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| La messe en France et le Saint-Siège |
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| Revue de Presse - Présent | |
| 02-04-2007 | |
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La messe en France et le Saint-Siège par Jean Madiran, dans Présent du 3 avril 2007
Nuance : Le Monde, lui, n’a pas eu un cardinal de la Curie, mais simplement l’archevêque de Bologne ; tout de même, celui auquel Benoît XVI avait, dit Le Monde, soufflé le 24 mars 2006, en lui remettant la barrette du cardinal : « Je compte sur vous. » Avec lui il est question de « la crise de l’institution du mariage ». Ce n’est pas seulement en Italie que « la légalisation des unions de personnes du même sexe » cherche à s’imposer. Au Figaro Magazine a été réservée une longue déclaration du cardinal Bertone, le « numéro deux » du Vat’, comme on appelle familièrement le Secrétaire d’Etat. Il est très attentif au « problème d’une extrême gravité » que constituent la « manipulation » et la « falsification » des messages de l’Eglise par « un certain nombre de médias occidentaux ». Ajoutons que la manipulation et la falsification qu’opèrent les médias est permanente et universelle, ne concernant pas seulement l’Eglise, mais aussi la politique, l’histoire et l’ensemble de la culture. Cependant on retiendra plus spécialement, dans la déclaration du cardinal Bertone, ce qui a trait à la messe, celle-ci étant l’acte le plus important de la religion catholique. D’une part, dit le Cardinal, malgré des « appauvrissements notables » et des « errements » qui ont pu éloigner de l’Eglise une partie du peuple chrétien, « les fruits de la réforme liturgique n’en restent pas moins considérables » et « la valeur de la réforme conciliaire est intacte ». Voilà qui plaira aux évêques français. Toutefois ce satisfecit ne vaut que si l’on rend au latin et au grégorien. Cela dit, « il n’y a aucune raison valable de ne pas donner [« donner » ? ou « reconnaître » ?] aux prêtres du monde entier le droit de célébrer » la messe « dans le cadre du missel publié en 1962 par le pape Jean XXIII, avec son calendrier propre ». Telle va être promulguée « l’autorisation du souverain pontife ». Le Cardinal confirme que « la publication du motu proprio précisant cette autorisation aura lieu ». Il annonce que « le Pape lui-même expliquera personnellement (…) l’utilisation de l’ancien missel au peuple chrétien, et en particulier aux évêques ». Il a bien dit : « et en particulier aux évêques », ce sera sans doute le plus difficile. Il ne s’agit pas seulement, précise le Cardinal, d’« accéder au souhait des fidèles qui veulent assister à des messes selon ce rite », mais tout autant, ou davantage, de « ne pas perdre [un] grand patrimoine liturgique ». Donc, le « souhait des fidèles » n’est pas l’unique motif de libérer la messe traditionnelle – la libérer de l’interdiction arbitraire qu’elle subit en France depuis trente-sept ans : depuis la déplorable Ordonnance épiscopale du 12 novembre 1969. L’autre motif, beaucoup plus impérieux, est de rendre justice à la messe elle-même, et de ne pas perdre un patrimoine sacré. Dans le long et lent retour de la messe traditionnelle à partir de 1986, c’est là un pas immense qui nous est officiellement annoncé. Avec, encore, une « autorisation » et un droit « donné » plutôt que reconnu. A chaque jour suffit sa peine, sa demi-lumière, – et son cantique. JEAN MADIRAN |
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