Fête de l'Immaculée Conception: 8 décembre Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
06-12-2011

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  José Camarón Bonanat : Apparition de l'Immaculée Conception à un dévot 

Musée Galdiano Madrid

 Jeudi 8 Décembre 2011

FËTE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE
Blanc - 1re classe

La fête de l'Immaculée Conception célèbre le privilège unique de la Vierge Marie, qui a été totalement préservée du péché originel, et est donc restée absolument pure de tout péché durant sa vie. C'est un dogme de la foi catholique, qui a été promulgué solennellement en 1854 par le pape Pie IX. Mais dès le Moyen-Age on célébrait la fête de la " Conception " de la Vierge Marie, fixée au 8 décembre, neuf mois avant celle de sa Nativité. Cette fête tombe ainsi toujours en Avent, ce qui est une heureuse coïncidence, puisque la conception immaculée de Marie est la première aurore du salut que nous attendons à Noël. C'est une fête de première classe qui l'emporte sur le dimanche lorsqu'elle tombe ce jour-là.

Cependant le propre grégorien que nous chantons actuellement a été composé après la proclamation du dogme, et on sait même que l'auteur en fut Dom Pothier, qui était alors maître de chœur de Solesmes ; on peut ainsi constater que le chant grégorien est de tous les temps, comme l’Eglise dont il est la prière : entre les chants de cette messe et ceux, par exemple, des dimanches de l'Avent, qui sont parmi les plus anciens, il y a une parfaite continuité d'inspiration.

La fête de l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge est la plus solennelle de toutes celles que l’Église célèbre au saint temps de l’Avent ; et s’il était nécessaire que la première partie du Cycle présentât la commémoration de quelqu’un des Mystères de Marie, il n’en est aucun dont l’objet pût offrir de plus touchantes harmonies avec les pieuses préoccupations de l’Église en cette mystique saison de l’attente. Célébrons donc avec joie cette solennité ; car la Conception de Marie présage la prochaine Naissance de Jésus.( Dom Guéranger)

 

 
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- Le site Introibo pourra vous procurera d'intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster...  

- Vous pouvez entendre la bande sonore de cette émission en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous et préparer ainsi les chants de cette grande fête mariale, liturgiquement, spirituellement et ...vocalement !
Bonne écoute !                                                         
 
 
 
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 Jean-Baptiste Salvi vers 1650 - Pinacothèque Vaticane
 
Introït : Gaudens gaudebo

Le texte de l'Introït est tiré du livre du prophète Isaïe que nous retrouvons souvent en ce temps de l'Avent. Il chante la joie de la Jérusalem nouvelle, victorieuse de tous ses ennemis, figure de l’Eglise triomphante.

Gaudens gaudebo in Domino et exsultabit anima mea in Deo meo : quia induit me vestimentis salutis, et indumento justitiæ circumdedit me, quasi sponsam ornatam monilibus suis.
Je me réjouirai d'une grande joie dans le Seigneur et mon âme exultera en mon Dieu car il m'a revêtu des vêtements du salut et il m'a entouré du manteau de la justice, comme une épouse parée de ses bijoux.

Ce texte s'applique très bien à la Sainte Vierge qui s'en est d'ailleurs souvenue quand elle a chanté son Magnificat. Elle aussi, figure de l’Eglise, est revêtue par son céleste époux de parures qui représentent les grâces et les privilèges dont elle a été comblée.
La mélodie de cet Introït est calquée note pour note sur celle de l'Introït Vocem jucunditatis du cinquième dimanche après Pâques, une des plus joyeuses, enthousiastes et triomphantes de tout le répertoire. Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 29, cantique d'action de grâces au Seigneur pour le remercier d'un grand bienfait :

Exaltabo te, Domine, quoniam suscepisti me : nec delectasti inimicos meos super me.
Je vous glorifierai Seigneur car vous m'avez relevé et Vous n'avez pas laissé mes ennemis se réjouir à mes dépens.

 

Graduel : Benedicta es tu

Le texte du Graduel de la fête de l'Immaculée Conception est tiré du Livre de Judith. L’Eglise y applique à la Vierge Marie les louanges et les acclamations que le peuple d'Israël avait adressées à cette femme courageuse et inspirée qui l'avait délivré de son cruel ennemi.

Benedicta es tu, Virgo Maria, a Domino Deo excelso, præ omnibus mulieribus super terram.
Tu gloria Jerusalem, tu lætitia Israël, tu honorificentia populi nostri.

Vous êtes bénie Vierge Marie par le Seigneur Dieu très-haut avant toutes les femmes qui sont sur la terre.
Vous êtes la gloire de Jérusalem, Vous êtes la joie d'Israël, Vous êtes l'honneur de votre peuple.


Sainte Elisabeth, au jour de la Visitation, fut la première à reprendre pour la Sainte Vierge cette parole que nous lui répétons chaque jour dans l'Ave Maria : Vous êtes bénie entre toutes les femmes. Bien entendu Jérusalem, Israël, ou " notre peuple ", c'est toujours l’Eglise.
La mélodie est calquée note pour note sur celle du Graduel Constitues eos de la fête des saints Pierre et Paul. Son caractère joyeux, bien affirmé et en même temps très gracieux, convient tout à fait à ce texte.

 

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 Francesco Scaramuzza moitié du XIXe s.

Alleluia : Tota pulchra es

Après le prophète Isaïe et le livre de Judith, c'est un troisième livre de l'Ancien Testament que l’Eglise utilise dans le texte de l'Alleluia de la fête de l'Immaculée Conception : le Cantique des cantiques, poème d'amour qui symbolise l'union mystique de l'âme avec son Dieu. L'église applique ici à la Sainte Vierge la parole d'amour : tu es toute belle, qui lui convient plus qu'a aucune autre femme, en y ajoutant son nom Maria, et à la deuxième phrase : il n'y a pas en toi de tache, elle ajoute l'adjectif originelle qui lui donne sa précision théologique.

Tota pulchra es, Maria : et macula originalis non est in te.
Vous êtes toute belle, ô Marie, et il n'y a pas en Vous de tache originelle.

La mélodie est celle d'un ancien Alleluia qui avait disparu du répertoire et qui a été heureusement ressorti pour la circonstance. Car elle est d'une beauté légère et gracieuse tout à fait digne de Celle à qui elle s'adresse On remarquera cependant dans le verset, sur le mot originalis, une vocalise assez contournée et revenant plusieurs fois sur elle-même ; certains commentateurs y ont vu la queue du serpent infernal qui s'enfuit.

 

 

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Offertoire : Ave Maria

Les textes des trois premières pièces du propre de la messe de l'Immaculée Conception étaient tirés de livres de l'ancien testament ; celui de l'Offertoire est pris dans l’Evangile, puisqu'il s'agit de l'Ave Maria, la salutation de l'ange Gabriel au jour de l'Annonciation, complétée par celle d’Elisabeth au jour de la Visitation.


Ave Maria, gratia plena : Dominus tecum : benedicta tu in mulieribus,

Texte qu'il n'est pas besoin de traduire.
Le messager du ciel y affirmait expressément le privilège de l'Immaculée en la qualifiant de pleine de grâce, ne laissant aucune place pour le péché. On retrouve ensuite la citation du livre de Judith qui figurait dans le Graduel de cette messe : " Vous êtes bénie entre toutes les femmes. "
Pour la mélodie Dom Pothier aurait pu se contenter de reprendre une de celles qui existait déjà sur le texte de l'Ave Maria, par exemple celle de l'Offertoire du quatrième dimanche de l'Avent Il a préféré revêtir les paroles de l'ange d'une mélodie entièrement originale qui est d'une très belle inspiration, souple, gracieuse, joyeuse et affirmative.

 

Communion : Gloriosa

Bien qu'assez courte l'antienne de Communion de la fête de l'Immaculée Conception unit dans ses deux phrases l'Ancien et le Nouveau Testament.

Gloriosa dicta sunt de te, Maria : quia fecit tibi magna qui potens est.
Des choses glorieuses ont été dites de Vous Marie ; car le Tout Puissant a fait pour Vous de grandes choses.

On a reconnu dans la deuxième phrase un verset du Magnificat ; on y retourne à la Sainte Vierge ce qu'elle disait d'elle-même en renvoyant toute la gloire à Dieu pour les merveilles accomplies en elle.
Quant à la première phrase, elle utilise un verset du psaume 86 à la gloire de Jérusalem, la cité sainte, figure de l’Eglise, et nous retrouvons ici la même inspiration que dans l'Introït Gaudens gaudebo.
La mélodie a été reprise, à peu de choses près, à la Communion Dico autem vobis de la messe de plusieurs martyrs. C'est une petite antienne toute simple, légère et tranquille, et très gracieuse.
 
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Murillo 1650 - Musée des Beaux Arts Séville
 

 
 

 


 
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