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| Le Prêtre |
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| Revue de Presse - Présent | |
| 14-08-2009 | |
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L’Eglise a besoin de prêtres, « les laïcs ne les remplaceront pas », affirmait récemment Mgr Aillet, l’évêque de Bayonne, dans un très long entretien accordé à L’Homme nouveau (4 juillet 2009). La société aussi a besoin de prêtres. En juillet 1940, interrogé par le maréchal Pétain sur ce dont la France avait le plus besoin, Maurras avait répondu : « Monsieur le Maréchal, c’est de deux choses, un bon corps d’officiers et un bon clergé. » Maurras précisera plus tard : « Le bon clergé ne peut exister qu’instruit et capable d’instruire, lucide et capable d’éclairer, jusqu’à illuminer : illuminare his in tenebris » (Lettre-préface à J.-L. Lagor, La philosophie politique de saint Thomas, 1948). Mgr Rey, évêque de Toulon, définit la mission du prêtre dans un petit livre qui vient de paraître. Il le fait dans un ternaire : la charité (accueillir chacun « à la manière de Jésus »), les sacrements (qui « actualisent l’œuvre du salut réalisée par le Christ »), la Parole de Dieu (« Il la scrute, l’étudie, la proclame. »). « La parole du prêtre, écrit encore Mgr Rey, reçoit du Christ toute son efficacité. Elle peut retourner bien des cœurs, les purifiant et les fortifiant au passage. Elle vainc les doutes. Le prêtre est lui-même un témoin émerveillé de cette fécondité. Sa parole est prophétique quand elle dénonce l’idolâtrie, les fausses images de Dieu, qui prétendent le trouver dans nos richesses, nos égoïsmes, nos intérêts. A notre monde privé de certitudes et qui s’essaie à gérer au mieux le court terme, il délivre un message de sagesse, qui s’adresse à notre cœur et à notre intelligence pour nous faire découvrir la grammaire de la vie, c’est-à-dire la vie telle que Dieu la considère. »
Mgr
Aillet, lui aussi, insiste sur la dimension « prophétique » du prêtre
et de l’Eglise : « Il ne faut pas que l’Eglise se contente d’entrer
dans un dialogue consensuel avec le monde. Elle a longtemps semblé
croire que le monde désire dialoguer avec elle. Ce n’est pas le cas !
Et si c’était vraiment le cas, peut-être serait-ce l’indice que le sel
s’est affadi. Pour ma part, je crois en la mission prophétique de
l’Eglise. Cette mission prophétique n’est pas soumise aux lois de la
communication. »
« Le monde demande de saints prêtres » Dans son livre, intitulé sobrement Le Prêtre, Mgr Rey a recueilli, à l’occasion de l’Année sacerdotale voulue par Benoît XVI, des homélies qu’il a prononcées ces dernières années à l’occasion d’ordinations ou de messes chrismales. Elles sont regroupées en trois chapitres : « Devenir prêtre », « La spiritualité sacerdotale » et « Une vocation eucharistique ». Conformé au Christ par le sacrement de l’ordre, le prêtre n’est pourtant point Seigneur mais serviteur du Seigneur et, en même temps, père. Mgr Rey résume ainsi l’identité sacerdotale : « Le prêtre n’est pas d’abord un annonceur ou un diffuseur, un exégète ou un théologien, un animateur de communauté. Il est d’abord un père. Sa paternité se réfère au Christ. Il ne tient pas la place du Christ (comme si celui-ci était absent), mais il manifeste sa présence. Il manifeste la paternité du Christ, paternité compatissante et miséricordieuse. » Dans la moitié des diocèses français, il n’y a même plus une ordination sacerdotale par an. Mgr Aillet, dans l’entretien cité, indique qu’il a instauré l’Adoration perpétuelle dans deux paroisses (l’une à Bayonne, l’autre à Pau) pour « demander des vocations au Seigneur ». Les litanies traditionnelles font demander : « Seigneur, donnez-nous des prêtres ! Seigneur, donnez-nous de saints prêtres ! Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres ! » C’est une prière pour les vocations et aussi une prière pour la sainteté sacerdotale. La sainteté sacerdotale est la première condition de l’efficacité pastorale. Dans son beau livre autobiographique sur sa vocation sacerdotale, Jean-Paul II a écrit : « En contact constant avec la sainteté de Dieu, le prêtre doit devenir saint lui-même. Le monde actuel demande de saints prêtres. Seul, un saint prêtre peut devenir un témoin transparent du Christ et de son Evangile dans un monde sécularisé. Une pastorale efficace, une véritable cura animarum ne peut se développer que sur le terrain de la sainteté sacerdotale. Les fruits pastoraux des efforts pastoraux naissent de la sainteté du prêtre… » (Ma vocation, don et mystère). Mgr Rey, qui rappelle cette page, écrit : « L’identité du prêtre est fixée en Jésus-Christ ; ainsi, pour être authentiquement prêtre, c’est lui qu’il faut chercher sans cesse, lui qu’il faut vouloir imiter. La sainteté du prêtre consistera à aller le plus loin possible dans cette imitation. Le prêtre porte, plus que tout autre chrétien, cette exigence d’imitation. » La sainteté des prêtres est exigée par la « dignité royale » dont ils sont revêtus, dit saint Thomas d’Aquin. Elle est aussi témoignage et appel, une des conditions de la naissance d’autres vocations. Mgr Dominique Rey, Le Prêtre, Tempora (11, rue du Bastion Saint-François, 66000 Perpignan), 130 pages. YVES CHIRON |
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