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Le rapport au Saint-Père publié par la FIUV (I) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Revue de Presse - Présent
20-12-2008

La Fédération internationale Una Voce (FIUV) est une institution de laïcs qu’il n’est plus besoin de présenter après quarante ans d’existence militante, au sein ou à la tête de laquelle ont brillé des noms aussi justement illustres que Cristina Campo ou Eric de Saventhem, qui appartiennent désormais à l’histoire de l’Eglise post-conciliaire, malgré l’attitude, systématiquement méprisante ou agressive à son égard, de la plupart des conférences épiscopales.

puce_carreLa FIUV vient d’adresser au Saint-Père et de rendre public un rapport détaillé sur la première année, à travers le monde, de l’application qui est faite, bien faite, mal faite, ou pas du tout, du Motu proprio (07.07.07) concernant la messe catholique traditionnelle selon le missel romain de saint Pie V dans sa plus récente édition (par Jean XXIII en 1962).

puce_carreCe rapport rassemble de telles constatations et contient de telles révélations que la FIUV prévoit d’y insister : « Un rapport semblable sera établi à la fin de la deuxième et de la troisième année. »

Les deux premières parties de ce premier rapport viennent d‘être publiées par la revue française Una Voce (40 rue de la Procession, 75015 Paris) : elles occupent les pages 5 à 10 dans son numéro de novembre-décembre.

puce_carreLe fait massif, écrasant, moralement malsain, est que parmi les grandes conférences épiscopales on n’en trouve aucune qui se soit officiellement engagée dans une mise en œuvre enthousiaste, ni même triste et constipée, de ce qui était demandé par le Pape : faire savoir que la messe traditionnelle n’a jamais été (valablement) interdite, faire connaître son existence au clergé et aux fidèles qui en ignorent tout, prendre des mesures pour que les catholiques qui souhaitent en faire leur pratique régulière n’en soient pas privés, rappeler que tout prêtre, à tout instant et partout, a le droit de la célébrer sans autorisation préalable.

Les conférences épiscopales ont fait tout le contraire.

Elles sont restées silencieuses.

Elles n’ont pris aucune mesure pratique d’organisation.

Elles ont favorisé un redoublement des interdits et persécutions qui n’aurait pas été possible à ce point sans leur incitation ou au moins leur complaisance active ou tacite.

puce_carreLe rapport observe comment « lesdits traditionalistes » sont « chassés de leurs paroisses et diocèses comme des parias ». Dans les pays où l’on a connu quelque amélioration, cela « est dû pour une large part à l‘énergie des laïcs et au courage de prêtres et d‘évêques plutôt qu’au soutien des conférences épiscopales ». Mais comment s’en étonner quand on mesure l’exact niveau de cette « nouvelle vague de théologiens et de catéchistes qui semblent jouir de la totale protection et de l’encouragement des évêques… » Là, c’est toute la question de l’actuel sectarisme moderniste qui pointe le nez.

puce_carreSuivant l’exemple de Rémi Fontaine, qui ajoute au livre noir des évêques de France le livre blanc souhaité par le cardinal Barbarin, le rapport de la FIUV recense les évêques qui ont le courage de passer outre aux interdits de leur conférence épiscopale et d’appliquer le Motu proprio avec justice et charité. Le rapport en cite huit pour la France. Ce ne sont pas les plus connus. On ne les voit pas à la télévision, on n’entend point parler d’eux dans les gros médias. Huit évêques, sur plus d’une centaine, le compte est bon, rien n’est tout à fait perdu.

puce_carreBienvenu rapport de la FIUV ! Il montre quelle peut être, non pas seulement dans la société civile mais aussi dans l’Eglise militante, l’action autonome, intelligente et organisée de laïcs militants.

Dans l’Eglise, il leur appartient non pas de prendre les décisions et de résoudre les problèmes, mais de poser les questions. Notamment celles qui sont injustement négligées ou artificiellement écartées. En l’occurrence, avec ce rapport, voici donc irrévocablement mises en cause, pour ne pas dire mises en examen, nos fameuses conférences épiscopales, avec leur mécanisme sociologique et leur noyau dirigeant. Elles ne sont pas d’institution divine. Dans leur fonctionnement actuel, digne des subversives « sociétés de pensée » analysées par Augustin Cochin, elles constituent une nuisance majeure. Il ne nous appartient pas de choisir entre leur réforme et leur suppression. Mais la question, maintenant, est bigrement posée.

JEAN MADIRAN

 
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