| Le don de l'Eglise au peuple |
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| Liturgie tridentine - Le patrimoine religieux | |
| 17-06-2009 | |
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Un de nos fidèles adhérents, nous a adressé il y a quelques mois
la copie de deux pages des « Notes intimes » de Marie Noël et nous l’en
remercions vivement. Ce texte est d’autant plus remarquable qu’il fut
rédigé en 1934. Et comme le dit justement notre abonné « certaines
forces centrifuges étaient déjà sournoisement à l’oeuvre dès cette
époque… »
La liturgie est pour cette approche divine une voie majeure et quasi sacramentelle. Elle est le coeur séculaire de la Communion des Saints qui unit à travers les âges, par les mêmes mots chargés d’âme de la même prière, le Miserere et le Magnificat d’une vieille femme illettrée, au Miserere et au Magnificat de Thomas d’Aquin, le docteur, et de Jeanne la Lorraine qui ne savait pas lire. N’ont-ils jamais, ces réformateurs, pas plus que Calvin jadis, n’ont-ils jamais considéré le don fait aux foules qu’est cette liturgie catholique par laquelle l’Église militante, sur sa route de pauvre terre, accède parfois aux premiers degrés rayonnants de l’Église triomphante et goûte un instant le Ciel ? Le don de l’Église au peuple, qui le mesure ? La multiple richesse liturgique, l’appel entre terre et cieux du Rorate de l’Avent, sa sublime aspiration désolée et consolée, le Gloria laus marchant et verdoyant des Rameaux, l’Exultet de la nuit pascale, les grands Allelulia de Pâques sous les cloches à toute volée, la lamentation outre-terre de l’Office des morts, son formidable et suppliant Dies irae, le Parce Domine implorant les malheurs publics, le Te Deum fulgurant, surhumain, des épiques actions de grâces, toute cette magnificence chantée, l’Église catholique la donne au peuple dans la magnificence monumentale des cathédrales, sous la magnificence radieuse des verrières… Jamais roi dans sa gloire ne s’est offert à soi-même un tel trésor, jamais les chefs de république n’en rassembleront de tels pour le faste réservé à leurs invités de marque. Mais elle, l’Église catholique, dans l’inégalable égalité de sa charité universelle, l’a ouvert et l’ouvrira, de siècle en siècle, au moindre de ses petits, au premier mort qui entre, au premier gueux qui passe. Et si, par malheur, un jour, elle ne pouvait plus le lui donner, que resterait-il à l’homme qui peine sur sa tâche, pour l’allégresse de son jour de fête ? Des tonitruances de haut-parleurs, des discours de ministres… Et les chevaux de bois ! Marie-Noël - Notes intimes, Stock, 1934, pp 132-133 - Publié dans la revue Una Voce N° 266 de mai-juin 2009 |
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