Dom Folsom, supérieur des bénédictins de Nursie, Mgr Schneider,
évêque auxiliaire d’Astana, Mgr Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei,
Don Nicola Bux, consultant du Saint-Siège, les Franciscains de
l’Immaculée, la Fraternité Saint-Pierre qui assurera une grande partie
du service liturgique en l’église de la Trinité des Pèlerins,
l’Institut du Christ-Roi intervenant lors de la messe à
Saint-Pierre : voici les ingrédients du troisième colloque sur le Motu
Proprio Summorum Pontificum qui se tiendra à Rome la semaine prochaine (du 13 au 15 mai) sous la houlette du père Nuara, officiel de la Commission Ecclesia Dei.
Le colloque est organisé en trois temps. Le premier temps, le
vendredi 13 mai après-midi, est réservé aux prêtres, séminaristes et
religieux. Il comprendra une conférence de Dom Folsom sur la place de
la liturgie dans la vie sacerdotale et se conclura par les vêpres
pontificales célébrées par Mgr Schneider.
La journée de colloque elle-même, se déroulera le samedi 14 dans un
cadre beaucoup plus institutionnel que celui des deux premières
éditions puisque les participants se retrouveront dans les murs de
l’université pontificale
Saint-Thomas-d’Aquin, le fameux “Angelicum”. Les conférences
principales seront tenues par le cardinal Cañizares, Préfet de la
Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements (sur
le thème “La liturgie sacrée, vie de l’Église”) ; par Mgr Aillet, évêque de Bayonne
(“Esprit de la liturgie, liturgie de l’Esprit”) ; et par le cardinal
Koch, Président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens (“La
liturgie traditionnelle de l’Église, pont œcuménique”). Si le cardinal
Cañizares et Mgr Aillet sont connus pour leur adhésion à la réforme de
la réforme voulue par le Saint-Père, c’est néanmoins la première fois
comme évêque, depuis son livre écrit alors qu’il était encore vicaire
général de Toulon, Un événement liturgique ou le sens d’un Motu Prorio
(Tempora, 2007), que l’évêque de Bayonne affiche aussi publiquement son
intérêt pour la liturgie traditionnelle de l’Église. Quant au cardinal
Koch, sa conférence est très attendue car elle va donner un imprimatur
romain à un argument méconnu en faveur de la liturgie
extraordinaire : sa capacité à rapprocher de l’Église catholique un
certain nombre de frères séparés, demeurés fidèles à une liturgie digne
et théocentrée, comme les orthodoxes et les luthériens notamment. Ce
sera aussi la première fois que le prélat helvétique s’exposera aussi
clairement en défense du texte pontifical, ce qui n’est pas rien eu
égard aux tensions qui traversent l’Église suisse.
Le dernier temps du colloque sera constitué par la messe au
faldistoire (c’est-à-dire au « fauteuil », le trône était réservé à
l’évêque du lieu, qui est ici le Pape) que célébrera le cardinal
Cañizares le dimanche matin en la basilique Saint-Pierre du Vatican. Le
cardinal célébrera de bonne heure (8 heures) mais sur l’autel de la
Chaire de Saint-Pierre. Ce sera donc la première messe traditionnelle
célébrée publiquement dans la nef principale de la basilique depuis le
Concile (l’historien Luc Perrin se plaît à rappeler aussi souvent qu’il
le peut que la « messe du Concile », de 1962 à 1965, était la messe de
Saint-Pie-V, puisque la messe de Paul VI ne date que de 1969). En
2009, c’est seulement dans la chapelle fermée du Saint-Sacrement que le
cardinal Burke, qui n’était encore qu’archevêque avait officié. Soulignons que l’ensemble des officiels de la Commission Ecclesia Dei seront ministres liturgiques lors de la cérémonie, tel Mgr Descourtieux,
chargé de la section francophone. Le cérémoniaire sera le chanoine
Guitard de l’Institut du Christ-Roi et le chœur sera dirigé par le
cardinal Bartolucci, ancien directeur du Chœur de la Chapelle Sixtine.
Et on remarquera aussi la présence, comme « familiers » (c’est-à-dire
membres de la « famille » liturgique) du Pontife, de Mgr Nicolas Thèvenin, protonotaire apostolique et de Mgr Marco Agostini, l’un des cérémoniaires pontificaux.
[...] La présence de Mgr Aillet est un signe encourageant pour les
catholiques de France sensibles à la liturgie traditionnelle de
l’Église. Elle confirme que le texte de Benoît XVI a bel et bien fait
tomber un tabou et réparé une longue injustice. Nous ne pouvons que
réaffirmer une nouvelle fois notre reconnaissance sincère envers le
Saint Père et lui renouveler toute notre affection dévouée.