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| 976- La création d'une chorale liturgique grégorienne à Mayotte |
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| Chorales - Autres chorales | |
| 04-11-2008 | |
Trois mois au service du chant grégorien à MayottePar Jean-Paul Foucher, membre du conseil d'administration d'Una Voce France Il est 8h du matin, un samedi. Mon épouse, Blandine et moi débarquons à Mayotte après un survol du plus grand et plus beau lagon au monde 1200 km2. Après un voyage de 12 heures, nous sommes contents de poser nos valises sur cette terre australe qui fut vendue à la France par le sultan Adrian Souli en 1841 pour avoir la paix et ne plus subir les guerres entre les différents sultans des Comores. Il fait 27° mais les alizés sont là et servent de ventilateurs. L'ami que nous avions connu en 2002 à la chapelle du Christ-Roi à Perpignan nous accueille à l'aéroport. Mayotte est composée de deux Iles habitées, Grande Terre en forme d'hippocampe (348 km2), Petite Terre (16 km2) et de différents îlots sauvages.
Après la
joie des retrouvailles, il me signale que nous avons un conseil d'église en
Petite Terre à 10h ! Nous assistons à ce conseil composé de quelques
paroissiens et de 2 pères rédemptoristes. Ma proposition de faire découvrir,
puis apprendre le chant grégorien est acceptée
à l'unanimité. Une annonce sera faite à l'église de la Grande Terre le lendemain dimanche matin. Lors des
annonces, à la fin de la messe, le curé
m'offrit le micro pour parler du projet
de chant grégorien à une assemblée bigarrée bercée le plus souvent par des
chants malgaches. A ma surprise, les gens
applaudirent cette nouvelle initiative. A la sortie de la messe, je notais
les coordonnées des personnes intéressées à apprendre cette musique d'église.
Après consultation des personnes, en accord avec le clergé local, la répétition est prévue à 8h30 avant la messe dominicale de 9h30 en l'église Notre Dame de Fatima en Grande Terre. Au départ, nous avions 14 personnes de tous horizons (mahorais, malgaches, rwandais, créoles, mzougous). Nous terminerons 3 mois plus tard à 30 choristes !
Le programme fut ambitieux, car nous avons
appris les kyriales VIII et IX, le Credo
III, l'Ave Maria, Salve Regina, Salve mater misericordiae, Tantum ergo et à se
familiariser avec la prononciation du latin. Les fidèles arrivent plus tôt à la
messe pour écouter cette musique que la plupart découvrent. Le silence
s'installe et il n'y a plus de bavardages avant la messe. Parmi les choristes, certains l'ont chanté dans leur jeunesse, d'autres découvrent cette nouvelle musique qui élève l'âme. Une
semaine avant mon départ, en Petite Terre, à l'église Saint Michel, j'ai pu
diriger le Kyriale avec une assistance
qui chantait de bon cœur.
Dix jours avant l'assomption, le curé fait une réunion pour préparer la fête de la Sainte Vierge. Blandine et moi y assistons et proposons de faire une procession en Grande et Petite Terre en portant la statue de la vierge. Surprise de M. le curé, qui s'exclame : « mais vous n'y pensez pas, nous sommes en pays musulman » et Jean-Paul de répondre : « justement, il faut témoigner et chanter la sainte Vierge et c'est par elle que nous pourrons faire les conversions ». De fait, il y a plus de trente ans que la Sainte Vierge n'avait respiré l'air de l'extérieur ! Devant ma détermination, il admit que nous pouvions essayer. Il fallait avoir les autorisations de la part des autorités locales et les prévenir 15 jours avant ! Malgré cela, tout fut réglé 3 jours avant, les autorisations acceptées sous la protection de la police. Le jour venu, la Sainte Vierge est transportée en Petite Terre sur un socle improvisé de ventilateur porté par 3 hommes. En Grande Terre, une procession similaire se déroule en chantant les Laudate Mariam et le Salve Regina Caelitum appris lors des répétitions de grégorien. Les fidèles étaient enchantés de cette journée providentielle.
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