savaient
que cette cohabitation était proposée comme modèle par Rome. D'autre part,
notons que depuis quarante ans, les mensonges et les caricatures contre les
fidèles attachés à la liturgie traditionnelle ( Voir comme exemple récent les
déclarations "surréalistes" de Mgr Di Falco, évêque de Gap,
rapportées dans notre lettre 144 consultable sur www.paixliturgique.com ) ont
laissé beaucoup de traces et qu'en toute bonne foi, nombreux sont les fidèles
qui ont une image faussée de la situation et qui seraient étonnés de
constater, si l'occasion leur en était donnée, à quel point l'image négative
qu'ils peuvent avoir de cette liturgie est erronée.
Enfin, rappelons que l'esprit du Motu Proprio de Benoît XVI, à la grande
différence de celui de 1988, est de redonner à la liturgie traditionnelle
toute sa place dans le tissu paroissial des diocèses et non pas de la relayer
dans les réserves indiennes.
4/ Dans son discours aux évêques à Lourdes le 14 septembre 2008, le Saint
Père précisait : « J'ai été amené à préciser, dans le Motu proprio Summorum
Pontificum, les conditions d'exercice de cette charge, en ce qui concerne la
possibilité d'utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962)
que celui du Pape Paul VI (1970). Des fruits de ces nouvelles dispositions
ont déjà vu le jour, et j'espère que l'indispensable pacification des esprits
est, grâce à Dieu, en train de se faire. Je mesure les difficultés qui sont
les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps
raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique
sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n'est de trop dans
l'Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais
rejeté. »
Pour parvenir aux solutions satisfaisantes que souhaite Benoît XVI, un des
meilleurs moyens est certainement de mettre en place au sein des grandes
paroisses de chacune de nos villes la célébration de la messe dans la forme
extraordinaire « aussi bien » que dans la forme ordinaire. C'était déjà
l'intuition du Père Patrick Chauvet, Vicaire Général du diocèse de Paris et
nouveau curé de l'église Saint François Xavier (Paris 7ème) lorsqu'il
déclarait publiquement en mai dernier lors d'un dialogue informel avec des
représentants de groupes demandeurs parisiens que l'on pouvait
raisonnablement penser qu'à moyen terme, la forme extraordinaire du rite
romain pourrait être célébrée dans toutes les grandes églises de Paris.
La majorité des fidèles sont prêts pour cette cohabitation. Prions donc et
œuvrons dans toutes nos paroisses afin que notre clergé cesse d'avoir peur de
la différence et soit enfin en phase avec ce que veulent la plupart des
fidèles d'aujourd'hui.
Question 3
Seriez-vous tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt pas favorable
ou pas du tout favorable à ce que la messe soit célébrée en latin et
grégorien chaque dimanche dans votre paroisse, en plus de la messe en
français ?
1/ Un an seulement après l'entrée en vigueur du Motu Proprio, il est frappant
de constater que 43 % des catholiques sont favorables à la coexistence des
deux formes liturgiques dans leurs propres paroisses. Cela montre bien que la
forme ancienne doit être proposée à l'initiative des curés de paroisses
eux-mêmes puisqu'ils ont, dans leurs propres paroisses, une quantité non
négligeable d'âmes qui souhaitent cette cohabitation. « On ne peut aimer que
ce que l'on connaît », rappelait très justement le Cardinal Castrillon Hoyos
lors de son voyage en Angleterre, et il est certain que la multiplication de
ce type de cohabitation fera chuter le nombre des fidèles qui s'y déclarent à
l'heure actuelle opposés.
2/ Les résultats de cette deuxième question sont à comprendre à la lumière de
ceux de la réponse précédente. La plupart des fidèles souhaitent la
cohabitation mais savent parfaitement qu'elle n'est pas pour l'heure possible
dans chacune des paroisses de France.
En effet, une lecture plus approfondie de cette étude montre que les
motivations de beaucoup des personnes qui se disent non favorables ou plutôt
pas favorables à la cohabitation ne sont pas des arguments de fond mais des
arguments conjoncturels :
- On ne peut pas demander plus à nos prêtres déjà surchargés,
- La messe n'est déjà pas célébrée tous les dimanches dans la forme ordinaire
dans notre paroisse,
- Il y a déjà 4 messes célébrées le dimanche, quand célébrer la 5ème ?
3/ Tout ceci nous montre qu'il faudra du temps pour que l'enrichissement
réciproque - souhaité par Benoît XVI - des deux formes du rite romain par
leur cohabitation au sein des paroisses devienne réalité. Il faut bien
commencer et les résultats tout frais de cette étude nous indiquent
clairement que le peuple de Dieu est mûr pour l'instauration d'une paix
liturgique dans toutes les grosses paroisses de France. L'autorité épiscopale
et le clergé sont ils prêts à être bousculés dans leurs habitudes et à tout
mettre en œuvre pour bâtir cette paix ? L'avenir le dira. Une chose est
certaine : les fidèles de plus en plus nombreux y sont déterminés.
Oui, 34% des catholiques français souhaitent assister régulièrement à la
messe "Extraordinaire" : Le sondage CSA, suite et fin.
Nous publions aujourd'hui les réponses à la question 4... qui nous révèlent
des informations particulièrement intéressantes.
Question - Si une messe était célébrée en latin et grégorien, sous sa
forme ancienne dans une église près de chez vous, ou dans votre paroisse y
assisteriez-vous...?
Les Résultats :
TOUS LES SAMEDI OU LES DIMANCHE
3% des catholiques 19% des pratiquants réguliers
AU MOINS UNE FOIS PAR MOIS
4% des catholiques 15% des pratiquants réguliers
DE TEMPS EN TEMPS ,QUELQUEFOIS DANS L'ANNEE
22% des catholiques
27% des pratiquants réguliers
SEULEMENT POUR LES CEREMONIES ET LES GRANDES FETES
37% des catholiques
9% des pratiquants réguliers
JAMAIS
32% des catholiques 28% des pratiquants réguliers
NE SE PRONONCENT PAS
2% des catholiques
2 % des pratiquants réguliers
LES COMMENTAIRES DE PAIX LITURGIQUE
1/ Ces chiffres balaient d'un trait la langue de buis et le discours
officiel selon lequel « il n'y a pas de problème liturgique en France », «
la messe traditionnelle n'intéresse pas l'Eglise d'aujourd'hui... ». Ces
chiffres confirment ce que nous avons vérifié tous les dimanches pendant
deux années dans les églises du diocèse de Nanterre :
a/ Dans toutes les paroisses, il y a de très nombreux fidèles qui tout
en se contentant de la forme ordinaire de la liturgie préféreraient se
sanctifier dans la forme extraordinaire si elle était célébrée dans leurs
propres paroisses.
b/ L'immense majorité des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de
l'Eglise ne sont pas ceux que l'on voit tous les dimanches dans les
chapelles desservies par les Communautés Ecclesia Dei ou par la Fraternité
Saint-Pie-X : ces fidèles qui aiment la liturgie traditionnelle sont
majoritairement restés dans leurs paroisses et ne demandent qu'une seule
chose : pouvoir vivre à nouveau leur foi au rythme de la liturgie
traditionnelle de l'Eglise dans LEURS propres paroisses. Non, les
catholiques attachés à la forme extraordinaire ne sont pas 3% ... mais 20 à
25 % des catholiques français.
2/ Comme le rappelait le Saint-Père dans l'avion qui le transportait vers
la France, le Motu Proprio ne concerne bien qu'un petit groupe de fidèles :
ce petit groupe est celui des 19 % de pratiquants réguliers (1 catholique
sur 5), voir celui des 34 % (au sens actuel de la pratique, c'est-à-dire le
fait d'aller à la messe au moins une fois par mois), c'est-à-dire un
pratiquant sur 3. Un petit groupe, certes, mais un petit groupe qui
n'est pas un groupuscule !!!
3 / Ce sondage confirme par ailleurs ce que certains ont appelé
"l'effet Rambouillet" ou "l'Effet Saint-Cloud" ou
encore plus récemment "l'effet Notre Dame du Travail" (Paris
14ème) : trois églises où, à la surprise générale, il a fallu constater que
parmi les pratiquants de ces nouveaux lieux de culte traditionnels, une
bonne partie étaient des paroissiens historiques de ces églises qui
assistaient jusque là tranquillement à la forme ordinaire et qui désormais
ont la possibilité de vivre leur foi catholique au rythme de la forme
extraordinaire du rite romain et cela même si les curés ne les connaissent
pas (tout du moins sous cet aspect de la préférence liturgique). Ainsi
lorsqu'une nouvelle célébration est mise en place « en remplacement » d'une
autre (Saint Cloud après Nanterre, Notre-Dame du Travail après la chapelle
Saint-Paul, paroisse de Saint-Pierre-de-Montrouge et demain peut être
Saint-François-Xavier (Paris 7ème) après Notre Dame du Lys (Paris 15ème)),
ce sont principalement des fidèles de la paroisse qui s'y rendent et pas
ceux de l'ancien lieu de culte que certains ont cru à tort pouvoir
déporter.
4/ Ce sondage constate que l'immense majorité des fidèles qui aimeraient
assister à la messe traditionnelle, fréquentent actuellement régulièrement
et assidûment la liturgie sous sa forme ordinaire dans leurs propres
paroisses depuis de très longues années. Ces fidèles sont "Monsieur et
Madame tout le monde", ils entretiennent de bonnes relations avec
leurs frères depuis des années dans leurs paroisses, sont bien connus de
leurs curés et s'investissent dans les œuvres paroissiales comme tout un
chacun.
Alors, même si certains journalistes jouent sur les peurs et agitent de
vieux épouvantails - à l'instar du journal télévisé de 13h de TF1 le 6
octobre 2008, durant lequel on nous expliquait qu'il faudrait "se
méfier de ces fidèles attachés à la forme "extraordinaire" sous
prétexte qu'il s'agirait pour certains de "fidèles à risques",
ennemis de l'Eglise et de Vatican II - force est de constater là encore que
l'argument ne résiste pas à la réalité.
Les résultats de cette étude scientifique sont si accablants pour ceux qui
ne veulent pas du tout de messe traditionnelle d'une part ou pour les
adeptes de la réserve indienne d'autre part, qu'il ne faut guère s'étonner
si la dernière défense est celle de la désinformation et de la manipulation
: " Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage" dit le proverbe
ou encore "Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose"
comme disait Voltaire... Rien de très chrétien dans tout cela.
5/ Nous n'avons jamais contesté le fait que les fidèles attachés à la
liturgie traditionnelle étaient minoritaires actuellement, mais serait-ce
une raison pour les ignorer ? Au prétexte qu'ils ne représentent que 19 % à
34 % des pratiquants actuels, convient-il de ne pas satisfaire leurs justes
aspirations liturgiques et de ne pas mettre en place dans le cadre
paroissial le Motu Proprio de Benoît XVI ? Au regard de ces chiffres que
l'on sait encore plus importants dans le diocèse de Versailles, la récente
décision de Monseigneur Aumônier de ne pas entendre la demande pressante
des centaines de fidèles sur la paroisse Notre-Dame est-elle une attitude
sérieuse et crédible ?
6/ Lorsque les journalistes de TF1, lors du journal télévisé de 13 heures
de dimanche 6 octobre 2008, précisent que les traditionalistes ne
représentent que 2 à 3 % des fidèles, il convient de comprendre ce chiffre
au travers des lieux de culte traditionnels existants (églises et chapelles
desservies par la Fraternité Saint-Pie-X et ses communautés amies, mouvance
Ecclesia Dei). En aucun cas, ce chiffre ne reflète la réalité des
aspirations et de la demande.
7/ Seuls 28 % des pratiquants ne veulent « jamais » assister dans leur
paroisse à la messe traditionnelle. Seul un petit groupe ne se sent
absolument pas concerné par la liberté qu'instaure le Motu Proprio de
Benoît XVI. Il ne s'agit pas nécessairement d'une hostilité vis-à-vis de la
forme ancienne mais d'un désintérêt personnel. Et surtout, que restera-t-il
de cette minorité lorsque l'existence du Motu Proprio Summorum Pontificum
sera davantage connue?
8/ On comprend dès lors mal comment, sur les soi-disant 18.000 paroisses
françaises, il n'y a eu pour l'instant depuis le Motu Proprio Summorum
Pontificm que 60 cas nouveaux de mise en œuvre du Motu Proprio Summorum
Pontificum.
Selon Monseigneur Antoine Herouard de la Conférence des Evêques de France,
ces 60 nouveaux lieux de culte "correspondent largement à la
demande"... Sans doute doit-il ignorer les centaines de demandes
bafouées et manipulées...
La réalité est que ces 60 nouveaux lieux de culte sont sans commune
mesure avec la réalité des demandes dans les paroisses que beaucoup
d'évêques et de curés continuent de nier ou d'écraser au motif « qu'il n'y
a pas de demande ». Nous le redisons, partout où un curé courageux
décidera d'appliquer le Motu Proprio Summorum pontificum, ce seront 20 % de
ses paroissiens qui le suivront. L'exemple de Laval est typique : l'évêque
a décidé de son propre chef de mettre en place le Motu proprio dans une
belle église du centre ville : et depuis, chaque dimanche, 200 fidèles
assistent à la messe dans le rite extraordinaire... dont personne n'avait
pourtant demandé la célébration... CQFD !
9/ Précisons enfin que les résultats de ce sondage, juste après quarante
années de dédain et d'apartheid liturgique pendant lesquelles il a été
possible de raconter tout et n'importe quoi contre la liturgie
traditionnelle, sont véritablement exceptionnels. Malgré 40 ans de
désinformation, les fidèles restent attachés à la liturgie traditionnelle
de l'Eglise.
Projetons-nous en avant et interrogeons-nous : Que deviendront ces chiffres
lorsque les célébrations selon la forme extraordinaire dans le cadre
paroissial du Motu Proprio seront multipliées et qu'un plus grand nombre de
fidèles encore connaîtra cette forme liturgique ?
10/ Ces résultats ne font que nous encourager dans notre travail de
communication et d'information ; il nous faut une nouvelle fois, encore et
encore remercier notre pape Benoît XVI de son action courageuse en faveur
de la Paix et de l'unité... Dieu fasse que tous les catholiques l'écoutent et
l'entendent avec bonté et intelligence.
P.S. : La réalisation de ce sondage a coûté exactement 4000€ TTC, merci à
tous ceux qui pourront participer à son financement (chèques à l'ordre de
Paix Liturgique, à envoyer à Paix Liturgique, 3 avenue Boileau, 78170
La-Celle-St-Cloud).