Les Messes de Minuit et du Jour Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Chants de la Messe - Chants du Temps de Noël
19-12-2011

  Dimanche 25 décembre 2011

IN NATIVITATE DOMINI - NATIVITÉ DU SEIGNEUR

I classis cum octava II classis - Ie classe avec octave de 2e classe

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La fête de Noël possède une particularité unique dans toute l’année, qui est de comporter trois messes différentes, alors que les autres jours n’en ont qu’une. Elles étaient souvent autrefois dites les unes à la suite des autres : on se rappelle Les Trois Messes basses d’Alphonse Daudet ; mais elles sont normalement destinées à être célébrées à trois moments différents, avec lesquels elles sont en harmonie : la messe de Minuit emplie de mystères, celle de l’Aurore pleine de lumière et celle du Jour pleine de joie. Nous ne traiterons pas de la belle messe de l’aurore,   qui n’est guère chantée que dans les monastères, et à laquelle les fidèles n’ont que rarement l’occasion d’assister.

Ces messes présentent un contraste étonnant entre les chants du propre et les Évangiles qui y sont lus. À la Messe de Minuit, on lit à l'Évangile le récit de la Nativité dans l'étable de Bethléem et l'apparition des anges aux bergers, tandis que les chants du propre, pleins du mystère qui convient à la nuit, nous font méditer sur la génération éternelle du Verbe au sein de la Très Sainte Trinité. À la Messe du Jour au contraire, on lit à l'Évangile le prologue de saint Jean : " Au commencement était le Verbe... ", tandis que les chants du propre célèbrent joyeusement la naissance de l'Enfant-Dieu.

Hormis l'Offertoire, les chants du propre de la Messe de Minuit contiennent tous les mots genui te : je t'ai engendré, adressés par Dieu le Père à son Fils. On les trouve dans deux passages extraits de deux grands psaumes messianiques, le psaume 2 à l'Introït et à l'Alléluia, le psaume 109 au Graduel et à la Communion.
 

 
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- Le site Introibo vous procurera d'intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster...  

- Le programme détaillé de notre émission est disponible sur Le Blog de Radio-Courtoisie , totalement indépendant de cette radio amie. Vous y trouverez, à partir de la première des trois diffusions, soit le vendredi à 23 h, le nom des pièces grégoriennes, les références discographiques, le nom des plages...   

- Vous pouvez enfin entendre la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit   triangle à gauche du curseur ci-dessous et préparer ainsi les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et ...vocalement !

Je vous propose cette année les trois messes en un seul fichier que voici. Bonne écoute !

 

   

 

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1 La Messe de Minuit (qui ne doit pas commencer AVANT minuit)

Introït : Dominus dixit

Voici le verset du psaume 2 qui est chanté à l'Introït.

Dominus dixit ad me : Filius meus es tu, ego hodie genui te.

Le Seigneur m'a dit : Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui je t'ai engendré.

Cet aujourd'hui, c'est le présent éternel du ciel. Ces paroles sont celles du Père, mais ici c'est le petit enfant de la crèche qui les prononce en disant " Le Seigneur m'a dit ". Aussi la mélodie est-elle simple et dépouillée, presque immatérielle ; seul le mot meus est souligné, exprimant la tendresse du Père pour son Fils. Cet Introït est un des plus courts du répertoire. Il est accompagné bien entendu par le premier verset du psaume 2

Quare fremuerunt gentes et populi meditati sunt inania ?

Pourquoi les nations se sont-elles agitées et les peuples ont-ils comploté en vain ?

Il montre les vains efforts des païens pour s'opposer à la venue et au règne du Messie.

 

Graduel : Tecum principium

Après le texte messianique tiré du psaume 2 qui figurait à l'Introït, nous allons trouver dans le Graduel l'autre texte messianique, tiré du psaume 109.

Tecum principium in die virtutis tuæ : in splendoribus sanctorum ex utero ante luciferum genui te.

On retrouve donc les mots genui te qui reviennent quatre fois dans cette messe. Mais ce texte est difficile à traduire car il est plein de symbolisme, s'appliquant à la fois au sacre du roi d'Israël, devenu par l'onction fils de Dieu, c'est à dire son représentant sur terre, et à la génération éternelle du Messie dont le roi n'était que la figure. On peut traduire à peu près ainsi :

À toi la primauté au jour de ta puissance. Dans les spendeurs sacrées, de mon sein, avant l'aurore, je t'ai engendré.

 La deuxième partie de ce Graduel reprend le début du psaume 109, bien connu des fidèles qui assistent aux vêpres du dimanche.

 Dixit Dominus Domino meo : sede a dextris meis, donec ponam inimicos tuos scabellum pedum tuorum.

Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite, tandis que j'abaisse tes ennemis comme un marche-pied.

 " Le Seigneur a dit à mon Seigneur ", c'est Dieu le Père qui s'adresse au roi d'Israël, figure du Messie ; c'est celui-ci, deuxième personne de la sainte Trinité, qui est assis à la droite de Dieu, comme nous le chantons dans le Credo.

On voit que nous sommes ici dans un monde de grandeur, de mystère et d'éternité. Ce Graduel a des dimensions imposantes ; si l'Introït de cette messe est un des plus courts du répertoire, le Graduel est au contraire un des plus longs. La mélodie est dans l'ensemble une mélodie type avec des formules que l'on retrouve souvent en d'autres Graduels, mais elle est plus développée, avec une grande introduction qui lui donne un caractère très solennel.


Alléluia : Dominus dixit

Nous allons retrouver dans l'Alléluia de la messe de minuit le même texte que nous avons entendu à l'Introït :

Dominus dixit ad me : Filius meus es tu, ego hodie genui te.

Le Seigneur m'a dit : Tu es mon fils, moi aujourd'hui je t'ai engendré.

Toujours les mots genui te qui reviennent pour la troisième fois dans cette messe. La mélodie est une mélodie type comme celle du Graduel, mais ici sans aucune adjonction, et telle que nous l'avons déjà souvent entendue. Il faut dire pourtant que ses vocalises souples et légères expriment si bien la joie de Noël qu'on les croirait faites pour cela.

 

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Offertoire : Lætentur cæli

Comme c'est souvent le cas, le chant de l'Offertoire de la messe de minuit est un peu à part, et son texte ne contient pas les mots genui te. Il est tiré du psaume 95, cantique de louange au Seigneur, roi et juge universel :

 

 Lætentur Cæli et exsultet terra ante faciem Domini ; quoniam venit

Que les cieux se réjouissent et que la terre exsulte devant la face du Seigneur, car Il vient.

Le psaume ajoute : car il vient pour juger la terre. Il s'agit donc du retour glorieux du Seigneur à la fin des temps, le dernier avènement. Mais la liturgie en arrêtant le texte à quoniam venit, sans préciser, permet de l'appliquer au premier avènement dans la nuit de Noël et à son avènement dans nos âmes en cette fête de Noël si nous sommes prêts à le recevoir. C'est de cette venue quelle qu'elle soit que les cieux et la terre se réjouissent, joie très intérieure exprimée par une mélodie douce et contemplative aux ondulations calmes et souples.

 

Communion : In splendoribus

Le texte de l'antienne de Communion de la messe de minuit est en partie celui du Graduel, le deuxième grand texte messianique tiré du psaume 109.

 In splendoribus sanctorum ex utero ante luciferum genui te.

Dans les splendeurs sacrées, de mon sein, avant l'aurore, je t'ai engendré.

 On retrouve bien entendu pour la quatrième fois les mots genui te, la génération éternelle du Verbe au sein de la Très sainte Trinité. La mélodie est très simple ; les musiciens remarqueront qu'elle est pentatonique c'est à dire qu'il n'y a pas de demi-ton. Elle a une certaine parenté avec celle de l'Introït, mais elle n'en a pas la légèreté céleste. Elle est plus appuyée et plus solennelle. Ici ce n'est plus le petit enfant qui parle, c'est Dieu le Père qui s'adresse à lui directement.
 
 
 
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2 La Messe du Jour

 
 
noel3puernatus.jpgIntroït : Puer natus est

Le texte de l'Introït est extrait de l'une des grandes prophéties d'Isaïe annonçant le mystère de l'Incarnation, comme nous en avons entendu plusieurs au temps de l'Avent.

Puer natus est nobis, et filius datus est nobis : cujus imperium super humerum ejus : et vocabitur nomen ejus magni consilii Angelus.

Un enfant nous est né, un fils nous est donné ; la souveraineté est sur son épaule. On l'appellera du nom d'envoyé du Grand Conseil.

La souveraineté sur son épaule évoque l'instrument par lequel il régnera, c’est-à-dire la Croix. Quant au Grand Conseil dont il est l'envoyé, c'est le grand dessein de la Sainte Trinité de sauver tous les hommes. Le texte d'Isaïe continue d'ailleurs par d'autres qualificatifs que l'on retrouve à d'autres moments de la liturgie de Noël, notamment à l'Introït de la messe de l'aurore. Il contraste singulièrement avec la faiblesse et la modestie de ce tout petit enfant : " Conseiller admirable, Dieu fort, Prince de la Paix, Père du siècle à venir. "
La mélodie exprime à merveille la joie légère de Noël. Elle s'élance dès le début en un grand élan enthousiaste, puis elle s'apaise en une contemplation amoureuse, se nuançant d'un brin de mélancolie à l'évocation de la Croix, et elle s'achève par l'affirmation solennelle de la qualité de celui qui nous est envoyé. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 97 que nous allons retrouver au Graduel et à la Communion :
 
Cantate Domino canticum novum quia mirabilia fecit 
 
Chantez au Seigneur un cantique nouveau car il a fait des merveilles.


Graduel
: Viderunt omnes

Le texte du Graduel de la messe du jour de Noël est tiré du psaume 97 dont nous avons entendu le premier verset à l'Introït : c'est un cantique de louange à la gloire du Seigneur tout puissant qui y est présenté à la fois comme sauveur et comme juge. Les versets retenus ici sont ceux qui affirment l'universalité du salut qui s'étend à tous les peuples.

Viderunt omnes fines terræ salutare Dei nostri : jubilate Deo omnis terra.

Tous les confins de la terre ont vu le salut donné par notre Dieu. Poussez des cris de joie, terre entière ;

Notum fecit Dominus salutare suum : ante conspectum gentium revelavit justitiam suam.

Le Seigneur a fait connaître son salut, il a révélé sa justice devant tous les peuples.

C'est donc à tous les hommes sans exception que le petit enfant de la crèche vient apporter le salut. Cette perspective est chantée ici avec une mélodie très joyeuse, pleine de ferveur et d'enthousiasme. On y trouve de grandes vocalises comme c'est toujours le cas dans les Graduels, mais aussi des notes répétées avec insistance comme une sonnerie de trompette.


Alleluia
: Dies sanctificatus

Le texte du verset de l'Alleluia du jour de Noël n'est pas tiré de la Sainte Ecriture. Il insiste surtout sur un des caractères de Noël, qui est d'être une fête de la lumière.
Le Christ qui vient de naître est la lumière du monde, et ce n'est pas pour rien que la fête de sa nativité a été fixée au moment du solstice d'hiver, quand les jours recommencent à augmenter.

Dies sanctificatus illuxit nobis ; venite gentes et adorate Dominum, quia hodie descendit lux magna super terram.

Un jour très saint a brillé pour nous ; venez, peuples, adorez le Seigneur, car aujourd'hui une grande lumière est descendue sur la terre.

La mélodie est une mélodie type que l'on entend assez souvent au cours de l'année et particulièrement au temps de Noël. Nous la retrouverons notamment à l'Epiphanie, où l'étoile et les mages reprendront ce même thème. Cette mélodie est par elle-même très lumineuse et pleine d'une ferveur joyeuse. On notera le beau crescendo progressif sur l'invitation pressante adressée à tous les peuples : venez adorer.


Offertoire
: Tui sunt cæli

Comme celui de la messe de minuit, cet Offertoire est assez différent des autres chants de cette messe, qui expriment une joie légère et enthousiaste. Il s'agit ici d'une longue contemplation intérieure et méditative des attributs divins du petit enfant qui vient de naître, et qui est le maître absolu et le roi incontesté de toute la création. Le texte est tiré du psaume 88, un des grands psaumes messianiques.

Tui sunt cæli, et tua est terra : orbem terrarum, et plenitudinem ejus tu fundasti : justitia et judicium præparatio sedis tuæ.

A Vous sont les cieux et à Vous est la terre ; le globe terrestre c'est Vous qui l'avez créé. La justice (c'est-à-dire la perfection divine) et l'équité sont les fondements de votre trône.

La mélodie calme et douce exprime parfaitement cette contemplation émerveillée.


Communion : Viderunt omnes

Comme à la messe de minuit, la Communion de la messe du jour de Noël reprend le texte de la première phrase du Graduel, tiré du psaume 97 :

Viderunt omnes fines terræ salutare Dei nostri.

Tous les confins de la Terre ont vu le salut donné par notre Dieu.

On y trouve la même ferveur joyeuse et enthousiaste, mais ici dans les limites restreintes d'une petite antienne, où cependant la mélodie monte et redescend à deux reprises toute l'octave dans un grand élan de reconnaissance pour le grand bienfait dont le Seigneur vient de nous combler.
 
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