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Analyse du Vaticaniste John Allen Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
22-04-2006

Analyse du vaticaniste John Allen (National Catholic Reporter, 14 avril 2006)

Le petit monde des blogs catholiques bourdonnait de spéculations au sujet d’un hypothétique document de Benoît XVI concernant un usage plus large du rite de la messe d’avant le concile Vatican II (1962-65)...

Bien que les versions diffèrent, la rumeur la plus répandue est que le pape déclarerait que la messe d’avant Vatican II n’a jamais été « abolie », ce qui veut dire qu’elle pourrait être célébrée par tout prêtre, n’importe quand et sans avoir besoin de permission.

 

 

 

D’après une conjecture, le document devait paraître le Jeudi Saint, à la place de la traditionnelle  Lettre aux Prêtres de Jean-Paul II. - Cette idée a fait surface dans un article du journal italien Il Tempo du 9 avril.

 

 

Quoi qu’il en soit, le Jeudi Saint est passé sans qu’aucun document ne soit publié. A vrai dire,  l’hypothèse selon laquelle Benoît XVI pourrait détourner l’attention de la liturgie de la Semaine Sainte en publiant un document d’une grande portée politique, indiquait déjà que ces rumeurs étaient quelque peu irréelles. Benoît XVI tient beaucoup à ce que les événements importants du calendrier liturgique parlent d’eux-mêmes. C’est une des raisons pour lesquelles il n’a pas voulu que sa première encyclique paraisse à Noël, car elle aurait détourné l’attention des fidèles de l’Incarnation

 

qui est au cœur de la fête de Noël.

 

 

 

Cette semaine, je me suis entretenu avec une personnalité officielle du Vatican qui m’a dit que bien qu’elle n’ait pas connaissance directe d’un tel document, elle trouvait ces rumeurs difficiles à croire. « Chaque fois qu’il y a des rencontres à ce sujet entre les cardinaux, ce n’est pas simplement une question de division », dit mon interlocuteur. « Une écrasante majorité est contre [la permission universelle de célébrer l’ancien rite]. Ce n’est même pas comme si c’était moitié- moitié ».

 

 

 

Cette source signale qu’il y a tout juste deux semaines, lors de la rencontre à huis clos de Benoît XVI  avec les cardinaux, la majorité des cardinaux qui se sont exprimés était contre une telle mesure. « Si cela dépendait du cardinal Hoyos, cela aurait déjà eu lieu », poursuit-il, faisant référence au cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos, chef de la Commission Ecclesia Dei pour les catholiques traditionalistes.

 

 

 

Mais Benoît XVI est en train d’essayer d’opérer sur la base d’un consensus, et il n’y a tout  simplement pas de consensus, dit-il  Une autre personnalité du Vatican me dit franchement : « C’est un sujet qui n’est pas encore mûr ».

 

 

 

Etant donné la façon très secrète dont Benoît XVI joue ses cartes, il est possible qu’un document soit en cours d’élaboration sans que la plupart de ses principaux conseillers soient au courant. Mais ce que nous avons jusqu’ici, sur cette question, c’est beaucoup de fumée à la recherche d’un feu.
 
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