Sous la pression médiatique, le cardinal Ricard a dérapé
A
bout de forces, titubant sous une intense pression politico-médiatique,
externe et interne, le malheureux cardinal Jean-Pierre Ricard a enfin
parlé en son nom et donné sa signature.
Il a fini par publier lui-même un communiqué contre l’Institut du Bon Pasteur (IBP), s’alignant sur l’article de La Croix du 27 avril et cautionnant à son tour le témoignage des menteurs professionnels « infiltrés » de France 2.
Certes,
il y avait déjà eu à Bordeaux un communiqué conforme, fin avril, mais
impersonnel, il était celui de l’archevêché et point celui de
l’archevêque. La Croix du 11 mai nous présente maintenant la « réaction » du Cardinal-Archevêque en personne, qui déclare notamment :
« L’accueil
dans l’Eglise diocésaine de l’Institut du Bon Pasteur implique une
communion avec les autres composantes de l’Eglise de Gironde (…) qui
sont appelées à traduire dans des actes l’engagement que l’Eglise
catholique a pris à Vatican II vis-à-vis des chrétiens des autres
confessions chrétiennes, des juifs, des membres des autres religions. »
Pourtant
les décrets de Vatican II ne font nulle part mention explicite d’aucune
négociation, d’aucun accord, d’aucun engagement à l’égard « des autres
confessions chrétiennes », ni « des juifs », ni « des membres d’autres
religions ». Et personne avant le cardinal Ricard n’en avait
publiquement parlé aussi crûment.
Il faut donc comprendre que ces engagements pris « par l’Eglise » l’ont été non point par Vatican II, mais à l’occasion ou à l’intention de Vatican II.
Nous
en connaissons un exemple, un seul, mais certain : l’accord de Metz
passé avec la Russie stalinienne, comportant l’engagement de ne plus
combattre le communisme en échange de représentants de l’Eglise russe
autorisés à venir assister en « observateurs » au Concile (cf. L’accord de Metz, un volume de 75 pages aux Editions Via Romana).
Il
ressort donc du communiqué cardinalice que, de la même manière ou d’une
manière analogue, une triple négociation secrète, à l’occasion ou à
l’intention du Concile, a eu lieu :
— avec « les autres confessions » ;
— avec « les juifs » ;
— avec « des membres des autres religions ».
L’accord secret passé avec Moscou s’était « traduit dans des actes » par l’arrêt de toute opposition explicite au communisme.
Par quels actes l’IBP va-t-il être sommé maintenant de traduire les engagements secrètement pris « par l’Eglise »
à l’égard « des chrétiens des autres confessions », et « des juifs »,
et « des membres des autres religions » ? Il faudra bien alors révéler
à l’IBP le contenu précis de ces engagements.
Puisque La Croix confirme à nouveau que la cible de l’affaire est bien « l’Institut du Bon Pasteur, institut de droit pontifical dirigé par l’abbé Philippe Laguérie », c’est donc avec l’abbé Laguérie que le cardinal Ricard aura à en discuter.
Il ne pouvait pas mieux tomber. Nous connaissons assez l’abbé Laguérie pour souhaiter au Cardinal bien du plaisir.
Le malheureux est à la tête d’un diocèse fortement noyauté, notamment par un « groupe de catholiques du diocèse représentant 190 laïcs » d’un extrémisme gauchiste virulent, et par un « conseil presbytéral »
d’une quarantaine de prêtres également très marqué par un progressisme
imprécateur : ils sont l’un et l’autre médiatisés à grand fracas. Une
pratique de la dialectique marxiste prétend faire la loi dans
« l’Eglise de Gironde », et le Cardinal y résiste comme il peut. Cette
fois, il a visiblement dérapé.
JEAN MADIRAN
Article extrait du n° 7093
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