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Histoire de la Messe Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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26-01-2008

jeanmadiran.jpgJean MADIRAN, Histoire de la Messe interdite, fascicule 1, Éditions Via Romana (5 rue du Mal Joffre, 78000 Versailles), 2007, 122 pages, 17 Euros.

  

Cette messe interdite, c'est désormais de l'Histoire, depuis le Motu  proprio du 7 juillet 2007. Toujours sur la brèche, Madiran a donc entrepris de rappeler les principales péripéties de la bataille. Ce premier fascicule court d'octobre 1962 (et non 1961 comme il est écrit page 16) à novembre 1976 (lettre de Mgr Benelli à Eric de Saventhem).

   

Une large place est faite aux combats de Cristina Campo (pseudonyme de Vittoria Guerrini) à Rome, aux pétitions, communiqués épiscopaux, mais aussi à notre Association, évidemment. A ce propos, précisons qu'Una Voce, avant d'être une Fédération internationale, a été créée en Norvège et en France dès 1964. C'est un témoignage irrécusable qu'un an après l'adoption de la Constitution conciliaire sur la Liturgie (4 décembre 1963) la confiance ne régnait plus, ce texte était partout bafoué quant à l'usage de la langue latine et au chant propre de l'Église romaine. Rappelons aussi que la présidence du compositeur Henri Sauguet (venu d'Aquitaine comme Madiran...) donna une aura particulière à la section française d'Una Voce pendant près de vingt ans.

  

La réaction du 21 octobre 1969 d'Una Voce France aux "déclarations faites à Rome par quelques personnes" qui contestaient le nouvel Ordo mériterait d'être expliquée. Nous estimions qu'il était peu opportun d'attaquer frontalement les innovations décidées par le pape Paul VI, cela ne pouvant qu'inciter les innovateurs à faire passer le rouleau compresseur institutionnel sur la messe tridentine. En revanche, nous votâmes la modification des statuts de la Fédération internationale Una Voce en 1971, pour y introduire parmi les objectifs "le maintien de la messe romaine codifiée par saint Pie V (...) comme l'une des formes de la célébration eucharistique".

  

Il n'est peut-être pas exact de dire que l'ordonnance du 12 novembre 1969 (signée Marty pour la Conférence épiscopale française) "décide qu'on devra utiliser uniquement" la langue vernaculaire. L'article 2 était certes particulièrement vicieux ("On se servira des traductions approuvées..."), mais de 1969 à 1974 j'ai toujours pu faire célébrer en latin le Canon romain (version 1969) par des prêtres pusillanimes qui n'auraient pour rien au monde contrevenu à une ordonnance. Au printemps 1975, ce fut aussi la forme adoptée par Mgr Kervéadou dans sa cathédrale de Tréguier pour le congrès national d'Una Voce France.

  

 Quoi qu'il en soit, ce fascicule 1 est bondé d'anecdotes savoureuses (Tito  Casini répondant en latin à Paul VI célébrant en italien !) et de textes étonnants, aussi étonnants que les noms au bas des pétitions : Yehudi Menuhim, Roger Caillois, Agatha Christie... Il fait désirer ardemment le second fascicule.

  

Benoît Le Roux

 
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