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In Paradisum Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
06-11-2010
inparadisum.jpgLe CD “In Paradisum” est paru le 8 novembre et il est disponible !
 
Les moniales de l’abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux vont faire rayonner le chant de l’Église.
 
Ce CD peut être commandé à  La Boutique en ligne  UnaVoce
 
Écoutez-en ci-après un extrait, le superbe graduel du Jeudi Saint et vous comprendrez pourquoi les sœurs de l'abbaye provençale, attachée à la messe tridentine, ont remporté le "concours" qui les opposait à 70 autres abbayes, dans 15 pays !
 
 

 

Cliquez sur le petit triangle à gauche pour écouter le graduel Christus factus est                                                             

 

Le graduel de la Messe Vespérale du Jeudi Saint exalte le sacrifice du Christ sur la Croix. Il comporte un texte qui est issu de l’Apôtre des Nations. C’est un passage célèbre de l’épître aux Philippiens :

Chrístus fáctus est pro nóbis obédiens úsque ad mórtem, mórtem aútem crúcis. Própter quod et Déus exaltávit íllum, et dédit ílli nómen, quod est súper ómne nómen.

Le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom au-dessus de tout nom.
 
Ce Graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l'office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième est ajouté mórtem aútem crúcis, et le troisième l'on entend la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce Graduel est faite de formules que l'on retrouve dans de nombreux autres Graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties. La première est sombre et grave surtout sur le mot crúcis qui s'enfonce dans les profondeurs. La deuxième, au contraire s'élève dans les hauteurs avec enthousiasme, particulièrement la grande vocalise aérienne ornant le mot íllum, pronom qui désigne le Christ.
Le Père PERRODON écrit :  « Nous nous trouvons là en face d'un sommet de beauté. Si l'on doutait encore de l'influence que le christianisme a pu exercer sur la musique, par son besoin de faire déborder dans le lyrisme du chant l'ivresse d'amour inspirée par le mystère du Christ, on n'aurait, pour s'en convaincre, qu'à écouter cette admirable pièce ».
 
Nous rajoutons, au cas où vous n'auriez pas été convaincu, le sublime introït de la Septuagésime Exsurge.
 
 
 
 
Voici maitenant un extrait de l'entretien que Mère Placide, Mère Abbesse de l’abbaye bénédictine Notre-Dame de l’Annonciation, a bien voulu donner au quotidien Présent sur une aventure qui propulsera le chant des moniales sous le label de « grands » du disque : Decca et Universal Records.

 

— Ma Mère, vous avez accepté ce qui peut apparaître comme une intrusion dans votre vie toute centrée sur la prière, pour laisser s’envoler dans le monde la beauté de votre chant. Pourquoi ?

— L’intrusion n’est qu’apparente. La communauté continue de mener une vie retirée et calme. Pour nous, rien n’a changé. Avant de signer le contrat avec Decca, nous avions enregistré et édité nous-mêmes six autres disques de chant grégorien. Notre but était déjà de partager avec nos contemporains la beauté de la prière liturgique de l’Eglise et de les inviter à prier eux-mêmes. L’offre de Decca nous permet d’étendre cet apostolat à un plus grand nombre. Pourquoi aurions-nous refusé ?

— Le grégorien est porteur de paix, c’est une évidence. Ce chant multiséculaire de l’Eglise peut-il être aussi évangélisateur ?

— Il l’est certainement. Son texte est presque toujours tiré de l’Ecriture Sainte. Il a donc la force de la Parole de Dieu elle-même, « vivante et efficace, plus affilée qu’un glaive à deux tranchants, […] démêlant les sentiments et les pensées du cœur » (Heb. 4, 12). Le livret du CD In Paradisum donne les textes des pièces chantées, en latin et en français. Il présente également le fil conducteur autour duquel les pièces grégoriennes choisies ont été organisées : il s’agit d’une sorte de scénario ayant pour arrière-fond le récit évangélique des disciples d’Emmaüs (cf. Luc 24, 13-35). (+ scénario et liste des pièces en annexe).

A propos de l’efficacité évangélisatrice du grégorien, nous pouvons rappeler l’évangélisation de l’Angleterre par les moines envoyés en 596 par le pape saint Grégoire le Grand. « Une troupe de chanteurs de Dieu, voilà comment apparurent aux Anglais étonnés ces premiers moines bénédictins de Rome. Réellement l’histoire de la mission anglaise se présente comme une page de propagande pour le chant grégorien. C’est la liturgie des moines qui a conduit l’Angleterre à la foi. Et jusqu’à nos jours l’Angleterre a gardé cet amour pour la liturgie comme un héritage inaliénable. » (Dom Stephanus Hilpisch, Histoire du monachisme bénédictin, Téqui, p. 113.)

— Les producteurs du CD évoquent une musique venue du fond des siècles, qui va faire vibrer des cordes insoupçonnées par son mystère, sa « magie » et sa paix ; une musique qui permet d’oublier le stress du monde moderne ; une musique qui vous fait pénétrer dans le secret de vies cachées et paradoxalement heureuses. Je crois deviner que pour vous, la musique grégorienne, à la fois d’apparence si simple mais si aboutie, si satisfaisante pour notre appétit de beauté et si essentiellement spirituelle, c’est encore autre chose… Non ?

— Le grégorien est fondamentalement une prière. C’est en priant que nous l’avons enregistré, dans le but principal d’aider les personnes à retrouver cette respiration de l’âme qu’est la prière. Nous souhaitons ardemment que des « cordes insoupçonnées » vibrent en ceux qui écouteront le CD : celles de l’âme, peu sollicitées dans notre monde trop matérialiste. Le chant grégorien peut nous rappeler que nous ne sommes pas faits pour vivre en deux dimensions seulement. Nous avons en nous une aspiration à la vie divine, à la vie éternelle. Lorsque cette dimension se ranime, nous éprouvons le sentiment de vivre enfin, de commencer à vivre.

— Vous avez été choisies parmi 70 autres communautés religieuses pour faire le pendant féminin au disque de musique grégorienne chantée par voix d’hommes gravé en 2008 par Universal Music. Je ne vais pas vous demander si vous en tirez quelque orgueil, mais rebondir plutôt sur ce que raconte – avec un humour très respectueux – celui qui a fait le tour des « chanteuses » pressenties, Tom Lewis. Il s’est aperçu que plus les religieuses vivent selon une règle stricte, plus elles respectent et font respecter leur clôture, plus leur chant est beau. « Là où les sœurs pouvaient aller et venir comme elles le voulaient, la musique devenait plus contemporaine, et la magie s’estompait. Comme si les grilles protégeaient également la musique – la gardaient plus pure. (…) Au bout du compte, nous étions devant un choix. Signer avec un ordre ouvert dont la musique était bonne et dont les religieuses pourraient participer à la promotion du disque. Ou bien, opter pour celles qui voulaient qu’on les laisse tranquilles mais dont la musique était incroyable, mystérieuse, antique et inchangée. » Si quelqu’un peut nous donner la raison de cette différence qualitative, n’est-ce pas vous ?

— La clôture permet en effet de mener un genre de vie qui ne se laisse pas influencer par les modes. Il semble naturel que cela rejaillisse aussi sur le chant.

— Il me semble que vous ayez bluffé le directeur de Decca, Dickon Stainer, en exigeant qu’il reste en deçà de la grille de clôture pour la signature du contrat. Plus largement, vous en avez imposé aux équipes commerciales et techniques en étant totalement vous-mêmes, joyeusement coupées du monde, fidèles à tout ce que votre choix de Dieu avant tout vous dicte de faire ou de ne pas faire. La force de quelques dizaines de – pardonnez-moi l’expression – petites bonnes sœurs face à la puissance inimaginable d’un des « majors » du disque ! Avez-vous eu le sentiment d’avoir touché les cœurs ? Comment avez-vous vécu cela par rapport à votre propre vocation ?

— Oui, devant certaines personnes, nous avons vraiment eu l’impression qu’à travers notre genre de vie et notre prière elles concevaient plus qu’un simple sentiment esthétique. L’une d’entre elles, par exemple, avait les larmes aux yeux en nous interrogeant. Elle nous a confié ensuite que la joie des sœurs la bouleversait. Sans trop nous faire illusion cependant, ces rencontres nous ont encouragées dans cette aventure. L’action de Dieu dans les âmes est très mystérieuse ; si la Providence permet que nous soyons des instruments de cette action pour quelques-uns à un moment donné de leur vie, nous ne pouvons que nous en réjouir. Ce serait une illustration de l’affirmation fréquente des papes : la vie des moniales est pleinement et totalement apostolique, du fait de la consécration exclusive à Dieu qui insère la moniale au cœur même de l’Eglise. De façon mystérieuse mais réelle, en atteignant le prochain en Dieu les moniales coopèrent à l’œuvre de la Rédemption et à l’extension du Royaume.

— Le grégorien était-il chanté par des voix de femmes sous sa forme mélodique dans les temps médiévaux ? Et alors que nous avons peut-être davantage l’habitude d’enregistrements de grégorien par des moines, ou au moins des voix d’hommes, qu’apportent de spécifique les voix de moniales ?

— Il ne fait aucun doute qu’au moyen-âge les moniales chantaient le grégorien : c’était leur prière. Des témoignages nous sont même parvenus sur la beauté de leur chant. Actuellement, il existe un bon nombre d’enregistrements de grégorien réalisés dans des monastères de moniales. Cependant, les voix féminines sont généralement moins appréciées que les voix d’hommes. Il ne faut pas chercher chez nous l’ampleur vocale, mais nous espérons avoir donné notre cœur et ce qui l’habite : la tension vers Dieu, la joie de la foi. La joie de Dieu est en effet une réalité spécialement chère aux moniales du Barroux !

— Question très indiscrète – ou, plutôt, plus indiscrète encore que les autres – comment saint Joseph, que vous avez invoqué à cette fin, vous a-t-il « signifié » son accord pour cette entreprise pour vous insolite ?

— Nous avons posé à Decca des conditions difficiles à accepter, destinées à protéger notre vie cloîtrée, et nous avons demandé à saint Joseph une réponse négative (de la part de Decca) si la chose ne devait pas se faire.

— Enfin, si la vente de ce disque vous rapporte quelques bénéfices, je suppose que vous avez pour eux une destination déjà toute trouvée…

— Oui, nous souhaitons aider des œuvres caritatives, car il est bien évident que nous n’entendons rien changer à notre style de vie monastique, marqué par la simplicité et la sobriété.

Nous voudrions terminer par un souhait à tous les lecteurs de Présent. Il est inspiré par le thème des disciples d’Emmaüs, et par notre idée-force, la joie de Dieu. Nous l’empruntons à celui qui est aujourd’hui le héraut de cette joie :

Les disciples d’Emmaüs « se levèrent et retournèrent en hâte à Jérusalem pour partager leur joie avec leurs frères et leurs sœurs dans la foi. En effet, la vraie joie est de reconnaître que le Seigneur demeure parmi nous, compagnon ?dèle de notre chemin. L’Eucharistie nous fait découvrir que le Christ, mort et ressuscité, se manifeste comme notre contemporain dans le mystère de l’Eglise, son Corps. Nous sommes rendus témoins de ce mystère d’amour. Souhaitons-nous mutuellement d’aller pleins de joie et d’émerveillement vers l’Eucharistie, pour faire l’expérience de la vérité de la Parole par laquelle Jésus se sépara de ses disciples et pour l’annoncer aux autres : “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la ?n du monde.” »*

Propos recueillis par Jeanne Smits

  • BENOÎT XVI, Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatis, 22 février 2007, n. 97.

 

IN PARADISUM

CHANTS EN CHEMIN

« Notre cœur n’était-il pas brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin ? »

L’aventure des pèlerins d’Emmaüs (Luc, 24) est comme un reflet de la vie humaine : d’abord scandalisés par le mal, les deux hommes sont conduits jusqu’à la pleine lumière de l’amour. Les « chants en chemin » sont des prières qui traduisent cette expérience spirituelle. Le grégorien aide à sentir la présence de Celui qui, étant le but du voyage, a voulu se faire notre compagnon sur le chemin de la vie.

OUVERTURE

La Résurrection du Christ ne dépend pas de notre foi. C’est une réalité objective, qui donne à notre cheminement son but ultime : vivre éternellement, ressuscités avec le Christ.

01    Invitatoire “Surrexit Dominus” et Psaume 94

I. LE DIFFICILE CHEMIN DE LA VIE

Deux disciples de Jésus quittent Jérusalem et se rendent à Emmaüs. Consternés, ils s’entretiennent de la mort du Maître, crucifié trois jours auparavant. Les voilà désarmés devant l’échec, la souffrance, la mort. Un voyageur se joint à eux et les invite à regarder les événements à la lumière des Ecritures.

02     Introït “Exsurge”

03    Lamentation “Oratio Ieremiæ”

04    Sonnerie de cloches

05    Séquence “Dies iræ”

XIIe siècle ; thème musical repris par de nombreux compositeurs. Le texte, tissé de réminiscences bibliques, évoque de façon saisissante le Jugement dernier, mais aussi la douce miséricorde du Sauveur. Traduction : J. Feder, s.j.

06    Trait “Commovisti”

07     Offertoire “Recordare”

08     Alléluia “Oportebat pati Christum”

II. RESTE AVEC NOUS !

Parvenus à Emmaüs, les disciples offrent l’hospitalité au compagnon inconnu : « Reste avec nous, car déjà le soir tombe ». A table, ils reconnaissent Jésus au geste de la fraction du pain. Car ce geste évoque le don que Jésus a fait de sa vie, en se livrant sur la croix et dans l’Eucharistie, pour nous sauver. Se confiant entièrement à la conduite du Christ, animés de son Esprit, les chrétiens sont appelés à s’aimer les uns les autres comme Jésus les a aimés.

09    Alléluia “Cognoverunt”

10    Communion “Panis”

11    Hymne “Adoro te”

12    Introït “Esto mihi”

13    Offertoire “In te speravi”

14    Séquence “Veni Sancte Spiritus”

15    Antienne “Ubi caritas”

III. LE CŒUR BRÛLANT

A peine reconnu, Jésus disparaît aux yeux des disciples. Ceux-ci reviennent en hâte à Jérusalem. Eux qui étaient tristes tout à l’heure, voilà qu’ils commencent de voir : Jésus a vaincu la mort, la tristesse et la mort ne sont plus. Avec le Christ, ils trouveront cette vraie vie qu’il leur avait promise : « Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. » La joie de l’homme devient parfaite dans l’adoration de Dieu. Le cœur ardent, marchons nous aussi avec Jésus sur le chemin du Paradis.

16    Antienne “Nonne cor” et Magnificat

17    Répons “Regnum mundi”

Chanté par la moniale lors de son engagement définitif dans la vie monastique.

18    Graduel “Christus”

19    Offertoire “Dextera Domini”

20    Antienne “Alleluia” et Psaume 116

21    Hymne “Benedictus es”

22    Carillon de Notre-Dame de l’Annonciation

 

 

• Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation, La Font de Pertus, 84330 Le Barroux. www.barroux.org