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Lettre 65 de Paix Liturgique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Les Actualités - Actualités de France
04-07-2007

La Lettre de Paix liturgique

Numéro 65 – 03 juillet 2007


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Très Saint-Père,
nous implorons votre secours pour que la paix liturgique s’instaure en France
 

 

 


 

Depuis plusieurs mois, certains évêques français jouent sur les peurs et agitent un torchon rouge contre la volonté du Saint-Père de donner à la liturgie traditionnelle de l’Eglise « droit de cité », non seulement dans les discours mais aussi de manière bien concrète, dans les faits.

Comportement incompréhensible pour des pasteurs de l’unité qui agissent comme si la décision annoncée du Saint-Père de publier dans les prochains jours un texte pour libéraliser la liturgie traditionnelle pouvait avoir des effets négatifs… déstabilisateurs pour l’église de France et sa pastorale.

De telles inquiétudes ne sont-elles pas outrancières et déplacées pour qui, en toute bonne foi, accepte de regarder en face l’état de banqueroute spirituelle, humaine et financière de bon nombre des diocèses de France…

Nos églises sont-elles si remplies qu’il ne soit pas possible d’en affecter à la célébration de la messe traditionnelle, qu’il ne soit pas possible de faire une toute petite place aux fidèles de cette sensibilité ? La liturgie est-elle donc célébrée actuellement de manière si uniforme et si convenable que la célébration de la messe traditionnelle ferait courir un danger pour l’unité des diocèses ? Les diocèses de France ordonnent-ils tant et tant de prêtres chaque année qu’ils n’aient nul besoin des centaines de jeunes prêtres issus des communautés traditionnelles ? La pastorale d’ensemble est-elle une telle réussite qu’il convienne de continuer à en exclure les fidèles de sensibilité traditionnelle ?

Mais dans quel monde, dans quelle Eglise, vivent ces évêques pour continuer d’affirmer de manière incantatoire, contre toutes évidences, « chez nous en France, il n’y a pas de problème liturgique, tout va bien. Il n’y a pas de demande de célébration de messes traditionnelles, d’ailleurs cela serait une entorse à la pastorale et à l’unité de l’Eglise » ?

Comment peut-on tenir encore un pareil discours mensonger et liberticide ?

Comment comprendre un tel aveuglement idéologique et doctrinaire alors que nous sommes au XXIe siècle… 18 ans après la chute du mur de Berlin !

Alors pourquoi ce terrorisme intellectuel ?
Pourquoi ces mensonges ?
Pourquoi ne pas admettre la vérité ?

Celle qu’il existe en France des centaines de milliers de fidèles et de très nombreux prêtres et séminaristes attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise, bafoués, méprisés, rejetés, manipulés et instrumentalisés par « certains » de leurs évêques ?

Nous disons « certains » car heureusement d’autres, qui sont l’honneur de la justice et de la liberté, ont depuis longtemps, agit avec bonté et générosité, appliquant gracieusement, comme l’avait souhaité le pape Jean Paul II, les mesures promulguées (déjà !) en 1988.

Mais d’autres semblent ignorer les réalités et se satisfaire des discours convenus.

L’apothéose de l’aveuglement et de la culture du mépris est atteinte quand, le 28 juin dernier, Monseigneur Le Gall, archevêque de Toulouse et ancien Père Abbé de Sainte-Anne de Kergonan, osait déclarer sur les ondes de Radio Notre Dame en parlant du Motu Proprio annoncé : « En France, nous ne souhaitions pas ce document ».

Quel mépris, quelle arrogance envers les centaines de milliers de familles de France attachées à la liturgie traditionnelle de l’Eglise dont on feint encore d’ignorer l’existence.

A Monseigneur Le Gall nous disons avec une très sereine conviction : Regardez autour de vous ! Ouvrez vos oreilles, ouvrez votre cœur, voyez les fidèles qui vous implorent !

Vous qui avez le pouvoir de mettre en œuvre les mesures d’apaisement déjà souhaitées par Jean Paul II, abolissez enfin l’apartheid liturgique qui règne dans vos diocèses.

C’est dans ce contexte « surréaliste » que s’exprime Michel De Jaeghere dont nous reproduisons un courrier publié dans Valeurs Actuelles du 29 juin.


► Lettre à un évêque inquiet

 

Par Michel De Jaeghere, journaliste, écrivain

On me dit, Monseigneur, que vous êtes inquiet. Que vous multipliez depuis un an les voyages à Rome pour faire connaître au Saint-Père votre préoccupation. Que vous avez exprimé votre angoisse dans des communiqués. Que vous vous y êtes fait le relais des protestations qui montent, dans vos paroisses, des questions que se posent les chaisières, les conseillers synodaux et les diacres mariés.


Vous êtes inquiet et vous avez vos raisons de l’être. L’Espérance est surnaturelle. Elle est, nous dit Péguy, un « désespoir surmonté ». Or, selon une enquête réalisée en octobre 2006 pour le Monde des religions, il ne reste plus que 51 % des Français à se déclarer catholiques. Ils étaient 81 % en 1986. Vous avez perdu en vingt ans près du tiers de votre troupeau. En 2000, pour la première fois, moins de la moitié des enfants nés en France ont été baptisés. Les chiffres ne peuvent donc, à vue humaine, qu’empirer.


La foi de ces catholiques a au surplus de quoi surprendre. 8 % d’entre eux ont en effet déclaré aller à la messe tous les dimanches, 9 % une ou deux fois par mois, 31 % pour les grandes fêtes ; 46 % seulement pour les événements familiaux. 6 % des catholiques n’assistent jamais au moindre office religieux ; 29 % ne prient “jamais”. 12 % ne connaissent pas par cœur le Notre Père, 19 % le Je vous salue Marie. 17 % ne croient pas à l’existence de Dieu (dont 6 % de ceux qui vont deux fois par mois à la messe) ; 30 % n’ont « pas d’opinion ». Comme disait l’un de vos confrères, vous avez « gagné en qualité ce que vous avez perdu en quantité ».


Vous êtes inquiet, Monseigneur, comme un syndic de faillite pourrait l’être. Car vous manquez cruellement de prêtres pour apporter la Bonne Nouvelle à ce peuple désabusé. Au lendemain de Vatican II, les prêtres ont abandonné le sacerdoce par milliers. Vous avez fermé les grands et les petits séminaires. Il y avait 49 100 prêtres diocésains en activité en France en 1965, il n’y en avait plus que 13 510 en 2005 ; au rythme actuel des ordinations (une centaine par an), l’Église de France pourrait ne plus compter, dans dix ans, que 4 500 prêtres de moins de 65 ans. Cette défaillance pose des problèmes incommensurables pour la transmission de la foi, le catéchisme ou la vie sacramentelle. Il y a des communes où l’on ne compte guère plus d’une messe par trimestre. Il y en a d’autres où l’on détruit les églises parce qu’elles sont désaffectées, alors que l’on construit, en France, des mosquées.


Il est vrai qu’il existe des communautés nouvelles vivaces (communautés saint Jean, de l’Emmanuel, saint Martin), et que les communautés traditionnelles sont en relative expansion (une vingtaine d’ordinations par an en France). Mais elles sont éparpillées et irriguent en réalité de petits îlots de vitalité comme les chrétiens d’Orient en pays musulman. L’avenir de la transmission la foi catholique réside dans le réseau des paroisses, et non seulement dans l’existence de communautés ferventes.


Vous êtes inquiet et vous n’êtes pas seul à l’être. Le Saint-Père multiplie les discours pour dénoncer « l’apostasie silencieuse » (le mot est de Jean Paul II) des pays de vieille chrétienté, la « dictature du relativisme » (celui-là est de Benoît XVI) qui, mieux que le communisme, est sur le point d’éradiquer le christianisme d’Europe occidentale, l’« hédonisme triomphant » qui a fait inscrire dans nos législations tant de lois contraires aux préceptes de la morale naturelle. « S’il ne se passe rien, déclarait le sociologue Marcel Gauchet dans un entretien paru en 2002, on peut dire que dans un siècle, il ne restera en Europe plus grand-chose du christianisme. » (
Chrétiens, tournez la page, Bayard).


Au moment de conclure cette lettre, je viens de relire votre communiqué, Monseigneur, et j’avais lu trop vite, je vous demande de me le pardonner. Ce dont vous êtes inquiet, j’ai du mal à le croire, c’est de la publication prochaine d’un décret qui devrait reconnaître droit de cité à la messe grégorienne (celle de saint Pie V). Vous êtes inquiet parce qu’il sera bientôt loisible aux prêtres qui le souhaitent de la célébrer comme vous l’avez célébrée vous-même, quand vous fûtes ordonné. Qu’il vous sera possible d’employer les dizaines de prêtres que vous laissez sans ministère, en exil intérieur, suspects, parce qu’ils la célèbrent. Vous êtes inquiet parce que ce geste pourrait déboucher (premier succès jamais enregistré par l’œcuménisme !) sur la réconciliation avec les fidèles entrés en dissidence après le concile parce qu’ils avaient le sentiment que l’héritage des siècles n’était plus défendu, dans l’Église, comme il le méritait. Je vous avais mal jugé, Monseigneur : je vous avais pris pour un père.


Michel De Jaeghere vient de diriger la publication d’un ouvrage collectif : “Le christianisme va-t-il disparaître ?”, éditions Renaissance catholique, 368 pages, 24 e. http://www.renaissancecatholique.org/

 

 

 

► Les commentaires de Paix Liturgique



- Comment ne pas approuver ces propos tenus par Michel De Jaeghere !

Mais ajoutons :

- Comment Monseigneur Le Gall peut-il sérieusement affirmer, dans les colonnes de La Croix en date du 13 octobre 2006, « En France, nous avons fait un grand travail de formation en matière de liturgie. Et même s’il reste encore beaucoup à faire, nous n’en sommes plus aux errements des années 1970 ! Je pense que notre pays, plus que d’autres, a trouvé un équilibre en la matière », alors que des centaines de milliers de fidèles souhaitent, sans en avoir la possibilité matérielle, vivre leur foi catholique au rythme de la liturgie traditionnelle (Voir sondage IPSOS de novembre 2006).

- Le sondage effectué ce week-end par le Figaro auprès de 12000 personnes le confirme : 66 % des personnes – c’est-à-dire les 2/3 des votants – sont favorables à cette libéralisation ! (Voir www.lefigaro.fr).

- Et face à cela, face à cette forte demande, que font nos pasteurs ?

- Que fait Monseigneur Daucourt évêque de Nanterre qui charge son exécuteur le « père » Yvon Aybram d’anéantir la naissance d’une nouvelle communauté jeune et dynamique à Nanterre ? ( Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir )

- Que fait Monseigneur James, évêque de Beauvais qui malgré une année d’expérience satisfaisante bride sur les conseils du père Hublier l’heureux épanouissement de la jeune pousse traditionnelle de Beauvais ?http://sanctuslucianus.googlepages.com/


- Que fait Monseigneur Maillard, évêque de Laval qui n’accepte la mise en place d’une messe dans son diocèse qu’après avoir tenté par tous les moyens d’étouffer la postérité spirituelle de l’abbé Chéhère (Voir l’affaire de Niafles http://soleil151.free.fr/niafles/index.htm)

- Pourquoi dans le diocèse d’Annecy laisse-t-on par exemple un prêtre zélé sans réel ministère dans sa bergerie alors que des dizaines de familles souhaiteraient pouvoir assister officiellement à Annecy même, chaque dimanche, à la liturgie traditionnelle ?

- Pourquoi d’une manière incantatoire nous répète-t-on le contraire de ce que demain va nous dire le Motu Proprio en refusant les baptêmes, les confirmations ou les funérailles dans le rite traditionnel.

Voila pourquoi nous implorons le Saint-Père de publier au plus vite un document qui clarifiera les esprits et établira, nous n’en doutons pas, la paix dans les esprits de millions de fidèles et de milliers de prêtres.
 

 
Sylvie Mimpontel

 
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