chorale

Gardons le contact

Inscrivez-vous à notre lettre. Nous vous écrirons.






Notre

Boutique en ligne

150 références

sélectionnées pour vous

Offre Spéciale

  Pour accompagner les voeux de son président la boutique en ligne vous propose son

Offre Spéciale 2012

  Bonnes affaires sur les ventes de revue Una Voce au détail de plus de 2 ans

  uv25201.jpg

    Visitez notre Boutique en ligne et profitez-en….

3€ le numéro, soit la moitié du prix pour une revue de qualité.

Pour faciliter votre choix nous vous suggérons de consulter les sommaires de la revue

Je m'abonne à la revue


Pour s'abonner à la revue UnaVoce, rendez-vous dans la
Boutique

 

  Sommaire du n° 282

MMXII : un annus mirabilis ?…

Chers amis,

Permettez-moi, tout d'abord, de vous présenter mes vœux le plus sincères de bonne et sainte année 2012. Qu'elle entende, en ces temps de confusion extrême, dans nos sanctuaires retentir à nouveau d'une seule voix l'antique liturgie romaine ! Qu'elle voie étudier et pratiquer cette liturgie latine et grégorienne qui est l'expression même de la beauté du culte catholique.

Una Voce n'échappe hélas pas à « la crise » qui frappe l'Europe. Notre équilibre financier est menacé. Les abonnements à notre revue constituent la grosse part de nos ressources, indispensables pour faire face à nos inévitables frais de fonctionnement. Comme vous le savez sans doute, nous ne bénéficions d'aucune aide publique et nous sommes tous bénévoles.

 
neumes.gif
 

Certains d'entre vous ont répondu favorablement et généreusement à l'appel aux dons que nous avons lancé en fin d'année. Nous les remercions de tout cœur : leurs contributions nous ont été précieuses et nous permettront de conserver ce triple A que constitue pour des associations comme la nôtre l'équilibre des recettes et des dépenses. Il faut continuer puisque la loi fiscale en vigueur nous est encore favorable. Car cet équilibre restera  cependant fragile si les abonnements, les achats de livres et de disques ne sont pas là pour nous soutenir.

Nous sommes trop peu à œuvrer vraiment et beaucoup trop absorbés par cette tâche parfois épuisante ? Aussi mon appel se veut solennel. Si une réaction énergique n'a pas lieu, nous devrons ralentir notre action. Tous les talents sont les bienvenus : aide à notre secrétariat parisien, promotion de nos activités, représentation en province, gestion informatique etc.
Merci à vous tous qui continuez à nous faire confiance. Bienvenue aux nouveaux. Et n'hésitez pas à susciter de nouvelles adhésions, c'est vital...
Alors seulement l'an de grâce MMXII sera un annus mirabilis pour Una Voce !
Nous comptons sur vous !

Patrick Banken

Rencontre avec Mgr Domenico BARTOLUCCI, maître émérite de la Chapelle Sixtine Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
26-08-2009
bartocelli1.jpgLe site Disputationes theologicae a réalisé une fort intéressante rencontre avec Mgr. Domenico BARTOLUCCI, maître émérite de la Chapelle Sixtine, grand ami et collaborateur de Benoît XVI. Il pose les bases d'une analyse honnête et courageuse du passé liturgique récent, tout en proposant, dans une attitude positive et bienveillante, des remèdes pratiques et surtout réalisables.

Mgr. Domenico BARTOLUCCI est né en 1917 à Borgo San Lorenzo (Florence), toscan par sa naissance puis romain par l'appel du Pape. Il est nommé en 1952 substitut de la Chapelle Sixtine, aux côtés de Lorenzo Perosi, puis maître de cette chapelle papale à partir de 1956, où il a eu l'honneur de travailler avec cinq papes. Le 24 juin 2006, le Pontife régnant a tenu à organiser une cérémonie spéciale (photo) afin de sceller « à perpétuité » sa proximité et son admiration pour le grand musicien, auquel il adressait les mots suivants :

« La polyphonie sacrée, en particulier celle de l'école romaine, est un héritage à conserver avec soin (...). Un authentique aggiornamento de la musique sacrée ne peut advenir que sur le socle de la grande tradition héritée du passé, celle du chant grégorien et de la polyphonie sacrée ».

 

 

bartocelli2.jpg

 

Maître, la publication récente du Motu proprio Summorum Pontificum a apporté un vent d'air frais dans le panorama liturgique désolant qui nous entoure... en avez-vous profité vous-même pour célébrer la « messe de toujours » ?

A vrai dire, j'ai toujours célébré cette messe, de façon ininterrompue depuis mon ordination... En fait j'aurais même des difficultés à célébrer la messe du rite moderne, puisque je ne l'ai jamais dite...

Pour vous, elle n'a donc jamais été abolie ?

Ce sont les paroles mêmes du Saint Père, même si certains font mine de ne pas le comprendre, et même si beaucoup ont soutenu le contraire dans le passé.

Pensez-vous que les fidèles soient moins enthousiasmés par la forme traditionnelle du rite, à cause de son aspect peu « participatif » ?

Allez, il ne faut pas dire de bêtises ! Moi j'ai connu la participation des fidèles autrefois, aussi bien à Rome, dans les basiliques, qu'à travers le Monde, et ici-même dans le « Mugello », dans cette paroisse, dans cette belle campagne autrefois peuplée de gens pleins de foi et de piété. Le dimanche à vêpres, le prêtre aurait pu se contenter d'entonner le « Deus in adjutórium meum inténde », et puis se mettre à dormir sur la banquette jusqu'au capitule : les fidèles auraient continué tout seuls et les pères de famille auraient entonné, un par un, les antiennes !

C'est donc pour vous une vaine polémique, par rapport à l'actuel style liturgique ?

Hélas, je ne sais pas si vous avez déjà assisté à des funérailles : Alléluias, applaudissements, des phrases loufoques, au point de se demander si ces gens ont déjà lu l'évangile : Notre-Seigneur lui-même pleure sur Lazare et sur la mort... Avec ce fade sentimentalisme, on ne respecte même pas la douleur d'une mère. J'aurais voulu vous montrer comment autrefois le peuple assistait à une messe des morts, avec quelle componction et quelle dévotion on entonnait le magnifique et terrible Dies Irae !

Mais la réforme n'a-t-elle pas été faite par des gens conscients et bien formés doctrinalement ?

Je m'excuse, mais la réforme a été faite par des hommes arides, arides, je vous le répète. Moi, je les ai connus. Et quant à la doctrine, je me souviens que le cardinal Ferdinando Antonelli, de vénérable mémoire, disait souvent : « Qu'est-ce que nous pouvons faire de ces liturgistes qui ne connaissent pas la théologie ? »

Nous sommes bien d'accord avec vous, Monseigneur, mais il est vrai aussi qu'autrefois les gens n'y comprenaient rien...

Chers amis, n'avez-vous jamais lu saint Paul : « il n'est pas nécessaire de savoir plus que ce qui est nécessaire » : il faut aimer la connaissance ad sobrietatem. Avec cet état d'esprit, dans quelques années on prétendra comprendre la transsubstantiation comme on explique un théorème de mathématiques... Mais le prêtre lui-même ne peut comprendre entièrement un tel mystère !

 
Alors comment en est-on parvenu à un tel effondrement de la liturgie ?

Ça a été une mode, tout le monde parlait, tout le monde « rénovait », tout le monde pontifiait, sur la base d'un sentimentalisme qui prétendait tout réformer, et on faisait taire habilement les voix qui s'élevaient en défense de la tradition bimillénaire de l'Église. On a inventé une sorte de « liturgie du peuple »... lorsque j'entendais ces ritournelles, je me souvenais des paroles de l'un de mes professeurs de séminaire, qui nous enseignait que « la liturgie est l'œuvre du clergé, mais elle est pour le peuple ». Il voulait dire par là qu'elle doit descendre de Dieu et non pas monter à partir de la base. Je dois pourtant reconnaître que cet air corrompu s'est maintenant raréfié : les nouvelles générations de prêtres sont peut-être meilleures que celles qui ont précédé ; les jeunes prêtres ne sont plus ces idéologues furieux doublés de modernistes iconoclastes : ils sont plein de bons sentiments, mais ils manquent de formation...

Que voulez-vous dire par « ils manquent de formation » ?

Je veux dire qu'il faut de vrais séminaires ! Je parle de ces structures que la sagesse de l'Église avait finement ciselées à travers les siècles. Vous ne vous rendez pas compte de l'importance d'un séminaire : une liturgie vécue... les différents moments de l'année y sont vécus socialement avec les confrères du séminaire, l'Avent, le Carême, les grandes fêtes de Pâques : tout cela éduque à un point que vous n'imaginez pas. Une rhétorique insensée a fait passer l'image que le séminaire déforme les prêtres, que les séminaristes, éloignés du monde, resteraient fermés sur eux-mêmes et distants du monde. Ce ne sont que des fantaisies pour gaspiller une formation riche de plusieurs siècles d'expérience, et pour ne la remplacer que par du vide.

Pour revenir sur la crise liturgique, vous, Monseigneur, êtes-vous favorable à un retour en arrière ?

Regardez : défendre le rite antique ne consiste pas à être passéiste, mais à être «  de toujours ». Par exemple, c'est une erreur d'appeler la messe traditionnelle « messe de saint Pie V » ou « messe Tridentine », comme s'il s'agissait de la messe d'une époque particulière. Notre messe romaine est au contraire universelle, dans le temps et dans le lieu : une unique langue de l'Océanie à l'Arctique. En ce qui concerne la continuité dans le temps, je peux vous raconter un épisode significatif : une fois nous étions en compagnie d'un évêque, dont je ne vous donnerai pas le nom, dans une petite église de la région ; nous apprenons alors subitement le décès d'un ami commun qui nous était cher, et nous décidons alors de célébrer sur le champ la messe pour lui. En cherchant dans la sacristie, on se rend compte qu'il n'y avait là que des missels antiques. Et bien l'évêque a refusé catégoriquement de célébrer. Je ne l'oublierai jamais... et je répète que la continuité de la liturgie implique que, sauf cas particuliers, je puisse célébrer aujourd'hui avec le vieux missel poussiéreux pris sur une étagère, et qui il y a quatre siècles a servi à l'un de mes prédécesseurs dans le sacerdoce.

On parle actuellement d'une « réforme de la réforme », qui devrait limer les irrégularités introduites dans les années 70...

La question est assez complexe... Que le nouveau rite ait des déficiences est désormais une évidence pour tout le monde, et le Pape a dit et il a écrit plusieurs fois que celui-ci devrait « regarder vers l'ancien ». Mais que Dieu nous garde de la tentation des pastiches hybrides. La Liturgie avec un L majuscule est celle qui nous vient des siècles passés : c'est elle qui est la référence. Qu'on ne l'abâtardisse pas avec des compromis « déplaisant à Dieu et à ses ennemis »...

Que voulez-vous dire par là ?

Prenons par exemple les innovations des années 70 : des chansonnettes laides et pourtant tellement en vogue dans les églises en 1968 sont aujourd'hui déjà des pièces de musée. Lorsqu'on renonce à la pérennité de la Tradition pour s'immerger dans le temps, on est aussi condamné à suivre les changements de modes. A propos de la réforme de la semaine sainte dans les années cinquante, je vous raconte une histoire : cette réforme avait été entreprise avec une certaine hâte, sous un Pie XII déjà affaibli et fatigué. Si bien que quelques années plus tard, sous le pontificat de Jean XXIII - car quoiqu'on en dise, en matière de liturgie il était d'un traditionalisme convaincu et émouvant - m'arrive un coup de fil de Mgr. Dante, le cérémoniaire du Pape, qui me demande de préparer le Vexilla Regis pour l'imminente célébration du Vendredi Saint. Interloqué, je lui réponds : « mais vous l'avez aboli ! ». Alors il m'a dit : « Le Pape le veut » ; et en quelques heures j'ai organisé les répétitions de chant, et nous avons chanté à nouveau, avec une grande joie, ce que l'Église chantait ce jour-là depuis des siècles. Tout cela pour dire que lorsqu'on a fait des déchirures dans le tissu de la liturgie, ces trous restent difficiles à recoudre, et ils se voient. Face à notre liturgie multiséculaire, nous devons contempler avec vénération, et nous souvenir qu'avec cette manie de toujours vouloir « améliorer », nous risquons de ne faire que des dégâts.

Maître, quel a donc été le rôle de la musique dans ce processus ?

La musique a joué un rôle incroyable pour plusieurs raisons : le « cécilianisme » maniéré - auquel Perosi ne fut pas étranger - avait introduit avec ses mélodies chantantes un sentimentalisme romantique nouveau, qui n'avait rien à voir, par exemple, avec la corpulence éloquente et solide de Palestrina. Certaines extravagances mal placées de Solesmes avaient cultivé un grégorien susurré, fruit lui aussi de cette pseudo restauration médiévalisante qui a eu tant de succès au XIXème siècle. C'était l'idée de l'opportunité d'une récupération archéologique, aussi bien en musique qu'en liturgie, d'un passé lointain dont nous auraient éloigné les « siècles obscurs » du Concile de Trente... De l'archéologisme, en somme, qui n'a rien à voir, absolument rien à voir avec la Tradition, car il veut récupérer ce qui finalement n'a peut-être jamais existé. Un peu comme certaines églises restaurées dans le style « pseudo roman » de Viollet-le-Duc. Ainsi donc, entre un archéologisme qui prétend se rattacher à l'époque apostolique, mais en se séparant des siècles qui nous relient à ce passé, et un romantisme sentimental qui méprise la théologie et la doctrine pour exalter les « états d'âme », s'est préparé le terrain qui a abouti à cette attitude de suffisance vis-à-vis de ce que l'Église et nos Pères nous avaient transmis.

Que voulez-vous dire, Monseigneur, lorsque dans le domaine musical vous attaquez Solesmes ?

Je veux dire que le chant grégorien est modal et non pas tonal. Il est libre, et non pas rythmé. Ce n'est pas « un, deux, un, deux, trois ». Il ne fallait pas dénigrer la façon de chanter dans nos cathédrales pour lui substituer un chuchotement pseudo monastique et affecté. On n'interprète pas le chant du Moyen-âge avec des théories d'aujourd'hui, mais il faut le prendre comme il nous est parvenu. De plus, le grégorien d'autrefois savait être aussi un chant populaire, chanté avec force et vigueur, comme le peuple exprimait sa foi avec force et vigueur. Et c'est cela que Solesmes n'a pas compris. Cela étant dit, il faut bien sûr reconnaître l'immense et savant travail philologique qui y a été fait en ce qui concerne l'étude des manuscrits antiques.

Maître, alors où en sommes-nous dans la restauration de la musique sacrée et de la liturgie ?

Je ne nie pas qu'il y ait quelque signes de reprise... mais je vois tout de même persister une sorte d'aveuglement, comme une certaine complaisance pour tout ce qui est vulgaire, grossier, de mauvais goût, et aussi pour ce qui est doctrinalement téméraire... Ne me demandez pas, je vous en prie, mon avis sur les « guitarades » et les chansonnettes qu'ils nous chantent encore pendant l'offertoire. Le problème liturgique est sérieux : il faut cesser d'écouter la voix de ceux qui n'aiment pas l'Église et qui s'opposent au Pape. Si on veut guérir un malade, il faut d'abord se souvenir que « le médecin timoré laisse la plaie s'infecter (il medico pietoso fa la piaga purulenta) »...

 

 

 
Suivant >