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| Rome s'apprête à libéraliser la messe de saint Pie V |
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| Revue de Presse - La Croix | |
| 12-10-2006 | |
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Rome s'apprête à libéraliser la messe de saint Pie V. Source: Site web de La Croix Jeudi 12 octobre L'information a été confirmée mercredi 11 octobre de source vaticane, mais la publication de cette décision se heurte à de grandes résistances dans la curie Benoît XVI prépare un document visant à libéraliser la liturgie tridentine, dite « de saint Pie V ». L’information a été confirmée mercredi 11 octobre de source vaticane : il s’agirait d’un indult, sous forme de motu proprio supprimant celui publié en 1988 par Jean-Paul II (Ecclesia Dei adflicta), qui soumettait la célébration du rite préconciliaire à une autorisation expresse de l’évêque du lieu, mais qui était appliqué de façon très restrictive. Avec ce nouveau texte, un prêtre, à son initiative, pourrait librement choisir de célébrer la messe selon l’ancien rite, sauf si l’évêque le lui interdit formellement par écrit. Le motu proprio donnerait ainsi au rite tridentin le statut inédit de « rite universel extraordinaire », aux côtés du « rite ordinaire » qu’est la messe dite « de Paul VI ». Cette réforme ne concernerait pas seulement la messe elle-même, mais plus largement « les rapports avec les traditionalistes » indique-t-on de même source. Il ne s’agirait pas, en soi, d’un retour à l’ancien rite, mais plutôt de la fin de sa marginalisation. L’information n’est pas une surprise. On savait, depuis plus d’un an, que Benoît XVI réfléchissait à une telle réforme, qui lui tient à cœur. Le sujet avait été évoqué lors du synode d’octobre 2005 sur l’Eucharistie, puis en mars par le pape lors du consistoire. Benoît XVI a aussi consulté les cardinaux de la curie, l’hiver dernier sur ce thème. C’est le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la commission Ecclesia Dei, qui a été chargé d’élaborer le texte. L’objectif poursuivi est en effet la réintégration dans l’Église des lefebvristes, qui ont fait de la libéralisation du rite tridentin une des conditions de leur retour. De ce point de vue, la décision prise le 8 septembre de créer l’Institut du Bon-Pasteur pour d’anciens intégristes français peut être considérée comme une première étape. Comme l’affirme Mgr Malcolm Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin, dans un entretien à paraître dans le mensuel italien 30 Giorni : « Le fait que le Saint-Siège ait récemment approuvé l’institution à Bordeaux d’une société de vie apostolique de droit pontifical, caractérisée par le fait qu’elle utilise exclusivement les livres de la liturgie préconciliaire, signifie sans aucune équivoque que la messe de saint Pie V ne peut pas être considérée comme abolie par le nouveau missel dit de Paul VI. » "Des risques pour l'unité de l'Eglise"
Au-delà du souci de faire revenir dans la pleine communion de l’Église les fidèles des mouvements intégristes – souci extrêmement présent chez Benoît XVI et nombre de responsables de la curie –, c’est la conception même que le pape se fait de la liturgie qui semble avoir joué dans l’élaboration de ce motu proprio. Les convictions de Benoît XVI sont connues. Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a ainsi affirmé, dans la préface d’un ouvrage du théologien Uwe Michael Lang intitulé Tournés vers le Seigneur, que le Concile n’avait pas exigé de ne plus célébrer dos au peuple et en latin. "Une Église peut-elle avoir deux rites ?"
Ces prélats font en effet valoir que « jamais il n’a existé en Occident deux rites en même temps, sauf dans des cas historiques hérités du premier millénaire et liés à des contextes géographiques particuliers : rite lyonnais, milanais, ou mozarabe par exemple ». Quant à la liturgie orientale, la reconnaissance de rites propres au sein de l’Église catholique est liée au statut juridique de ces Églises elles-mêmes, qui sont sui generis. Elles ont leur propre droit et traditions. Repères : quelques définitions
Motu proprio. Cette expression latine, signifiant « de son propre mouvement », désigne une lettre apostolique écrite par le pape de sa propre initiative et par laquelle il s’adresse à un groupe déterminé de personnes. Il s’agit d’une des sources les plus courantes de la législation de l’Église, en plus du code de droit canonique. |
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