Dix-neuvième dimanche après la Pentecôte

Dimanche 20 octobre 2019
XIXe  DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE
Vert – 2e classe

emission_radio_pent19maitreprodiguefestinclermont

Le Musée d’Art René Quilliot – Place Louis Deteix à Clermont-Ferrand est un superbe musée, très lumineux, installé à l’emplacement de l’ancien couvent des Ursulines (XVIIe-XVIIIe s.), dont quelques éléments d’architecture ont été intelligemment intégrés dans le nouveau bâtiment.

Le Maître du Fils Prodigue (peintre flamand anonyme du milieu XVIe s.) : La Parabole du Festin. Plusieurs scènes, d’après un texte de saint Matthieu, regroupées sur le même panneau. La partie droite est consacrée aux préparatifs du repas (décor de ruines). La partie gauche est consacrée aux jugements du roi, incendie, accueil des « élus », condamnation du « mal vêtu »

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster

– Cliquez sur Sancta Missa si vous ne disposez pas de livre de chants.

– Écoutez la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit triangle du curseur ci-dessous. Une bonne façon de préparer les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et vocalement !

Bonne écoute ! Ut in ómnibus glorificétur Deus…

Voici la question de la semaine : Nous faisons parfois appel à de doctes commentateurs pour nous aider et enrichir ces émissions. Quel est celui de cette semaine, dans quelle pièce et où avons-nous puisé son texte ?
Si vous n’êtes pas abonné à notre revue, communiquez-nous cette réponse à rf.ec1571460092ovanu1571460092@ecna1571460092rf-ec1571460092ovanu1571460092 en donnant vos adresse et téléphone et vous gagnerez six mois d’abonnement à notre publication.


Introït : Salus populi

Les chants du propre de la messe du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte sont tous tirés des psaumes, à l’exception cette fois de l’Introït, qui est d’ailleurs assez exceptionnel.
C’est le seul Introït de tous les dimanches de l’année dont le texte ne soit pas strictement scripturaire, bien qu’on trouve des textes voisins en de nombreux passages de la Sainte Écriture.  Ensuite, c’est un des rares Introïts (il n’y en a que deux ou trois) où c’est Dieu qui parle ; la plupart des autres étant des prières que nous adressons au Seigneur ou des affirmations de notre adoration ou de notre confiance.

Salus populi ego sum, dicit Dominus : de quacumque tribulatione clamaverint ad me, exaudiam eos : et ero illorum Dominus in perpetuum.
Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur. De quelque détresse qu’ils crient vers Moi, je les exaucerai, et Je serai pour eux le Seigneur à jamais.

On voit que Dieu parle ici en des termes très consolants et très encourageants pour le peuple élu et à travers lui pour nous tous qui en sommes les héritiers, nous incitant à une prière confiante, quelles que soient les épreuves que nous avons à traverser. En ces derniers dimanches de l’année liturgique, marqués par l’approche de la fin du monde qui sera un temps d’épreuves (nous nous en apercevons déjà), Il nous invite à la patience et à la persévérance finale. La mélodie de cet Introït est très douce. Le Seigneur nous parle ici avec la tendresse d’un père pour ses enfants. Cependant la deuxième phrase, très affirmative, a davantage de mouvement avec trois cadences qui se répètent pleines d’assurance. On retrouve la douceur dans la dernière phrase avec la calme descente de Dominus et la belle montée contemplative de in perpetuum. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 77, dans lequel le psalmiste raconte au peuple d’Israël toutes les merveilles que le Seigneur a accomplies en sa faveur, malgré ses infidélités :

Attendite popule meus legem meam : inclinate aurem vestram in verba oris mei.
Mon peuple, soyez attentif à mon enseignement, Tendez l’oreille aux paroles de ma bouche.

Graduel : Dirigatur

Le texte du Graduel du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 140, prière suppliante de David entouré d’ennemis et levant les mains vers le ciel pour supplier le Seigneur.

Dirigatur oratio mea sicut incensum in conspectu tuo, Domine.
Elevatio manuum mearum sacrificium vespertinum.
Que ma prière monte comme l’encens en votre présence, Seigneur, et que mes mains de lèvent comme un sacrifice du soir.

Le sacrifice du soir chez les hébreux était précisément le sacrifice de l’encens, dont la fumée s’élevant vers le ciel est une belle image de notre prière montant vers Dieu. Comme David et comme le prêtre à l’autel, nous pouvons répéter ces paroles exprimant l’intensité des demandes que nous adressons à Dieu. La mélodie très expressive évoque bien cette prière qui monte vers Dieu comme la fumée de l’encens, par une grande montée progressive culminant sur l’accent du mot incensum planant dans les hauteurs, puis elle redescend calmement s’abaissant en une profonde adoration sur le mot Domine. La deuxième partie comprend encore deux grandes montées à l’aigu souples et élégantes, puis la dernière phrase évoque le sacrifice du soir de façon plus grave et paisible quoique suppliante.

emission_radio_pent19siteintroibo

Alléluia : Confitemini

Nous retrouvons dans l’Alléluia du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte le premier verset d’un psaume, comme pour presque tous les Alléluias de ce temps liturgique avec quelques exceptions comme celui de dimanche dernier. Et nous retrouvons également comme pour la plupart de ces Alléluias un chant de louange et d’acclamation au Seigneur pour sa bonté et sa toute puissance. C’est ici le début du psaume 104, grand cantique d’action de grâces, reprenant tous les bienfaits dont le Seigneur a comblé son peuple tout au long de son histoire.

Confitemini Domino, et invocate nomen ejus : annuntiate inter gentes opera ejus.
Célébrez le Seigneur et louez son nom, Annoncez ses œuvres parmi les nations.

La mélodie de l’Alléluia courte et ramassée se termine par une grande montée à l’aigu très enthousiaste. Le verset léger, joyeux et plein d’allant se conclut également par cette finale.

emission_radio_pent19nadal

Offertoire : Si ambulavero

Le texte de l’Offertoire du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 137, chant d’action de grâces de David, exprimant sa reconnaissance au Seigneur qui l’a toujours protégé.

Si ambulavero in medio tribulationis, vivificabis me, Domine : et super iram inimicorum meorum extendes manum tuam, et salvum me fecit dextera tua.
Même si je m’avance au milieu des dangers, vous me gardez en vie, Seigneur. Vous étendez la main au-dessus de mes ennemis en fureur et votre droite me sauve.

C’est une prière magnifique, pleine de reconnaissance et de confiance, avec la belle image de la main du Seigneur étendue au-dessus de nous pour nous protéger. Nous l’invoquons en cette fin d’année liturgique, tournée vers la fin des temps, pour nous préparer à affronter le jugement dernier. La mélodie très développée est d’un bout à l’autre très affirmative et pleine d’assurance. On retrouve à la troisième phrase sur les mots extendes manum tuam une mélodie de l’Offertoire Angelus Domini du dimanche de Quasimodo. Elle décrivait alors l’ange du Seigneur descendant du ciel pour annoncer la Résurrection ; ses belles courbes très élégantes évoquent maintenant la protection qui nous vient aussi du ciel. Enfin on remarquera pour finir les longues tenues répétées représentant la droite du Seigneur étendue au-dessus de nous.

emission_radio_pent19domlefebvre

Communion : Tu mandasti

L’antienne de Communion du dix-neuvième dimanche après la Pentecôte, comme celle des deux dimanches suivants, est tirée du psaume 118, souvent utilisé dans la liturgie et particulièrement à cette période de l’année. C’était déjà celui de l’Introït du dix-septième dimanche, il y a deux semaines. On sait qu’il est le plus long du psautier, entièrement consacré à une méditation prolongée sur la loi de Dieu, sa volonté et le bonheur que l’on éprouve à s’y soumettre. Cette loi divine y est désignée par une dizaine de substantifs, à peu près synonymes, qui reviennent presque sans exception dans chacun des 176 versets du psaume, et que l’on peut traduire par loi, enseignement, commandement, ordonnance, précepte, etc. L’antienne d’aujourd’hui est prise dans les premiers versets du psaume :

Tu mandasti mandata tua custodiri nimis : utinam dirigantur viæ meæ, ad custodiendas justificationes tuas.
Vous avez commandé d’observer totalement vos commandements. Faites que mes voies soient dirigées vers l’observation de vos préceptes.

En ces jours où nous méditons sur la fin des temps, ou tout au moins sur la fin de notre vie, qui approche, quel que soit notre âge, nous prions pour que notre conduite demeure jusqu’au bout fidèle à la volonté divine. La mélodie de cette antienne est simple et légère, pleine de délicatesse avec des accents bien soulignés. Elle se fait plus suppliante dans la deuxième phrase, se terminant par un balancement répété autour des mêmes notes qui reviennent avec une insistance de plus en plus marquée.

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion. C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…

Notre Dame du Mont-Carmel (16 juillet)

Notre Dame du Mont-Carmel, œuvre baroque d’Antoine Duparc à Beniaján (Espagne)

Mardi 16 juillet 2019
BEATÆ MARIÆ VIRGINIS DE MONTE CARMELO
Notre Dame du Mont-Carmel

Cette commémoraison fut instituée par les Carmes vers 1380.
Sixte-Quint approuva la fête pour tout l’ordre du Carmel en 1578. Elle s’étendit aux États espagnol, autrichien et portugais au XVIIe siècle.
Benoît XIII l’inscrivit au calendrier romain en 1726 comme double-majeur. Jean XXIII la réduisit au rang de simple commémoraison en 1960.

Notre Dame du Mont-Carmel et des saints du Carmel (Simon Stock, Ange de Jérusalem, Marie-Madeleine de Pazzi, Thérèse d’Avila) par Pietro Novelli (1641)

 

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster…  

– Le site Sancta Missa n’offre hélas pas les partitions de cette messe.
Vous pourrez télécharger un missel ICI.

– Écoutez la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous. Une bonne façon de préparer les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et vocalement !

Bonne écoute ! Ut in ómnibus glorificétur Deus…

Wikipédia offre à ceux qui voudraient en connaître plus sur Notre Dame du Mont-Carmel un excellent article.

► Nous n’avons à notre disposition aucun enregistrement de l’alléluia de cette fête Per te, Dei génitrix. 

L’Ascension de Notre-Seigneur

emission_radio_ascension5Jeudi 30 mai 2019
In Ascensione Domini – I classis
L’Ascension de Notre-Seigneur – 1re classe
Blanc – Fête d’obligation

Pendant les quarante jours qui suivirent sa Résurrection, le Sauveur posa les fondements de son Église à laquelle il allait bientôt envoyer l’Esprit-Saint. L’Épître et l’Évangile de ce jour résument tous ces enseignements du Maître. Puis Jésus quitta cette terre et l’Introït, l’Oraison, l’Épître, l’Alléluia, l’Évangile, l’Offertoire, la Secrète, la Préface et la Communion célèbrent sa glorieuse élévation au ciel, où les âmes qu’il a délivrées des limbes lui font escorte (All.), et entrent à sa suite dans le céleste royaume où elles participent plus amplement à sa divinité (Préf.)

L’Ascension nous prêche le devoir d’élever nos cœurs vers Dieu. Aussi l’Oraison nous fait-elle demander d’habiter en esprit avec Jésus dans les régions célestes, où nous sommes appelés à habiter un jour corporellement.

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster

– Allez sur le site Sancta Missa si vous ne disposez pas de livre de chants.

 – Vous pouvez accéder, à la fin de cette page, au lien qui vous permettra d’obtenir la partition du psaume de communion que nous vous recommandons d’interpréter en alternance avec l’antienne.

– Écoutez la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous. Une bonne façon de préparer les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et vocalement !
Bonne écoute !
Ut in ómnibus glorificétur Deus…

*****

Tous les chants du propre de la fête de l’Ascension, l’Introït, les deux Alléluias, l’Offertoire et la Communion ont un point commun : ils contiennent tous le verbe ascéndere, monter, d’où vient le nom de la fête.

Introït : Viri Galilæi

Le texte de l’Introït est tiré du livre des Actes des Apôtres, dans le récit de l’Ascension. Ce sont les paroles que les anges adressèrent aux apôtres après que le Christ se fut dérobé à leurs regards :

Viri Galilæi, quid admiramini aspicientes in cælum ? Quemadmodum vidistis eum ascendentem in cælum, ita veniet.

Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous stupéfaits à regarder le ciel ? Comme vous l’avez vu monter au ciel, ainsi il reviendra.

Dans le texte des Actes, Jésus est explicitement nommé. Ici il est seulement désigné par un pronom. Autre différence, le texte original dit quid statis ? Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? La liturgie a remplacé statis par admiramini, introduisant une nuance d’étonnement et même de stupéfaction. Les apôtres n’ont toujours pas compris ce qui se passait. Il faudra la descente du Saint Esprit dans dix jours pour les éclairer. Les Anges semblent s’adresser à eux avec une certaine condescendance pleine de gentillesse que la mélodie exprime d’une manière légère et assez calme. La deuxième phrase tourne autour des mêmes notes tout en progressant vers les mots ita veniet, il reviendra. Et après cette promesse pleine d’espérance le premier des trois Alléluias de la fin s’élève dans une belle envolée très joyeuse avant la paisible cadence finale.

Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 46, qui est par excellence le psaume de l’Ascension, principalement à cause du verset que nous trouverons au premier Alléluia et à l’Offertoire :

 Omnes gentes plaudite manibus, jubilate Deo in voce exsultationis.

 Tous les peuples battez des mains, poussez des cris de joie pour Dieu.

emission_radio_ascension1

Alléluia : Ascendit Deus

Les Alléluias de la fête de l’Ascension ne ressemblent pas à ceux des dimanches du temps pascal, dont nous avons constaté que le deuxième était plus long que le premier avec une mélodie très développée et un texte tiré du Nouveau Testament, le plus souvent de l’Évangile. Les textes de ceux-ci sont tous deux tirés des psaumes, et leurs mélodies sont toutes deux des mélodies types, que l’on retrouve dans un certain nombre d’Alléluias tout au long de l’année, et qui sont donc assez connues.

Le premier de ces deux Alléluias a pour texte le verset du psaume 46 qui en fait le psaume de l’Ascension par excellence :

Ascendit Deus in jubilatione, et Dominus in voce tubæ.

Dieu monte parmi les cris de joie, le Seigneur, au son de la trompette.

 Il s’agit dans le psaume de l’arche d’alliance, présence symbolique de Dieu au milieu de son peuple, qui monte sur la montagne de Sion pour entrer triomphalement dans le temple, figure du ciel. En ce jour de l’Ascension le fils de Dieu monte directement au ciel où il fait une entrée triomphale, mais il n’y a plus sur la terre ni acclamations ni trompette, seulement le silence un peu hébété des disciples. C’est pourquoi la mélodie de cet Alléluia, que nous avons déjà entendue au troisième dimanche de l’Avent ou au deuxième dimanche après l’Épiphanie, n’est pas triomphante mais douce et contemplative, traduisant ainsi l’ambiance un peu mélancolique de la séparation plutôt que la joie extérieure de ce qui n’en était que la figure.

emission_radio_ascension4

Alléluia : Dominus in Sina

Dans le deuxième Alléluia de la fête de l’Ascension nous trouvons un autre psaume triomphal d’action de grâces après une grande victoire, le psaume 67, qui raconte l’entrée du peuple d’Israël dans la terre promise avec l’arche d’alliance à sa tête, depuis le Sinaï où lui fut donnée la Loi, jusqu’à la montagne de Sion, où sera bâti le temple de Jérusalem et où nous voyons de nouveau l’arche monter. Sur le chemin de nombreux ennemis ont été vaincus, aussi le peuple emmène-t-il une troupe de prisonniers avec lui ; ainsi le Christ monte-t-il aujourd’hui au ciel entraînant à sa suite les hommes qu’il a rachetés de la captivité du péché.

Dominus in Sina in sancto, ascendens in altum captivam duxit captivitatem.

 Ce texte n’est pas très facile à traduire. Il semble qu’il faudrait lire a Sina plutôt que in Sina ce qui donnerait littéralement :

 Le Seigneur s’avance depuis le Sinaï, il monte dans le lieu saint sur la hauteur emmenant les captifs.

La mélodie est encore une mélodie type, celle de la messe de minuit de Noël, mais aussi du premier dimanche de l’Avent ou du troisième dimanche après l’Épiphanie. Elle est très joyeuse ; ici nulle trace de mélancolie. Nous pensons au ciel où, si nous sommes fidèles, nous monterons à notre tour, délivrés de la captivité du péché.

emission_radio_ascension3

Offertoire : Ascendit Deus

Le texte de l’Offertoire de la fête de l’Ascension est le même que celui du premier Alléluia. C’est toujours le verset du psaume 46.

Ascendit Deus in jubilatione, Dominus in voce tubæ.

Dieu monte parmi les cris de joie, le Seigneur au son de la trompette.

Mais la mélodie est totalement différente. Chose curieuse ce sont le plus souvent les Offertoires qui ont un caractère contemplatif, tandis que les Alléluias sont plus joyeux et exubérants. Ici c’est l’inverse. Nous avons vu que la mélodie du premier Alléluia était assez douce et évoquait la mélancolie de la séparation ; dans celle de l’Offertoire nous retrouvons les acclamations et la trompette, la joie de monter au ciel à la suite du Christ, avec une mélodie ample et solennelle, commençant par une grande montée très expressive sur les mots Ascendit Deus, et se continuant d’une manière assez mouvementée. Cependant l’Alléluia final s’étire longuement et doucement, retrouvant l’ambiance plus contemplative qui est généralement celle des Offertoires.

► Nous ferons appel au CD ci-dessus enregistré par la Scola  Gregoriana de la cathédrale Saint-Sauveur de Bruges, en Belgique, en 1995. Le livret nous donne des commentaires fort édifiants sur le chant grégorien que nous citons dans l’émission.

emission_radio_ascension2

Communion : Psallite Domino

Le texte de l’antienne de Communion de la fête de l’Ascension est tiré du psaume 67, comme le deuxième Alléluia. C’est un des psaumes importants de cette fête, après le psaume 46 que nous avons trouvé au premier Alléluia et à l’Offertoire. Il célèbre aussi, mais de manière beaucoup plus développée, la royauté du Dieu d’Israël sur toutes les nations. Nous trouvons ici un verset pris à la fin du psaume :

Psallite Domino qui ascendit super cælos cælorum ad Orientem.

Incontestablement ce passage évoque, par-delà le règne de Dieu sur tous les peuples, la grande théophanie du jugement dernier, quand Dieu viendra à l’Orient sur les nuées du ciel. On rejoint ainsi les mots ita veniet de l’Introït : de même il reviendra.

Comme celle de l’Offertoire, la mélodie est assez solennelle et commence aussi par une grande montée, mais plus étalée, culminant sur le mot super avant de redescendre au grave pour une cadence très expressive sur les mots ad Orientem.

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion . C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter.

*****

emission_radio_ascension7

Difficultés techniques lors de l’écoute audio

Certains de nos visiteurs nous ont fait part d’une « panne » du lecteur permettant l’écoute des fichiers audio.

Ce problème est très clairement dû à un problème de mise à jour, mais nous n’avons pas pu déterminer pour l’instant à quel niveau il se situe, mais la meilleure explication est que certains navigateurs ne sont pas mis à jour, tandis que le moteur de notre site l’est automatiquement.

Pour nous permettre de comprendre – trop lentement au goût de tout le monde, mais nous n’y pouvons rien – nous vous proposons de nous signaler ces problèmes en nous indiquant la version de votre système d’exploitation (Windows ou Macintosh) et celle de votre navigateur. Merci d’avance.

Formulaire de contact avec le webmaster

Una Voce en exploration diocésaine…

Au cours de sa séance de décembre 2017, notre Conseil d’administration a décidé d’étendre son action en direction des diocèses de France. Nous faisons le constat suivant :

  • le Concile Vatican II dit formellement que le chant grégorien « a la première place dans la liturgie »
  • toutes les paroisses se réclament du Concile
  • mais la grande majorité d’entre elles ignorent cette prescription du Concile
  • cette ignorance est subie par la majorité des paroissiens, et non pas désirée par eux
  • la question du chant grégorien peut de nouveau être discutée sereinement dans beaucoup de paroisses

Una Voce considère donc que son action en faveur de l’Art sacré n’est plus sujette aux restrictions que l’on a connues à la fin du XXe s.

C’est pourquoi nous avons décidé d’explorer les diocèses. Cette action se déroule en deux temps :
• 1) établir les bases d’un réseau relationnel par diocèses
• 2) utiliser ces réseaux pour proposer toute action de redécouverte du chant grégorien par les paroisses, et des préconisations de l’Église à ce sujet.

Pour atteindre ses objectifs, Una Voce active son réseau de correspondants locaux.

Vous voulez faciliter cette exploration d’Una Voce ? Vous connaissez des personnes intéressées, prêtres diocésains et laïcs impliqués dans les paroisses ? Vous pensez même pouvoir contribuer activement  à notre action ? Consultez l’annuaire de nos correspondants locaux !

Ce plan d’action d’Una Voce, qui a été créée pour promouvoir l’Art sacré, s’inscrit dans cette réflexion du Pape émérite Benoît XVI à propos du nouveau Missel : « C’est un malheur, à mon avis, d’avoir donné l’impression qu’il s’agissait là d’un livre nouveau, au lieu de replacer l’ensemble dans l’unité de l’histoire liturgique. Je crois donc qu’une nouvelle édition devra montrer et dire clairement que le missel de Paul VI n’est rien d’autre qu’une version nouvelle du missel auquel avaient déjà travaillé saint Pie X, Urbain VIII, saint Pie V et leurs prédécesseurs en remontant jusqu’à l’Église primitive. » (Joseph Ratzinger « La Célébration de la Foi », Téqui, 1985, p.84-85).

Una Voce agit donc dans le sens de l’unité de l’Église, à travers l’espace et le temps. Ce faisant, notre association s’inscrit dans la tendance des jeunes générations de catholiques, lesquels n’éprouvent aucunes réticences à l’égard du chant grégorien.

Il faut bien reconnaître, cependant, que cette nouvelle action d’Una Voce implique, de la part des correspondants locaux, des démarches inhabituelles et des approches différentes. C’est pourquoi cette action s’inscrit dans le moyen terme, et que les conclusions seront longues à venir.

Una Voce à Solesmes : « La sémiologie Dom Cardine » 10-12 Avril

Du 10 au 12 avril 2018, à l’Abbaye de Solesmes, se sont déroulées les « Deuxièmes rencontres grégoriennes » sur le thème La sémiologie de Dom Cardine, 30 et 50 ans après sous l’égide de :

  • Très Réverend Père Dom Philippe Dupont, Abbé de Solesmes
  • Très Réverend Père Dom Notker Wolf, Abbé Primat bénédictin émérite
  • Dom Patrick Hala, directeur de l’Atelier de Paléographie

Dom Guilmard en a été l’organisateur. Plus de 60 participants, dont 16 conférenciers, se sont retrouvés, venus de différents pays d’Europe, mais aussi de pays plus lointains tels que Taïwan, Urugay, ou USA. La liste des conférences est donnée au bas de cette page.

Le succès rencontré s’explique par la thématique : l’intérprétation du chant grégorien selon les hypothèse de Dom Cardine n’est pas encore parvenue à une stabilité et une maturité pourtant souhaitée par tous. Et par ailleurs nul n’ignore que le courant cardinien n’a pas encore convaincu tout le monde, loin s’en faut.

Una Voce reste fidèle à l’intérprétation de Dom Gajard (celle que tout le monde connaît) pour trois raisons : parce que c’est celui développé historiquement par Solesmes depuis Dom Mocquereau, parce que les livres qui en découlent ont reçu l’imprimatur de divers évêques, et enfin parce que c’est la seule méthode de chant qui permette d’unir les fidèles, les chantres et le clergé dans l’exercice du chant sacré.

Cependant Una Voce ne veut nullement que ni la vérité historique ni l’équité pratiquée à l’égard de Dom Cardine n’en pâtisse. Pour cette raison, Una Voce a eu l’occasion de tenter l’ouverture d’un dialogue authentique, mais le recours à un forum internet s’est avéré n’être qu’une demi bonne solution…

Aussi, c’est avec enthousiasme que nous avons participé à ce colloque. Una Voce va d’ailleurs tisser un lien formel avec l’association qui fédère les recherches sur Dom Cardine mais surtout sur les manuscrits anciens, que tous gagnent à mieux connaître.

Cinq membres du Conseil d’Administration étaient sur place, à savoir : Patrick Banken (notre Président), Philippe Bévillard, Charles Huber, Antoine Scherrer, et Alain Cassagnau.

Un article sera publié sur ce colloque dans le prochain numéro de la revue d’Una Voce.


Conférences

•    Une leçon de sémiologie de Dom Cardine. M. Giedrius Gapsys, Lituanie/France.
•    La réception de la Sémiologie en Espagne : les cours de Dom Cardine dans la péninsule ibérique. M. Juan Carlos Asensio, Espagne.
•    Souvenir et influences. M. Iegor Reznikoff, France.
•    Dom Cardine et L. Agustoni : une amitié sémiologiquement étonnante. M. Giovanni Conti, Suisse, et Mme Yseult Pelloso, Italie.
•    Table ronde sur Dom Cardine. T.R.P. Notker Wolf.
•    “Sémio-modalité” : vers la synthèse totale du “style verbal” et de la modalité. Mgr Alberto Turco, Italie.

•    Souvenirs. M. Alexander Schweitzer, Suède, Allemagne.
•    La sémiologie de la notation du chant bénéventin. M. Matthew Peattie, USA.
•    New challengers in semiological research. M. Franz Karl Prassl, Allemagne, Italie.
•    MMMO database : un atelier de paléographie musicale au XXIe s. M. Dominique Gatté.
•    La sémiologie, exégète de la modalité, de la paléographie ; de la relation texte et musique ave la composition. M. Guido Milanese, Italie.
•    La sémiologie pour métamorphoser la mélodie grégorienne. M. Philippe Lenoble, Le Mans.
•    Table ronde « la sémiologie en général ». T.R.P. Notker Wolf
•    Visite de l’Atelier de Paléographie

•    Comment les signes écrits sont-ils véhicules de l’Esprit ? T.R.P. Dom Xavier Perrin, Abbé de Quarr, Angleterre.
•    “Il n’y a pas de méthode Cardine”. M. Louis-Marie Vigne, Paris.
•    La semiologia prima della semiologia : Il trattato di Paleografia Musicale di Raffaello Baralli. M. Gianlucca Bocchino, Italie.
•    Quels usages de la sémiologie dans les répertoires instables. M. J.-F. Goudesenne, Tours.
•    Sonorita della “h” nelle parole “nihil, mihi, vehementer” (analisi fonetica sulla base di semiologia. M. Michal Slawecki, Pologne.
•    Table ronde finale. T.R.P. Notker Wolf
•    Synthèse, mot d’envoi, et chant du Te Deum. M. François Fierens, Belgique.

A.G. de la Fédération Internationale Una Voce 2015

L’année dernière nous célébrions le 50e anniversaire de notre association Una Voce, à Paris. Mais nous ne sommes qu’une composante de la Fédération Internationale (FIUV). Cette année, c’était à son tour d’organiser la célébration de son cinquantenaire. En effet, cette dernière a été fondée à la suite de la création de notre association, et elle en a même repris le nom ! C’est dire combien le rôle de la France a été déterminant.

Nous nous sommes donc retrouvés à la Domus Australia, via Cernaia, à Rome, du 21 au 26 octobre 2015. Voici quelques photos prises les 24 et 25. A cette occasion, Patrick Banken, Président de Una Voce France, a été élu Vice-Président de la Fédération.

Notre assemblée générale coïncidait – pas tout-à-fait par hasard, et cela ne surprendra personne – avec le Pèlerinage Summorum Pontificum qui a suscité de magnifiques moments, dont le plus impressionnant fut, évidemment, la messe célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome.
ALBUM PHOTO.

Musique sacrée – L’orgue – Discours de Benoît XVI

Extraits de l’allocution de Benoît XVI à la Vieille Chapelle de Ratisbonne – 14 sept. 2006

L’orgue, le « roi des instruments », peut conduire à la « joie de la foi », souligne le pape Benoît XVI dans son allocution à la Vieille Chapelle de Ratisbonne, avant la bénédiction du nouvel orgue, offert par la Fondation de la Vieille Chapelle.

Cette fondation a également contribué, en 2002, avec le Lichtenstein, à l’acquisition d’un orgue, dû à un facteur suisse, offert à la chapelle Sixtine.

Soulignant la spécificité de l’orgue, le pape expliquait comment cet instrument est apte à traduire les sentiments humains: « L’orgue est appelé depuis toujours et à juste titre le roi des instruments musicaux, parce qu’il reprend tous les sons de la création et – comme il a été dit il y a peu, ajoutait le pape, en citant les paroles du président de la Fondation de la Vieille chapelle -, il se fait l’écho de la plénitude des sentiments, de la joie à la tristesse, de la louange à la lamentation ».

Mais Benoît XVI soulignait aussi combien l’orgue traduit quelque chose de la grandeur de Dieu : « En outre, comme toute musique de qualité, en transcendant la sphère simplement humaine, il renvoie au divin, ajoutait le pape. La grande variété des timbres de l’orgue, depuis le « piano » jusqu’au bouleversant « fortissimo », en fait l’un des instruments supérieurs à tous les autres. Il est en mesure de faire écho à tous les domaines de l’existence humaine. Les multiples possibilités de l’orgue nous rappellent d’une certaine façon l’immensité et la magnificence de Dieu ».

Le pape citait Bach et Bruckner comme ayant eu explicitement ce souci de rendre gloire à Dieu : « Par leur musique, les grands compositeurs veulent en définitive, chacun à leur façon, glorifier Dieu. Au-dessus du titre de beaucoup de ses partitions, Jean-Sébastien Bach a écrit les lettres : « S. D. G. »: Soli Deo Gloria – seulement à la gloire de Dieu. Anton Bruckner aussi mettait au début les paroles :                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           ié au Bon Dieu ». Que tous ceux qui fréquentent cette magnifique basilique, soient conduits, grâce à la grandeur de l’édifice et à travers la liturgie enrichie de l’harmonie du nouvel orgue, et du chant solennel, à la joie de la foi ! C’est mon souhait au jour de l’inauguration de ce nouvel orgue ».