| Fête de l'Épiphanie |
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| 02-01-2012 | |
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Georges Vasari - Adoration des Rois Mages - 1561 - National Gallery - Edimbourg
Vendredi 6 janvier 2012 - ÉPIPHANIE DE NOTRE SEIGNEUR
Dimanche 8 janvier 2012 - SOLENNITÉ DE L'ÉPIPHANIE DE NOTRE SEIGNEUR
Blanc - 1e
classe
Omnes de Saba vénient, aurum et thus deferéntes et laudem Dómino
annuntiántes
Tous ceux de Saba viendront offrir l'or et l'encens en chantant les louanges du Seigneur. Isaïe 60,6
Nous sommes au Temps de Noël liturgiquement parlant (Tempus natalícum). Il se poursuivra jusqu'au 13 janvier inclus. Mais cette période est elle-même sous-divisée en deux Temps. - le Temps de la Nativité (Tempus nativitátis) qui va des Ires Vêpres de Noël à None du 5 janvier inclus. - le Temps de l'Épiphanie qui court des Ires Vêpres de l'Épiphanie du Seigneur, le 5 janvier, au 13 janvier inclus. La Vigile de l'Épiphanie a été supprimée mais l'on célèbre le 5 janvier les Ires Vêpres de la grande fête du 6 janvier, fête de 1e classe (ornements blancs). C'est donc ce jeudii 5 que les Rois Mages ont pris place dans nos crèches. Et dimanche 8 janvier, Ier dimanche après l'Épiphanie, est faite cette année dans l'Ordo de 1962, la solennité de l'Épiphanie, fixée, lors du Concordat de 1801, au dimanche qui suit le 6 janvier. Ce jour était autrefois fête d'obligation en France, comme il l'est encore en certains pays. Le nouvel ordo de 1970 célèbre la fête le premier dimanche de janvier, soit également cette année ce 8 janvier. Nous n'approuvons pas le mélange des deux calendriers comme ce fut le cas l'an passé dans certains lieux de culte où est ordinairement célébrée la messe selon les livres liturgiques de 1962. Tenons-nous à un seul ordo, l'ancien de 1962 ou le nouveau de 1970. C'est celui dit du Bx Jean XXIII (1962) que nous suivons dans nos émissions. Il n'a jamais été aboli comme l'a rappelé le Souverain Pontife dans son Motu proprio de 2007. Patrick Banken
- Le site Introibo vous procurera d'intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster...
- Le programme détaillé de notre émission est disponible sur Le Blog de Radio-Courtoisie, totalement indépendant de cette radio amie. Vous y trouverez, à partir de la première des trois diffusions, soit le vendredi à 23 h, le nom des pièces grégoriennes, les références discographiques, le nom des plages... - Vous pouvez enfin entendre la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous et préparer ainsi les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et ...vocalement ! Bonne écoute ! Sit laus plena, sit sonóra. Que notre louange soit pleine, qu'elle soit sonore
(Lauda Sion salvatórem de la Fête-Dieu)
Magi vidéntes stellam, dixérunt ad ínvicem : Les Mages, voyant l'étoile, se dirent l'un à l'autre Hoc signum magni Regis est : Voici le signe du grand Roi Eámus et inquirámus eum, et offerámus ei múnera, aurum, thus et myrrham, allelúia Allons, et cherchons-le ; offrons lui en présent, l'or, l'encens et la myrrhe, alléluia. C' est une des plus anciennes fêtes de l'année liturgique, fixée au 6 janvier depuis la plus haute antiquité. Cette fête se célébrait en Orient dès le IIIe siècle et elle pénétra en Occident vers la fin du IVe siècle. Le mot Épiphanie signifie : manifestation. Comme à Noël c'est le mystère d'un Dieu qui se rend visible, mais ce n'est plus aux Juifs seulement qu'il se montre : C'est aux Gentils qu'en ce jour Dieu révèle son Fils (Oraison). Et Isaïe aperçoit, en une vision grandiose, l'Église figurée par Jérusalem, où affluent les rois et les nations, la multitude des peuples qui habitent le bord des mers et la force des Gentils. Ils viennent de loin avec leurs nombreuses caravanes en chantant les louanges du Seigneur et en lui apportant de l'or et de l'encens (Épître). Les rois de la terre adoreront Dieu et les nations lui seront soumises (Offertoire). l'Évangile montre la réalisation de cette prophétie. Alors que Noël célébrait l'hymen de la divinité avec l'humanité du Christ, l'Épiphanie célèbre l'union mystique des âmes avec Jésus. Aujourd'hui, dit la liturgie, en unissant cette fête à celle du jour Octave et du 2e dimanche après l'Épiphanie, aujourd'hui l'Église est unie à son céleste Époux, car le Christ a lavé ses crimes dans le Jourdain, les Mages accourent avec leurs présents aux noces royales et les convives boivent avec joie l'eau transformée en vin. Alléluia. C'est à Saint-Pierre, où se trouvent les reliques du chef de l'Église, que la liturgie célèbre l'entrée des païens dans l'Église. Reconnaissons dans les Mages adorateurs les prémices de notre vocation et de notre foi, et célébrons avec des cœurs pleins de joie les débuts de cette heureuse espérance : car, dès ce moment, nous avons commencé à entrer dans l'héritage céleste (Saint Léon, Matines). Les textes de la messe insistent surtout sur le premier épisode de cette manifestation : la visite des Mages à Bethléem. Mais les textes de l'office de cette fête, particulièrement l'hymne et l'antienne à Magnificat des deuxièmes Vêpres, nous rappellent que cette manifestation s'est accomplie à l'occasion de trois événements : l'adoration des mages que nous commémorons aujourd'hui, le baptême de Notre Seigneur dans le Jourdain qui sera célébré le 13 janvier, jour octave de l’Epiphanie, et le miracle des noces de Cana que nous retrouverons le deuxième dimanche après l’Epiphanie.
L’Épiphanie c'est donc l'entrée solennelle du Christ Roi dans le monde. C'est ce qu'exprime le chant de l'Introït, dont le texte n'est pas littéralement scripturaire mais s'inspire de passages des prophètes de l'ancien testament, et dont la mélodie est peu développée et presque horizontale, mais très solennelle et assez hiératique.
Introît : Ecce advenit
Ecce advenit dominator Dominus : et regnum in manu ejus, et potestas, et imperium.
Voici que vient le Seigneur souverain ; il a dans sa main la royauté, la puissance et l'empire.
C'est bien lui le Roi. On appelle couramment l’Epiphanie la fête des rois. On parle des rois mages. En fait l’Evangile ne parle pas de rois ; il dit seulement : des mages d'Orient. C'était probablement des prêtres des religions païennes orientales, de savants et aussi de puissants personnages, car dans leur pays à cette époque le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel étaient plus ou moins confondus. Leur caravane était certainement imposante, et son arrivée à Jérusalem a causé un grand émoi. Mais le seul vrai roi c'est le petit enfant, c'est Lui qu'ils viennent adorer. C'est Lui également le Roi que chante le psaume 71, grand psaume messianique que nous retrouverons à l'Offertoire et dont le premier verset accompagne cet Introït :
Deus judicium tuum Regi da : et justitiam tuam Filio Regis. Seigneur donnez au Roi votre jugement et au fils du Roi votre justice. Graduel : Omnes de Saba
Le texte du Graduel de l’Epiphanie est tiré du prophète Isaïe, et plus précisément du passage qui est lu à la messe, juste avant ce chant. C'est d'ailleurs un des rares cas dans la liturgie où le Graduel est tiré de la lecture précédente et c'est aussi un des rares cas, dans les messes des dimanches et fêtes, où cette lecture est tirée de l'Ancien Testament. Pour bien comprendre ce chant, le mieux est de lire en entier ce texte d'Isaïe, qui n'est pas long et qui est magnifique.
" Lève-toi Jérusalem, sois illuminée, car elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi. Car voici que les ténèbres couvriront la terre, et les peuples seront dans l'obscurité : mais le Seigneur se lèvera sur toi et sa gloire paraîtra en toi. Les nations marcheront à ta lumière et les rois à la splendeur de ton aurore. Lève les yeux autour de toi et regarde : tous ceux-ci sont rassemblés, ils sont venus vers toi. Tes fils sont venus de loin et tes filles surgissent à leurs côtés. Alors tu verras et tu seras comblée, tu seras émerveillée et ton cœur se dilatera quand les richesses de la mer afflueront vers toi et que la puissance des nations viendra à toi. Une foule de chameaux t'envahira, des dromadaires de Madian et de Epha : tous viendront de Saba, apportant l'or et l'encens et proclamant la louange du Seigneur. "
La première partie du Graduel reprend la dernière phrase de ce texte qui annonce d'une façon précise la visite des mages ; même l'or et l'encens sont mentionnés.
Omnes de Saba venient, aurum et thus deferentes, et laudem Domino annuntiantes. La deuxième partie, au contraire, reprend la première phrase du texte : Surge et illuminare Jérusalem : quia gloria Domini super te orta est.
Cette Jérusalem nouvelle qui est ainsi glorifiée, c'est évidemment l’Eglise qui voit affluer vers elle les peuples de toutes races et de toutes langues. On remarquera au début de la deuxième partie l'accent très prononcé de surge, puis la grande montée de illuminare, avant la descente en douceur sur Jerusalem et de nouveau un grand crescendo sur Domini.
Alleluia : Vidimus Stellam
Si le texte du Graduel de l’Epiphanie était tiré de la lecture qui le précédait, le verset de l'Alleluia au contraire est tiré de l’Evangile qui le suit.
Vidimus stellam ejus in oriente, et venimus cum muneribus adorare Dominum. Nous avons vu son étoile en orient et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Ce sont les paroles des mages au roi Hérode en arrivant à Jérusalem. La mélodie est la même que celle de l'Alleluia du jour de Noël, qui parlait déjà d'une grande lumière descendue sur la terre, et qui invitait tous les peuples éclairés par cette lumière à venir adorer le Seigneur. Aujourd'hui les mages représentant toutes les nations répondent à cette invitation. Cette mélodie elle-même est lumineuse. Elle exprime bien la joie et la reconnaissance de tous ces peuples qui ont reçu la révélation du Sauveur et qui ont tout quitté pour aller L'adorer.
Offertoire : Reges Tharsis
Le texte de l'Offertoire de l’Epiphanie est tiré du psaume 71, dont nous avons déjà trouvé le début comme verset de l'Introït, et qui est un des grands psaumes messianiques. Il chante la gloire du roi d'Israël, probablement Salomon, à qui tous les rois environnants venaient rendre hommage. On se souvient de l'épisode de la reine de Saba qui est ici mentionné.
Reges Tharsis et insulæ munera offerent : reges Arabum et Saba dona adducent : et adorabunt eum omnes reges terræ, omnes gentes servient ei.
Le roi d'Israël est comme toujours la figure du Messie à qui tous les rois et les peuples du monde entier doivent se soumettre. Les mages d'Orient dont parle l'Evangile ont été les premiers à les représenter. La mélodie comme celle du Graduel exprime une joie bien affirmée. Ses ondulations évoquent très bien la grande procession des peuples en marche vers le Sauveur.
Communion : Vidimus stellam Nous retrouvons dans l'antienne de Communion de l'Epiphanie le même texte qu'à l'Alleluia, tiré de l'Evangile du jour. Vidimus stellam ejus in Oriente, et venimus cum muneribus adorare Dominum. Nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Mais la mélodie donne ici à cette antienne assez courte un caractère différent de celui du verset de l'Alleluia, plus intime, plein d'une joie douce et légère. C'est le chant de l'âme qui a reçu la lumière d'en haut et, pleine de reconnaissance, s'empresse d'aller adorer Celui qui la lui a envoyée et se mettre à son service. Cette petite pièce finement ciselée se termine par les mots adorare Dominum très contemplatifs.
Voici que vient le Seigneur souverain ; il a dans sa main la royauté, la puissance et l'empire.
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