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M. l'Abbé Aulagnier commente les propos tenus par le nouveau secrétaire de la Congrégation du Culte Divin: "Cette interview de Mgr Albert Malcom Ranjith est importante et montre bien l’évolution romaine en matière liturgique... On approche de la solution".
>>> "Monsieur Antoine-Marie Izoard , de l’Agence I.MEDIA, agence très au fait des choses vaticanes, a obtenu, le 22 juin 2006, une très intéressante interview du tout nouveau secrétaire de la Congrégation du culte divin, à Rome, Mgr Albert Malcom Ranjith Patabendige Don, d’origine Sri Lankaise. Le prélat aborde essentiellement deux questions, l’une concernant le missel de Paul VI, l’autre concernant le missel dit de saint Pie V.
A- Concernant le « missel dit de Saint Pie V», il affirme trois choses :
a- qu’ « il n’a jamais été aboli ou mis au ban ». Nous en prenons acte. Et sommes heureux de l’apprendre d’une bouche autorisée de l’Eglise. Mais alors comment faut-il interpréter les paroles du Pape Paul VI lors du Consistoire du 24 Mai 1976 où il demandait lui-même, et avec solennité, engageant même son autorité apostolique, que nul prêtre, nulle communauté religieuse ne célèbre désormais selon le missel de saint Pie V ?
J’y insiste chaque fois…car il ne faut pas oublier que c’est parce que nous avons affirmé durant des années que cette messe de Saint Pie V n’était pas abolie, qu’elle pouvait donc être célébrée en toute légalité que nous avons été mis au ban « ecclésial », que Mgr Lefebvre a été condamné » et son séminaire déclaré fermé, supprimée sa Fraternité….et que les abbés Laguérie et Héry ne peuvent se faire rendre justice dans l’Eglise parce que Rome considère que la FSSPX n’a plus d’existence canonique. Ce qui est purement et simplement scandaleux. Justice doit être faite. Et elle sera faite tôt ou tard…nécessairement. Sur ce sujet, vous pouvez consulter mon livre : « La bataille de la messe », le chapitre 2. (La Bataille de la messe, 5 rue Maréchal Joffre 78000 Versailles)
b- que le missel dit de saint Pie V pourrait bien revenir dans l’Eglise et être de nouveau célébré en toute liberté. Cela est à l’étude, beaucoup le demandent instamment. Le pape le sait. Il y réfléchit et tout le monde, même au Vatican, est dans l’attente de sa décision. « L’Eglise doit alors être sensible à ces urgences … Je ne sais pas si cela doit prendre la forme d’une approbation du missel de saint Pie V ou d’un renouvellement du missel actuel (de Paul VI, ndlr). Le pape sait tout cela, il connaît ces questions, il est bien conscient de cette situation, il y réfléchit et nous attendons ses indications ».
Durant des années, j’ai étudié très particulièrement la pensée du cardinal Ratzinger sur ce sujet. (cf Mon livre « la bataille de la messe) J’en concluais : le cardinal veut cette restauration…Les pressions qu’il doit subir, dans le gouvernement de l’Eglise, le fera-t-il céder et abandonner sa résolution alors qu’il était encore cardinal? Il faut prier pour lui.
c- que le missel dit de saint Pie V est un peu comme l’archétype, dans l’Eglise, de toute liturgie qui doit exprimer et le « sacré » et le « transcendant » et la vérité du dogme . Il pourrait servir de norme à ce qu’on appelle la « réforme de la réforme » du missel de Paul VI.
B- Concernant le missel de Paul VI, il affirme également deux choses a- que la vie liturgique qui se manifeste dans l’Eglise, depuis la publication de ce missel de Paul VI, a suivi des « directions erronées » qui sont de vrais « changements » mettant en péril la doctrine catholique. Il dit que ces changements ont été « peu réfléchis », qu’ils ont été « faits aussi dans la « rapidité », dans un esprit de rejet. Tout cela va contre ce que voulait formellement le Concile dans sa Constitution Sacro Sanctuim Concilium. « Tout ceci a porté un tord considérable à la vie liturgie de l’Eglise. ». L’archevêque va même jusqu’à préciser ces changements liturgiques. Ces directions erronées. Il ne cite pas la Constituion Missale romanum, ni sa partie doctrinale, appelée « Institutio Generalis ». Mais c’est pourtant là que ces « changements » se trouvent et s’expriment, le rite de la messe de Paul VI n’en étant que l’expression publique. Il dit : « On voit que la liturgie a pris des directions erronées, 1-comme l’abandon du sacré et de la mystique, 2-la confusion entre le sacerdoce commun et celui consacré avec un appel spécifique, en d’autres mots la confusion des rôles entre les laïcs et les prêtres. 3-Il y a aussi la vision du concept d’Eucharistie comme un banquet commun plutôt que l’accentuation sur la mémoire du sacrifice du Christ au calvaire et sur son efficacité sacramentelle pour le salut, ou encore certains changements comme d’avoir vidé les églises en les protestantisant… ».
On voit que ce sont les critiques que le courant traditionaliste a exprimées dès le début de la réforme liturgique et qui furent synthétisées dans le Bref Examen Critique présenté en vain à Paul VI. En vain ! Lors de sa prise de position officielle, en cette affaire liturgique devant son corps professoral et ses séminaristes, qui doit dater du 3 mai 1971, si ma mémoire ne me trompe pas, Mgr Lefebvre relevait aussi ces trois « errances » doctrinales. Pas plus, pas moins. Il avait eu l’audace de la vérité. C’est tout à son honneur et à sa gloire. Il est indispensable que justice lui soit rendue. Je l’écrirai, jusqu’à ma mort. Ce qui n’empêche pas, bien sûr, qu’un « modus vivendi » puisse être trouvé avec Rome pour faciliter la vie ecclésiale et la paix de tous dans les diocèses.
b- que ce missel doit donc être réformé. C’est à cette occasion qu’il parle de la « réforme de la réforme ». Ce missel doit être réformé en s’inspirant des «acquis du passé », dit-il, non qu’il faille pour autant abandonner les « gains » du Concile comme l’usage de la langue vernaculaire et la richesse biblique mieux utilisée. Il ne faut surtout pas oublier « ces aspects » dit-il. « Nous ne disons pas qu’il faut complètement abandonner les gains du Concile comme l’utilisation de la langue vernaculaire, l’usage substantiel des Ecritures sacrées… Mais, en renforçant ce que nous avons gagné lors du Concile, il faut renforcer les acquis du passé ». c- que ce travail de la « réforme de la réforme liturgique » ne se fera pas sans l’aide des évêques qui sont les pasteurs du troupeau et qui ne doivent pas oublier ce rôle liturgique dans leur tache pastorale. « Cet amour des pasteurs doit devenir un grand désir d’être les agents du salut de leurs fidèles, pas seulement un salut politique ou des aspects humains de la vie, mais aussi intérieur et profond. Cet amour doit nécessairement s’exprimer dans la joie de se consacrer à une vie liturgique joyeuse, mystique et sacrée ».
Cette interview de Mgr Mgr Albert Malcom Ranjith est importante et montre bien l’évolution romaine en matière liturgique. Peut-on encore dire raisonnablement, comme on l’entend dire trop souvent encore dans la FSSPX que les choses n’évoluent pas ?
Nous ne sommes plus:
- en 1976 avec le Consistoire du 24 mai 1976, interdisant toute messe tridentine. - ni en 1984, avec la lettre « Quattuor abhinc annos », - ni en 1988 avec la lettre « Ecclesia Dei adflicta » - ni en 2002 avec la création de l’Administration apostolique saint Jean Marie Vianney car l’usage de la messe tridentine était réservé aux seuls prêtres de l’administration ou à ceux disant la messe dans les églises de l’Administration apostolique. Nous sommes en 2006…La mesure en faveur de la messe tridentine sera, cette fois, universelle, à l’échelle de l’Eglise universelle et son droit reconnu… On approche de la solution." ITEM, 42, Avenue de la Marne. 03200 Vichy. Tel. 04 70 97 95 02, Port. 06 80 71 71 01 ; e-mail :
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