| Répons de la vigile de la Nativité de Notre-Seigneur |
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| 27-01-2012 | |
Charles Le Brun ( 1619-1690) - Nativité
Nous sommes toujours en ce IVe dimanche après l'Épiphanie au temps de Noël dont nous sommes bien loin d'avoir épuisé toutes la richesse liturgique, spirituelle et musicale que nous ne pouvons qu'effleurer, tant elle est dense. Nous pouvons d'ailleurs toujours contempler et adorer l'Enfant Jésus puisque les crèches restent présentes dans nos églises et nos maisons jusqu'au 2 février. Nous allons donc consacrer cette émission aux répons des matines de Noël qui sont pour la plupart d'authentiques chefs d'œuvre. Voici ces pièces maîtresses de l'office divin, la grande prière de louange et de supplication que l'Église adresse sans cesse à Dieu. Il comprend deux parties, l'office de nuit qui se chante en une seule fois, ce sont les matines, et l'office de jours, qui comporte au contraire de nombreuses heures : les deux grandes heures, laudes le matin et vêpres le soir, et les petites heures qui ponctuent les différents moments de la journée. Tous sont formés essentiellement du chant des psaumes mais ils incluent également des hymnes. Nous allons nous faire accompagner dans les commentaires de cet office de Noël par dom Joseph Gajard qui nous fournit, dans son ouvrage Les plus belles mélodies grégoriennes, (publié par Solesmes en 1985) un éclairage musical et surtout spirituel exceptionnel.
Le Caravage - Nativité - Oratoire Saint-Laurent à Palerme
- Le site Abbaye de Saint benoît, en Suisse vous procurera la plupart des traductions des textes de ces matines.
- Le programme détaillé de notre émission est disponible sur Le Blog de Radio-Courtoisie, totalement indépendant de cette radio amie. Vous y trouverez, à partir de la première des trois diffusions, soit le vendredi à 23 h, le nom des pièces grégoriennes, les références discographiques, le nom des plages...Elle ne présente qu'une partie de ces répons, celle qui a été diffusée sur les ondes de cette radio. - Vous pouvez enfin entendre la bande sonore de l'émission complète, ici même, en exclusivité pour les visiteurs de ce site, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous. Bonne écoute !
Les matines s'ouvrent, après les prières du début, et en manière d'introduction, par le chant solennel de l'invitatoire, Christus natus est nobis, alternant, comme un refrain joyeux, avec le psaume 94 Veníte exsultémus Dómino.
Christus natus est nobis, Veníte, adorémus Le Christ es né, Venez, adorons-le Veníte, exsultémus Dómino, jubilémus Deo salutári nostro Poussons des cris de joie vers Dieu notre salut Præoccupémus fáciem ejus in confessióne, et in psalmis jubilémus ei.... Avançons- nous vers lui en rendant grâce ! À lui, nos chants et nos acclamations ! Hâtons-nous de nous présenter devant lui avec des chants de louange, faisons retentir des hymnes en son honneur. Nous entendrons ensuite les versets 3 à 5 commençant par Quóniam et enfin le Gloría Patri. Donnons la parole à dom Gajard : Il n'est personne, je pense, qui puisse rester indifférents aux accents de cet invitatoire, si festif, avec son envolée du début couvrant une octave entière presque d'un seul jet, si grave aussi et mystérieux dans sa seconde partie, avec le resserrement très marqué de la mélodie. Voyez-vous, comme dès le seuil de l'office, s'affirme cette double note de joie vibrante et d'adoration recueillie, qui fait le charme de toute cette incomparable liturgie ? Et voilà que reprend, inaltéré, le jaillissement du début, pour cette fois s'épanouir tout au long de l'admirable psaume Veníte exsultémus Dómino, au lyrisme si évocateur. Je vous emmène dans le Grand Duché du Luxembourg, en l'abbaye bénédictine de Saint Maurice et Saint Maur, à Clervaux. Il va nous falloir bien remonter dans le temps presque un demi-siècle car nous sommes en novembre de l'an de grâce 1960 !
Voici quelques commentaires sur le 1er répons de cette fête de la Nativité.
Hódie nóbis cælórum Rex de Vírgine násci dignátus est, ut hóminem pérditum ad æcléstia régna revocáret. Aujourd'hui, pour nous, le Roi des cieux a daigné naître d'une Vierge, afin d'appeler à nouveau au royaume des cieux l'homme qui s'était perdu. Puis le texte du verset, pris dans l'Évangile poursuit : « L'armée des anges se réjouit de ce qu'au genre humain le salut éternel ait apparu ». Cette partie sera répétée, après le verset que voici : Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes, objet de bienveillance divine. La mélodie est ample et solennelle, joyeuse et affirmative.
Je vous laisse découvrir les textes des commentaires de ces beaux répons en écoutant la bande sonore. Retenons juste ici le 6e qui est consacré à la Très Sainte Vierge. Rappelons que ce temps liturgique est un temps marial par excellence. On chante aussi ce répons en d’autres occasions. On l’entonnait encore, il n’y a guère, tous les dimanches à Notre Dame de Paris après les vêpres en faisant la procession à la statue de la Sainte Vierge.
Sáncta et immaculáta virgínitas… « Sainte et immaculée Virginité, de quelle louange vous honorer ? Je ne sais. Celui que les cieux ne pouvaient contenir, vous l’avez porté dans votre sein ». Comme tous les répons, celui-ci comporte des versets après lesquels on reprend la dernière phrase. Le 1er verset a pour texte la salutation de Sainte Élisabeth au jour de la Visitation. Benedícta tu in muliéribus, et benedíctus véntris túi. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et le fruit de votre sein est béni. La mélodie douce et calme utilise les formules habituelles aux répons avec à noter une belle incursion dans le grave assez originale. Dans un CD Art et Musique 107/39 004, les moines de Fontgombault nous interprèteront magistralement ce répons (rappelons qu'il s'agit du 7e dans le rit monastique et du 6e dans le romain)
Poursuivons, et achevons avec le dernier répons dans l’office romain qui en compte huit, Vérbum cáro fáctum est dont voici directement la traduction.
Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. Et nous avons vu sa gloire, la gloire du Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité. Dans la version monastique que nous allons entendre, le verset est le fameux commencement de l’Évangile selon Saint Jean. In princípio érat Vérbum, et Vérbum érat ápud Déum, et Déus érat Vérbum. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. C’est la suite de cet Évangile, le verset suivant que nous aurions entendu dans la version romaine de nos livres. Puis après la reprise habituelle, c’est la doxologie. Nous écouterons les moines bénédictins de l’Abbaye de Montserrat, en Catalogne espagnole.
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