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| Le diocése de Lyon veut des prêtres tridentins diocésains |
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| Les Actualités - Actualités de France | |
| 02-03-2010 | |
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Mgr
Batut interrogé par Famille chrétienne :
Plus qu’une année
de propédeutique - plutôt tournée vers l’enseignement -, il s’agira d’une année
de fondation spirituelle. C’est un peu analogue à une année de noviciat, chez
les religieux. Elle a pour but de s’assurer de l’appel de Dieu et des
fondements spirituels pour y répondre. Elle comprendra donc trois « piliers » :
la vie avec d’autres qui se posent les mêmes questions, sous la conduite d’un
supérieur, une grande retraite d’un mois, selon les exercices de Saint-Ignace
ou sous une autre forme, et une expérience forte au contact des plus pauvres.
Quelles en seront les particularités ?
Tout d’abord, ce sont ceux à qui elle s’adresse : il s’agit des candidats
au sacerdoce qui ont grandi dans la liturgie tridentine, ou qui ont découvert
la foi grâce à elle, et souhaitent qu’elle ait une place dans leur formation et
dans leur futur ministère. Cette demande est légitime parce que la forme
extraordinaire de l’unique rite romain a sa place dans la vie de l’Eglise, et
donc dans la formation des futurs prêtres. Cela entraîne des spécificités dans
leur formation : en plus des trois piliers évoqués, il faut que les besoins
particuliers de leur futur ministère soit assurés. Par exemple, la liturgie
tridentine fait une part importante au chant grégorien, même si la formation au
grégorien a du sens aussi dans les autres séminaires. Dernière particularité,
importante, cette année s’adresse à des futurs prêtres diocésains. Les
candidats seront présentés par leur évêque. Cela souligne dès le début qu’ils
ne sont pas candidats à être diocésains abstraitement, hors de tout lien avec
une Église diocésaine.
Cette année est-elle destinée à devenir un séminaire ?
Ce n’est pas le projet. Il est très important que les membres d’un
presbyterium diocésain reçoivent une formation commune. On peut dire que les
jeunes issus de la maison Sainte-Blandine seront un peu comme les prêtres de
l’Emmanuel, qui sont membres d’une communauté, ont leur spécificité, mais en
même temps suivent la même formation que les autres futurs prêtres de leur
diocèse.
Peut-on être pleinement diocésain tout en étant attaché à la liturgie tridentine ?
Non seulement on le peut, mais c’est nécessaire. Comme la forme
extraordinaire a tout à fait sa légitimité, on aura besoin de prêtres pour la
célébrer, sans exclusive. « Extraordinaire » ne veut pas dire « exclusif ». De
même que l’évêque a besoin de prêtres qui soient formés en bioéthique ou qui
sachent s’occuper de jeunes, de même, il a besoin de prêtres qui sachent
célébrer la liturgie dans la forme extraordinaire, pour que tous les fidèles
qui y sont légitimement attachés puissent y avoir accès.
Ces prêtres remplaceront-ils ceux des Instituts Ecclesia Dei ? Ceux-ci sont-ils encore légitimes aujourd’hui?
Tout ce qui est reconnu par l’Eglise est légitime, donc la question ne se
pose pas. Mais aujourd’hui, un jeune qui pense être appelé au sacerdoce et qui
souhaite célébrer un jour la messe sous les deux formes est obligé de choisir
entre une formationEcclesia Dei, où habituellement est pratiquée la
seule forme extraordinaire, et une formation classique, où habituellement est
pratiquée la seule forme ordinaire. Avec l’année Sainte-Blandine s’ouvre une
troisième voie, qui permet de discerner une vocation diocésaine en mettant la
question liturgique à sa vraie place. Un certain nombre de prêtres ont quitté
telle ou telle communauté Ecclesia Dei pour rejoindre les diocèses, parce
qu’ils avaient découvert, une fois devenus prêtres, que la liturgie ne
justifiait pas l’appartenance à une fraternité de prêtres particulière :
c’étaient en réalité des hommes qui avaient tout simplement une vocation diocésaine,
mais que les controverses sur la liturgie avaient troublés au point de leur
faire penser qu’ils ne pourraient vivre leur spécificité qu’en renonçant à être
des diocésains comme les autres. Depuis le Motu proprio de Benoît XVI, les
choses peuvent se faire beaucoup plus simplement, en se mettant directement à
la disposition de son évêque. J’en suis heureux, car j’ai toujours pensé que ce
sont les prêtres diocésains qui réévangéliseront notre pays, et qu’être prêtre
diocésain est la plus belle des vocations."
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