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Le paradoxe infernal Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Revue de Presse - Présent
24-07-2011

puce_carreLe passionnant entretien de Bernard Dumont avec le philosophe espagnol Dalmacio Negro, dans le dernier numéro de la revue Catholica, appelle toutefois deux réserves, dont nous reparlerons peut-être, sur la « justice sociale » et sur la « dignité humaine ». A part quoi, il nous conduit à des considérations essentielles. Mon intention n’est pas d’en rendre compte, mais d’y trouver une inspiration pour nos propres réflexions.

puce_carreDans tout l’univers apostat des grandes démocraties occidentales l’Etat, qui entend régenter par la loi jusqu’aux détails de « la vie et la mort de ceux qui lui sont assujettis », se montre de moins en moins capable d’accomplir « sa fonction élémentaire d’assurer la sécurité » des personnes et des biens. La peine de mort, clef de voûte de la hiérarchie des peines réprimant crimes et délits, est considérée désormais comme contraire aux « valeurs » démocratiques. Le CEC et son Compendium ont regrettablement suivi le mouvement, mais sans pouvoir, eux, réclamer l’abolition comme une exigence morale absolue : cela aurait signifié qu’il avait fallu vingt siècles à l’Eglise pour enfin apercevoir une telle exigence. Compendium et CEC se contentent donc de présenter la suppression de la peine de mort comme devenue obligatoirement souhaitable en fait, pour la raison qu’avec le progrès des mœurs elle n’est plus indispensable au maintien de l’ordre public. Or cette vue trop optimiste d’un supposé progrès moral dans la société démocratique vient maintenant buter visiblement sur une contradiction en trois domaines : les crimes sexuels, l’empire clandestin du marché de la drogue, le terrorisme principalement islamiste.

puce_carreLa peine de mort étant abolie en droit, les récidivistes sexuels échappent également à la réclusion à perpétuité, supprimée en fait comme étant encore plus cruelle que la peine de mort. Résultat : l’Etat finit par remettre en liberté des récidivistes identifiés comme inguérissables. L’abolition de la peine de mort a des conséquences aussi catastrophiques pour la répression du trafic de la drogue et pour la défense contre le terrorisme : ce sont là aussi des domaines où il se manifeste clairement que, par son arbitraire obligation morale d’abolir la peine de mort, l’Etat démocratique offre de moins en moins « protection et sécurité ».

puce_carreSemblablement au nom des « valeurs » démocratiques, les Etats occidentaux instituent le « droit à l’avortement » et ils préparent l’institution d’un droit à l’euthanasie. C’est-à-dire que le « droit de vie et de mort », retiré à l’Etat et à sa justice, se trouve désormais, selon la juste et terrible expression de Dalmacio Negro, remis pour une part grandissante « aux mains des particuliers ». Tel est le paradoxe infernal : la peine de mort pour les plus nuisibles coupables est déclarée contraire à la dignité démocratique de la personne humaine ; mais cette même dignité exige de disposer individuellement du droit de vie et de mort à l’encontre des innocents quand ils sont sans défense.

JEAN MADIRAN

 
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