Dimanche dans l'Octave de Noël Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Chants de la Messe
20-12-2011

 

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- Le site Introibo vous procurera d'intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster...  

- Le programme détaillé de notre émission est disponible sur Le Blog de Radio-Courtoisie , totalement indépendant de cette radio amie. Vous y trouverez, à partir de la première des trois diffusions, soit le vendredi à 23 h, le nom des pièces grégoriennes, les références discographiques, le nom des plages...   

- Vous pouvez enfin entendre la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit   triangle à gauche du curseur ci-dessous et préparer ainsi les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et ...vocalement ! Bonne écoute !

Sit laus plena, sit sonóra. Que notre louange soit pleine, qu'elle soit sonore

(Lauda Sion salvatórem de la Fête-Dieu)

 

                                                          

 

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Introït : Dum medium silentium

L'Introït nous replace tout à fait dans l'ambiance mystérieuse de la sainte nuit et du grand événement qui s'y accomplit. Le texte est tiré du livre de la Sagesse dans un passage qui, parmi les manifestations de la sagesse dans l'histoire d'Israël, raconte la dixième plaie d'Egypte, l'extermination des premiers nés des Egyptiens, qu'on appelle la Pâque, c'est à dire le passage du Seigneur.

Dum medium silentium tenerent omnia, et nox in suo cursu medium iter haberet, omnipotens sermo tuus, Domine, de cælis a regalibus sedibus venit.

Tandis que toutes choses se tenaient en silence et que la nuit était parvenue au milieu de son cours, votre parole toute puissante, Seigneur, est descendue de votre trône royal qui est dans les cieux.


 Cette parole toute puissante, que Dieu n'a qu'à prononcer pour qu'elle s'accomplisse, c'est aujourd'hui le Verbe, qui est une personne, et qui descend du ciel sur la terre au milieu de la nuit en se faisant petit enfant pour nous sauver. La mélodie de cet Introït commence dans le grave, évoquant de façon mystérieuse le silence de la nuit, puis elle s'élève progressivement de plus en plus affirmative jusqu'à la fin calme et pleine d'assurance. Le verset est formé du début du psaume 92 qui chante la beauté et la puissance du Christ Roi, et que nous retrouverons à l'Alléluia.

 

Dominus regnavit, decorem indutus est : indutus est Dominus fortitudinem, et præcinxit se.

Le Seigneur est Roi revêtu de splendeur et il s'est ceint de puissance.

 

Graduel : Speciosus forma

 Le Graduel du dimanche dans l'octave de Noël reprend une image qui figurait dans le psaume de l'Introït, celle du Seigneur revêtu de beauté. Le texte est pris cette fois dans le psaume 44, le grand cantique nuptial qui chante les noces mystiques du Christ et de l'Église et qui est utilisé à plusieurs reprises au temps de Noël. Ici le psalmiste s'adresse au roi d'Israël figure du Messie.

 Speciosus forma præ filiis hominum : diffusa est gratia in labiis tuis.

Vous êtes le plus beau des enfants des hommes, la grâce est répandue sur vos lèvres.

 Les lèvres sont avec le sourire l'un des éléments principaux de la beauté du visage de l'être humain, mais les lèvres c'est aussi le siège de la parole par laquelle le Seigneur révèle sa sagesse et sa toute puissance.

La deuxième partie de ce Graduel reprend le début du psaume où le psalmiste exprime son enthousiasme d'avoir à chanter les louanges d'un tel roi :

Eructavit cor meum verbum bonum : dico ego opera mea Regi : lingua mea calamus scribæ velociter scribentis.De mon coeur jaillit un beau discours car je dédie mes oeuvres au Roi. ma langue est comme la plume d'un scribe à l'écriture rapide.

 La mélodie, comme c'est toujours le cas pour les Graduels, est très ornée, mais elle ne contient pas de grandes vocalises. Elle reste assez douce et paisible, déroulant de souples ondulations dans une ambiance de contemplation mystique. Ces formules assez originales se répètent dans les deux parties.

 

Alléluia : Dominus regnavit, decorem

 L'Alléluia et l'Offertoire du dimanche dans l'octave de Noël reprennent ceux de la messe de l'aurore de la fête, messe à laquelle les fidèles ont très rarement l'occasion d'assister, et ils ont ainsi au moins la possibilité d'entendre ces deux pièces ; on y trouve le même thème que dans l'Offertoire de la messe du jour : la contemplation des attributs divins du petit enfant qui vient de naötre, qui contrastent avec sa faiblesse : beautÄ, force, puissance... Ils sont tirés du psaume 92, psaume " théocratique " célébrant la royauté de Dieu sur son peuple, s'appliquant aujourd'hui au Christ Roi ; on en trouve dans l'Alléluia le premier verset, qui accompagnait déjà l'Introït :

 Dominus regnavit, decorem indutus est : Induit Dominus fortitudinem et præcinxit se virtute.

Le Seigneur est Roi, il est revêtu de splendeur : Le Seigneur s'est revêtu de force et ceint de puissance.

 On retrouve donc le thème de la beauté, que chantait déja le Graduel, associé à celui de la toute puissance créatrice qui sera celui de l'Offertoire. La mélodie exprime notre admiration pour ces qualités du Seigneur par une mélodie solennelle, très ornée, bien que sans grandes vocalises, et pleine de mouvement, bien que sans grands écarts. Alors que celles des deux autres messes de Noël sont des mélodies type, celle-ci est originale.

 

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Offertoire : Deus enim firmavit

 L'Offertoire du dimanche dans l'octave de Noël reprend, comme l'Alléluia, celui de la messe de l'aurore de la fête, et le texte est la suite de celui de verset de l'Alléluia, au début de psaume 92 :

 Deus enim firmavit orbem terræ, qui non commovebitur ; parata sedes tua, Deus, ex tunc, a sæculo tu es.

En effet (par sa puissance) Dieu a solidement établi le globe terrestre qui ne sera pas ébranlé. Votre trône, ô Dieu, est préparé depuis toujours, et à jamais vous êtes.

 Ce petit enfant que nous adorons est le créateur qui fait sans cesse exister toutes choses, et nous lui retournons le nom que Dieu s'était donné en se manifestant à Moïse : " Je suis " avait-il dit, " Vous êtes " lui redisons-nous.

La mélodie de cet Offertoire est comme il convient très affirmative et pleine d'assurance ; ses tenues sur la même note et ses intervalles majeurs (il n'y a presque pas de demi-tons) expriment parfaitement la solidité et la plénitude dont parle le texte

 

Communion : Tolle puerum

 L'année liturgique se déroule sur plusieurs plans qui avancent simultannément à des vitesses différentes. Nous sommes encore à quelques jours de l'Épiphanie, mais déjà la Communion de ce dimanche se rapporte à la fuite en Egypte, et l'antienne à Magnificat des Vêpres évoque les 30 ans de vie cachée à Nazareth. Cette antienne de Communion nous fait entendre les paroles de l'ange à saint Joseph, alors que la Sainte Famille se trouve en Egypte :

 Tolle puerum et matrem ejus, et vade in terram Israël ; defuncti sunt enim qui quærebant animam pueri.

Prends l'enfant et sa mère, et retourne au pays d'Israël ; en effet ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant sont morts.

 C'est la mission redemptrice du petit enfant qui est ici évoquée, avec la mention des persécutions qu'elle va entraîner et qui le conduiront à donner sa vie pour notre salut. La mélodie est pleine d'élan, avec deux phrases qui se ressemblent et se terminent par la même cadence ; mais la deuxième monte plus haut, culminant sur le mot quærebant, qui exprime les mauvaises intentions des persécuteurs.

 

 

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