Toussaint, Fête de tous les saints (premier novembre)

Pour les chefs de chœur et choristes

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Dimanche 1er novembre 2020
Toussaint, Fête de tous les Saints – Blanc – 1re classe

La Toussaint, c’est la fête du Ciel. L’Église honore en ce jour tous les hommes qui nous ont précédés et qui ont déjà mérité la récompense éternelle. Parmi eux il y a les saints canonisés que l’on connaît mais aussi tous les autres que l’on ne connaît pas, cette foule immense que personne ne peut dénombrer, dont parle l’Apocalypse.

– Rappelons qu’il vous suffit de cliquer sur Émissions & MP3 dans le bandeau de la partie supérieure de la page d’accueil. Le compteur de ce site nous apprend que vous êtes très nombreux à en profiter et nous nous réjouissons que puisse ainsi rayonner la louange divine. Sachez toutefois que nous ne pouvons compter que sur votre aide matérielle pour faire face à nos inévitables frais (achat de disques, de matériel audio, informatique…)  

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster

– Écoutez la bande sonore de notre émission de dimanche prochain, ou d’une grande fête comme c’est le cas précisément avec la Toussaint, ici même, dès le lundi précédent, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous… Préparez ainsi les chants des messes dominicales, liturgiquement, spirituellement et… vocalement

Bonne écoute ! Ut in ómnibus glorificétur Deus…

Je vous propose d’écouter cette messe dans l’interprétation de l’ « Institutum Christi Regis Summi Sacerdotis » de Gricigliano, en Toscane (Italie). Le disque intitulé Gaudeamus omnes nous donne à entendre les cinq pièces du Propre de cette messe de la Toussaint du 1er novembre, le Kyriale VIII bien connu en paroisse (La « Messe des Anges »), l’office des complies du dimanche et enfin toutes les antiennes mariales.

L’interprétation suit la traditionnelle méthode dite de Solesmes que la Schola Saint-Grégoire du Mans enseigne au séminaire depuis de nombreuses années par des stages réguliers. L’articulation est dynamique à souhait et l’on est loin du chant de trop nombreuses chorales paroissiales qui, le plus souvent, allongent les notes épisémées, les salicus, et alourdit ainsi désespérément le tempo.

Nos séminaristes devenus desservants de lieux de culte sauront donner charitablement quelques bons conseils à certains chefs de schola !

► Vous pourrez lire l’étude complète de ce disque à la fin de cette page

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 ► Introït

Nous nous réjouissons en leur compagnie de la victoire qu’ils ont remportée. C’est ce que chante l’introït de la fête, le célèbre Gaudeámus.

Son texte n’est pas tiré de la Sainte Écriture. Il a été composé pour la fête de sainte Agathe, le 5 février, puis il a été repris pour d’autres fêtes, notamment certaines fêtes de la Sainte Vierge. Sa mélodie très joyeuse et pleine de grands élans convient tout à fait pour nous unir à la joie des anges et de tous les saints du paradis.

Cet introït est le même que celui de la fête de Notre Dame du Très Saint Rosaire que nous vous avons passé le 7 octobre. Il suffit de remplacer les mots « Maríæ Vírginis » par « Sanctórum ómnium », c’est-à-dire « tous les saints » et le 1er verset du psaume 44 par celui du psaume 32.

Exsultáte justi in Dómino : rectos decet collaudátio.

Justes, exultez dans le Seigneur, la louange convient aux cœurs droits.

 

La première partie du disque compact utilisé ne surprend pas avec les chants de la messe In Festo omnium Sanctorum et la messe VIII dont les pièces sont placées dans l’ordre du déroulement de cette solennité et correspondent bien à la joie que la fête exprime. Nous allons les écouter de la sorte.

Le Kyrie choisi est en revanche plus étonnant. Il s’agit bien du VIII, mais ad libitum, sous-titré Firmator sancte. Le choix est des plus judicieux. Tout d’abord parce que cette pièce est fort peu connue. Solesmes l’avait enregistrée en 1975 mais il n’y avait déjà plus à cette date que les deux invocations pour les Kyrie et Christe. Il faut chiner chez les brocanteurs pour trouver le disque vinyle 33T des moniales d’Argentan consacré à la Fête de la Purification. Les bénédictines étaient dirigées en septembre 1964 par Dom Gajard.

Ce Kyrie ad libitum ne revêt pas l’aspect « moderne » du VIII, de composition plus récente, et qui ne serre guère le texte qu’il chante parce que trop… charmant, dans son joyeux 5e mode.

Le VIII ad libitum est en 6e mode, un mode certes « majeur » mais plus concluant, plus recueilli, plus serein.

Il faut écouter ce magnifique Kyrie, hélas un peu trop inhabituel pour être introduit en paroisse. Il est ravissant de fraîcheur, de spontanéité. L’humilité qui s’exprime dans la première invocation laisse place à une belle montée dans la deuxième puis à une intense supplication dans la dernière.

Que les chanoines de l’Institut soient remerciés d’avoir exhumé cette pièce magistrale d’où transparaissent la pureté, la candeur, la confiance et la piété !

Graduel :

C’est le seul chant de la messe de cette fête qui soit tiré d’un psaume, le psaume 33, chant de louange envers la bonté du Seigneur, un des plus utilisés dans la liturgie. Timéte Dóminum omnes sancti ejus quóniam nihil deest timéntibus eum. Craignez le Seigneur, tous les saints, car rien ne manque à ceux qui le craignent   Et le verset : Inquiréntes autem Dóminum non defícient omni bono. Ceux qui cherchent le Seigneur ne manqueront d’aucun bien. Il ne s’agit pas ici de crainte au sens moderne de peur, mais d’un adoration pleine de soumission à la volonté divine. D’ailleurs le verset précédent du psaume, que nous avons déjà rencontré à plusieurs reprises, disait : Goûtez et voyez comme le Seigneur est doux ! Quant aux saints, il s’agit dans le psaume des fidèles du peuple élu, qui observent cette soumission pleine de respect, et ne manquent de rien au sens spirituel. Cela s’applique à plus forte raison aux élus du ciel qui sont en possession du bien infini ; ils l’ont obtenu grâce à cette parfaite soumission toute leur vie, quoi qu’il en coûte.

La mélodie est ample et solennelle, déroulant des formules que l’on rencontre dans d’autres graduels avec de belles vocalises, en  particulier celle qui termine de façon identique la première et la deuxième partie, descendant dans le grave pour une cadence paisible et majestueuse convenant parfaitement à l’évocation de la bienheureuse éternité.

Fra Angelico – La Jugement dernier – Le tableau dans son entier (sans son cadre mouluré doré) – Tempura sur bois – 105 × 210 cm – Musée national San Marco (Florence)


Alléluia :

Les textes de l’alléluia et de la communion de la Toussaint sont tirés de passages de l’Évangile où notre Seigneur nous apprend à supporter les épreuves par lesquelles nous devons passer sur cette terre pour mériter le bonheur éternel dont jouissent les élus ; le verset alléluiatique est pris en saint Mathieu au chapitre XI. C’est donc notre Seigneur qui parle ici, après avoir rappelé sa divinité :

Veníte ad me, omnes qui laborátis, et oneráti estis, et ego refíciam vos.

Venez à moi, vous tous qui peinez et êtes accablés, et moi je vous soulagerai.  

Non seulement les élus dans le ciel ne manquent de rien et sont comblés par la possession du bien infini, mais ils reçoivent la récompense de toutes les peines et des souffrances de cette vie. Notre Seigneur lui-même est là  pour les accueillir et la leur accorder.

Cette invitation pleine de douceur est accompagnée ici d’une mélodie très riche et très ornée dans une ambiance joyeuse et affirmative évocatrice du bonheur du ciel. On remarquera particulièrement la grande vocalise du mot laborátis qui commence et s’achève par deux envolées à l’aigu identiques, entre lesquelles se déroule un passage plus grave reprenant un des thèmes du  júbilus de l’alléluia que l’on retrouve à la fin du verset.

 

Fra Angelico – La Jugement dernier – Les damnés poussés par les démons
détail – à droite de la partie centrale


Offertoire :

L’antienne d’offertoire est empruntée au commun des martyrs. En effet la fête de tous les saints fut à l’origine, à Rome, une fête de tous les martyrs, et on sait que dans les premiers siècles de l’Église tous les saints auxquels on rendait un culte étaient des martyrs. Le texte est tiré du livre de la Sagesse ; s’il s’applique en premier lieu aux martyrs, il convient à tous les saints, qui ont tous eu à souffrir sur cette terre pour être fidèles à la volonté divine.

Justórum ánimæ in manu Dei sunt, et non tanget illos torméntum malítiæ 

Les âmes des justes sont dans la main de Dieu et le tourment du mal ne les atteindra pas.

Visi sunt óculis insipiéntium mori : illi autem sunt in pace.

Aux yeux des insensés ils ont paru mourir, mais eux, ils sont dans la paix.  

La mélodie empruntée à un ancien offertoire de la fête de l’Ascension exprime de façon saisissante le contraste entre les souffrances de la terre et le bonheur et la paix du ciel. Toute la première partie se tient de plus en plus dans le grave jusqu’à rester presque immobile à ras de terre. Puis soudain elle s’élance dans l’aigu en une immense et somptueuse vocalise chantant éperdument la récompense éternelle.

Fra Angelico – Les précurseurs du Christ avec les saints et les martyrs, 1423-1424 – Prédelle du retable de l’église Saint-Marc à Florence National Gallery – Londres

 

Communion :

Comme celui de l’alléluia, le texte de la communion de la Toussaint est tiré de l’Évangile, et il s’agit cette fois de l’évangile du jour, celui des béatitudes. Ceux qui sont maintenant dans le ciel, et qui sont les bienheureux, beáti comme l’Évangile les appelle à huit reprises, sont ceux qui ont conformé leur vie à ces exigences. Ce sont les trois dernières des huit béatitudes qui sont reprises ici :

Beáti mundo corde, quóniam ipsi Deum vidébunt

Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.  

Beáti pacífici quóniam fílii Dei, vocabúntur

Bienheureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

Beáti qui persecutiónem patiúntur propter justítiam, quóniam ipsórum est regnum cælórum. Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux.

Ce texte est assez long pour une antienne de communion, et il est chanté simplement dans un style de récitatif en partie syllabique. La première phrase commence légèrement à l’aigu, avant de redescendre tranquillement. La deuxième au contraire commence dans le grave en s’y attardant un peu, avant de monter en un bel élan vers les mots fílii Dei. La troisième enfin, la plus longue, débute hardiment par une grande montée enthousiaste, sommet de toute la pièce, suivie d’un récitatif dépouillé s’achevant par une cadence en demi-ton un peu douloureuse pour évoquer les persécutions, avant de retrouver le calme et la paix du début

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion. C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…

Gaudeamus omnes
(Toussaint – Complies du dimanche)
Chœur des séminaristes de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre

Le disque compact de l’Institutum Christi Regis Summi Sacerdotis de Gricigliano, en Toscane (Italie), nous donne à entendre les cinq pièces du Propre de la messe de la Toussaint du 1er novembre, le Kyriale VIII bien connu en paroisse (La « Messe des Anges »), l’office des complies du dimanche et enfin toutes les antiennes mariales.
L’ensemble est fort agréable à écouter. Les séminaristes sont appelés à rejoindre des paroisses et leur chant est plus proche de cette ambiance que de celle à laquelle nous ont habitués les abbayes dans leurs nombreux enregistrements si précieux.
C’est très net dans l’interprétation du grand chœur qui alterne avec le petit chœur, beaucoup plus léger et plus respectueux d’alléger les syllabes finales et de soigner le legato.

L’on retrouve ce coté « messe dominicale » avec un accompagnement d’orgue dans toutes les pièces, y compris dans le graduel et l’offertoire. Sa présence est là à mon sens moins souhaitable…
Mais ces voix jeunes aux intonations conquérantes et enthousiastes nous font vite oublier ces menues réserves.

Messe de la fête de tous les Saints :

La première partie ne surprend pas avec les chants de la messe In Festo omnium Sanctorum et la messe VIII dont les pièces sont placées dans l’ordre du déroulement de cette solennité et correspondent bien à la joie que la fête exprime.

Le Kyrie choisi est en revanche plus surprenant. Il s’agit bien du VIII, mais ad libitum, sous-titré Firmator sancte. Le choix est des plus judicieux. Tout d’abord parce que cette pièce est fort peu connue. Solesmes l’avait enregistrée en 1975 mais il n’y avait déjà plus à cette date que les deux invocations pour les Kyrie et Christe. Il faut chiner chez les brocanteurs pour trouver le disque vinyle 33T des moniales d’Argentan consacré à la Fête de la Purification. Les bénédictines étaient dirigées en septembre 1964 par Dom Gajard.

Ce Kyrie ad libitum ne revêt pas l’aspect « moderne » du VIII, de composition plus récente, et qui ne serre guère le texte qu’il chante parce que trop… charmant, dans son joyeux 5e mode.

Le VIII ad libitum est en 6e mode, un mode certes « majeur » mais plus concluant, plus recueilli, plus serein.

Il faut écouter ce magnifique Kyrie, hélas un peu trop inhabituel pour être introduit en paroisse. Il est ravissant de fraîcheur, de spontanéité. L’humilité qui s’exprime dans la première invocation laisse place à une belle montée dans la deuxième puis à une intense supplication dans la dernière.

Que les chanoines de l’Institut soient remerciés d’avoir exhumé cette pièce magistrale d’où transparaissent la pureté, la candeur, la confiance et la piété !

Les complies du dimanche :

Le vocable Complies, toujours au pluriel, vient du latin completorium qui veut dire « achèvement » et plus précisément du latin ecclésiastique completa (hora) c’est-à-dire « l’heure qui achève l’office ». On donne ce nom à la dernière des « petites heures » de l’Office divin, qui termine la journée. C’est donc la prière du soir liturgique. C’est pourquoi, en plus des éléments habituels des petites heures, elle commence par l’examen de conscience et le Confiteor, eux-mêmes introduits par une courte lecture d’une Épître de saint Pierre « Frères, soyez sobres et vigilants, car votre adversaire le diable rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, forts dans la foi ».

On trouve ensuite, comme dans les autres petites heures :

  • L’invocation initiale Deus in adjutórium meum inténde (« Seigneur venez à mon aide »),
  • Trois psaumes choisis pour leur convenance à cette heure du jour. Depuis saint Pie X, ils varient chaque soir. Le dimanche, et les jours de fête, ce sont :
    • Le psaume 4, psaume de fin de journée et de préparation au repos ;
    • Le psaume 90, qui invoque la protection des bons anges tandis que descend l’heure des ténèbres ;
    • Le psaume 133, qui est une courte doxologie invitant à la prière et à la louange incessante, de jour comme de nuit.

Ces trois psaumes sont chantés sur un ton très simple, le ton 8G (terminaison à un accent avec deux syllabes de préparation).

  • Une hymne dont le texte est toujours le même : Te lucis ante términum…, avec des mélodies qui peuvent varier. On y demande la protection divine contre les mauvais songes et les tentations nocturnes.
  • Un répons bref dont le texte est bien connu : In manus tuas Dómine, comméndo spíritum meum (« Entre vos mains, Seigneur, je remets mon esprit »), dernières paroles du Christ avant de mourir sur la croix.
  • Les complies comprennent également un cantique évangélique, comme les offices plus solennels des laudes et des vêpres. Il s’agit ici du cantique Nunc dímittis du vieillard Siméon au jour de la Présentation : « Maintenant, Seigneur, laissez aller en paix votre serviteur selon votre parole »…
  • Après l’oraison finale, les complies se terminent toujours par l’antienne à la Sainte Vierge du temps : Alma Redemptóris Mater, Ave Regína Cælórum, Regína Cæli ou Salve Regína.

L’office des complies a été peu enregistré. La forme ordinaire du rit romain est représentée par la Communauté des Béatitudes ou l’abbaye de la Pierre-qui-Vire, en français. Seule celle de Saint-Wandrille a enregistré l’office en latin (couplé avec les vêpres).

Trois disques ont jusqu’alors honoré les complies dans la forme extraordinaire selon les livres de 1962. À tout seigneur tout honneur, c’est le chœur monastique de Saint-Pierre de Solesmes, dirigé en 1958 par Dom Joseph Gajard, qui commença. Treize plages lui étaient consacrées, après les vêpres du dimanche.

Il s’agissait des complies monastiques, certes peu différentes. Mais les psaumes sont toujours ceux du dimanche et les moines, les sachant par cœur, peuvent les chanter dans l’obscurité du soir, ce qui rend cet office recueilli et impressionnant.

L’office monastique ne comporte ni le répons In manus Tuas, ni le cantique de Siméon.

En 2002, le séminaire Saint-Thomas-d’Aquin de la Fraternité Saint-Pie X avait publié, dans le volume 5 de sa série Chant Compedium de larges extraits de l’office au Temps de Noël. La prise de son, in vivo, était trop précaire pour une diffusion à un large public.

C’est la Schola Bellarmina qui nous offrit l’office le plus complet en 2010 (CD 24, soit le second du volume 12 de la collection L’Année liturgique en chant grégorien). Il faut acheter le volume 13 (Motets grégoriens) pour avoir les hymnes mariales.

Il y a bien le In manus Tuas de l’Avent et de Pâques, mais seulement l’hymne Te lucis ordinaire et celle festive dite de ton n° 2.

En 2014, c’est la Fraternité Saint-Pierre qui publie un disque exclusivement consacré aux complies, portant le titre évocateur de In manus tuas.

Les séminaristes avaient enregistré quatre versions du Te lucis de différents temps liturgiques mais il manquait le ton 2, celui des fêtes de Ire classe. Or c’est précisément cette version que leurs confrères de Gricigliano nous permettent d’écouter dans le présent disque.

Nous avons pu déceler certaines faiblesses dans l’interprétation du grand chœur dans la première partie, parfois un peu lourd. La remarque est caduque dans ces complies, peut-être par une meilleure position des micros car il semble bien que le petit chœur est toujours là, et qu’il ne s’agit pas d’un échange entre deux formations choristes en nombre égal.
Force est de constater que le legato et le phrasé n’ont rien à envier aux plus belles scholas monastiques.
Le disque s’achève avec les quatre antiennes mariales, tant dans leur ton simple que solennel, ce qui conclut magnifiquement ce bel office du soir.

Chers amis, vous avez là une excellente interprétation des complies dans leur version romaine. Il n’y a pas de plus belle prière du soir que cet office et nous ne pouvons que la recommander à tous ceux qui veulent s’unir à la prière de l’Église et la réciter pour clore la journée, au moins le début et la fin. Et désormais, vous pourrez la chanter !

Rien que pour cela, nous n’hésitons pas à vous conseiller vivement cet enregistrement que vous pourrez vous procurer sur la boutique en ligne d’Una Voce*.

Oui, messieurs les abbés, pour ce beau travail, toute notre gratitude vous est acquise !

Patrick Banken

* ou directement à l’ICRSP : Villa Martelli – Via di Gricigliano, 52 – 50065 SIECI (FI) – Italie

+39.055.830.96.22 – gro.p1604170070srci@1604170070ofni1604170070

Vingt-deuxième dimanche après la pentecôte

Pour les chefs de chœur et choristes

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Paul Rubens – Le tribut à César (crédit photographique RMN)

Dimanche 1er novembre 2020
XXIIe  DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE
Vert – 2e classe

–  Rappelons qu’il vous suffit de cliquer sur Émissions & MP3 dans le bandeau de la partie supérieure de la page d’accueil pour accéder dès le lundi précédant le dimanche aux pièces du propre et à leurs commentaires, tant par un texte que par un fichier audio. Le compteur de ce site nous apprend que vous êtes très nombreux à en profiter et nous nous réjouissons que puisse ainsi rayonner la louange divine. Sachez toutefois que nous ne pouvons compter que sur votre aide matérielle pour faire face à nos inévitables frais (achat de disques, de matériel audio, informatique…)

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster

– Cliquez sur Sancta Missa si vous ne disposez pas de livre de chants.

– Écoutez la bande sonore de notre émission de dimanche prochain, ici même, dès le lundi précédent, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous. Préparez ainsi les chants des messes dominicales, liturgiquement, spirituellement et… vocalement.

Bonne écoute ! Ut in ómnibus glorificétur Deus…

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La messe du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte est l’avant-dernière de l’année liturgique, tout au moins en ce qui concerne les chants ; aussi la pensée de l’Église est-elle plus que jamais tournée vers la fin des temps et le jugement dernier, temps d’épreuve et d’angoisse mais aussi d’espoir. Ces sentiments sont exprimés en particulier dans le psaume 129 De profundis, qui est surtout connu pour son utilisation à l’office des défunts, mais qui revient à plusieurs reprises en ces derniers dimanches après la Pentecôte, et notamment à l’Introït de ce vingt-deuxième dimanche, le seul des six derniers dimanches, depuis le dix-huitième, à être extrait d’un psaume.
Mais on y retrouve un thème qui était déjà celui des Introïts précédents, celui des deux attributs divins qui se manifesteront au jugement dernier : la justice qui nous condamne et que nous redoutons, et la miséricorde qui nous sauve et en laquelle nous espérons. Ils sont ici opposés en deux phrases très contrastées.

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Introït : Si iniquitates

Si iniquitates observaveris Domine, Domine quis sustinebit ? quia apud te propitiatio est, Deus Israël.

Si vous considérez nos péchés Seigneur, Seigneur qui subsistera ? Mais auprès de Vous est le pardon, Dieu d’Israël.

La première phrase est un appel angoissé s’élevant en un grand élan qui franchit toute l’octave et même au-delà, avec une insistance suppliante sur le mot Domine répété deux fois, et une cadence interrogative restant en suspens dans l’aigu. La deuxième phrase au contraire est plus douce et pleine de confiance, avec un bel élan de ferveur sur les mots Deus Israel, qui ne font d’ailleurs pas partie du psaume, et ont été rajoutés par la liturgie pour rappeler au Seigneur dans notre prière que nous faisons partie de son peuple, Israël, qui est maintenant l’Église. Le verset est bien entendu le premier du psaume 129 :

De profundis clamavi ad te Domine : Domine exaudi vocem meam.
Du fond de l’abîme je crie vers vous Seigneur ; Seigneur écoutez ma voix.

Graduel : Ecce quam bonum

Le texte du Graduel du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte est formé des deux premiers versets du psaume 132 qui constituent d’ailleurs la moitié du psaume, un des plus courts du psautier. Il chante le bonheur des Israélites à chaque fois qu’ils se retrouvaient fraternellement unis dans le temple.

Ecce quam bonum, et quam jucundum habitare fratres in unum ! Sicut unguentum in capite, quod descendit in barbam, barbam Aaron.
Qu’il est bon et qu’il est doux d’habiter ensemble unis comme des frères : c’est comme l’huile versée sur la tête qui descend dans la barbe d’Aaron.

On sait qu’Aaron fut le premier grand prêtre, et il fut sacré en versant sur sa tête une huile parfumée qui coula dans sa barbe, puis sur son vêtement, comme le dit le verset suivant du psaume, répandant partout sa bonne odeur. La douceur de ce parfum est comparée ici au bonheur de se retrouver ensemble après une longue dispersion. De plus l’huile du sacre est le symbole de la grâce divine qui va faire du grand prêtre un consacré, inverti d’une mission d’en haut. De même Dieu répand ses grâces sur son Église : elles viennent par le Christ qui est la tête, puis se répandent sur tout le corps mystique, réalisant l’unité entre ses membres qui deviennent réellement frères. Après l’exil où nous conduit trop souvent le péché, nous sommes heureux de nous retrouver par la grâce des sacrements dans cette fraternelle union. Et après l’exil de cette vie, au jour du jugement, si nous avons été fidèles, la grâce divine produira enfin tous ses fruits pour nous conduire au bonheur de l’union parfaite et éternelle.
La mélodie exprime ce bonheur par de grandes courbes gracieuses et très expressives. La première partie culmine sur le mot habitare très enthousiaste ; la deuxième partie commence par une montée progressive jusqu’à l’extrême aigu ; paradoxalement, c’est sur le mot descendit qu’elle monte le plus haut, mais il s’agit ici d’exprimer notre enthousiasme, puis elle continue par une grande descente franchissant plus d’une octave et demie et s’enfonçant dans le grave pour une cadence solennelle.

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Alléluia : Qui timent

Pour la troisième fois en ce temps après la Pentecôte, nous trouvons au vingt-deuxième dimanche un Alléluia dont le texte n’est pas le premier verset d’un psaume, comme c’est généralement le cas, mais est tiré d’un psaume dont le premier verset a été chanté à l’Alléluia du dimanche précédent. C’est donc cette fois le psaume 113, formé en réalité de deux psaumes de la Bible qui ont été réunis par la Vulgate.
Nous sommes maintenant dans le deuxième, qui est un chant de louanges et de confiance au Seigneur opposé aux idoles païennes, et le verset qui figure ici est le troisième d’une série qui répète le même texte, un acte d’espérance avec trois sujets différents : Domus Israel, c’est tout le peuple élu ; Domus Aaron, ce sont les prêtres et les consacrés, enfin Qui timent Dominum, ceux qu’on appelle dans la bible les ” craignants Dieu “, ce sont ceux qui ne font pas partie du peuple élu, mais reconnaissent le vrai Dieu et se soumettent à sa volonté.

Qui timent Dominum, sperent in eo : adjutor et protector eorum est.
Ceux qui craignent le Seigneur, qu’ils espèrent en Lui. Il est leur secours et leur protecteur.

Les ” craignants Dieu ” c’est nous, qui avons reçu la grâce de connaître le vrai Dieu, de l’aimer et de le servir, et qui mettons en Lui notre confiance. La mélodie de cet Alléluia est identiquement la même que celle de l’Alléluia du seizième dimanche Cantate Domino. C’était un chant d’action de grâces et de louanges au Seigneur pour tous ses bienfaits, et nous avons dit que cette mélodie traduisait ces sentiments par des belles courbes souples et très liées animées d’un bout à l’autre par un grand élan de ferveur et d’enthousiasme. Elles convient tout à fait pour inviter les craignants Dieu que nous sommes à mettre en Lui notre confiance.

emission_radio_pent22_rendezacesar2Offertoire : Recordare mei

L‘Offertoire du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte est le seul chant de ce dimanche dont le texte n’est pas extrait d’un psaume. Comme l’Introït de dimanche dernier, il est emprunté au livre d’Esther. Il s’agit cette fois de la prière qu’Esther adresse à Dieu avant de se présenter devant le terrible du roi Assuérus pour intercéder en faveur de son peuple menacé d’extermination. Elle se sent faible et démunie devant une tâche aussi difficile et elle supplie le Seigneur de l’inspirer.

Recordare mei, Domine, omni potentatui dominans : da sermonem rectum in os meum, ut placeant verba mea in conspectu principis.
Souvenez-vous de moi Seigneur, vous qui êtes le maître de tout pouvoir. Mettez dans ma bouche le discours qui convient afin que mes paroles soient agréées lorsque je serai en présence du roi.

L’Église redit ces paroles en cette fin de l’année liturgique en les appliquant à la fin des temps, quand nous allons nous présenter devant le souverain Juge infiniment supérieur à tous les rois de la terre, et elle le supplie de nous accorder les grâces nécessaires pour être fidèles jusqu’au bout, et aborder comme il faut ce moment redoutable. Ce chant d’Offertoire se compose de trois phrases très différentes. La première est une prière très humble ; l’âme comme Esther se sent faible et démunie et se prosterne devant la toute puissance divine, avec une mélodie calme et douce. La deuxième phrase est une prière suppliante implorant les grâces dont nous avons besoin, avec une mélodie qui s’élève à deux reprises dans l’aigu d’une façon très expressive. Enfin dans la troisième phrase, en abordant les mots in conspectu : en présence de Dieu, la mélodie devient presque immobile en une longue vocalise revenant toujours sur la même note, comme une contemplation indéfinie, dépassant le jugement dernier pour se fixer dans l’éternité.

Communion : Ego clamavi

Le texte de l’antienne de Communion du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 16, que nous avons déjà rencontré au sixième et au dixième dimanche, et reprend même une partie de celui de l’Offertoire du sixième. Comme nous l’avons dit, ce psaume est la prière du juste qui supplie le Seigneur de le garder de tout ce qui pourrait le faire dévier de la voie droite. Et en ces derniers dimanches de l’année liturgique l’âme demande de rester fidèle jusqu’au bout.

Ego clamavi, quoniam exaudisti me Deus : inclina aurem tuam, et exaudi verba mea.
J’ai crié vers vous car vous m’avez exaucé, mon Dieu. Tendez l’oreille et exaucez ma prière.

On remarquera que le verbe exaucer revient deux fois, une première fois au passé et la deuxième à l’impératif. C’est parce que le Seigneur nous a déjà exaucés que nous espérons qu’il nous exaucera encore. C’est donc une prière pleine de confiance. La mélodie l’exprime par une grande courbe qui après une intonation calme et grave s’élève progressivement jusqu’à l’aigu puis redescend pour s’achever à nouveau au grave en une cadence paisible et assurée.

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion . C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…

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Fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi (Dernier dimanche d’octobre).

Pour les chefs de chœur et choristes

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Magnifique illustration de la fête du Christ-Roi, l’extraordinaire tympan de Conques est consacré au Jugement dernier. Il date du XIIe siècle et se trouvait à l’origine à l’intérieur de l’église. Il n’a été placé à l’extérieur qu’au XVe siècle. Ce qui explique qu’il reste quelques traces de polychromie. Le Christ en majesté, au centre, cerclé d’une mandorle d’influence byzantine, sépare les élus des damnés, conformément au texte de saint Matthieu. L’irréversibilité de ce tri est marqué dans l’attitude du Christ : les élus sont désignés par sa main droite levée, tandis que les damnés sont repoussés par sa main gauche baissée. Il trône devant une grande croix. Au-dessus de lui, deux anges sonnent l’olifant pour annoncer la venue du Jugement.


Le Christ : à la fois juge et roi (IVDEX et REX gravés sur son nimbe), trône en majesté dans une gloire parsemée d’étoiles. Son visage allongé exprime la gravité du Souverain-Juge. Ses vêtements, tunique et manteau (le pallium), sont échancrés sur le flanc pour laisser voir la plaie du coup de lance. Il est entouré de ses anges (selon saint Matthieu, le Christ apparaît lors du Jugement Dernier « entouré de tous ses anges ».)

Au-dessus du Christ, deux anges tiennent la croix d’une main, de l’autre le fer de lance et le clou, instruments de la Passion ; deux anges volent à l’horizontal et sonnent le cor pour « rassembler les élus » (Saint Matthieu)

Sous le Christ : représentation de la pesée des âmes. Saint Michel pèse les âmes sur une balance ; à côté de lui, se trouve un démon qui cherche à tricher en faisant basculer le plateau de la balance de son côté.

Dimanche 25 octobre 2020
FÊTE DU CHRIST-ROI
Blanc – 1re classe

 

Philippe de Champaigne – Christ-Roi (1655)


 – Le compteur de ce site nous apprend que vous êtes très nombreux à en profiter et nous nous réjouissons que puisse ainsi rayonner la louange divine. Sachez toutefois que nous ne pouvons compter que sur votre aide matérielle pour faire face à nos inévitables frais (achat de disques, de matériel audio, informatique…)

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster… 

– Vous pouvez accéder, à la fin de cette page, au lien qui vous permettra d’obtenir la partition du psaume de communion que nous vous recommandons d’interpréter en alternance avec l’antienne.

– Écoutez la bande sonore de notre émission de dimanche prochain, ici même, dès le lundi précédent, en cliquant sur le petit triangle du curseur ci-dessous.

Préparez ainsi les chants des messes dominicales, liturgiquement, spirituellement et… vocalement

Bonne écoute !

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La fête du Christ-Roi a été instituée par le Pape Pie XI, le 11 décembre 1925, à l’occasion de la clôture de l’année jubilaire.

Il faut bien dire que le laïcisme contre lequel s’élevait le pape à l’époque est devenu triomphant en ce début de XXIe siècle. La religion serait une affaire strictement individuelle. La société pourrait donc se passer de Dieu. On constate que ce n’est nullement le cas et que ces conquêtes laïques ont entraîné défaites morales, décadence des mœurs.

Dans le nouvel Ordo, cette fête a été renvoyée à la fin de novembre, au dernier dimanche de l’année liturgique, après celui où on lit l’Évangile de la fin du monde. M. Gire, notre regretté Secrétaire général, contestait à juste titre ce déplacement qui semble reporter ce règne après le jugement dernier et dénature ainsi le sens de la fête. Le nouvel Ordo Missae assume cet esprit qui se veut plus eschatologique. Il suffit de lire les changements que les réformateurs ont effectués dans les oraisons (Collecte, Super Oblata ou postcommunion) pour s’en convaincre. Ou de constater que deux strophes de la splendide hymne Te saeculorum des vêpres de la fête ont été purement supprimées dans le Liturgia Horarum de 2002. Voici ces deux strophes :

Te nationum Præsides
Honore tollant publico,
Colant magistri, judices,
Leges et artes exprimant.

Que les chefs des nations
Vous glorifient par des honneurs publics;
Que les maîtres et les juges vous confessent,
Que les lois et les arts portent votre marque.

Submissa regum fulgeant
Tibi dicata insignia:
Mitique sceptro patriam
Domosque subde civium.

Que les étendards des rois vous soient consacrés
Et resplendissent de vous être soumis,
Que votre douce autorité
Régente la patrie et les foyers.

Sans commentaires supplémentaires ! 

  • Introït : Dignus est Agnus

Le texte de l’introït est tiré de l’Apocalypse de saint Jean au chapitre V. C’est la grande vision de l’Agneau immolé qui est seul digne d’ouvrir le livre aux sept sceaux, ayant mérité la royauté universelle par son sacrifice. Il reçoit les louanges et les acclamations de multitudes d’anges auxquels s’unit toute la création.

Dignus est Agnus, qui occísus est, accípere virtútem, et divinitátem et sapiéntiam, et fortitúdinem, et honórem, Ipsi glória et impérium in sǽcula sæculórum.

Il est digne l’Agneau qui a été immolé, de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force et l’honneur. À lui la gloire et l’empire pour les siècles des siècles.

Cette dernière phrase est prise dans un autre passage de l’Apocalypse, au début du livre. La mélodie de cet introït est originale, mais on y retrouve des formules habituelles à bon nombre d’autres pièces. Elle est très noble et solennelle.

Cet introït est accompagné du 1er verset du psaume 71, grand psaume messianique que nous allons retrouver au graduel.

Deus judícium tuum Regi da : et justítiam tuam Fílio Regis.

Ô Dieu, donnez au Roi votre jugement et au Fils du Roi votre justice.

Les 5 chants du propre de cette messe sont modernes puisqu’ils furent composés à l’occasion de l’institution de la fête en 1925. Ils n’en demeurent pas moins de l’authentique grégorien. Il est vrai qu’ils sont des adaptations de types anciens. Cet introït est par exemple calqué sur l’introït Dum Sanctificátus du samedi de la Vigile de la Pentecôte.

Je vous propose cette année l’interprétation des moines bénédictins de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes : Le disque s’intitule sobrement « Christ-Roi ». C’est une réédition, en 2004, d’un enregistrement paru sur microsillon 33T en 1958.

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  • Graduel : Dominábitur

Le texte est issu du psaume 71, un des grands psaumes messianiques.

Dominábitur a mari usque ad mare, et a flúmine usque ad términos orbis terrárum.

Son pouvoir s’étendra d’une mer à l’autre et depuis le fleuve jusqu’aux extrémités de la terre.

Et adorábunt eum omnes reges terræ : omnes gentes sérvient ei.

Tous les rois de la terre l’adoreront, toutes les nations le serviront.

C’est bien le Christ-roi, dont l’empire s’étend d’une mer à l’autre et à partir du fleuve, peut-être l’Euphrate, ou le Jourdain, jusqu’aux extrémités de la terre. C’est lui que tous les puissants de la terre doivent adorer et servir en se soumettant à sa loi. Ce texte nous rappelle évidemment la fête de l’Épiphanie où l’on retrouve à plusieurs reprises le psaume 71, et l’on ne s’étonnera donc pas que l’on ait repris pour ce graduel la mélodie de celui de l’Épiphanie qui s’adapte très bien au texte de ce jour.

Dom Gajard commente ainsi la mélodie sur la pochette d’un ancien disque 33T non réédité : « Elle vaut surtout par sa beauté propre, sa ligne, d’abord ample, puissante puis, dans les enthousiastes envolées du verset, extraordinairement souple et balancée parcourant par 2 fois toute l’étendue de la gamme modale pour aussitôt s’apaiser et se reposer dans un grand regard de complaisance ».

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Martin De Vos – Le Jugement dernier – Séville-Musée des Beaux-Arts(1570)

 

  • Alléluia : Potéstas ejus

Le texte provient du prophète Daniel qui eut, la 1re année du règne de Balthazar, roi de Babylone, une vision qui ressemble à celle que rapporte saint Jean au chapitre XIII et XIV de l’Apocalypse.

C’est la proclamation de la royauté éternelle du Fils de l’homme.

Potéstas ejus, potéstas ætérna, quæ non auferétur : et regnum ejus, quod non corrumpétur.

Sa puissance est une puissance éternelle qui ne sera pas emportée, et son règne est un règne qui ne sera point bouleversé.

Le Fils de l’homme, bien entendu, c’est le Christ ; il s’est lui-même à de nombreuses reprises attribué ce titre, notamment devant Caïphe. La mélodie est celle de l’alléluia du IVe dimanche après Pâques, Christus resúrgens : le Christ ressuscité ne meurt plus, la mort ne l’emportera plus sur lui. Le rapprochement entre les deux textes est évident. Cette mélodie est une magnifique acclamation ample et solennelle au Christ victorieux de la mort et de ses ennemis.

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  • Offertoire : Póstula a me

Nous retrouvons un psaume messianique, le psaume 2.

Póstula a me, et dabo tibi gentes hereditátem tuam, et possessiónem tuam, términos terræ.

Demande-moi et je te donnerai les nations en héritage, et pour domaine les extrémités de la terre.

Dans le psaume, il s’agit du roi d’Israël, dont par l’onction sacrée Dieu a fait son fils, c’est-à-dire son représentant sur terre pour gouverner les nations en son nom, mais il est là aussi la figure du Messie, véritable fils de Dieu à qui toutes les nations doivent être soumises. La mélodie de cet offertoire emprunte ses formules à celles des offertoires de la messe de minuit et de la messe du jour.

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  • Communion : Sedébit Dóminus

Nous terminons les chants du propre de la messe du Christ-roi avec l’antienne de communion Sedébit dont le texte est extrait du psaume 28, un chant de louange à Dieu pour sa majesté et sa toute puissance. Ce verset a été choisi à cause du mot Roi qui y figure et qui s’applique aujourd’hui au Christ. En outre, il évoque la paix qui est un des bienfaits de la royauté de Notre Seigneur.

Sedébit Dóminus Rex in ætérnum.

Le Seigneur siège sur son trône, Roi pour l’éternité.

Dóminus benedícet pópulo suo in pace.

Le Seigneur bénira son peuple dans la paix.

La mélodie est pleine de simplicité, et de cette paix dont parle le texte.

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion. C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…

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Pour prolonger cette émission et honorer au mieux Notre-Seigneur  Jésus-Christ Roi en cette belle solennité, je vous propose de poursuivre avec les chants de l’office : antiennes et hymne des vêpres Te saeculorum Principem, le répons Tua est, l’hymne des laudes Vexilla Christus et enfin les célèbres acclamations carolingiennes.
Bonne écoute !

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Vingt-et-unième dimanche après la Pentecôte

Pour les chefs de chœur et choristes

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Dimanche 25 octobre 2020
XXIe DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE
Vert – 2e classe

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Heures d’Étienne Chevalier, enluminées par Jean Fouquet – Job sur le fumier Musée Condé, Chantilly, ©  RMN

Vir erat in terra nomine Job, simplex et rectus, ac timens Deum
Il y avait sur la terre un homme du nom de Job, intègre et droit et craignant Dieu (Offertoire)

–  Le compteur de ce site nous apprend que vous êtes très nombreux à en profiter et nous nous réjouissons que puisse ainsi rayonner la louange divine. Sachez toutefois que nous ne pouvons compter que sur votre aide matérielle pour faire face à nos inévitables frais (achat de disques, de matériel audio, informatique…)

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster… 

– Vous pouvez accéder, à la fin de cette page, au lien qui vous permettra d’obtenir la partition du psaume de communion que nous vous recommandons d’interpréter en alternance avec l’antienne.

– Écoutez la bande sonore de notre émission de dimanche prochain, ici même, dès le lundi précédent, en cliquant sur le petit triangle du curseur ci-dessous.

Préparez ainsi les chants des messes dominicales, liturgiquement, spirituellement et… vocalement

Bonne écoute !

 

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► Introït : In voluntate tua

Comme celui du vingtième dimanche, l’Introït du vingt et unième dimanche après la Pentecôte est une grande prière de l’ancien testament, tirée cette fois du livre d’Esther. Il s’agit de la prière de Mardochée, qui, comme les trios jeunes Hébreux au livre de Daniel, supplie le Seigneur pour le peuple d’Israël à nouveau en captivité et menacé d’extermination, et il commence en exprimant de manière admirable sa soumission à la volonté divine et sa confiance en sa protection :

In voluntate tua, Domine, universa sunt posita, et non est qui possit resistere voluntati tuæ : tu enim fecisti omnia, cælum et terram, et universa quæ cæli ambitu continentur : Dominus universorum tu es.

A votre volonté, Seigneur, toutes choses sont soumises ; il n’y a rien qui puisse résister à votre volonté. C’est Vous qui avez tout créé, le ciel et la terre et toutes les choses qui sont contenues sous la voûte des cieux ; Vous êtes le maître de toutes choses.

Le texte biblique précisait : rien ne peut résister à votre volonté, si Vous avez résolu de sauver Israël. Ici, cette proposition a été supprimée, enlevant au texte son caractère de supplication pour ne conserver que l’affirmation de la toute puissance divine. Elle se traduit par une mélodie entièrement horizontale, presque immobile, tournant toujours autour des mêmes notes sans jamais s’élever. Elle exprime d’abord la profonde humilité de cette prière : on est prosterné devant la majesté divine sans oser lever les yeux. Elle exprime ensuite le calme et la parfaite tranquillité de la création dans la main du Seigneur : tout est en place, rien ne bouge, on est dans la paix. Elle exprime enfin la confiance totale dans la providence, aucun mouvement de trouble ou d’inquiétude même au milieu des épreuves ; tout ce qui arrive est permis par Dieu, donc c’est pour notre bien. Cet Introït est accompagné comme dimanche dernier par le premier verset du psaume 118 qui revient souvent à cette période de l’année liturgique, et que nous retrouverons à la Communion pour la troisième fois consécutive :

Beati immaculati in via : qui ambulant in lege Domini.

Heureux ceux dont la conduite est sans tache et qui marchent selon la loi du Seigneur.

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► Graduel : Domine refugium

Le texte du Graduel du vingt et unième dimanche après la Pentecôte est le début du psaume 89, que nous avons déjà rencontré quelques fois, en particulier au Graduel du sixième dimanche après la Pentecôte, où le texte d’aujourd’hui se trouvait dans la deuxième partie. Ce psaume est une grande méditation, attribuée par certains à Moïse, sur le mystère du temps et de l’éternité. Elle oppose la fragilité et la brièveté de notre vie sur cette terre, qui se fane comme l’herbe et la fleur des champs, à la stabilité immuable de Dieu, pour qui mille ans sont comme un jour. Cette réflexion convient particulièrement à cette époque de l’année liturgique où notre pensée se tourne vers la fin des temps. Les deux premiers versets du psaume que nous trouvons ici opposent les deux aspects du mystère :

Domine, refugium factus es nobis, a generatione et progenie. Priusquam montes fierent, aut formaretur terra et orbis : a sæculo, et in sæculum tu es Deus.

Seigneur, Vous Vous êtes fait notre refuge de génération en génération. Avant que les montagnes n’existent et que soient formés la terre et l’univers, de siècle en siècle, Vous êtes Dieu.

La première phrase c’est le temps, les générations qui se succèdent sur la terre et trouvent auprès du Seigneur aide et protection. La deuxième phrase c’est l’éternité où Dieu existe avant toute création. Nous lui retournons la définition qu’Il a donnée de Lui-même : Je suis, a-t-il dit à Moïse ; Tu es Deus, Vous êtes, lui disons-nous.
La mélodie est une mélodie type que l’on retrouve assez souvent sur des textes différents, et nous avons déjà remarqué comment ses grandes vocalises s’adaptent avec souplesse à l’expression de sentiments divers ; ici la confiance en la divine providence qui, du haut de son éternité immuable, nous guide au cours de notre pèlerinage sur la terre. On notera toutefois que les deux mots importants de la fin Tu es n’ont pas de vocalise, mais seulement une note chacun, ce qui est aussi un moyen de les mettre en évidence.

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Jan Luyken (ou Johannes Luiken) 1649-1712 Le Servant infidèle

 

► Alléluia : In exitu Israël

Le texte de l’Alléluia du vingt et unième dimanche après la Pentecôte est encore le début d’un psaume ; il s’agit du psaume 113, bien connu de tous ceux qui chantent les Vêpres du dimanche dont c’est le cinquième psaume.

In exitu Israël ex Aegypto, domus Jacob de populo barbaro.

Quand Israël sortit d’Égypte, la maison de Jacob de chez un peuple barbare...

La phrase ici n’est pas finie. On sait que le deuxième verset continue : ” La Judée devint son sanctuaire et Israël en fit son domaine. ” Il s’agit donc de la sortie d’Égypte et de l’entrée dans la terre promise, thème qui revient très souvent dans la liturgie. L’Égypte est la figure de ce monde de péché dans lequel nous sommes prisonniers. La terre promise bien entendu c’est le ciel pour lequel nous sommes faits et vers lequel nos regards se tournent plus que jamais en cette période de l’année.
La mélodie est assez originale. Elle semble d’origine gallicane (on peut voir le sens de ce mot à l’Introït du septième dimanche après la Pentecôte) car elle présente une certaine parenté avec celle du Répons Christus resurgens, antique chant de l’Église des Gaules, que l’on chante à Pâques en certains diocèses de France et notamment à Paris, et qui ne figure pas dans les livres romains. Solennelle et enthousiaste, elle s’élève en vagues successives, culminant dans le verset sur le mot ex (hors de) qui est le mot de la sortie donc de la délivrance.

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Paul Gustave Louis Christophe Doré dit Gustave Doré, né le 6 janvier 1832 à Strasbourg et mort le 23 janvier 1883 à Paris – Job sur son fumier

 

► Offertoire : Vir erat

Nous trouvons à nouveau à l’Offertoire du vingt et unième dimanche après la Pentecôte un grand texte tiré non pas d’un psaume, mais d’un autre livre de l’ancien testament peu utilisé dans la liturgie, le livre de Job.
Ce livre est un long poème dans lequel le personnage de Job, frappé de dures épreuves, mais restant soumis à la volonté divine, dialogue indéfiniment, comme aiment à le faire les orientaux, avec d’autres personnages qui le poussent à désespérer et à se révolter.
Dans les derniers chapitres Job dialogue avec Dieu lui-même, lui exprimant sa confiance. Le texte que nous allons entendre est un résumé du prologue exposant les faits qui serviront de base à toute la discussion :

Vir erat in terra nomine Job, simplex et rectus, ac timens Deum : quem Satan petiit ut tentaret : et data est ei potestas a Domino in facultate et in carne ejus : perdiditque omnem substantiam ipsius, et filios : carnem quoque ejus gravi ulcere vulneravit.

Il y avait sur la terre un homme du nom de Job, intègre et droit et craignant Dieu ; Satan demanda la permission de le tenter, et pouvoir lui fut donné par le Seigneur sur les biens de cet homme ainsi que sur sa chair. Il lui fit perdre tout ce qu’il possédait, et même ses fils, et enfin il frappa sa chair d’une grave plaie.

Ce texte n’est qu’un récit de ce qui est arrivé à Job, sans laisser entendre quelles ont été les réactions du saint homme, et la mélodie n’est qu’un souple récitatif assez orné, calme et régulier d’un bout à l’autre. Mais les chrétiens des siècles où fut élaboré ce chant connaissaient très bien la sainte Écriture, et en entendant ce récit ils éprouvaient tout naturellement les sentiments de soumission à la volonté divine et de confiance jusque dans les plus graves épreuves qui furent ceux de Job, et que l’Église veut nous inspirer en cette fin de l’année liturgique.

► Communion : In salutari tuo

Pour la troisième fois consécutive, nous retrouvons dans l’antienne de Communion du vingt et unième dimanche après la Pentecôte le psaume 118, la longue méditation sur la loi de Dieu et sa volonté.
Comme dans la Communion du vingtième dimanche, cette loi divine est désignée ici par la parole de Dieu qui nous donne l’espérance.

In salutari tuo anima mea, et in verbum tuum speravi : quando facies de persequentibus me judicium ? iniqui persecuti sunt me, adjuva me, Domine Deus meus.

Mon âme languit après votre salut, je mets mon espoir dans votre parole. Quand ferez-vous justice de ceux qui me persécutent ? Les méchants me persécutent ; au secours, Seigneur mon Dieu !

Le contexte dit nettement que les méchants ce sont ceux qui refusent d’écouter la parole de Dieu et d’obéir à ses commandements. Ils s’opposent au psalmiste qui veut rester fidèle jusqu’au bout. La particularité de cette antienne est de commencer par un chant de confiance et d’espoir puis de se poursuivre et s’achever par un appel de plus en plus angoissé. La mélodie suit cette progression du texte. La première phrase qui exprime la confiance est calme et douce, la deuxième nettement plus mouvementée ; quant à la troisième elle commence par un récitatif d’allure psalmodique d’une intensité presque dramatique dans sa sobriété pour s’achever par une grande montée suppliante sur l’invocation Deus meus.

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion. C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…

Notre Dame du Mont-Carmel (16 juillet)

Pour les chefs de chœur et choristes

Carmel (16 juillet)
Notre Dame du Mont-Carmel, œuvre baroque d’Antoine Duparc à Beniaján (Espagne)

Mardi 16 juillet 2019
BEATÆ MARIÆ VIRGINIS DE MONTE CARMELO
Notre Dame du Mont-Carmel

Cette commémoraison fut instituée par les Carmes vers 1380.
Sixte-Quint approuva la fête pour tout l’ordre du Carmel en 1578. Elle s’étendit aux États espagnol, autrichien et portugais au XVIIe siècle.
Benoît XIII l’inscrivit au calendrier romain en 1726 comme double-majeur. Jean XXIII la réduisit au rang de simple commémoraison en 1960.

Notre Dame du Mont-Carmel et des saints du Carmel (Simon Stock, Ange de Jérusalem, Marie-Madeleine de Pazzi, Thérèse d’Avila) par Pietro Novelli (1641)

 

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster…  

– Le site Sancta Missa n’offre hélas pas les partitions de cette messe.
Vous pourrez télécharger un missel ICI.

– Écoutez la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous. Une bonne façon de préparer les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et vocalement !

Bonne écoute ! Ut in ómnibus glorificétur Deus…

 

Wikipédia offre à ceux qui voudraient en connaître plus sur Notre Dame du Mont-Carmel un excellent article.

► Nous n’avons à notre disposition aucun enregistrement de l’alléluia de cette fête Per te, Dei génitrix. 

Difficultés techniques lors de l’écoute audio

Certains de nos visiteurs nous ont fait part d’une “panne” du lecteur permettant l’écoute des fichiers audio.

Ce problème est très clairement dû à un problème de mise à jour, mais nous n’avons pas pu déterminer pour l’instant à quel niveau il se situe, mais la meilleure explication est que certains navigateurs ne sont pas mis à jour, tandis que le moteur de notre site l’est automatiquement.

Pour nous permettre de comprendre – trop lentement au goût de tout le monde, mais nous n’y pouvons rien – nous vous proposons de nous signaler ces problèmes en nous indiquant la version de votre système d’exploitation (Windows ou Macintosh) et celle de votre navigateur. Merci d’avance.

Formulaire de contact avec le webmaster

Una Voce en exploration diocésaine…

[A]u cours de sa séance de décembre 2017, notre Conseil d’administration a décidé d’étendre son action en direction des diocèses de France. Nous faisons le constat suivant :

  • le Concile Vatican II dit formellement que le chant grégorien “a la première place dans la liturgie”
  • toutes les paroisses se réclament du Concile
  • mais la grande majorité d’entre elles ignorent cette prescription du Concile
  • cette ignorance est subie par la majorité des paroissiens, et non pas désirée par eux
  • la question du chant grégorien peut de nouveau être discutée sereinement dans beaucoup de paroisses

Una Voce considère donc que son action en faveur de l’Art sacré n’est plus sujette aux restrictions que l’on a connues à la fin du XXe s.

C’est pourquoi nous avons décidé d’explorer les diocèses. Cette action se déroule en deux temps :
• 1) établir les bases d’un réseau relationnel par diocèses
• 2) utiliser ces réseaux pour proposer toute action de redécouverte du chant grégorien par les paroisses, et des préconisations de l’Église à ce sujet.

Pour atteindre ses objectifs, Una Voce active son réseau de correspondants locaux.

Vous voulez faciliter cette exploration d’Una Voce ? Vous connaissez des personnes intéressées, prêtres diocésains et laïcs impliqués dans les paroisses ? Vous pensez même pouvoir contribuer activement  à notre action ? Consultez l’annuaire de nos correspondants locaux !

Ce plan d’action d’Una Voce, qui a été créée pour promouvoir l’Art sacré, s’inscrit dans cette réflexion du Pape émérite Benoît XVI à propos du nouveau Missel : “C’est un malheur, à mon avis, d’avoir donné l’impression qu’il s’agissait là d’un livre nouveau, au lieu de replacer l’ensemble dans l’unité de l’histoire liturgique. Je crois donc qu’une nouvelle édition devra montrer et dire clairement que le missel de Paul VI n’est rien d’autre qu’une version nouvelle du missel auquel avaient déjà travaillé saint Pie X, Urbain VIII, saint Pie V et leurs prédécesseurs en remontant jusqu’à l’Église primitive.” (Joseph Ratzinger “La Célébration de la Foi”, Téqui, 1985, p.84-85).

Una Voce agit donc dans le sens de l’unité de l’Église, à travers l’espace et le temps. Ce faisant, notre association s’inscrit dans la tendance des jeunes générations de catholiques, lesquels n’éprouvent aucunes réticences à l’égard du chant grégorien.

Il faut bien reconnaître, cependant, que cette nouvelle action d’Una Voce implique, de la part des correspondants locaux, des démarches inhabituelles et des approches différentes. C’est pourquoi cette action s’inscrit dans le moyen terme, et que les conclusions seront longues à venir.

Una Voce à Solesmes : “La sémiologie Dom Cardine” 10-12 Avril

Pour les chefs de chœur et choristes

12 Avril

Du 10 au 12 avril 2018, à l’Abbaye de Solesmes, se sont déroulées les “Deuxièmes rencontres grégoriennes” sur le thème La sémiologie de Dom Cardine, 30 et 50 ans après sous l’égide de :

  • Très Réverend Père Dom Philippe Dupont, Abbé de Solesmes
  • Très Réverend Père Dom Notker Wolf, Abbé Primat bénédictin émérite
  • Dom Patrick Hala, directeur de l’Atelier de Paléographie

Dom Guilmard en a été l’organisateur. Plus de 60 participants, dont 16 conférenciers, se sont retrouvés, venus de différents pays d’Europe, mais aussi de pays plus lointains tels que Taïwan, Urugay, ou USA. La liste des conférences est donnée au bas de cette page.

Le succès rencontré s’explique par la thématique : l’intérprétation du chant grégorien selon les hypothèse de Dom Cardine n’est pas encore parvenue à une stabilité et une maturité pourtant souhaitée par tous. Et par ailleurs nul n’ignore que le courant cardinien n’a pas encore convaincu tout le monde, loin s’en faut.

Una Voce reste fidèle à l’intérprétation de Dom Gajard (celle que tout le monde connaît) pour trois raisons : parce que c’est celui développé historiquement par Solesmes depuis Dom Mocquereau, parce que les livres qui en découlent ont reçu l’imprimatur de divers évêques, et enfin parce que c’est la seule méthode de chant qui permette d’unir les fidèles, les chantres et le clergé dans l’exercice du chant sacré.

Cependant Una Voce ne veut nullement que ni la vérité historique ni l’équité pratiquée à l’égard de Dom Cardine n’en pâtisse. Pour cette raison, Una Voce a eu l’occasion de tenter l’ouverture d’un dialogue authentique, mais le recours à un forum internet s’est avéré n’être qu’une demi bonne solution…

Aussi, c’est avec enthousiasme que nous avons participé à ce colloque. Una Voce va d’ailleurs tisser un lien formel avec l’association qui fédère les recherches sur Dom Cardine mais surtout sur les manuscrits anciens, que tous gagnent à mieux connaître.

Cinq membres du Conseil d’Administration étaient sur place, à savoir : Patrick Banken (notre Président), Philippe Bévillard, Charles Huber, Antoine Scherrer, et Alain Cassagnau.

Un article sera publié sur ce colloque dans le prochain numéro de la revue d’Una Voce.


Conférences

•    Une leçon de sémiologie de Dom Cardine. M. Giedrius Gapsys, Lituanie/France.
•    La réception de la Sémiologie en Espagne : les cours de Dom Cardine dans la péninsule ibérique. M. Juan Carlos Asensio, Espagne.
•    Souvenir et influences. M. Iegor Reznikoff, France.
•    Dom Cardine et L. Agustoni : une amitié sémiologiquement étonnante. M. Giovanni Conti, Suisse, et Mme Yseult Pelloso, Italie.
•    Table ronde sur Dom Cardine. T.R.P. Notker Wolf.
•    “Sémio-modalité” : vers la synthèse totale du “style verbal” et de la modalité. Mgr Alberto Turco, Italie.

•    Souvenirs. M. Alexander Schweitzer, Suède, Allemagne.
•    La sémiologie de la notation du chant bénéventin. M. Matthew Peattie, USA.
•    New challengers in semiological research. M. Franz Karl Prassl, Allemagne, Italie.
•    MMMO database : un atelier de paléographie musicale au XXIe s. M. Dominique Gatté.
•    La sémiologie, exégète de la modalité, de la paléographie ; de la relation texte et musique ave la composition. M. Guido Milanese, Italie.
•    La sémiologie pour métamorphoser la mélodie grégorienne. M. Philippe Lenoble, Le Mans.
•    Table ronde “la sémiologie en général”. T.R.P. Notker Wolf
•    Visite de l’Atelier de Paléographie

•    Comment les signes écrits sont-ils véhicules de l’Esprit ? T.R.P. Dom Xavier Perrin, Abbé de Quarr, Angleterre.
•    “Il n’y a pas de méthode Cardine”. M. Louis-Marie Vigne, Paris.
•    La semiologia prima della semiologia : Il trattato di Paleografia Musicale di Raffaello Baralli. M. Gianlucca Bocchino, Italie.
•    Quels usages de la sémiologie dans les répertoires instables. M. J.-F. Goudesenne, Tours.
•    Sonorita della “h” nelle parole “nihil, mihi, vehementer” (analisi fonetica sulla base di semiologia. M. Michal Slawecki, Pologne.
•    Table ronde finale. T.R.P. Notker Wolf
•    Synthèse, mot d’envoi, et chant du Te Deum. M. François Fierens, Belgique.

TEST

Pour les chefs de chœur et choristes

Test de la liste de lecture intégrée + partitions

 

A.G. de la Fédération Internationale Una Voce 2015

L’année dernière nous célébrions le 50e anniversaire de notre association Una Voce, à Paris. Mais nous ne sommes qu’une composante de la Fédération Internationale (FIUV). Cette année, c’était à son tour d’organiser la célébration de son cinquantenaire. En effet, cette dernière a été fondée à la suite de la création de notre association, et elle en a même repris le nom ! C’est dire combien le rôle de la France a été déterminant.

Nous nous sommes donc retrouvés à la Domus Australia, via Cernaia, à Rome, du 21 au 26 octobre 2015. Voici quelques photos prises les 24 et 25. A cette occasion, Patrick Banken, Président de Una Voce France, a été élu Vice-Président de la Fédération.

Notre assemblée générale coïncidait – pas tout-à-fait par hasard, et cela ne surprendra personne – avec le Pèlerinage Summorum Pontificum qui a suscité de magnifiques moments, dont le plus impressionnant fut, évidemment, la messe célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome.
ALBUM PHOTO.

Musique sacrée – L’orgue – Discours de Benoît XVI

Extraits de l’allocution de Benoît XVI à la Vieille Chapelle de Ratisbonne – 14 sept. 2006

L’orgue, le « roi des instruments », peut conduire à la « joie de la foi », souligne le pape Benoît XVI dans son allocution à la Vieille Chapelle de Ratisbonne, avant la bénédiction du nouvel orgue, offert par la Fondation de la Vieille Chapelle.

Cette fondation a également contribué, en 2002, avec le Lichtenstein, à l’acquisition d’un orgue, dû à un facteur suisse, offert à la chapelle Sixtine.

Soulignant la spécificité de l’orgue, le pape expliquait comment cet instrument est apte à traduire les sentiments humains: « L’orgue est appelé depuis toujours et à juste titre le roi des instruments musicaux, parce qu’il reprend tous les sons de la création et – comme il a été dit il y a peu, ajoutait le pape, en citant les paroles du président de la Fondation de la Vieille chapelle -, il se fait l’écho de la plénitude des sentiments, de la joie à la tristesse, de la louange à la lamentation ».

Mais Benoît XVI soulignait aussi combien l’orgue traduit quelque chose de la grandeur de Dieu : « En outre, comme toute musique de qualité, en transcendant la sphère simplement humaine, il renvoie au divin, ajoutait le pape. La grande variété des timbres de l’orgue, depuis le « piano » jusqu’au bouleversant « fortissimo », en fait l’un des instruments supérieurs à tous les autres. Il est en mesure de faire écho à tous les domaines de l’existence humaine. Les multiples possibilités de l’orgue nous rappellent d’une certaine façon l’immensité et la magnificence de Dieu ».

Le pape citait Bach et Bruckner comme ayant eu explicitement ce souci de rendre gloire à Dieu : « Par leur musique, les grands compositeurs veulent en définitive, chacun à leur façon, glorifier Dieu. Au-dessus du titre de beaucoup de ses partitions, Jean-Sébastien Bach a écrit les lettres : “S. D. G.”: Soli Deo Gloria – seulement à la gloire de Dieu. Anton Bruckner aussi mettait au début les paroles :                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           ié au Bon Dieu ». Que tous ceux qui fréquentent cette magnifique basilique, soient conduits, grâce à la grandeur de l’édifice et à travers la liturgie enrichie de l’harmonie du nouvel orgue, et du chant solennel, à la joie de la foi ! C’est mon souhait au jour de l’inauguration de ce nouvel orgue ».