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| Dimanche de la Septuagésime |
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| Chants de la Messe - Chants du Temps de la Septuagésime | |
| 30-01-2012 | |
Estampe du graveur Cochin
- Parabole des ouvriers de la vigne - 3e quart XVII e siècle
Extrait d'un ensemble
de douze paraboles - Musée des beaux-arts de Nancy
Numéro
d'inventaire TH.99.15.2951
Dimanche 5 février 2012 - DIMANCHE DE LA SEPTUAGÉSIME - Violet - 2e classe
NB : Solennité de la Présentation de Jésus au Temple et de la Purification de la Sainte Vierge : La fête de la Présentation du 2
février peut être solennisée ce dimanche mais cela ne revêt nul caractère d'obligation. Nous la publierons cette semaine...
Mais voyons tout d'abord le Temps de la Septuagésime qui marque un tournant important dans l'année liturgique et dont la première partie, la plus courte, le cycle de l'Incarnation, est maintenant terminée en ce dimanche. Nous abordons maintenant la deuxième partie, de beaucoup la plus longue, le cycle de la Rédemption ; et nous commençons à tourner nos regards vers la fête de Pâques, dont le temps de la Septuagésime, où nous sommes maintenant, constitue la préparation du Carême.
Ce Temps comprend trois dimanches appelés Septuagésime, Sexagésime et Quinquagésime, ce qui veut dire soixante-dixième, soixantième et cinquantième jour avant Pâques. Ces désignations sont évidemment très approximatives, puisque les semaines ne sont pas de dix jours et que ces dimanches se situent exactement soixante trois, cinquante six et quarante neuf jours avant Pâques. Mais le chiffre de soixante-dix est beaucoup plus symbolique que mathématiquement exact. Il évoque les soixante-dix années de captivité du peuple d'Israël à Babylone, figure de la captivité où le péché nous retient ici-bas, et dont le temps de la Septuagésime nous invite à reconnaître la gravité avant le grand combat du Carême et la délivrance de Pâques. Ce n'est pas encore un temps de pénitence comme le Carême, mais c'est déjà un temps austère et cette austérité se traduit dans la liturgie par les ornements violets que revêt le célébrant, par la suppression du Gloria in excelsis Deo, le chant des Anges, et surtout par la suppression totale de l'Alléluia que nous ne retrouverons qu'à la Vigile Pascale.
Jacobsz Lambert (env. 1598-1636)
Les Ouvriers de la onzième heure
Peinture sur toile : Hauteur 158 cm - Largeur 174 cm Rouen - Musée des Beaux-Arts
- Le site Introibo vous procurera d'intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster...
- Le programme détaillé de notre émission est disponible sur Le Blog de Radio-Courtoisie, totalement indépendant de cette radio amie. Vous y trouverez, à partir de la première des trois diffusions, soit le vendredi à 23 h, le nom des pièces grégoriennes, les références discographiques, le nom des plages... - Vous pouvez entendre la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous et préparer ainsi les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et ...vocalement ! Bonne écoute ! Ut in ómnibus glorificétur Deus...
Finis Gloriae Mundi, Juan de Valdés Leal. 1671-1672.
Hospital de la Caridad, Séville, Espagne
Peinture sur canevas, 220 x 216 cm Écoutez ICI la belle interprétation des moines bénédictins de Triors dans cet émouvant introït en méditant sur le célèbre tableau ci-dessus. Introït : Circumdederunt Le chant de l'Introït du dimanche de la Septuagésime résume parfaitement en trois phrases les sentiments que l'Église veut nous inspirer durant ce temps liturgique : il est extrait du psaume 17, chant d'action de grâce du roi David, qui rappelle les épreuves dramatiques par lesquelles il est passé, la confiance qu'il a toujours gardée dans le Seigneur et la délivrance qu'il en a finalement reçu. Première phrase : Circumdederunt me gemitus mortis, dolores inferni circumdederunt me. Les gémissements de la mort m'ont environné, les douleurs de l'enfer m'ont environné. L'évocation du péché et de la misère dans laquelle il nous a plongés est traduite ici par une mélodie tourmentée, en particulier le deuxième circumdederunt me est entortillé comme les lacets dans lesquels l'esprit infernal nous tient prisonniers. Deuxième phrase : Et in tribulatione mea invocavi Dominum. Mais au milieu de ma détresse, j'ai invoqué le Seigneur. Ici le calme est revenu, c'est la confiance qui s'exprime avec un bel élan sur le mot invocavi. Troisième phrase : Et exaudivit de templo sancto suo vocem meam. Et de son saint Temple, il a exaucé ma voix. Le saint Temple de Dieu désigne ici le ciel d'où il exauce notre prière, et c'est la joie et la reconnaissance qui s'expriment dans cette dernière phrase d'une façon calme et bien affirmée. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 17 exprimant la reconnaissance de David : Diligam te Domine, fortitudo mea : Dominus firmamentum meum, et refugium meum, et liberator meus. Je vous aime Seigneur qui êtes ma force, mon soutien, mon refuge et mon libérateur.
Le chant du Graduel du dimanche de la Septuagesime est assez exceptionnel, d'abord par ses dimensions : c'est un des plus longs du répertoire et sa mélodie s'étend du " do grave " au " fa aigu ", avec un va-et-vient continuel entre les parties basses et les partie élevées, ensuite par l'originalité de cette mélodie qui n'est pas faite, comme celle de la plupart des autres Graduels, de formules qui reviennent régulièrement. On en trouve quelques unes, mais assez peu. Le texte est tiré du psaume 9, chant de louange au Seigneur, protecteur des malheureux et défenseur des opprimés. On retrouve ici, comme dans l'Introït, la confiance des victimes du péché et de ses conséquences, exprimée avec de grands élans allant presque jusqu'à la véhémence. Première partie : Adjutor in oportunitatibus, in tribulatione : sperent in te, qui noverunt te : quoniam non derelinquis quærentes te, Domine. Vous êtes le secours du malheureux dans les né-cessités et dans la détresse : qu'ils espèrent en vous ceux qui vous connaissent, car vous n'abandonnez pas ceux qui vous cherchent, Seigneur.
Quoniam non in finem oblivio erit pauperis : patientia pauperum non peribit in æternum : exsurge, Domine, non prævaleat homo. Car le malheureux ne sera pas oublié jusqu'à la fin. La patience des malheureux ne sera pas déçue éternellement. Levez-vous Seigneur, que l'homme ne l'emporte pas. L'homme dont il est question dans le psaume c'est le païen, celui qui ne reconnait pas le vrai Dieu et persécute ses fidèles. Il représente pour nous les ennemis de notre âme qui nous tiennent captifs ici-bas.
Au temps de la Septuagésime comme pendant le Carême, l'Alléluia est supprimé et remplacé par un Trait, un chant qui se chante d'un trait. C'est une psalmodie directe sans antienne, très ornée certes, avec beaucoup de vocalises, mais où l'on retrouve des éléments de la psalmodie avec ses formules d'intonation et de cadences qui reviennent régulièrement. Ces mêmes formules peuvent donc s'adresser à des textes différents, mais ici l'adaptation est parfaite. Le texte du Trait d'aujourd'hui est bien connu, puisqu'il s'agit des quatre premiers versets du psaume 129, De profundis, que l'on rencontre assez souvent dans la liturgie, notamment dans celle des défunts. Ils expriment très bien les sentiments du temps de la Septuagésime : du fond de notre misère nous nous tournons vers le Seigneur avec une grande espérance.
De profundis clamavi ad te, Domine : Domine, exaudi vocem meam. Fiant aures tuæ intendentes in orationem servi tui. Si iniquitates observaveris, Domine : Domine, quis sustinebit ? Quia apud te propitiatio est, et propter legem tuam sustinui te, Domine. Du fond de l'abime, je crie vers vous, Seigneur : Seigneur, écoutez ma voix. Que vos oreilles se fassent attentives à la prière de votre serviteur. Si vous considerez nos péchés, Seigneur, Seigneur qui subsistera ? Mais auprès de vous est le pardon, et à cause de votre promesse, j'ai confiance en vous, Seigneur.
Offertoire : Bonum est Comme c'est souvent le cas dans les Offertoires, celui du dimanche de la Septuagesime est assez différent des autres chants de cette messe. Il est plus intérieur, recueilli et contemplatif. Le texte est le début du psaume 91, chant de louange au Seigneur qui protège les bons et punit les méchants : Bonum est confiteri Domino, et psallere nomini tuo, Altissime. Il est bon de louer le Seigneur et de chanter un psaume à votre nom, O Très Haut. On remarquera comment ce texte passe dans la même phrase de la deuxième à la troisième personne, ce qui arrive assez souvent dans les psaumes. Ce bonheur de louer Dieu s'appuie évidemment sur la confiance et la reconnaissance exprimées dans les autres chants de la messe. La mélodie le traduit d'une manière douce et paisible, mais affirmative.
Nous retrouvons dans la Communion du dimanche de la Septuagesime la prière suppliante mais confiante du pécheur du fond de sa misère. Elle est tirée du psaume 30, qui revient souvent dans la liturgie. C'est un de ceux où le roi David exprime le mieux son abandon total à la divine providence. C'est le psaume de l'In manus tuas. Illumina faciem tuam super servum tuum, et salvum me fac in tua misericordia : Domine, non confundar, quoniam invocavi te. Faites briller votre visage sur votre serviteur et sauvez moi dans votre miséricorde. Seigneur, que je ne sois pas confondu parce que je vous ai invoqué. " Faites briller votre visage ", cela veut dire soyez favorable à ma demande. Lorsqu'on adresse une demande à quelqu'un, si l'on voit son visage s'éclairer d'un beau sourire c'est qu'il va nous répondre favorablement, mais si l'on voit son visage s'assombrir c'est le contraire. Cette première phrase est une prière très humble qui se tient totalement dans le grave comme prosternée ; la deuxième phrase au contraire s'élève en un grand élan suppliant mais plein de confiance en la divine miséricorde, et la troisième phrase revient dans le grave pour une cadence paisible.
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