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Le chœur des moines de l’abbaye
Notre-Dame de Fontgombault vient d’enregistrer un beau disque en l’honneur de
la Très Saint Vierge dont le « 1 » qui suit le titre nous laisse
supposer qu’il aura une suite…
L’enregistrement comporte trois
parties :
- La première est la messe du Commun des fêtes de la
Bienheureuse Vierge Marie, les cinq pièces du propre de la célèbre messe
« Salve sancta Parens »,
le kyriale X « Alme Pater »,
et le Credo III. Peu d’originalité dans le choix
et ma discothèque s’enrichira ainsi d’une 24e version de
l’offertoire Ave María de cette messe !
- La deuxième partie est en revanche plus
intéressante avec l’office des IIe Vêpres. Les quatre antiennes
que compte le rit monastique sont encadrées, comme il se doit, d’un psaume
(109 – 112 – 121 et 126). Et deux des antiennes n’avaient pas, à ma
connaissance, reçu les faveurs d’un enregistrement. L’antienne du
Magnificat et le cantique évangélique complet sont aussi les bienvenus.
- La troisième et dernière partie est intitulée
« Florilège marial ». Elle est très variée : on y entendra
les quatre antiennes mariales des Complies dans leur ton simple ou le très
connu introït du IVe dimanche de l’Avant « Roráte » qui est aussi chanté
à la messe de la Sainte Vierge pendant l’Avent (et le graduel et
l’alléluia enregistrés ici son beaucoup moins connus).
Le disque nous livre deux répons
de procession :
- Salve
virginále que l’on trouve aisément dans le « Processionale monasticum » et même dans le fameux « Besnier ».
- Mais surtout le rare Hortus conclusus, une petite perle
que les moines libèrent et dont nous leur savons gré. Téléchargez-le ici sur notre site et dégustez-le sans modération !
Le livret est soigné. Il offre la
plupart des partitions, les traductions en trois langues. C’est sans doute
nécessaire pour atteindre un auditorat international mais cela alourdit
l’édition (32 pages). Je garde une certaine nostalgie de ces commentaires sur
l’origine de la pièce, sur sa dimension spirituelle, sur quelques aspects plus
techniques comme on les trouvait autrefois rédigés entre autre, par Dom Gajard.
Le maître de chœur de Solesmes n’est certes pas oublié dans cette présente
pochette car il signe l’introduction, extraite de l’ouvrage « Notre-Dame
et l’art grégorien ». Elle est à lire et à relire.
Quelques mots d’ordre technique sur
l’enregistrement. L’image stéréo est bonne, l’écoute agréable. Les puristes –
casqués ! – détecteront un souffle
important.
Le niveau de saturation est
limite, mais jamais atteint. La réverbération est forte, mais naturelle car
nous sommes sans doute en l’abbaye (le lieu précis et la date de
l’enregistrement ne sont hélas pas
précisés).
L’interprétation est de toute
beauté. Elle nous conduit tout droit à la prière, et c’est bien là le propre du
chant grégorien. La prononciation est irréprochable, les fins de mots sont
idéalement retenues.
Les chantres bénédictins
n’ignorent peut-être pas les dernières découvertes de la sémiologie mais, à
notre plus grand plaisir, le feignent. Ne cherchez nulle référence aux
notations de Laon ou de Saint Gall ! Certains critiques leur
reprocheraient de se limiter aux notes carrées ! Et c’est bien ainsi…
Je ne puis que vous souhaiter la
même joie profonde et recueillie que m’a procurée l’écoute de ce
disque-compact.
Patrick Banken
* Édité en
2007 par Art et Musique. Réf. 107/30 701. Environ 21€, franco de port.
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