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| Bienheureux Charles Ier d'Autriche |
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| 21-03-2009 | |
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Le Bienheureux Charles Ier
d'Autriche
« Bienheureux les humbles » ? : tous quatre, tout en ne reniant pas la position prépondérante où la Providence les avaient placés, restaient d'humbles sujet de l'Evangile. « Bienheureux les artisans de paix » ? : ils oeuvrèrent à leur risque et péril pour empêcher que le sang coule, chez eux ou ailleurs. Ils savaient pardonner. « Bienheureux les cœurs purs » ? : ils furent des époux fidèles, tendres autant pour leurs enfants que pour leurs sujets. Ils surent écouter leurs opposants autant que leurs prétendus alliés. L'Eglise a donc reconnu que, tout comme le roi Baudouin, Charles Ier de Habsbourg était un exemple remarquable pour les chrétiens. Exemple d'époux, de père et de chef d'Etat. Nous passerons rapidement sur la messe célébrée le 12 octobre 2008 à Saint Louis des Invalides par le Père Daniel-Ange : office digne mais hélas, en français et selon le nouveau rite. Pourtant, nous retiendrons deux choses : le Kyriale fut chanté en latin ainsi que plusieurs autres prières. Mais surtout, nous retiendrons la remarquable homélie du Père Daniel-Ange qui nous dit bien des choses sur ces béatitudes que le dernier monarque de l'Empire catholique d'Autriche a fait briller. Il l'appelle du reste : « L'Empereur de la paix ». Viennent ensuite plusieurs conférences. Le premier conférencier est le propre fils de l'Empereur : l'Archiduc Rodolphe de Habsbourg. Dans un langage simple, le fils nous parle avec émotion de son père, se faisant ainsi l'écho de l'opinion, non seulement de ses enfants, mais aussi des officiers de sa garde, de son armée et même des puissances alliées de l'Autriche : la Serbie, la Bosnie, la Hongrie. Il nous raconte sa mort à Madère où il était exilé. Tous reconnaissaient le dévouement et l'intense activité qu'il consacrait pour la paix. Il était décidé à obtenir la fin de la guerre, au prix même de son abdication. Il nous parle aussi des fiançailles et du mariage de ses parents en Espagne avec Zita de Bourbon Parme. Pour l'Archiduc, Charles Ier est un modèle pour la jeunesse de tous les temps. Puis vient la conférence d'Elisabeth de Montfort. Elle qualifie Charles I de « saint moderne », de « figure du XX° siècle ». Pour elle, la plus grande vertu du couple impérial est avant tout, de s'aimer et de s'entraider pour gagner le ciel par les vertus du mariage. Puis, la conférencière ajoute : « Le couple impérial refuse d'abdiquer car leur position hiérarchique, leur autorité ne leur vient point d'un quelconque hasard mais de la volonté de Dieu ». Elle ajoute qu'à leurs yeux, le pouvoir ne corrompt pas s'il est exercé comme un service dû aux subordonnés, qu'on doit , à quelque poste où l'on se trouve, obéissance aux lois : on doit être soumis à la volonté de Dieu, à l'amour de son prochain (Zita, ses enfants, sa famille élargie et ses peuples), et se battre de tout son être pour sauver cette civilisation européenne catholique dont il reste le dernier responsable après Rome. Il appliqua remarquablement le principe de subsidiarité, laissant faire les spécialistes exercer leur liberté d'action et assumer leurs responsabilités grâce à leurs compétences et leur expériences. Jamais il ne prit la place de ses subordonnés, sauf lorsqu'il jugeait que la première place était trop dangereuse pour eux ou que la paix exigeait qu'il s'expose personnellement face à ses peuples. D'après Mme de Montfort, Charles pensait que c'est grâce à Zita qu'il a pu réunifier l'Empire, grâce à elle qu'il a obtenu la paix dans les peuples de l'Empire, grâce à elle qu'il a eu le bonheur d'avoir une merveilleuse famille, grâce à elle qu'il a découvert un sens à sa vie, grâce à elle enfin qu'il a découvert sa finalité. Au soir de sa vie, Charles a tout perdu, mais, selon ses propres mots, « Grâce à Dieu, ..., le Ciel le lui rend. ... Tout est perdu, sauf le ciel... avec Zita » ! Et encore, cette phrase qui rend merveilleux son état d'âme à ses dernières heures : « J'offre ma vie pour mes peuples ... avec Zita, ma famille et mes enfants ». Il appelait la communion des saints par les souffrances de toute sa famille pour « sauver ses peuples » de la ruine et de la guerre. Puis, vient la conférence de Jean Sévilla. Sobre selon ses habitudes, le conférencier parle des réalisations politiques de l'Empereur. Selon lui, Charles a fait de son empire le 4° état moderne. Il jugeait avec une grande acuité les hommes, non sur leur naissance ou leur statut, mais sur leurs compétences et leur savoir faire. Il est le seul chef d'état impliqué dans la conflagration de 14-18 à répondre à Benoît XV et à œuvrer pour la paix. Il oeuvra pour la santé (créant des hôpitaux et des cliniques), créa des « comités sociaux » pour aider les plus pauvres, se soucia du mieux qu'il put pour assurer, malgré les difficultés liées au conflit, un bon approvisionnement en denrées de premières nécessités pour tous : les soldats, bien sûr, mais aussi, les innombrables familles que le conflit privait de leur source de revenus. Bref, ce fut un empereur social. Enfin, une dernière intervention du Père Daniel-Ange pour nous montrer l'Empereur comme un chevalier de la vérité, de la droiture. Il se fie aux promesses, et n'imagine pas la trahison. Il protège du mieux qu'il le peut la vie se ses soldats veillant à ce qu'aucun soldat ne meure à cause de lui, et il abdiquera afin qu'aucun n'ait à souffrir de son fait. Comme le roi Baudouin, il se soucie plus des peuples confiés à sa garde par la Providence qu'à sa propre sauvegarde. Il affirme qu'au-dessus des lois, il y a les règles de l'humanité. Le rôle premier d'un roi est d'être le berger de ses peuples, disait-il. Et encore : tout « pour que tous mes peuples se rassemblent ». Bref, ce DVD est passionnant. C'est tout à la fois une œuvre historique et didactique. En ces temps où l'autorité est remise en cause par tous les médias, la vie de ce prince moderne est un enseignement pour la jeunesse : non seulement un enseignement politique mais aussi humain et chrétien : politique : Charles a toujours pris en compte, non sa volonté, mais la paix et le bonheur de ses peuples, contre sa propre vie ou son bien-être, privilégiant ceux qui pouvaient être un trait d'union à ceux qui défendaient leur caste. humain : L'Empereur mit sa vie, sa sécurité, sa femme même au service des hommes dont la vie lui était confiée sans se soucier de son rang ou de sa paix personnelle. chrétien : Le bienheureux Charles Ier chercha le Ciel toute sa vie : par son comportement personnel, par sa vie conjugale ou familiale, et par sa vie d'Empereur. Et jusqu'à son dernier souffle, c'est la volonté de Dieu qu'il chercha à accomplir. Y. ESSAY
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