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| « L’IMMIGRÉ » DANS LA NOUVELLE LITURGIE |
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| 02-11-2011 | |
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Notre site n'a point pour habitude de traiter de politique en général ni de problèmes de société en particulier mais l'excellent bulletin d'André Noël que nous venons de lire aborde un point intéressant, et comme vous allez le constater, d'où la liturgie n'est pas loin !
Et pendant ce temps-là... « L’IMMIGRÉ » DANS LA NOUVELLE LITURGIE
Ceux qui ont assisté à la messe selon le nouveau rit dans les paroisses de l’Hexagone, le dimanche 23 octobre, ont entendu (comme lors de toutes les années liturgiques « A ») la lecture du livre de l’Exode, au chapitre XXII les versets 20 à 26, que voici : « Tu ne maltraiteras point l'immigré qui réside chez toi, tu ne l'opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte. Vous n'accablerez pas la veuve et l'orphelin. Si tu les accables et qu'ils crient vers moi, j'écouterai leur cri. Ma colère s'enflammera et je vous ferai périr par l'épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins. » Pourquoi attirer l’attention de nos lecteurs sur cette phrase ? Le texte biblique lu en paroisse est une traduction spécifique pour la liturgie et elle est la seule à traduire « immigré » là où toutes les autres (y compris la Bible catholique de Jérusalem) traduisent « étranger » (tout comme les versions protestantes, conformément à l’original hébreu). Or, si les juifs ont été bien étrangers en terre d’Égypte, ils n’ont point été immigrés ! Ils ne sont pas venus travailler volontairement : ils ont été déportés ; ils n’ont pas offert leur travail librement : ils ont été réduits en esclavage et quand ils ont voulu retourner chez eux, Pharaon les a poursuivis avec ses armées, les juifs n’ayant dû leur salut qu’au miracle de la Mer Rouge ! Pourquoi une telle pseudo-traduction, plus proche de la falsification ? Pour adapter le texte biblique aux fréquentes exhortations épiscopales demandant « d’accueillir » les immigrés, sans nous préciser jusqu’où et combien. Si nous ne les accueillons pas, alors nous devrons nous culpabiliser et croire qu’ainsi nous « maltraitons l’immigré ». Mais ces textes liturgiques épiscopaux ne nous donnent pas l’ensemble du livre de l’Exode. Ce serait pourtant intéressant ! A propos des « étrangers », appelés « immigrés » par la « bible liturgique », nous lisons également ceci : « Si un étranger en séjour chez toi veut faire la Pâque de l'Éternel, tout mâle de sa maison devra être circoncis; alors, il s'approchera pour la faire, et il sera comme l'indigène; mais aucun incirconcis n'en mangera. La même loi existera pour l'indigène comme pour l'étranger en séjour au milieu de vous. » (Exode 12,48). Si nous remplaçons « étranger » par « immigré » alors il faudrait que nos évêques concluent que les immigrés, dans les pays où ils résident, devraient recevoir le baptême qui est l’équivalent dans la nouvelle alliance de la circoncision dans l’ancienne. Ils n’en sont pas encore là ! Cette traduction plus que fautive justifie cette « réforme de la réforme » liturgique que le cardinal Ratzinger appelait naguère de ses vœux, y incluant d’autres parties de la liturgie de la messe dont la traduction est également tendancieuse, édulcorant son caractère sacré et sacrificiel. P.R.
Le Bulletin d’André Noël Synthèse Hebdomadaire N° 2257 |
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