| Editorial |
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| 16-10-2005 | |
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Janvier-Février 2005 « Mon livre, ouvre–toi à la page que le Saint–Esprit aura choisie !… » Pareille petite prière est souvent exaucée de manière étonnante. Il arrive qu’elle nous conduise vers un texte de notre missel qui s’adresse spécialement à notre âme, et même se trouve exactement adapté à notre paysage intérieur du moment, à l’éclairage particulier qui alors l’environne. Fatigués, persuadés que nous n’avons aucun motif d’espérance, nous tombons soudain sur l’Introït du dimanche de la Quinquagésime. Il s’agit du psaume 30 : Esto mihi in Deum protectorem… « Sois pour moi un Dieu qui protège, une maison de refuge, afin que Tu me sauves : car Tu es mon rocher, ma forteresse : pour l’amour de Ton nom Tu me conduiras, et me nourriras. » Sur ce psaume Jean-Sébastien Bach a composé sa célèbre cantate « Eine feste Burg ist unser Gott ». Que craindre en effet quand les portes de la forteresse se referment sur nous et nous assurent de la toute-puissance de Dieu et de son amour ? Il n’y a plus qu’à s’abandonner, dans une totale confiance, aux promesses que le Christ nous adresse à travers les mots du Psalmiste. Un autre jour, le missel s’ouvre sur le Graduel de la messe du lundi de Pâques : Haec dies quam fecit Dominus… « Voici le jour que le Seigneur a fait : passons-le dans l’allégresse et la joie. Oui, qu’Israël maintenant dise : Le Seigneur est bon et sa miséricorde éternelle ». Voilà une fois de plus un texte bref et consolant. Qu’il faille avoir le regret de ses péchés, il faut s’en persuader, mais comme il est rassurant de savoir que Dieu ne veut pas la mort du pécheur, que nous pouvons avoir dans sa miséricorde une confiance absolue, à condition de nous placer dans les dispositions requises d’humilité et de repentir. Jusqu’à notre dernier souffle, il n’est pas de péché abominable qui ne puisse être pardonné par « cette miséricorde éternelle ». Pensons au retour du fils prodigue et à la joie qui éclate au ciel pour un seul pécheur qui se convertit. Ce sont là deux brefs exemples qui méritent de retenir notre attention, en nourrissant une méditation bien plus profonde encore, que ces quelques mots n’ont fait qu’esquisser… Il faut nous montrer reconnaissants envers l’Église de nous avoir donné au fil des siècles cette richesse de textes tirés de l’Écriture pour la célébration du Saint Sacrifice de la Messe, nous permettant de nourrir notre foi, de nous rassurer, de nous réjouir, de nous appeler à un plus grand amour, en nous montrant l’admirable cohérence de la doctrine catholique. Dans son respect de la transcendance et dans celui de notre humaine condition, le missel vespéral romain est un trésor entre nos mains : des textes historiques, des paraboles, des pages merveilleusement poétiques, des récits de miracles qui sont de véritables reportages. Bref, la parole de Dieu, fixée dans les textes sacrés, capables de donner une joie que le monde ne saurait donner. Una Voce Septembre - Octobre 2005 Le sens du sacré La notion de sacré, souvent imprécise dans nos esprits, évoque ce qui nous relie à Dieu, étymologiquement la religion. Le sacré est ce qui Lui est réservé, ce à quoi on n'a pas le droit de toucher sans transgression car impliquant un caractère de sainteté, de séparé et donné une fois pour toutes à Dieu, « qui suppose dans la chose comme un reflet de la sainteté du Créateur et qui lui donne une certaine excellence et parfois un certain pouvoir». Le sens du sacré nous amène à la véritable humilité car il nous rend à nos véritables dimensions, mais, parce que l'homme fut créé à l'image de Dieu, demeure en lui et sur lui ce reflet qui lui confère en même temps une indéniable grandeur. Pour nous c'est dans l'Église et par l'Église que le sens du sacré se manifeste, car elle nous ordonne à Dieu par le baptême d'abord, puis par les autres sacrements. Déjà sacrée en elle-même, la vie touchée par la grâce est comme magnifiée. Le baptisé est inscrit dans une sorte de cadre : celui du temps sacré que nous pouvons aussi appeler le temps liturgique, et dont le restaurateur de Solesmes, dom Guéranger - on fête cette année le deuxième centenaire de sa naissance - a développé l'admirable cohérence dans son "Année liturgique"; ensuite celui de l'espace sacré constitué par le sanctuaire, par l'église paroissiale, par tout ce qui la meuble et qui est destiné au saint sacrifice de la messe, par tout ce qui chante ou entraîne à la louange de Dieu. C'est ainsi que nous pouvons parler de musique sacrée : le grégorien, chant humain sur la parole de Dieu, en est le meilleur exemple, mais par dérivation la polyphonie, où le compositeur « consacre », au sens évangélique du terme, ses talents à élever les âmes, produit aussi des pièces sacrées. Les doigts du prêtre sont consacrés pour célébrer la messe, parce qu'il est « in persona Christi » l'acteur de la transsubstantiation. On parle aussi des vases sacrés (calice, ciboire) qu'autrefois les enfants de chœur ne pouvaient toucher qu'avec permission spéciale, et, parce qu'ils participaient en les préparant, à la liturgie. Les saintes huiles, opérant un effet sacramentel, font aussi partie des substances sacrées. En cette fin de l'année de l'Eucharistie, nous sommes invités à nous montrer attentifs aux paroles adressées par le pape Benoît XVI aux jeunes dernièrement rassemblés. Le sens du sacré, on le déduit de ses propos, nous mène directement à l'adoration. Una Voce |
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