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| Instruction papale Universæ Ecclesiæ |
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| Revue de Presse - Présent | |
| 26-05-2011 | |
Une autre lecture
Selon La Croix, le « point essentiel » de l’Instruction sur l’application de la Lettre apostolique Summorum Pontificum du 07.07.07 « apparaît au numéro 19 ». Citons donc à nouveau ce dix-neuvième paragraphe de l’Instruction :
« Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la Sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire, ou qui s’opposent au pontife romain comme pasteur suprême de l’Eglise universelle. » C’est là un des morceaux choisis de l’Instruction cités par La Croix qui, à la différence de Présent, n’a pas jugé utile d’en publier l’intégralité : ainsi se sent-elle peut-être plus libre dans ses commentaires.
Or ni la communion dans la main ni le célébrant face à l’assistance ne sont imposés par le Missel de Paul VI. Ces deux insupportables anomalies appartiennent à la « liturgie actuelle » de l’Eglise de France : son épiscopat et son clergé, dans leur quasi unanimité, s’y montrent indéracinement attachés.
Tel demeure en France l’état de la « réforme de la réforme » et de l’« enrichissement réciproque » des deux rites. On aperçoit, certes, une tendance à faire un peu le ménage des plus scandaleuses niaiseries et grossièretés, il y a même l’esquisse d’un recul des gesticulations et logorrhées du célébrant. Mais celui-ci continue à peu près partout à ne pas se tourner vers Dieu et à ne pas demander l’agenouillement des fidèles au moins pour la consécration et pour la communion. La coutume vicieuse s’est bien installée. La plupart des fidèles et des prêtres qui n’ont pas dépassé quarante ans n’ont jamais vu, dans une église, un agenouillement. Il sera long et difficile de les rééduquer. Peut-être leurs enfants… Le P. Calmel estimait qu’il ne faudra pas moins qu’un miracle.
C’est la même question qui se pose pour le texte du Concile et son interprétation : l’interprétation et l’application ont été dirigées par les auteurs du texte.
Parenthèse. On m’objectera peut-être que la FSSPX « s’interroge sérieusement sur la légitimité » du Missel de Paul VI. Mais légitimité ne paraît pas avoir le même sens dans l’Instruction et dans l’interrogation de la FSSPX. Dans l’Instruction, il s’agit d’affirmer que le Pape a le pouvoir légitime de promulguer un Missel. Cette « légitimité » d’origine est distincte du fait : le Missel de Paul VI « s’éloigne d’une manière impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la sainte messe, définie à jamais par le concile de Trente » (Ottaviani). A mon avis, le Missel de Paul VI avait commencé à entrer dans l’illégitimité avec son usage, qui en a été fait aussitôt, comme arme par destination contre la messe traditionnelle, dont l’interdiction fut invalide et gravement coupable. Fin de la parenthèse.
« Cet avertissement s’adresse clairement aux groupes lefebvristes qui ont récemment mis en cause deux initiatives de Benoît XVI : la prochaine rencontre interreligieuse d’Assise et la béatification de Jean-Paul II. » C’est vraiment tout mélanger. S’opposer à une béatification avant sa promulgation n’est en rien délictueux. Il y avait « des éléments à éclaircir » et des « questions qui pouvaient laisser une ombre », comme l’a dit le cardinal Amato, préfet de la congrégation romaine pour la cause des saints. Il n’existait aucune obligation de taire ces « questions » et ces « éléments ». Au cours du procès de béatification, tout cela a « trouvé une réponse claire », assure le Cardinal. Tant mieux. Mais tant que cette réponse claire ne sera pas connue, l’« ombre » ne sera pas vraiment dissipée dans les intelligences.
« Sur des sujets importants, Jean-Paul II ne s’attachait pas aux limites et allait à l’essentiel. Et ce fut le cas pour Assise. » Les catholiques ne sont nullement tenus de recevoir une telle justification comme un article de foi. Exprimer des doutes, émettre des objections, demander des explications au sujet de « deux initiatives » pontificales n’est pas interdit et ne constitue pas une opposition au pontife romain en tant que pasteur suprême de l’Eglise universelle. La structure de l’Eglise telle que l’a fondée Notre Seigneur Jésus-Christ repose sur la succession apostolique et la primauté du souverain pontife. A notre connaissance, et d’ailleurs de notoriété publique, les « groupes lefebvristes » professent cette succession et cette primauté, la délation dont ils sont l’objet de la part de La Croix est tout à fait arbitraire.
« A charge pour la commission Ecclesia Dei de décider des recours qui lui seront présentés. » Ainsi les lecteurs de La Croix ignoreront ce que l’article 10 précise au sujet du pouvoir de la Commission pontificale Ecclesia Dei : elle agit « en tant que Supérieur hiérarchique » pour les recours qui lui seront présentés à propos d’un acte épiscopal contraire au motu proprio du 07.07.07. Cela ressortait clairement, mais non explicitement, de l’article 12 du motu proprio. L’épiscopat ne voulait pas en entendre parler. C’est pourquoi il est cette fois précisé en toutes lettres qu’en la matière la Commission pontificale est bien le « Supérieur hiérarchique » de l’évêque. Le silence sur ce point de nos confrères de La Croix est parfaitement compréhensible. JEAN MADIRAN |
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