Fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu) – En-Calcat (1964)


FÊTE DU TRÈS SAINT SACREMENT OU FÊTE-DIEU  1e classe – Blanc
Jeudi  20 juin 2019
En France, solennité le dimanche 23 juin 2019

Une grande solennité s’est levée sur le monde : la Fête-Dieu, ainsi l’ont appelée nos pères, vraiment fête de Dieu, mais aussi fête de l’homme, étant la fête du Christ-médiateur présent dans l’Hostie pour donner Dieu à l’homme et l’homme à Dieu. L’union divine est l’aspiration de l’humanité ; à cette aspiration, ici-bas même, Dieu a répondu par une invention du ciel. L’homme célèbre aujourd’hui cette divine merveille. (Dom Prosper Guéranger)

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster

– Allez sur le site Sancta Missa si vous ne disposez pas de livre de chants.

– Vous pouvez accéder, à la fin de cette page, au lien qui vous permettra d’obtenir la partition du psaume de communion que nous vous recommandons d’interpréter en alternance avec l’antienne.

– Écoutez la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous. Une bonne façon de préparer les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et vocalement !

Dirigeons-nous vers le sud de la France, au pied de la Montagne noire.
C’est le 28 mai 1964 en l’abbaye Saint-Benoît d’En-Calcat. Le célèbre Studio SM a capté cette belle cérémonie, en plein air.
L’enregistrement gravé sur disque noir n’a hélas pas été réédité en CD.

Bonne écoute ! Ut in ómnibus glorificétur Deus…

 

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Faisons un bref historique de cette belle Fête-Dieu naguère si populaire…

La fête du saint Sacrement date du XIIIe siècle. Dans une vision, la bienheureuse Julienne, prieure du monastère de Mont-Cornillon, près de Liège, apprit que Dieu la chargeait de travailler de tout son pouvoir à l’établissement d’une fête en l’honneur du saint Sacrement. Le pape Urbain IV la rendit obligatoire pour l’Église entière en 1264 et le pape Jean XXII, en 1318, ordonna de porter l’Eucharistie en procession dans les rues et sur les chemins.

On fait une procession solennelle le jour de la Fête-Dieu pour sanctifier et bénir, par la présence de Jésus-Christ, les rues et les maisons de nos villes et de nos villages.

Les processions du saint Sacrement exposé dans l’ostensoir n’ont pas commencé avant l’institution de la Fête-Dieu. Cependant, avant cette époque, il existait des processions dans lesquelles on transportait le saint Sacrement enfermé dans un tabernacle. Ce n’était pas le saint Sacrement que l’on voulait spécialement honorer, mais Notre-Seigneur considéré dans quelqu’une des circonstances de sa vie terrestre.

C’est ainsi que, dès le VIIe siècle, dans quelques églises, on portait le saint Sacrement à la procession destinée à honorer l’entrée triomphale de Notre-Seigneur à Jérusalem, le jour des Rameaux.

La bulle du Pape Jean XXII, ordonnant « de porter l’Eucharistie en procession clans les rues et les places publiques », fut publiée en 1318 ; mais elle ne faisait sans doute que confirmer une coutume probablement aussi ancienne que la Fête-Dieu (1264).

Aussitôt que ces processions furent instituées, la piété des fidèles s’efforça de leur donner tout l’éclat possible. C’est au milieu des rues et des places richement pavoisées de draperies et de guirlandes, que s’avançait le saint Sacrement abrité sous un dais pour en souligner davantage la présence. Il était précédé d’une longue file d’enfants vêtus de blanc, qui balançaient des encensoirs ou jetaient des fleurs, pendant que la foule chantait les bienfaits de l’Eucharistie.

Malheureusement, aujourd’hui, dans beaucoup de villes, sous prétexte de respecter la liberté de conscience et de ne pas entraver la circulation, Jésus-Hostie ne peut sortir des églises que difficilement.

L’office du très saint Sacrement, composé par saint Thomas d’Aquin, est une admirable exposition de l’enseignement catholique sur l’Eucharistie.

Les hymnes Sacris solemniis des Matines, Verbum supernum des Laudes, Pange lingua des Vêpres et la prose Lauda Sion, qu’on a appelée le Credo du Saint Sacrement, sont des modèles par leur profondeur de doctrine, leur concision pleine de clarté et leur simplicité majestueuse.
Les mélodies, très belles aussi, existaient déjà avant saint Thomas.

Pour célébrer dignement la Fête-Dieu, les chrétiens contribuent à l’éclat des cérémonies, dans la mesure de leur pouvoir, en ornant les rues qui se trouvent sur le passage du saint Sacrement, assistent à la Messe et à la bénédiction du saint Sacrement, et prennent part à la Procession.

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Les chants du Propre de la messe: 

Introït : Cibavit eos

Cette fête comporte, en plus de la messe, la procession solennelle du Saint Sacrement dans les rues, aux chants d’hymnes et de cantiques, qui a valu à la fête son nom populaire de Fête Dieu, car on y adore le pain eucharistique sous l’apparence duquel Dieu se rend actuellement visible à nos yeux. Cette fête a été fixée au jeudi qui suit celle de la Sainte Trinité, en souvenir évidemment du Jeudi Saint et de l’institution du sacrement de l’Eucharistie. Mais en France depuis le concordat de 1801 ce jeudi n’est plus jour férié ni fête d’obligation, et la solennité de la fête a été reportée au dimanche suivant, supplantant ainsi le deuxième dimanche après la Pentecôte. On sait que l’office de cette fête, y compris la messe, a été composé entièrement par saint Thomas d’Aquin. Pour les chants du propre de la messe il a repris à l’Introït et au Graduel des pièces existantes. Les autres, Alléluia, Offertoire, Communion sont nouvelles.
Pour l’Introït saint Thomas d’Aquin a repris celui du Lundi de la Pentecôte, qui nous rappelle que dans les premiers siècles la fête de la Pentecôte était une fête baptismale comme celle de Pâques ; les chants des messes de la semaine de la Pentecôte, comme ceux de la semaine de Pâques, s’adressent tout particulièrement aux nouveaux baptisés, qui sont aussi des premiers communiants. C’est pourquoi il y est question de l’Eucharistie qu’ils ont reçue pour la première fois. Cette nourriture spirituelle est évoquée ici par un verset du psaume 80, invitation à célébrer une grande fête pour remercier le Seigneur de ses bienfaits.

Cibavit eos ex adipe frumenti, et de petra melle saturavit eos.

Il les a nourris de la fleur du froment, et Il les a rassasiés du miel du rocher...

La mélodie est peu développée, tournant simplement autour de quelques notes. Elle est douce et paisible avec seulement un accent plus marqué sur le mot saturavit qui évoque le bonheur d’être rassasié. Cet Introït est accompagné bien entendu du premier verset du psaume 80.

Exsultate Deo adjutori nostro : jubilate Deo Jacob.

Exultez pour Dieu qui est notre secours, poussez des cris de joie pour le Dieu de Jacob.

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Graduel : Oculi omnium

Comme l’Introït, ce Graduel de la fête du Saint Sacrement est une pièce ancienne qui a été reprise pour cette messe : le Graduel du vingtième dimanche après la Pentecôte. Le texte est tiré du psaume 144, encore un chant d’action de grâces pour tous les bienfaits dont le Seigneur nous a comblés, et en particulier la nourriture qu’il nous accorde tous les jours, notre pain quotidien où nous voyons aujourd’hui une figure de l’Eucharistie.

Oculi omnium in te sperant, Domine, et tu das illis escam in tempore opportuno. Aperis tu manum tuam, et imples omne animal benedictione.

Les yeux de tous espèrent en vous, Seigneur, et vous leur donnez la nourriture en temps opportun. Vous ouvrez la main et vous comblez tout être vivant de vos bénédictions.

Le mot  » animal  » en latin désigne toutes les créatures vivantes, et en premier lieu les hommes. La mélodie comme c’est généralement le cas dans les Graduels est faite en grande partie de formules que l’on rencontre dans d’autres pièces, avec de grandes vocalises. C’est en particulier la même qui conclut la première et la deuxième partie. Cette mélodie est ample et enthousiaste avec des montées et des descentes bien équilibrées embrassant toute l’étendue de l’octave.

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Alléluia : Caro mea

Le texte de l’Alléluia de la fête du Saint Sacrement est tiré de l’évangile de saint Jean, dans le discours sur le pain de vie.

Caro mea vere est cibus, et sanguis meus vere est potus : qui manducat meam carmen, et bibit meum sanguinem, in me manet, et ego in eo.

Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.

Si ces paroles du Christ scandalisèrent ses auditeurs au point qu’un grand nombre d’entre eux le quittèrent, elles nous sont devenues familières, et se passent de commentaires. La mélodie est celle d’un Alléluia existant auquel les nouvelles paroles ont été adaptées, mais d’une façon assez heureuse. Il y a un contraste entre la mélodie de l’Alléluia, qui se développe plus dans le grave que dans l’aigu, et celle du verset, qui se tient au contraire dans les hauteurs avec des envolées légères et enthousiastes, pour retrouver seulement à la fin la mélodie de l’Alléluia et sa profondeur.

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Séquence : Lauda Sion

L’Alléluia de la fête du Saint Sacrement est suivi d’une Séquence, comme à Pâques et à la Pentecôte, mais celle d’aujourd’hui est beaucoup plus longue : c’est le célèbre Lauda Sion. Après une invitation à la louange, saint Thomas d’Aquin y procède à un exposé précis et détaillé de la foi catholique concernant la Sainte Eucharistie, avant de terminer par une invocation au Christ qui se donne à nous en nourriture pour qu’il nous conduise au ciel.

Cette Séquence se compose de vingt-quatre strophes dont les mélodies se répètent deux par deux (avec une exception : sept et huit répètent cinq et six) ; chaque strophe est formée de trois petits vers de huit, huit et sept pieds, mais à la fin elles s’élargissent : à partir de la dix-neuvième, les strophes ont quatre vers, trois de huit et un de sept pieds, et les deux dernières ont même cinq vers, quatre de huit et un de sept pieds. Comme cette pièce est très longue, nous n’en reproduisons pas ici le texte latin, et en donnons seulement la traduction :

Sion, loue ton sauveur, ton chef et ton pasteur par des hymnes et des cantiques.
Ose autant que tu le peux, car il est supérieur à toute louange, et tu ne peux suffire à le louer.
Aujourd’hui est proposé un thème spécial de louange : le pain vivant qui donne la vie.
C’est ce pain qui fût donné sans ambiguïté au groupe des douze frères sur la table de la sainte Cène.
Que ta louange soit pleine, sonore et joyeuse, magnifique jubilation de l’âme.
Voici en effet le jour solennel où nous fêtons la première institution de ce banquet.
Cette table du nouveau Roi, la nouvelle Pâque de la nouvelle loi met fin à l’ancienne pratique.
Le nouveau succède à l’ancien, la vérité chasse l’ombre, la lumière dissipe la nuit.
Ce que le Christ accomplit à la Cène, il ordonna de le faire en mémoire de Lui.
Instruits par cette institution sacrée, nous consacrons le pain et le vin en hostie pour notre salut.

C’est un dogme pour les chrétiens : le pain est changé en chair et le vin en sang.
Ce que tu ne comprends et ne vois pas, une foi vive l’atteste au-delà de l’ordre des choses.
Sous des apparences changées, par des signes seulement et non des réalités, se cachent des choses sublimes.

La chair est une nourriture et le sang une boisson, mais le Christ demeure entier sous chaque espèce.

Il n’est ni brisé, ni rompu, ni divisé par celui qui le prend, mais il est reçu tout entier.
Un seul le reçoit, mille le reçoivent, ceux-ci autant que celui-là, et il est absorbé sans être consumé.
Les bons le reçoivent, les méchants le reçoivent, mais quel sort différent ! la vie ou la mort.
La mort pour les méchants, la vie pour les bons : vois les effets opposés d’une même absorption.
Si le sacrement est divisé, n’hésite pas, souviens-toi qu’il se cache autant dans une parcelle que dans la totalité.

Aucune division de la chose, seul le signe est rompu : ni la nature ni la grandeur de ce qui est signifié n’est diminué.

Et voici les quatre dernières strophes que l’on chante souvent en dehors de leur contexte au salut du Saint Sacrement :

Voici le pain des Anges devenu la nourriture des voyageurs, vrai pain des fils qui ne doit pas être jeté aux chiens.

Il est désigné en figure lorsque Isaac est immolé, l’agneau pascal sacrifié, la manne donnée à nos pères.

Bon pasteur, pain véritable, Jésus, ayez pitié de nous, nourrissez-nous, protégez-nous, faites nous voir le bien souverain dans la terre des vivants

Vous qui savez et pouvez tout, qui nous nourrissez ici bas, faîtes nous là-haut les commensaux, cohéritiers et compagnons des citoyens du ciel.

La mélodie est entièrement syllabique et d’une grande amplitude, montant très haut et descendant très bas mais toujours très affirmative.

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Offertoire : Sacerdotes

Pour l’Offertoire de la fête du Saint Sacrement, saint Thomas d’Aquin a choisi un passage du Lévitique, livre de l’Ancien Testament dans lequel Dieu donne des lois très précises et très détaillées au peuple d’Israël ; ce passage concerne la sainteté des prêtres :

Sacerdotes Domini incensum et panes offerunt Deo, et ideo sancti erunt Deo suo et non polluent nomen ejus.

Les prêtres du Seigneur offriront l’encens et les pains à Dieu ; c’est pourquoi ils seront saints pour leur Dieu et ne profaneront pas son nom.

Ce texte nous rappelle qu’en instituant l’Eucharistie, le Christ a également institué le Sacerdoce, et qu’il ne peut y avoir d’Eucharistie sans sacerdoce.

La mélodie comme c’est généralement le cas pour les Offertoires est calme et contemplative, mais en même temps très affirmative. On remarquera les longues tenues sur panem angelorum, les mots même repris par saint Thomas d’Aquin dans la Séquence Lauda Sion.

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Communion : Quotiescumque

Pour la Communion de la fête du Saint Sacrement, saint Thomas a choisi un passage de l’Épître de saint Paul aux Corinthiens qui est lue à la messe :

Quotiescumque manducabitis panem hunc et calicem bibetis, mortem Domini annutiabitis donec veniat ; itaque quicumque manducaverit panem vel biberit calicem Domini indigne reus erit corporis et sanguinis Domini.

Toutes les fois que vous mangerez de ce pain et boirez à cette coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne ; c’est pourquoi quiconque mangera de ce pain ou boira à cette coupe sans en être digne sera coupable vis-à-vis du corps et du sang du Seigneur.

Malheureusement, comme à l’Offertoire, la mélodie a été calquée sur celle de la Communion de la Pentecôte, mais elle convient encore moins : la mélodie pleine de mouvement qui traduisait à merveille l’irruption du Saint Esprit dans le Cénacle s’adapte très mal à un texte didactique, et en outre beaucoup plus long.

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion . C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…

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L’Ascension de Notre-Seigneur

emission_radio_ascension5Jeudi 30 mai 2019
In Ascensione Domini – I classis
L’Ascension de Notre-Seigneur – 1re classe
Blanc – Fête d’obligation

Pendant les quarante jours qui suivirent sa Résurrection, le Sauveur posa les fondements de son Église à laquelle il allait bientôt envoyer l’Esprit-Saint. L’Épître et l’Évangile de ce jour résument tous ces enseignements du Maître. Puis Jésus quitta cette terre et l’Introït, l’Oraison, l’Épître, l’Alléluia, l’Évangile, l’Offertoire, la Secrète, la Préface et la Communion célèbrent sa glorieuse élévation au ciel, où les âmes qu’il a délivrées des limbes lui font escorte (All.), et entrent à sa suite dans le céleste royaume où elles participent plus amplement à sa divinité (Préf.)

L’Ascension nous prêche le devoir d’élever nos cœurs vers Dieu. Aussi l’Oraison nous fait-elle demander d’habiter en esprit avec Jésus dans les régions célestes, où nous sommes appelés à habiter un jour corporellement.

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster

– Allez sur le site Sancta Missa si vous ne disposez pas de livre de chants.

 – Vous pouvez accéder, à la fin de cette page, au lien qui vous permettra d’obtenir la partition du psaume de communion que nous vous recommandons d’interpréter en alternance avec l’antienne.

– Écoutez la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous. Une bonne façon de préparer les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et vocalement !
Bonne écoute !
Ut in ómnibus glorificétur Deus…

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Tous les chants du propre de la fête de l’Ascension, l’Introït, les deux Alléluias, l’Offertoire et la Communion ont un point commun : ils contiennent tous le verbe ascéndere, monter, d’où vient le nom de la fête.

Introït : Viri Galilæi

Le texte de l’Introït est tiré du livre des Actes des Apôtres, dans le récit de l’Ascension. Ce sont les paroles que les anges adressèrent aux apôtres après que le Christ se fut dérobé à leurs regards :

Viri Galilæi, quid admiramini aspicientes in cælum ? Quemadmodum vidistis eum ascendentem in cælum, ita veniet.

Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous stupéfaits à regarder le ciel ? Comme vous l’avez vu monter au ciel, ainsi il reviendra.

Dans le texte des Actes, Jésus est explicitement nommé. Ici il est seulement désigné par un pronom. Autre différence, le texte original dit quid statis ? Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? La liturgie a remplacé statis par admiramini, introduisant une nuance d’étonnement et même de stupéfaction. Les apôtres n’ont toujours pas compris ce qui se passait. Il faudra la descente du Saint Esprit dans dix jours pour les éclairer. Les Anges semblent s’adresser à eux avec une certaine condescendance pleine de gentillesse que la mélodie exprime d’une manière légère et assez calme. La deuxième phrase tourne autour des mêmes notes tout en progressant vers les mots ita veniet, il reviendra. Et après cette promesse pleine d’espérance le premier des trois Alléluias de la fin s’élève dans une belle envolée très joyeuse avant la paisible cadence finale.

Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 46, qui est par excellence le psaume de l’Ascension, principalement à cause du verset que nous trouverons au premier Alléluia et à l’Offertoire :

 Omnes gentes plaudite manibus, jubilate Deo in voce exsultationis.

 Tous les peuples battez des mains, poussez des cris de joie pour Dieu.

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Alléluia : Ascendit Deus

Les Alléluias de la fête de l’Ascension ne ressemblent pas à ceux des dimanches du temps pascal, dont nous avons constaté que le deuxième était plus long que le premier avec une mélodie très développée et un texte tiré du Nouveau Testament, le plus souvent de l’Évangile. Les textes de ceux-ci sont tous deux tirés des psaumes, et leurs mélodies sont toutes deux des mélodies types, que l’on retrouve dans un certain nombre d’Alléluias tout au long de l’année, et qui sont donc assez connues.

Le premier de ces deux Alléluias a pour texte le verset du psaume 46 qui en fait le psaume de l’Ascension par excellence :

Ascendit Deus in jubilatione, et Dominus in voce tubæ.

Dieu monte parmi les cris de joie, le Seigneur, au son de la trompette.

 Il s’agit dans le psaume de l’arche d’alliance, présence symbolique de Dieu au milieu de son peuple, qui monte sur la montagne de Sion pour entrer triomphalement dans le temple, figure du ciel. En ce jour de l’Ascension le fils de Dieu monte directement au ciel où il fait une entrée triomphale, mais il n’y a plus sur la terre ni acclamations ni trompette, seulement le silence un peu hébété des disciples. C’est pourquoi la mélodie de cet Alléluia, que nous avons déjà entendue au troisième dimanche de l’Avent ou au deuxième dimanche après l’Épiphanie, n’est pas triomphante mais douce et contemplative, traduisant ainsi l’ambiance un peu mélancolique de la séparation plutôt que la joie extérieure de ce qui n’en était que la figure.

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Alléluia : Dominus in Sina

Dans le deuxième Alléluia de la fête de l’Ascension nous trouvons un autre psaume triomphal d’action de grâces après une grande victoire, le psaume 67, qui raconte l’entrée du peuple d’Israël dans la terre promise avec l’arche d’alliance à sa tête, depuis le Sinaï où lui fut donnée la Loi, jusqu’à la montagne de Sion, où sera bâti le temple de Jérusalem et où nous voyons de nouveau l’arche monter. Sur le chemin de nombreux ennemis ont été vaincus, aussi le peuple emmène-t-il une troupe de prisonniers avec lui ; ainsi le Christ monte-t-il aujourd’hui au ciel entraînant à sa suite les hommes qu’il a rachetés de la captivité du péché.

Dominus in Sina in sancto, ascendens in altum captivam duxit captivitatem.

 Ce texte n’est pas très facile à traduire. Il semble qu’il faudrait lire a Sina plutôt que in Sina ce qui donnerait littéralement :

 Le Seigneur s’avance depuis le Sinaï, il monte dans le lieu saint sur la hauteur emmenant les captifs.

La mélodie est encore une mélodie type, celle de la messe de minuit de Noël, mais aussi du premier dimanche de l’Avent ou du troisième dimanche après l’Épiphanie. Elle est très joyeuse ; ici nulle trace de mélancolie. Nous pensons au ciel où, si nous sommes fidèles, nous monterons à notre tour, délivrés de la captivité du péché.

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Offertoire : Ascendit Deus

Le texte de l’Offertoire de la fête de l’Ascension est le même que celui du premier Alléluia. C’est toujours le verset du psaume 46.

Ascendit Deus in jubilatione, Dominus in voce tubæ.

Dieu monte parmi les cris de joie, le Seigneur au son de la trompette.

Mais la mélodie est totalement différente. Chose curieuse ce sont le plus souvent les Offertoires qui ont un caractère contemplatif, tandis que les Alléluias sont plus joyeux et exubérants. Ici c’est l’inverse. Nous avons vu que la mélodie du premier Alléluia était assez douce et évoquait la mélancolie de la séparation ; dans celle de l’Offertoire nous retrouvons les acclamations et la trompette, la joie de monter au ciel à la suite du Christ, avec une mélodie ample et solennelle, commençant par une grande montée très expressive sur les mots Ascendit Deus, et se continuant d’une manière assez mouvementée. Cependant l’Alléluia final s’étire longuement et doucement, retrouvant l’ambiance plus contemplative qui est généralement celle des Offertoires.

► Nous ferons appel au CD ci-dessus enregistré par la Scola  Gregoriana de la cathédrale Saint-Sauveur de Bruges, en Belgique, en 1995. Le livret nous donne des commentaires fort édifiants sur le chant grégorien que nous citons dans l’émission.

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Communion : Psallite Domino

Le texte de l’antienne de Communion de la fête de l’Ascension est tiré du psaume 67, comme le deuxième Alléluia. C’est un des psaumes importants de cette fête, après le psaume 46 que nous avons trouvé au premier Alléluia et à l’Offertoire. Il célèbre aussi, mais de manière beaucoup plus développée, la royauté du Dieu d’Israël sur toutes les nations. Nous trouvons ici un verset pris à la fin du psaume :

Psallite Domino qui ascendit super cælos cælorum ad Orientem.

Incontestablement ce passage évoque, par-delà le règne de Dieu sur tous les peuples, la grande théophanie du jugement dernier, quand Dieu viendra à l’Orient sur les nuées du ciel. On rejoint ainsi les mots ita veniet de l’Introït : de même il reviendra.

Comme celle de l’Offertoire, la mélodie est assez solennelle et commence aussi par une grande montée, mais plus étalée, culminant sur le mot super avant de redescendre au grave pour une cadence très expressive sur les mots ad Orientem.

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion . C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter.

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Chant grégorien – en juillet et août 2019 – 36220 Mérigny

Structure organisatrice : Centre grégorien Saint Pie X
Catégorie musicale : Grégorien
Contenu / type de formation : Formation au chant grégorien, toux niveaux
Dates :

  • du 07/07/2019 au 13/07/2019
  • du 18/08/2019 au 24/08/2019

Précisions utiles : les inscription se font à la période de votre choix, en précisant le degré qui vous convient.
N° de Téléphone pour information et inscription :
Adresse électronique pour information et inscription :
Adresse postale du siège : 10 place des Tilleuls, 79600 Assais
Adresse complète du lieu effectif de formation : 3 « Le Bois », 36220 Mérigny (Indre)

Bulletin à compléter et renvoyer par courrier postal ou électronique :

M. Mme Mlle  ………………………………………………………………………………………………
– Adresse : ………………………………………………………………………………………………….
…………………………………………………………………………………………………………………..
Courrier électronique : …………………………………………………………………………………
Téléphone : ……………………………………Mobile: ………………………………………………..
Je souhaite m’inscrire à la session ci-dessous :  
– juillet 2019                      …….  degré
– août 2019                       …….  degré                                                                                     
A remplir par les postulants au 1er degré : rayer les mentions inutiles:
      débutant complet / sait suivre la partition /  chante régulièrement 
Prix de la session complète (logement et repas compris) :    280 €
Prix étudiants ou religieux :           200 €
– Acompte ci-joint de : ……. € (à l’ordre de « Centre grégorien St-Pie X » ; acompte minimum : 30 €)
– Participation éventuelle au fonds d’entraide : …….. €
– Arrivera en voiture : oui  / non  ; dispose de …. place (s) pour covoiturage

Chant grégorien – 20 au 27 juil. 2019 – 61400 La Ch.-Montligeon

Structure organisatrice : Schola Saint-Grégoire
Catégorie musicale : Grégorien
Contenu / type de formation : stage pour tous
Dates : du 20 au 27 juillet 2019
Programme : cours, exercices, répétitions, travail vocal. Enseignement sur 5 degrés. Messe chantée chaque jour en latin et grégorien, selon les deux formes du rit romain selon les jours. Salut du Saint-Sacrement, conférences.
Prix : 150 € pour la session. Prévoir entre 35 et 61 € pour la pension complète.
Contacts pour information et inscription : .
Adresse postale du siège : 12 rue Paul Ligneul 72000 Le Mans
Adresse complète du lieu effectif de formation : Sanctuaire de N.D. de Montligeon 61400 La Chapelle-Montligeon

Difficultés techniques lors de l’écoute audio

Certains de nos visiteurs nous ont fait part d’une « panne » du lecteur permettant l’écoute des fichiers audio.

Ce problème est très clairement dû à un problème de mise à jour, mais nous n’avons pas pu déterminer pour l’instant à quel niveau il se situe, mais la meilleure explication est que certains navigateurs ne sont pas mis à jour, tandis que le moteur de notre site l’est automatiquement.

Pour nous permettre de comprendre – trop lentement au goût de tout le monde, mais nous n’y pouvons rien – nous vous proposons de nous signaler ces problèmes en nous indiquant la version de votre système d’exploitation (Windows ou Macintosh) et celle de votre navigateur. Merci d’avance.

Formulaire de contact avec le webmaster

Una Voce en exploration diocésaine…

Au cours de sa séance de décembre 2017, notre Conseil d’administration a décidé d’étendre son action en direction des diocèses de France. Nous faisons le constat suivant :

  • le Concile Vatican II dit formellement que le chant grégorien « a la première place dans la liturgie »
  • toutes les paroisses se réclament du Concile
  • mais la grande majorité d’entre elles ignorent cette prescription du Concile
  • cette ignorance est subie par la majorité des paroissiens, et non pas désirée par eux
  • la question du chant grégorien peut de nouveau être discutée sereinement dans beaucoup de paroisses

Una Voce considère donc que son action en faveur de l’Art sacré n’est plus sujette aux restrictions que l’on a connues à la fin du XXe s.

C’est pourquoi nous avons décidé d’explorer les diocèses. Cette action se déroule en deux temps :
• 1) établir les bases d’un réseau relationnel par diocèses
• 2) utiliser ces réseaux pour proposer toute action de redécouverte du chant grégorien par les paroisses, et des préconisations de l’Église à ce sujet.

Pour atteindre ses objectifs, Una Voce active son réseau de correspondants locaux.

Vous voulez faciliter cette exploration d’Una Voce ? Vous connaissez des personnes intéressées, prêtres diocésains et laïcs impliqués dans les paroisses ? Vous pensez même pouvoir contribuer activement  à notre action ? Consultez l’annuaire de nos correspondants locaux !

Ce plan d’action d’Una Voce, qui a été créée pour promouvoir l’Art sacré, s’inscrit dans cette réflexion du Pape émérite Benoît XVI à propos du nouveau Missel : « C’est un malheur, à mon avis, d’avoir donné l’impression qu’il s’agissait là d’un livre nouveau, au lieu de replacer l’ensemble dans l’unité de l’histoire liturgique. Je crois donc qu’une nouvelle édition devra montrer et dire clairement que le missel de Paul VI n’est rien d’autre qu’une version nouvelle du missel auquel avaient déjà travaillé saint Pie X, Urbain VIII, saint Pie V et leurs prédécesseurs en remontant jusqu’à l’Église primitive. » (Joseph Ratzinger « La Célébration de la Foi », Téqui, 1985, p.84-85).

Una Voce agit donc dans le sens de l’unité de l’Église, à travers l’espace et le temps. Ce faisant, notre association s’inscrit dans la tendance des jeunes générations de catholiques, lesquels n’éprouvent aucunes réticences à l’égard du chant grégorien.

Il faut bien reconnaître, cependant, que cette nouvelle action d’Una Voce implique, de la part des correspondants locaux, des démarches inhabituelles et des approches différentes. C’est pourquoi cette action s’inscrit dans le moyen terme, et que les conclusions seront longues à venir.

Una Voce à Solesmes : « La sémiologie Dom Cardine » 10-12 Avril

Du 10 au 12 avril 2018, à l’Abbaye de Solesmes, se sont déroulées les « Deuxièmes rencontres grégoriennes » sur le thème La sémiologie de Dom Cardine, 30 et 50 ans après sous l’égide de :

  • Très Réverend Père Dom Philippe Dupont, Abbé de Solesmes
  • Très Réverend Père Dom Notker Wolf, Abbé Primat bénédictin émérite
  • Dom Patrick Hala, directeur de l’Atelier de Paléographie

Dom Guilmard en a été l’organisateur. Plus de 60 participants, dont 16 conférenciers, se sont retrouvés, venus de différents pays d’Europe, mais aussi de pays plus lointains tels que Taïwan, Urugay, ou USA. La liste des conférences est donnée au bas de cette page.

Le succès rencontré s’explique par la thématique : l’intérprétation du chant grégorien selon les hypothèse de Dom Cardine n’est pas encore parvenue à une stabilité et une maturité pourtant souhaitée par tous. Et par ailleurs nul n’ignore que le courant cardinien n’a pas encore convaincu tout le monde, loin s’en faut.

Una Voce reste fidèle à l’intérprétation de Dom Gajard (celle que tout le monde connaît) pour trois raisons : parce que c’est celui développé historiquement par Solesmes depuis Dom Mocquereau, parce que les livres qui en découlent ont reçu l’imprimatur de divers évêques, et enfin parce que c’est la seule méthode de chant qui permette d’unir les fidèles, les chantres et le clergé dans l’exercice du chant sacré.

Cependant Una Voce ne veut nullement que ni la vérité historique ni l’équité pratiquée à l’égard de Dom Cardine n’en pâtisse. Pour cette raison, Una Voce a eu l’occasion de tenter l’ouverture d’un dialogue authentique, mais le recours à un forum internet s’est avéré n’être qu’une demi bonne solution…

Aussi, c’est avec enthousiasme que nous avons participé à ce colloque. Una Voce va d’ailleurs tisser un lien formel avec l’association qui fédère les recherches sur Dom Cardine mais surtout sur les manuscrits anciens, que tous gagnent à mieux connaître.

Cinq membres du Conseil d’Administration étaient sur place, à savoir : Patrick Banken (notre Président), Philippe Bévillard, Charles Huber, Antoine Scherrer, et Alain Cassagnau.

Un article sera publié sur ce colloque dans le prochain numéro de la revue d’Una Voce.


Conférences

•    Une leçon de sémiologie de Dom Cardine. M. Giedrius Gapsys, Lituanie/France.
•    La réception de la Sémiologie en Espagne : les cours de Dom Cardine dans la péninsule ibérique. M. Juan Carlos Asensio, Espagne.
•    Souvenir et influences. M. Iegor Reznikoff, France.
•    Dom Cardine et L. Agustoni : une amitié sémiologiquement étonnante. M. Giovanni Conti, Suisse, et Mme Yseult Pelloso, Italie.
•    Table ronde sur Dom Cardine. T.R.P. Notker Wolf.
•    “Sémio-modalité” : vers la synthèse totale du “style verbal” et de la modalité. Mgr Alberto Turco, Italie.

•    Souvenirs. M. Alexander Schweitzer, Suède, Allemagne.
•    La sémiologie de la notation du chant bénéventin. M. Matthew Peattie, USA.
•    New challengers in semiological research. M. Franz Karl Prassl, Allemagne, Italie.
•    MMMO database : un atelier de paléographie musicale au XXIe s. M. Dominique Gatté.
•    La sémiologie, exégète de la modalité, de la paléographie ; de la relation texte et musique ave la composition. M. Guido Milanese, Italie.
•    La sémiologie pour métamorphoser la mélodie grégorienne. M. Philippe Lenoble, Le Mans.
•    Table ronde « la sémiologie en général ». T.R.P. Notker Wolf
•    Visite de l’Atelier de Paléographie

•    Comment les signes écrits sont-ils véhicules de l’Esprit ? T.R.P. Dom Xavier Perrin, Abbé de Quarr, Angleterre.
•    “Il n’y a pas de méthode Cardine”. M. Louis-Marie Vigne, Paris.
•    La semiologia prima della semiologia : Il trattato di Paleografia Musicale di Raffaello Baralli. M. Gianlucca Bocchino, Italie.
•    Quels usages de la sémiologie dans les répertoires instables. M. J.-F. Goudesenne, Tours.
•    Sonorita della “h” nelle parole “nihil, mihi, vehementer” (analisi fonetica sulla base di semiologia. M. Michal Slawecki, Pologne.
•    Table ronde finale. T.R.P. Notker Wolf
•    Synthèse, mot d’envoi, et chant du Te Deum. M. François Fierens, Belgique.

A.G. de la Fédération Internationale Una Voce 2015

L’année dernière nous célébrions le 50e anniversaire de notre association Una Voce, à Paris. Mais nous ne sommes qu’une composante de la Fédération Internationale (FIUV). Cette année, c’était à son tour d’organiser la célébration de son cinquantenaire. En effet, cette dernière a été fondée à la suite de la création de notre association, et elle en a même repris le nom ! C’est dire combien le rôle de la France a été déterminant.

Nous nous sommes donc retrouvés à la Domus Australia, via Cernaia, à Rome, du 21 au 26 octobre 2015. Voici quelques photos prises les 24 et 25. A cette occasion, Patrick Banken, Président de Una Voce France, a été élu Vice-Président de la Fédération.

Notre assemblée générale coïncidait – pas tout-à-fait par hasard, et cela ne surprendra personne – avec le Pèlerinage Summorum Pontificum qui a suscité de magnifiques moments, dont le plus impressionnant fut, évidemment, la messe célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome.
ALBUM PHOTO.

Musique sacrée – L’orgue – Discours de Benoît XVI

Extraits de l’allocution de Benoît XVI à la Vieille Chapelle de Ratisbonne – 14 sept. 2006

L’orgue, le « roi des instruments », peut conduire à la « joie de la foi », souligne le pape Benoît XVI dans son allocution à la Vieille Chapelle de Ratisbonne, avant la bénédiction du nouvel orgue, offert par la Fondation de la Vieille Chapelle.

Cette fondation a également contribué, en 2002, avec le Lichtenstein, à l’acquisition d’un orgue, dû à un facteur suisse, offert à la chapelle Sixtine.

Soulignant la spécificité de l’orgue, le pape expliquait comment cet instrument est apte à traduire les sentiments humains: « L’orgue est appelé depuis toujours et à juste titre le roi des instruments musicaux, parce qu’il reprend tous les sons de la création et – comme il a été dit il y a peu, ajoutait le pape, en citant les paroles du président de la Fondation de la Vieille chapelle -, il se fait l’écho de la plénitude des sentiments, de la joie à la tristesse, de la louange à la lamentation ».

Mais Benoît XVI soulignait aussi combien l’orgue traduit quelque chose de la grandeur de Dieu : « En outre, comme toute musique de qualité, en transcendant la sphère simplement humaine, il renvoie au divin, ajoutait le pape. La grande variété des timbres de l’orgue, depuis le « piano » jusqu’au bouleversant « fortissimo », en fait l’un des instruments supérieurs à tous les autres. Il est en mesure de faire écho à tous les domaines de l’existence humaine. Les multiples possibilités de l’orgue nous rappellent d’une certaine façon l’immensité et la magnificence de Dieu ».

Le pape citait Bach et Bruckner comme ayant eu explicitement ce souci de rendre gloire à Dieu : « Par leur musique, les grands compositeurs veulent en définitive, chacun à leur façon, glorifier Dieu. Au-dessus du titre de beaucoup de ses partitions, Jean-Sébastien Bach a écrit les lettres : « S. D. G. »: Soli Deo Gloria – seulement à la gloire de Dieu. Anton Bruckner aussi mettait au début les paroles :                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           ié au Bon Dieu ». Que tous ceux qui fréquentent cette magnifique basilique, soient conduits, grâce à la grandeur de l’édifice et à travers la liturgie enrichie de l’harmonie du nouvel orgue, et du chant solennel, à la joie de la foi ! C’est mon souhait au jour de l’inauguration de ce nouvel orgue ».