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| Pour nous préparer au 14 septembre 2007 (I) et (II) |
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| Revue de Presse - Présent | |
| 24-08-2007 | |
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Quelques distinctions et nuances utiles… pour nous préparer au 14 septembre 2007
Pendant 38 ans, des réfractaires, prêtres et laïcs, ont gardé vivante une messe interdite depuis 1969 par la hiérarchie ecclésiastique. Les réfractaires ont soutenu deux contestations, soit séparées soit conjointes, mais qu’il importe de distinguer pour ne pas confondre, si l’on veut comprendre où nous allons. Quand Paul VI promulgue sa messe nouvelle, le 3 avril 1969, il n’apparaît pas clairement, tout d’abord, si elle est destinée à cohabiter avec la messe traditionnelle ou bien à la supprimer. Cela restera une question discutée, et incertaine, jusqu’en novembre. Si bien que la contestation qui a été chronologiquement la première est celle qui critique publiquement la structure, les formules et l’esprit de la messe nouvelle. Ce fut principalement le Bref examen présenté à Paul VI par les cardinaux Ottaviani et Bacci, estimant que cette messe « s‘éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique » ; et ce fut la Déclaration du P. Calmel, assurant que ce nouveau missel, tel qu’il était rédigé, allait ouvrir les portes à une liturgie évolutive, dont la prolifération permanente deviendrait très rapidement incontrôlable. Cette première contestation fut en outre accompagnée, suivie, développée par plusieurs travaux et ouvrages de laïcs, dont le livre de Louis Salleron intitulé La nouvelle messe. Le 12 novembre 1969, une ordonnance de l‘épiscopat français, devançant et aggravant les décisions pontificales, rendait obligatoire, et obligatoirement en langue française, à partir du 1er janvier 1970, la messe nouvelle de Paul VI. Une telle obligation impliquait donc l’interdiction non seulement de la messe traditionnelle, mais de tout latin liturgique. Les réfractaires y répondirent par une seconde contestation, déclarant qu’un tel interdit était illégitime, juridiquement et moralement inexistant. A partir de 1978, l’hostilité destructrice commença imperceptiblement à diminuer. La volonté d’interdire devenait peu à peu moins unanime dans la hiérarchie ecclésiastique. Ici ou là, la messe « ancienne » bénéficiait de quelques tolérances, voire de quelques autorisations. Mais c‘était le régime de l’autorisation préalable. Même largement accordée, ce qui fut rarement le cas, l’autorisation n‘était qu’une dérogation particulière ; elle impliquait le maintien en vigueur de l’interdiction. C’est pourquoi cette seconde contestation a été prolongée et réitérée jusqu’au 7 juillet 2007. Contester l’interdit relevait du sens commun. La coutume a force de loi. Elle ne peut être corrigée que dans ses exagérations, dérives ou pollutions éventuelles. Elle ne peut être supprimée que si elle est entièrement ou globalement mauvaise : hypothèse insoutenable pour la messe célébrée pendant des siècles et des siècles par les saints, par les papes, par les docteurs, par les confesseurs. Pourtant la volonté personnelle de Paul VI a bien été de la supprimer. Il serait à la fois imprudent et injuste de vouloir le dissimuler. Dans son allocution consistoriale du 24 mai 1976, il avait clairement précisé que la messe traditionnelle n‘était plus permise qu’« aux prêtres âgés ou malades célébrant sans assistance de fidèles », et que le nouveau missel avait été « promulgué pour prendre la place de l’ancien » ; à quoi il exigeait « une prompte soumission au nom de l’autorité suprême qui nous vient du Christ ». C'était un abus de pouvoir. Cette interdiction a vécu. Reste l’autre contestation, portant sur la nouvelle messe en elle-même. A demain. JEAN MADIRAN Article extrait du n° 6405 de Présent, du Jeudi 23 août 2007, p.1
Quelques distinctions et nuances utiles (II) our nous préparer au 14 septembre
La contestation de principe élevée pendant trente-huit ans contre l’abusive interdiction de la messe traditionnelle n’est donc plus nécessaire depuis le Motu proprio du 7 juillet, qui va entrer en vigueur le 14 septembre. Il y aura sans doute des difficultés d’application dans les diocèses les plus hostiles : c’est une autre question, qui n’est plus de principe et de droit, mais tout entière maintenant de mise en œuvre pratique. Il y a l’autre contestation de principe. Elle concerne l’autre messe, qui désormais n’est plus que facultative. A son sujet, des critiques sévères ont été formulées, dès son apparition en 1969-1970, par le cardinal Ottaviani, le Père Calmel, les abbés Georges de Nantes et Raymond Dulac, et par Mgr Marcel Lefebvre à partir de 1971. Ces critiques contestaient que l’on puisse oser présenter la messe « nouvelle » comme très supérieure à l’« ancienne », comme beaucoup plus belle et comme mieux adaptée à séduire la modernité ! En outre, elles dénonçaient dans ses insuffisances un danger pour la foi. Il n’apparaît pas que ces objections aient été levées ou réfutées. Le P. Calmel estimait que la messe de Paul VI n‘était pas une création stable, mais qu’au contraire elle allait ouvrir les portes à une incontrôlable prolifération de fantaisies évolutives et révolutionnaires : ce qui est arrivé. Il ne semble pas que l’on ait depuis lors réussi à fermer ces portes. On aimerait qu’au lieu de soutenir la messe nouvelle par l‘éternel argument d’autorité, asséné sans explication, il y ait de vraies compétences théologiques et liturgiques qui fassent le point de la situation actuelle. Peut-être est-il trop tôt, les adjonctions, améliorations et corrections apportées à la messe de Paul VI n’en étant encore qu‘à leur tout début. Ce que voit le simple laïc, c’est le célébrant toujours en représentation, tourné vers l’assistance au lieu de l‘être vers Dieu, et multipliant les bavardages de son cru ; ce sont ces églises paroissiales où, par le resserrement des bancs, on a rendu physiquement impossible de s’agenouiller ; c’est la communion toujours distribuée par n’importe qui, reçue debout et dans la main. Il n’est pas besoin d’une grande compétence liturgique ou théologique pour ne pas vouloir y participer. Bien sûr, on voit aussi que quelque chose a tout de même heureusement commencé à bouger dans plusieurs diocèses, sous l’influence d’une génération de jeunes prêtres en recherche de davantage de solidité et de sacré ; et aussi dans le souvenir des critiques que le cardinal Ratzinger adressait aux divagations liturgiques. On constate une tendance à supprimer maintenant, dans les cérémonies, les gesticulations déplacées. Un état d’esprit favorable à la ratzingérienne « réforme de la réforme liturgique » se développe dans une partie de la hiérarchie. Cependant il ne paraît pas possible d’anticiper sur les résultats escomptés de cette réforme de la réforme, et de faire comme si les inconvénients de la messe de Paul VI n’existaient plus. Il est facile de comprendre quel peut être l’embarras, voire le mécontentement, d‘évêques qui s‘étaient engagés à fond, en toute sincérité, dans le rejet absolu des liturgies, des catéchismes et des exégèses antéconciliaires. Mais il y a eu aussi l’action d’un parti subversif, manipulateur et dominateur, bizarrement haineux, installé in sinu gremioque Ecclesiae. Et il l’est toujours. JEAN MADIRAN Article extrait du n° 6406 de Présent, du Vendredi 24 août 2007, p.1 |
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