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Source: Riposte-catholique
Mgr Lagrange racontait naguère que les jeunes qui découvraient la
messe traditionnelle lui en parlaient comme d’une nouvelle messe, au
sens où ce rite était nouveau pour eux. C’est un peu ce type de
réflexion que Mgr Bux, consulteur de plusieurs congrégations romaines et
professeur de liturgie, redit aujourd’hui, à l’heure du motu proprio.
Ces propos sont rapportés par la dernière lettre de Paix liturgique
qui met en évidence que pendant que certains clercs (évêques compris)
constituent une arrière-garde freinant autant que possible l’application
du motu proprio, la jeune génération, clercs et laïcs confondus, s’y
montre plus favorable.
Selon Paix liturgique, Mgr Bux intervenait dans le cadre de
la présentation d’un livre faisant étant des oppositions à l’application
du motu proprio : L’opposizione al Motu Proprio Summorum Pontificum
(Fede e Cultura) d’Alberto Carosa. Le contexte était donc clairement
posé et Mgr Bux n’ignore pas l’existence de cette opposition. Mais il a
voulu pour sa part souligner un autre aspect, l’autre face de la
médaille. Ces propos sont rapportés et présentés par Paix liturgique en ces termes :
« Ce qui me frappe, a déclaré Monseigneur Bux au début de
son intervention, c’est combien les laïcs et les jeunes sont en
première ligne pour défendre la douce œuvre de Benoît XVI. » Il a
notamment illustré cette importance de la mobilisation des jeunes et des
laïcs en évoquant la messe qu’il a célébrée à Port-Marly (diocèse de
Versailles – ICRSP) le 21 novembre 2010 et les contacts qu’il a eus à
cette occasion avec les fidèles.
« Les cérémonies actuelles manquent de dévotion, non pas de celle de
chaque fidèle pris séparément mais de celle de la communauté tout
entière. » Don Nicola Bux a cité à ce propos le cardinal Antonelli, l’un
des experts appelés à participer la réforme liturgique – mais qui a
laissé des souvenirs très critiques – qui jugeait que « plus la réforme
liturgique avançait, plus la dévotion reculait ».
Insistant sur le fait que, depuis la parution de l’instruction
Universæ Ecclesiæ, les oppositions épiscopales au Motu Proprio
s’estompaient doucement, Monseigneur Bux a néanmoins clairement indiqué
que ceux « qui prétendent, contre le pape, que le rite romain
traditionnel divise l’Église ont une attitude néogallicane ». Le Motu
Proprio diviseur… voilà pourtant un « argument » que l’autorité n’hésite
pas à servir aux demandeurs encore aujourd’hui pour refuser d’appliquer
le Motu Proprio, à Saint Germain en Laye ou Mantes (diocèse de
Versailles) comme à Saint-Malo dans l’archidiocèse de Rennes (Mgr
d’Ornellas, voir lettre 289)
pour ne citer que quelques exemples. Les sondages commandités par Paix
Liturgique révèlent d’ailleurs, de façon concordante, que seule une
minorité des catholiques pratiquants est opposée à la coexistence
pacifique des deux formes du rite romain dans une même paroisse.
Enfin, après avoir rappelé que, selon la constitution Sacrosanctum
Concilium sur la liturgie, la liturgie appartient à Dieu et non aux
hommes, don Bux a conclu sa conférence comme il l’avait commencée, en
saluant l’action « des laïcs, particulièrement des nombreux jeunes, qui
contribuent à maintenir le sensus fidei » et que « nous autres, les
clercs, devons respecter et soutenir ».
Il est intéressant de noter que lors de la discussion qui a suivi
cette intervention deux cardinaux sont intervenus pour souligner, eux
aussi, les difficultés à recevoir Summorum Pontificum :
Le cardinal Castrillón tout d’abord, ancien Préfet de la
Congrégation pour le Clergé et ancien Président de la Commission
Ecclesia Dei, qui a témoigné de la difficulté à élaborer le Motu Proprio
Summorum Pontificum. Reconnaissant à quel point « mettre en œuvre le
Motu Proprio a été une tragédie », il a néanmoins lui aussi mis en
exergue l’intérêt des laïcs et des jeunes pour le texte pontifical.
Selon lui, l’intérêt des jeunes pour la liturgie traditionnelle est «
l’œuvre de l’Esprit Saint ». Plus encore, c’est toute l’herméneutique de
la continuité de Benoît XVI qui est éclairée par l’action du Saint
Esprit tandis que ceux qui veulent revenir sur le Motu Proprio sont,
d’après le cardinal, victimes de leur ignorance. Ils oublient, ou
feignent d’oublier, que « chaque geste, chaque parole, de la liturgie
tridentine a été pensé théologiquement. »
Au cardinal Castrillón a succédé une originale intervention du
cardinal Farina, successeur du cardinal Tauran aux Archives du Vatican.
Celui-ci a expliqué qu’une partie des difficultés de réception du Motu
Proprio pouvaient s’expliquer par la mauvaise diffusion de l’information
pontificale au sein de l’Église – rappelons, par exemple, que le
sondage de Paix Liturgique réalisé dans le diocèse de Rennes en mai 2011
indique que 44,5 % des catholiques n’ont jamais entendu parler du Motu
Proprio de Benoît XVI… Combien de paroisses ou de maisons religieuses
suivent-elles en effet au jour le jour les publications officielles du
Saint-Siège et, plus encore, combien les mettent à la disposition des
prêtres, des fidèles ou des religieux ? Une réflexion d’autant plus
stimulante que venant d’un prélat confronté chaque jour à la question de
la gestion et de l’accès à l’information.
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