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| Un point de vue anglais sur la formation dans les séminaires |
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| Revue de Presse - Paix liturgique | |
| 05-08-2011 | |
SOURCE - Paix Liturgique n°294
Un point de vue anglais sur l'introduction de la forme extraordinaire dans les séminaires et la question fondamentale de l'apprentissage du latinNous vous proposons cette semaine l'essentiel d'un article publié le 25 mars 2011 par Damian Thompson, le chroniqueur religieux du Daily Telegraph. Dans ce texte, paru avant la publication de l'instruction Universæ Ecclesiæ, Damian Thompson réagissait à l'inquiétude manifestée par deux des plus fameuses plumes de la presse progressiste anglophone (Robert Mickens du Tablet britannique et John Allen du National Catholic Reporter américain) que l'Instruction puisse rendre obligatoire l'apprentissage de la forme extraordinaire dans les séminaires.
Certes, nous savons qu'il n'en a pas été ainsi et que l'Instruction n'a
finalement comporté qu'une injonction au retour du latin dans les
programmes de formation des séminaires, ce qui constitue néanmoins un
premier pas vers la constitution d'un clergé ouvert au trésor que
représente la liturgie traditionnelle. L'article de Damian Thompson
demeure cependant particulièrement intéressant car il fait une analyse
très semblable à celle souvent exprimée sous diverses formes par Paix
Liturgique : compte tenu de la mentalité toujours plus traditionnelle
d'une bonne part des séminaristes diocésains, le barrage idéologique
progressiste s'effrite et l'accès des séminaristes à l'étude du latin
est une ouverture essentielle vers l'apprentissage serein et la
célébration universelle de la forme extraordinaire.
I – L'ARTICLE DU TELEGRAPH (source) (...) En revanche, la proposition d'enseigner à tous les séminaristes de célébrer la messe tridentine est une affaire sérieuse. À bien des égards elle est aussi radicale que Summorum Pontificum lui-même.II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE a) Le débat liturgique est ouvert : ces lignes de Damian Thompson montrent que, France mise à part, il existe dans le monde un véritable débat portant sur la question liturgique. Un débat qui dépasse largement les sphères traditionalistes estampillées puisque le Telegraph n'est rien de moins que le premier quotidien britannique classique (non-tabloïd). Cet article manifeste ainsi que la liturgie traditionnelle de l’Église est bien un sujet pour l’Église universelle et que les différents points de vue y ont autant pignon sur rue les uns que les autres. b) La loi du silence française : dans le même temps, en France, des centaines de demandes de célébrations de messe traditionnelles sont ignorées. Huit sondages nationaux ou diocésains réalisés par des organismes professionnels révèlent qu’un tiers au moins des pratiquants assisteraient à la forme extraordinaire du rite romain si le Motu Proprio était appliqué dans leurs paroisses et pourtant « on » ignore ces sondages dont « on » ne parle pas. Aucun quotidien français (et surtout pas de la presse dite catholique) n'évoque librement la question liturgique et ne permet une saine disputatio. Seule la ligne officielle peut s’exprimer : « il n’y a pas de demande », « cette messe n’intéresse pas les jeunes », « la – faible – demande est déjà largement satisfaite », « la majorité des fidèles ne veut pas de cette messe », etc. Quant aux sondages, ils n’existent pas. Nous vivons vraiment une époque intéressante : le travail de l’historien qui, dans quelques décennies, se penchera sur l’attitude des évêques qui savaient mais n’ont rien fait, sera particulièrement savoureux… c) La question cardinale de l’étude du latin : c’est le cœur de l’analyse de Damian Thompson qui répond aux adversaires de l’apprentissage de la forme extraordinaire et de la réintroduction de l’étude du latin dans les séminaires (qui devrait pourtant être une évidence !). Pour lui, il ne fait aucun doute qu’en Angleterre – comme en France, comme au Portugal, comme en Italie... – une part importante des séminaristes désirent assister aussi à la forme extraordinaire et célébrer plus tard aussi la forme extraordinaire. Le seul obstacle – pas infranchissable, mais gênant – est leur manque de familiarité avec le latin. Tous ceux qui connaissent la situation du futur clergé en France le confirmeront : la formation au latin des séminaristes est première car, dès lors qu’ils savent pratiquer aisément le latin, ils deviennent des acteurs en puissance de la forme extraordinaire. Les adversaires du retour du latin dans les séminaires – qui sont souvent ceux qui l'en ont chassé – sont bien conscients des conséquences qu'une telle décision pourrait avoir sur les choix liturgiques des futurs prêtres. Comme le dit Damian Thompson : « Le cauchemar pour les adversaires irréductibles de la forme extraordinaire, est la formation, dans chaque diocèse, d'une génération de prêtres sachant utiliser le Missel de 1962 et parfaitement heureux de le faire ». Comme on le sait, finalement, l'instruction n'a pas imposé l'apprentissage de la forme extraordinaire dans les séminaires, se limitant à inciter au retour du latin. Il n’y a en fait pas de regrets à avoir tant on sait que les textes seuls ne suffisent pas. Il suffit pour s’en convaincre de voir le peu de cas que la plupart des évêques ont fait des dizaines de textes rappelant les normes liturgiques depuis plusieurs années… Certaines expériences ont néanmoins vu le jour : séminaire du diocèse de Saint Louis aux États-Unis, grand séminaire de Cracovie, séminaire de Mundelein (le plus important de l’archidiocèse de Chicago), début d’expérience en France avec la maison Sainte Blandine de Lyon (qui pourrait recevoir six propédeutiques en septembre) et Bayonne qui devrait suivre en septembre… Cette liste n’est pas exhaustive et illustre les mutations profondes qui s’opèrent dans le clergé de demain. Les arguments traités par Damian Thompson sont pertinents. Ils confirment que, d'un côté comme de l'autre de la Manche et dans de nombreux endroits du globe, le renouveau sacerdotal est en marche. Oui, comme Paix Liturgique le souligne régulièrement à l'occasion de la publication des statistiques des séminaires ou des ordinations, les nouveaux prêtres sont toujours plus nombreux à être ouverts à la “réforme de la réforme” engagée par Benoît XVI, à vouloir assumer pleinement leur identité sacerdotale et à vivre en communion avec Rome. d) Le blocage hiérarchique : leproblème, à Londres comme à Paris, c'est que la plus grande partie de la hiérarchie ecclésiastique – évêques et recteurs de séminaires en l'occurrence, selon Damian Thompson – fait obstacle à ce renouveau. Or il existe encore des vocations de type traditionnel qui ne trouvent pas de lieu où s’intégrer. Les communautés Ecclesia Dei et la FSSPX, surtout dans la forme officielle qu’elle devrait bientôt prendre, rendent et continueront de rendre un service considérable, mais elles ne drainent pas toutes les vocations existantes. L’écrasante majorité de ceux qui sont aujourd'hui aux commandes de nos diocèses et de nos séminaires le savent pertinemment, mais une partie d’entre eux préfèrent les voir mourir plutôt que de prendre des mesures qui leur sembleraient être une reconnaissance d’erreur, et un aveu que la poursuite d’une « pastorale » qui n'est en réalité qu'une impasse conduit au suicide. Mais c’est une réaction « conservatrice » désespérée tout à fait classique. Elle ne durera qu’un temps. Le réalisme, qui est aussi sens de l’Église, ne peut que l’emporter. Les séminaires continuent à se vider. Et les nouvelles générations de prêtres et de séminaires "identitaires" qui arrivent ne peuvent que prendre rapidement le relai pour redonner à l'Église et notamment à l'Eglise de France la vitalité dont elle a tant besoin. Tout cela n'est certes qu'une question de temps... mais le plus tôt sera le mieux. |
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