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Pour nous préparer au 14 septembre 2007 (III) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Revue de Presse - Présent
25-08-2007

Distinctions et nuances (III)   Quelque chose comme un parti dans l’Eglise

La libération de la messe traditionnelle, programmée pour le 14 septembre prochain, a été longuement retardée par une sorte de parti ecclésiastique solidement implanté dans la curie romaine et dans le noyau dirigeant de notre conférence épiscopale. Il n’a probablement pas dit son dernier mot.

puce_carreBenoît XVI a donné des explications qui ne sont pas sans portée historique dans son Motu proprio du 07-07-07 et dans la Lettre aux évêques qui l’accompagnait.

Elles sont venues confirmer, éclairer et préciser ce qui commençait à apparaître lorsqu’on s’efforçait de mettre en perspective les péripéties traversées pour parvenir à libérer la messe traditionnelle.

puce_carreJean-Paul II n‘était pas obsédé par les problèmes liturgiques, c’est le moins qu’on en puisse dire. Mais il avait reçu sans tarder Mgr Lefebvre en audience privée, il avait dès 1980 ordonné une enquête officielle sur le sujet, et quatre ans plus tard sa décision était annoncée : tout simplement, consentir sans faire de chichis la messe traditionnelle à tous ceux qui le demandaient.

Il a fallu vingt-sept années pour y arriver.

puce_carreL’enquête de 1980, menée auprès des évêques par la congrégation du culte que présidait le cardinal Knox, avait audacieusement conclu qu’il n’existait plus aucun problème concernant la messe traditionnelle, pratiquement disparue et oubliée.

puce_carreQuatre ans plus tard (quattuor abhinc annos) Jean-Paul II ne cache plus qu’il a été trompé, que « le problème subsiste », il entend associer les évêques à sa solution, il leur donne par décret la faculté de consentir la messe traditionnelle aux prêtres et aux fidèles qui en font la demande.

La plupart des évêques veulent comprendre que par la circulaire Quattuor abhinc annos le Pape leur donne mission non pas de consentir mais de refuser. Ils sont incités à une telle interprétation par le fait que le cardinal Knox a introduit dans Quattuor abhinc annos une cascade de réglementations inapplicables, jusqu‘à la plus rocambolesque, qui exige que les célébrations éventuelles soient strictement fermées, comme des célébrations maçonniques.

puce_carreEn 1988, mais cette fois au milieu de circonstances dramatiques, Jean-Paul II réitère aux évêques, dans Ecclesia Dei, la requête de consentir la messe traditionnelle avec « la plus large générosité ». Le résultat sera aussi décevant qu’en 1984. Benoît XVI le constate officiellement en 2007, et pour cette raison règle directement lui-même l’affaire avec les curés de paroisse, en passant par-dessus la tête des conférences épiscopales.

puce_carrePour pouvoir s’y opposer aussi longtemps, il a fallu à l’intérieur de l’Eglise un réseau anciennement constitué, animé par une idéologie politico-religieuse issue du modernisme et de la démocratie-chrétienne sillonniste. A partir de ce réseau s‘était formé, dans les dernières années du pontificat de Pie XII, un parti que l’on peut en l’occurrence appeler le parti montinien. Il s‘était mobilisé pour porter son éponyme au souverain pontificat. Durant les quinze années du pontificat de Paul VI (1963-1978), des montiniens triomphants furent installés un peu partout : au sein du collège cardinalice, aux postes clés de la curie romaine, dans le noyau dirigeant des conférences épiscopales. En 1978 Jean-Paul II avait trouvé le Vatican et l’Eglise dans un état fort avancé d’autodestruction, et il s‘était aussitôt entouré de compatriotes polonais, ne sachant pas au juste sur qui compter et de qui se méfier au sein de la curie. Et sous son règne nous ne comprenions pas pourquoi il semblait tellement tergiverser sur la messe. Sans doute pensait-il qu’il convenait d‘éviter ce qui aurait risqué de casser la baraque.

JEAN MADIRAN

 
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