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La pastorale obscurantiste du diocèse de Laval ira-t-elle jusqu''à faire
intervenir les forces de l''ordre ? Après Laval, Nanterre ?
La
Lettre de Paix liturgique - Numéro 63 – 15 juin 2007
►
Le scandale de Niafles aussi odieux soit-il, est particulièrement
révélateur de la haine et du peu de cas que bon nombre d''évêques
français font des fidèles de leurs diocèses attachés à la liturgie
traditionnelle de l’Eglise.
Quel est donc le problème ?
Une communauté nombreuse de fidèles (environ 250 personnes) qui vivait
sa foi paisiblement au rythme de la liturgie traditionnelle depuis plus
de 40 ans, a été chassée par l’évêque de sa propre église peu de temps
après la mort de l’ancien curé.
A la place de cette communauté priante, fervente et paisible,
Monseigneur Maillard, l’évêque du lieu, propose une église vide avec au
mieux la messe célébrée dans le nouveau rite une fois toutes les 11
semaines… Certes, Mgr Maillard a-t-il autorisé la célébration de la
messe tridentine depuis à Laval, mais cela ne règle en rien le problème
de Niafles compte tenu de la distance entre les deux endroits (plus de
40 kms). Si cette messe à Laval est en soi une bonne nouvelle pour les
lavallois, elle n’intéresse guère plus les fidèles de Niafles que ceux
du Mans, de Rennes ou de Nantes…
Le fond du problème est qu’aujourd’hui en France, en dépit de
l’existence d’une communauté importante et de la disponibilité d’un
jeune prêtre de la Fraternité Saint Pierre (qui rappelons-le, est de
droit pontifical et dont tous les prêtres sont en situation canonique
parfaitement régulière), on préfère fermer une église et déporter les
fidèles à l’autre bout du diocèse.
Tout cela, sans dialogue, sans concertation, sans amour.
Le comble du scandale, de la haine et de l’horreur étant la menace
claire de l’évêque d’envoyer les forces de l’ordre expulser les fidèles
catholiques de leur propre église !!!
Voilà la triste réalité en 2007 : un évêque censé être le Père commun du
diocèse, préfère encore la force policière au dialogue et au respect. La
matraque et les coups plutôt que le respect et la charité.
Quel contre témoignage !
Comment se dire apôtre de Jésus-Christ, fidèle du Dieu Amour et se
comporter ainsi ? Ceci n’est tout simplement pas croyable.
Il suffirait de si peu à Mgr Maillard : venir à Niafles, rencontrer ses
familles jeunes et nombreuses, ses cœurs et ses âmes ferventes qui ne
demandent rien d’autre que de pouvoir continuer – à l’instar de ce qui
se passait paisiblement depuis plus de 40 ans – à vivre leur foi au
rythme de la liturgie traditionnelle de l’Eglise en communion avec lui.
Au lieu de cette attitude chrétienne de père aimant, c’est l’invective,
la caricature, l’absence de dialogue et la menace de la force publique…
Mais où a-t-on vu en 2007, que l’on pouvait encore se permettre de ne
pas dialoguer, de ne pas se parler ? Cette situation qui serait déjà
incroyable dans la société civile est d’autant plus choquante quand elle
règne dans l’Eglise.
Mais quelle est donc cette Eglise qui ne respecte pas les fidèles ?
Quelle est cette Eglise qui ne dialogue pas, qui ne rencontre pas les
fidèles et qui les juge sans cesse, leur prêtant de fausses intentions ?
Quelle est cette Eglise qui casse ce qui existe et ce qui fonctionne ?
Quelle est cette Eglise hypocrite qui prône l’amour et qui fait régner
la haine ?
Pourquoi cette absence d’amour de la part de notre évêque ?
Pourquoi cette culture du mépris ?
Tout cela est-il conforme aux valeurs de l’Evangile ?
La lettre publique publiée ci-dessous résume bien la situation, c’est
pourquoi nous la publions in extenso :
A son Excellence Monseigneur Maillard évêque de
Laval
Excellence,
Je ne fais pas tout à fait parti de vos ouailles encore que possédant
une maison à Epineux le Seguin dans votre diocèse, j’y réside plusieurs
mois par an. Il se trouve également que je suis familialement concerné
par ce que l’on peut appeler « la crise entre les fidèles, le maire de
Niafles et l’évêque de Laval », mes deux frères ainsi qu’une de mes
filles habitant à Craon et ses environs immédiats. Je me tiens donc
régulièrement informé des divers rebondissements.
C’est comme ceci que j’ai pu lire l’interview que vous avez donnée et
qui est parue ce matin dans le journal Ouest France. Les propos
que vous formulez ne peuvent rester sans réponse pour le triomphe de la
vérité.
En laissant croire que le concile Vatican II a voulu que la liturgie
soit célébrée dans la langue usuelle, vous trompez ceux qui vous lisent,
j’ai même l’impression que le concile a demandé exactement le contraire
: « L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé
dans les rites latins ». Rites au pluriel, car l’Eglise n’a jamais été
totalitaire et ont toujours coexisté plusieurs rites dans l’Eglise
latine (Romain, Lyonnais, Ambrosien, dominicain etc.), sans compter la
multiplicité des rites catholiques orientaux. C’est au contraire l’usage
de la langue vernaculaire qui est une concession. « (…) On pourra donc
lui accorder une plus large place surtout dans les lectures et les
monitions… » (Constitution sur la liturgie La documentation
catholique 15/12/63 chap. 36).
De même pour le chant liturgique, « l’Eglise reconnaît dans le chant
grégorien le chant propre de la liturgie romaine, c’est donc lui qui,
dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs doit
occuper la première place ». (id. chap. 116)
Nous pourrions continuer plus longuement les citations sur ce sujet.
Vous dites : « durant des décennies, ces catholiques se sont constitués
en communauté » ce qui semble le propre de chaque paroisse, pour ajouter
aussitôt : « pas bien intégrée avec le diocèse de Laval », qu’en
savez-vous ? Avant le décès de l’abbé Chéhère, avez-vous rencontré des
membres de cette communauté ? Et enfin, en quoi n’ont-ils pas leur place
dans le diocèse si ce n’est que vous les rejetiez ? On peut également se
poser légitimement beaucoup de questions sur le fait d’être en communion
avec l’évêque, les catholiques, ou du moins ceux qui voulaient le rester
étaient-ils en communion avec leur évêque à Evreux du temps ou Mgr
Gaillot était à la tête du diocèse ?
L’occupation d’une église catholique par des catholiques serait pour
vous une situation anormale ? Ce serait drôle si ce n’était à pleurer.
Vous dites également « qu’ils pensent ne pas avoir été écoutés », mais,
si mes informations sont justes et elles le sont, vous avez organisé une
réunion publique non pour écouter mais seulement pour annoncer la
décision que vous aviez déjà prise : « La Messe traditionaliste (sic)
est célébrée en latin, en l’église des Cordeliers à Laval, le centre du
département. (…) Le prêtre a le dos tourné aux fidèles selon le rite de
Saint Pie V. » Pour être précis, il s’est agi jusqu’à maintenant d’une
messe traditionnelle selon le rite dominicain, et le prêtre n’y est pas
le dos tourné aux fidèles, mais avec les fidèles tournés vers le
Seigneur à qui le sacrifice est offert « Il s’agit d’une orientation
commune du prêtre et du peuple, conscients d’avancer ensemble en
procession vers le Seigneur » (cardinal Ratzinger, l’Esprit de la
liturgie). Cette messe, c’est une bonne nouvelle pour les habitants
de Laval et des environs, mais pour les habitants de Niafles et des
environs (paroisse de Craon) ? 40 km aller plus 40 km retour, souvent
avec des enfants en bas âges. Pourquoi détruire ce qui existe et qui a
déjà rapporté ses fruits ? Il y a à Niafles une communauté importante,
plus importante que les assemblées squelettiques que nous pouvons voir
ici ou là, une communauté priante dont les fidèles ne réclament que ce
que par votre charge vous devez leur donner, la possibilité de se
sanctifier dans le charisme qui est le leur, avec la liturgie
traditionnelle, ceci vous l’accordez bien à d’autres communautés
charismatiques, pourquoi pas à une communauté qui désire vivre sa foi
avec la liturgie selon le missel du Bienheureux Jean XXIII ?
Providentiellement, il y avait une solution, un jeune prêtre de la
fraternité Saint Pierre avait été réclamé par l’abbé Chéhère pour le
remplacer durant la maladie qui l’a emporté vers le Seigneur. Il était
disponible pour prendre sa succession. Vous avez refusé cette solution
pourtant la plus simple. Nous avons vraiment du mal à vous comprendre.
J’ai sous les yeux des projections sur le nombre de prêtres de moins de
55 ans dans tous les diocèses de France entre 2004 et 2014, s’il
s’agissait d’un concours, votre diocèse arriverait bon dernier passant
en 2004 de 194 à 5 en 2014 (dans 7 ans) soit une perte de 179 soit
92,27%. Pourquoi refuser un jeune prêtre bien formé et plein de zèle
apostolique ? On se perd en conjecture !
Vous dites également demander à ces fidèles un effort. En fait quand
vous dites ceci, vous êtes en contradiction totale avec la constitution
conciliaire Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse, je cite
: « de telle sorte, qu’en matière religieuse, nul ne soit forcé d’agir
contre sa conscience, ni empêché d’agir, dans de justes limites selon sa
conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres (…)
(n°2) Les groupes religieux ont aussi le droit de ne pas être empêché
d’enseigner et de manifester leur foi publiquement, de vive voix et par
écrit. » (n°4) J’ose espérer que vous ne pensez pas que ces textes
s’adressent exclusivement à nos frères séparés.
Notre Saint-Père Benoît XVI lors de son homélie de fin de conclave
stigmatisait « l’esprit du concile » il y revenait le 8 décembre 2005
pour dénoncer cette « herméneutique » de l’ouverture au monde, de la
rupture dans l’histoire de l’Eglise. Esprit du concile au nom duquel se
sont perpétués tous les abus, que ce soit dans le domaine liturgique (le
plus visible) mais aussi dans la traduction des saintes Ecritures et
dans la transmission du dogme de la Foi.
Les fidèles de Niafles récitent et chantent le credo dans son
intégralité.
Enfin, Monseigneur, vous laissez entendre que vous demanderiez à la
force publique le respect de « la loi de la république ». Nous voici
maintenant dans les heures les plus sombres de l’histoire religieuse en
France, sans remonter à la révolution et à la terreur de 1793 qui fit
périr tant de prêtres et martyrs en haine de la foi (il y en eu beaucoup
dans le diocèse de Laval et je pense particulièrement au bienheureux
Jean Turpin du Cormier et ses compagnons assassinés le 21 janvier 1794
place de la Trémoille à Laval), pour satisfaire aux « lois de la
république », il y eu également l’expulsion des ordres religieux et des
congrégations avec celle spectaculaire des moines de Solesmes le 6
novembre 1880. Je ne puis croire Monseigneur que c’est à ce type
d’action que vous avez pensé.
Croyez bien Monseigneur, que c’est avec tout le respect dû à votre
charge que je me suis adressé à vous. Ces quelques lignes n’ont eu pour
but que de défendre une cause dont les fidèles de Niafles ne sont que
les serviteurs, la grande cause de Jésus-Christ, Sauveur du Monde et
vrai Roi des cœurs et des cités.
Je prie votre excellence de croire en mon profond et religieux respect.
Pierre Le Morvan
► Après Laval, Nanterre ?
La situation de Niafles n''est pas sans nous rappeler celle du diocèse de
Nanterre où après deux années de célébrations paisibles de la messe
traditionnelle dans la belle église de Sainte-Marie des Fontenelles, le
Père Aybram, vicaire épiscopal en charge de la lettre Ecclesia dei,
envisage, sans aucune véritable concertation et sans aucun amour,
d''imposer un déplacement de cette célébration dans une autre église
particulièrement inadaptée en l''espèce.
Tout cela sans aucune justification réelle et sans dialogue...
Là aussi, face à une absence totale de réel dialogue, face à tant de
mépris, les fidèles seront-ils contraints d''occuper l''église
Sainte-Marie des Fontenelles ?
Mais peut-être l''évêque de Nanterre se montrera-t-il plus charitable que
son collègue de Laval ?
Sylvie Mimpontel
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