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Honneur au chant grégorien ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Revue de Presse - Présent
14-12-2011

« Parmi les sollicitudes de la fonction pastorale… l’une des premières est de maintenir et promouvoir l’honneur de la maison de Dieu. Rien ne doit venir y troubler la dévotion et la piété des fidèles » (Saint Pie X)

Le culte mal chanté désenchante les âmes. C’est pourquoi nous voulons après la fête de sainte Cécile plaider en faveur du grégorien qui le mieux comble les âmes

Il est la plus antique expression mélodique de l’Eglise. S’inspirant des textes mêmes de la Bible (sauf en de très rarissimes pièces) il est l’expression sûre de la prière. Il se chante comme l’indique la préface « Una voce dicentes », évitant toute pseudo glorifiante personnalisation. Il est le plus varié et le plus riche en mode d’expression : les sept modalités sur lesquels s’appuient les pièces offrent et créent chez le chantre ou le fidèle, de la piété les sentiments spécifiques, voulus par le texte. Les neumes, les figures mélodiques apportent et développent l’effet du texte sur la pensée de l’âme. Pensons à l’Office de Noël, ceux de Semaine Sainte, ceux de Pâques, ceux de Pentecôte, et ceux de la Messe pour les Défunts. L’art de ce chant depuis la monodie des psaumes aux pièces les plus complexes du propre, des lamentations aux nombreuses Kyriales, des litanies aux hymnes et cantiques populaires, des lectures aux chants de la Préface… Cet art est d’une infinie variété qui jamais ne lasse, il structure l’espace et donne au fidèle les sûrs repères pour faire sien chaque église au lieu qu’il soit perdu dans un usage musical douteux, laid, inapproprié ou insipide.

Or ce chant a été trop souvent gommé en dépit des prescriptions les plus formelles de Vatican II !

L’on reste à ce propos ahuri de voir en certains lieux les prêtres dissoudre pour partie le sacré que Dieu donne en Ses liturgies par les chants qu’ils adoptent, durant qu’ils retiennent les plus belles pièces du plain-chant du moyen-âge pour habiter hors des offices leurs églises ! Comme pour attirer et sanctifier ainsi l‘âme des visiteurs… Comment comprendre cette inversion ? Le Grégorien serait-il bon pour les touristes mais pas pour les fidèles ? Saint Pie X nous dit bien que « l’un des abus les plus communs et les plus difficiles à extirper dans les choses du culte, est celui qui concerne la musique et le chant sacré. Soit à cause de la nature variable et fluctuante de cet art… soit à cause de la funeste influence qu’exerce, sur l’art sacré, l’art profane et théâtral. Soit enfin, à cause du plaisir directement procuré par une musique, plaisir qui pour sain qu’il soit, ne doit pas venir troubler par la perception sentimentale qui est nôtre, le jugement qu’il convient d’avoir lorsqu’il s’agit de Sacré ! »

« C’est pourquoi, (poursuit le saint Père) la voie droite caractérisant la musique sacrée est marquée très clairement dans les canons ecclésiastiques. Ainsi le chant doit posséder au plus haut degré les qualités propres de la liturgie, que sont la sainteté, l’excellence des formes et l’universalité. Sainte, elle doit exclure tout caractère profane, et donc ne pas retenir telle ou telle pièce non spécifiquement écrite pour la liturgie. » Saint Pie X rappelle également que cette musique est prescrite à l’exclusion de toute autre en certaines parties de la messe. Elle le doit aussi (exclure tout caractère profane) dans la façon dont elle est interprétée par ceux qui l’exécutent. « Car il n’est pas possible – dit saint Pie X – qu’elle ait autrement cette efficacité sur ceux qui l’entendent, et que l’Eglise veut obtenir. » Quant à l’universalité, il n’est que d’aller à Rome pour mesurer à quel point le Grégorien est la forme qui le mieux permet la prière accrue par la multiplicité des fidèles et crée l’Unité de l’Eglise. Cette universalité se perçoit tout autant par l’absence de toute fâcheuse impression sur quelque fidèle, quelle que soit sa nation : du Japon aux Afriques, de la Terre de feu à la Finlande ou aux Philippines, partout le grégorien se peut, se pratique, se doit. De fait, son origine la plus ancienne, dans des temps où l’Eglise était « communiquée et répandue » en des contrées très diverses, allant de l’Asie mineure à l’Europe en passant par l’Afrique sub-saharienne, illustre bien cette universalité. Il est d’évidence le seul chant qui possède au plus haut point ces trois caractères : sainteté, excellence des formes et universalité.

Le Saint Père invite donc à la pratique du chant par l’ensemble des fidèles : puisqu’il doit être chanté par tous, à tous il doit être accessible. A cet égard l’on pressent bien ce trait davantage présent dans le grégorien que dans d’autres formes – pourtant « acceptées », comme celle de la musique palestrinienne ou certaines musiques classiques ou modernes.

Le cadre du motu-proprio est large en effet : toute musique qui est à la fois sainte, belle et universelle est admise à l’Eglise. Selon des degrés différents :

— le chant Grégorien, à un degré supérieur, est une musique imposée ;

— à un degré excellent, la musique palestrinienne est recommandée ;

— alors qu’à des degrés suffisants, certaines musiques modernes sont tolérées.

En sus de ces trois genres, Pie XII pour sa part distingue également la musique sacrée classique ou moderne – pour orchestre ou orgue, le chant populaire et la musique religieuse. Celle-ci, non composée pour la liturgie, est – hors de celle-ci – admise à l‘église pour exprimer et susciter des sentiments pieux et religieux.

« Le chant, écrit saint Pie X, est une partie intégrante de la liturgie ; au point qu’en son absence, celle-ci est comme mutilée. » Qu’est-ce à dire ? Selon l’adage, celui qui chante prie deux fois, car son chant, immatériel, remplit son âme du souffle de l’Esprit-Saint. Saint Paul ne nous recommande-t-il pas de nous entretenir par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels… Ceci montre combien la musique liturgique contribue à honorer Dieu. Celui qui chante aime, dit saint Augustin : la musique excite et traduit les sentiments les meilleurs, les plus vifs, les plus profonds ; l’unisson des voix procure l’unisson des cœurs, elle incite chacun à la prière spirituelle, corporelle et sociale tout à la fois. C’est là une première illustration de l’intégration de la musique dans la liturgie.

La seconde ? C’est la sanctification des fidèles que cette musique procure. « Excitant l’âme, elle les prédispose à une intelligence accrue du texte sacré… Elle élève l’homme, l’incite à la louange aussi bien qu’à la confession, en faisant pénétrer dans son cœur les sentiments de joie et de douleur. Le compositeur, lui-même, loin de chercher son inspiration dans quelque rêverie romantique sur des paroles banales, met tout son être, toute son attention à se laisser pénétrer par le Saint-Esprit. Et rend ainsi, du dogme, comme de la piété catholique, toutes les nuances, toutes les délicatesses, en particulier par la richesse des tonalités et par la variation des neumes. Les chantres eux-mêmes, ne se produisent pas, mais soutiennent la piété des fidèles pour les pièces les plus difficiles, de sorte que l’attention générale soit portée vers l’autel et non vers la tribune » (saint Pie X).

Venons-en à l’appui exprimé par Vatican II en son décret sur la Sainte Liturgie :

— « Ceux qui font partie de la schola cantorum s’acquittent d’un véritable ministère liturgique… Ils doivent donc être soigneusement imprégnés de l’esprit de la liturgie et y être formés » (§29).

— « Pour promouvoir la participation active, on favorisera les acclamations du peuple, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques » (§30).

— « La tradition musicale de l’Eglise universelle constitue un trésor d’un prix inestimable. En tant que le chant sacré est lié aux paroles, la musique sacrée représente une partie nécessaire de la liturgie solennelle dont la fin est la Gloire de Dieu et la Sanctification des fidèles » (§112).

— Le § 114 après avoir exprimé la nécessité de l’enseignement du répertoire traditionnel – dans les séminaires –, exprime la « volonté du saint-concile qu’il le soit (enseigné) dans les écoles catholiques ».

— Le § 116 « reconnaît dans le grégorien, le chant propre de la liturgie romaine… qui doit occuper la première place dans la liturgie ».

— § 120 : « l’orgue à tuyaux doit être à l’honneur,...qui élève puissamment l’âme ».

— Le décret invite en son § 121 « … les musiciens à être conscients d’être appelés à la musique sacrée, imprégnés d’esprit chrétien… à composer des mélodies… dont les textes doivent être conformes à la doctrine catholique, et de préférence issus des Saintes Ecritures ».

— Pour la langue, les § 113 et 36 nous indiquent qu’il faut « respecter la langue latine » et que « le vernaculaire peut avoir une place importante ». Cela ne veut pas dire exclusive, ni même majoritaire !

Vatican II ? Solide appui du chant grégorien ! Citons aussi quelques parties relatives à l’art sacré :

— « Les œuvres incompatibles avec la foi et les mœurs ainsi qu’avec la piété chrétienne, qui offensent le caractère vraiment religieux par la dépravation des formes, l’insuffisance la médiocrité ou le caractère frelaté, doivent être écartées des maisons de Dieu » (§124).

— Enfin, pour terminer, voyons qu’après la musique c’est sur le caractère des constructions que s’opère une révolution, relisons cette phrase du décret (§127) : « Les artistes – les architectes – qui veulent servir la gloire de Dieu dans la Sainte Eglise, se rappelleront toujours qu’il s’agit en quelque sorte d’une imitation sacrée du Dieu créateur. » Aussi reste-t-on perplexe devant le choix, systématique maintenant, de procéder à des concours d’architecture ouverts à des gens qui n’ont nul désir de « servir Dieu dans la Sainte Eglise », mais au mieux de gagner confortablement leur vie, au pire de déstructurer les formes traditionnelles des édifices catholiques par des cubes et des cylindres… Et donc d’empêcher toute symbiose entre la musique et l’architecture ; dont nous savons combien elle est nécessaire à l’élévation de notre âme et à son salut.

Ces quelques citations du décret sur la Sainte Liturgie nous montrent qu’en matière d’art sacré, le concile n‘était ni ambigu, ni moderniste ou réformiste-forcené. Il demeure un clair soutien pour la sanctification des âmes par le chant grégorien ; sanctification et évangélisation qui n’ont besoin que d’un peu plus de chantres pour être:


 

— « La tradition musicale de l’Eglise universelle constitue un trésor d’un prix inestimable. En tant que le chant sacré est lié aux paroles, la musique sacrée représente une partie nécessaire de la liturgie solennelle dont la fin est la Gloire de Dieu et la Sanctification des fidèles » (§112).

— Le § 114 après avoir exprimé la nécessité de l’enseignement du répertoire traditionnel – dans les séminaires –, exprime la « volonté du saint-concile qu’il le soit (enseigné) dans les écoles catholiques ».

— Le § 116 « reconnaît dans le grégorien, le chant propre de la liturgie romaine… qui doit occuper la première place dans la liturgie ».

— § 120 : « l’orgue à tuyaux doit être à l’honneur,...qui élève puissamment l’âme ».

— Le décret invite en son § 121 « … les musiciens à être conscients d’être appelés à la musique sacrée, imprégnés d’esprit chrétien… à composer des mélodies… dont les textes doivent être conformes à la doctrine catholique, et de préférence issus des Saintes Ecritures ».

— Pour la langue, les § 113 et 36 nous indiquent qu’il faut « respecter la langue latine » et que « le vernaculaire peut avoir une place importante ». Cela ne veut pas dire exclusive, ni même majoritaire !

Vatican II ? Solide appui du chant grégorien ! Citons aussi quelques parties relatives à l’art sacré :

— « Les œuvres incompatibles avec la foi et les mœurs ainsi qu’avec la piété chrétienne, qui offensent le caractère vraiment religieux par la dépravation des formes, l’insuffisance la médiocrité ou le caractère frelaté, doivent être écartées des maisons de Dieu » (§124).

— Enfin, pour terminer, voyons qu’après la musique c’est sur le caractère des constructions que s’opère une révolution, relisons cette phrase du décret (§127) : « Les artistes – les architectes – qui veulent servir la gloire de Dieu dans la Sainte Eglise, se rappelleront toujours qu’il s’agit en quelque sorte d’une imitation sacrée du Dieu créateur. » Aussi reste-t-on perplexe devant le choix, systématique maintenant, de procéder à des concours d’architecture ouverts à des gens qui n’ont nul désir de « servir Dieu dans la Sainte Eglise », mais au mieux de gagner confortablement leur vie, au pire de déstructurer les formes traditionnelles des édifices catholiques par des cubes et des cylindres… Et donc d’empêcher toute symbiose entre la musique et l’architecture ; dont nous savons combien elle est nécessaire à l’élévation de notre âme et à son salut.

Ces quelques citations du décret sur la Sainte Liturgie nous montrent qu’en matière d’art sacré, le concile n‘était ni ambigu, ni moderniste ou réformiste-forcené. Il demeure un clair soutien pour la sanctification des âmes par le chant grégorien ; sanctification et évangélisation qui n’ont besoin que d’un peu plus de chantres pour être !

Bertrand du Boulay

 

 
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