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Un jour, une liane enlacée au roseau
Tomba, puis s’élança par spirales flexibles,
Semant de mauves fleurs à l’entour des arceaux…
Aux rêveurs de trouver un symbole lisible !
Un saint homme de chantre, artiste en la matière,
L’observa, lui parla, lui demanda secours :
Il cherchait à chanter en faisant sa prière,
Sans avoir à copier les airs des troubadours
Il connaissait au mieux textes et tablatures,
Mais à les assembler ne réussissait pas.
La parole de Dieu valait bonne mesure
Et répugnait aux sons pesants, tristes et plats.
C’est alors qu’intervint la plante inspiratrice
Pour le faire bondir, s’envoler, se suspendre,
D’élans en retombées et d’arsis en thésis,
Planer dans les hauteurs, pour mieux en redescendre.
Le rythme était trouvé, conforme à la parole,
Vivante en son phrasé, sonore en ses accents.
La supplique et l’amour vers l’azuré s’envolent :
Grégoire et l’Arezzo pouvaient être contents.
La trame, qui se tisse à l’échelle des sons,
Au langage parlé sans peine s’accommode,
En teintes pastel dont les combinaisons,
Sous des climats divers, s’appelleront les ‘’modes’’.
Quels moyens pour noter les thèmes retenus ?…
La grammaire prêta ses accents pour repères.
Les ‘’neumes’’ gracieux, de leurs formes issus,
Sur parchemin ligné leurs élans retracèrent.
Volutes de l’encens, volutes des mélismes
S’enroulent dans les airs, aux lueurs des vitraux.
Le chant grégorien pour nous a ce charisme
De nous prendre au tréfonds et de nous porter haut.
Il abreuve nos cœurs à la source biblique,
A l’entendre chanter, on se prend à prier.
Il a su rassembler dans une voix unique
Les cris désemparés venus du monde entier.
Recherché pour son art, envoûtement mystique,
Il replace notre âme en état d’oraison.
Aux humains le suffrage, aux anges la réplique :
Le verset sur la terre au ciel a son répons.
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