Fête de la Très Sainte Trinité (Argentan 1972 – Messe)

emission_radio_TStrinite5 Dimanche 7 juin 2020 – Blanc
(Ier dimanche après la Pentecôte)
In Festo Sanctíssimæ Trinitátis – I Classis
Fête de la Très Sainte Trinité – Ire Classe.

Nous voici dans le temps après la Pentecôte, le plus long de l’année liturgique, puisqu’il en couvre à peu près la moitié, et va nous conduire jusqu’à la fin de novembre. En ce premier dimanche après la Pentecôte, l’Église célèbre la fête de la Très Sainte Trinité, Dieu unique en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint Esprit…

emission_radio_TStrinite4Autrefois, selon le rit romain, ce dimanche qui suivait la veillée nocturne du samedi des Quatre-Temps de la Pentecôte à Saint-Pierre, était consacré au repos : Domínica vacat. Mais vers le VIIIe siècle, les calendriers romains commencent à noter une octave de la Pentecôte – à l’imitation certainement du dimanche in Albis – avec la lecture évangélique du colloque du Seigneur et de Nicodème (Jn, 3, 1-16) où il est question de l’efficacité de l’action du Saint-Esprit dans la régénération baptismale. Presque en même temps apparaît en usage la leçon actuelle pour la messe du Ier dimanche après la Pentecôte (messe que l’on ne peut entendre qu’en semaine quand le calendrier le permet) de l’Évangile selon saint Luc (6, 36-42). Toutefois en 1334, l’un et l’autre passages devinrent à peu près inutiles, en raison de la fête nouvelle de la Très Sainte Trinité, qui fut introduite par Jean XXII dans le rit romain.

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster…  

– Allez sur le site Sancta Missa si vous ne disposez pas de livre de chants.

– Vous pouvez accéder, à la fin de cette page, au lien qui vous permettra d’obtenir la partition du psaume de communion que nous vous recommandons d’interpréter en alternance avec l’antienne.

– Écoutez la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous.

Je vous propose d’écouter les pièces grégoriennes du propre de cette belle fête de la Sainte-Trinité dans un enregistrement ancien (microsillon vinyle 33T) qui n’a pas été réédité en disque compact malgré sa valeur artistique et spirituelle incontestable. C’est de nouveau chez les bouquinistes et brocanteurs qu’il faudra aller chiner pour trouver ce précieux disque noir.

Ces vinyles sont rarissimes sur le marché de l’occasion, et quand on les trouve, ils sont souvent en mauvais état. Nous avons enfin pu nous procurer un enregistrement de très bonne qualité grâce à des amis internautes, qui ont décidé de numériser ces trésors anciens.

C’est un témoignage irremplaçable obtenu grâce à la collaboration de mes bons amis Dominique Crochu et Alberto Díaz-Blanco, du site Musicologie Médiévale ! Qu’ils soient ici chaleureusement remerciés !

Ces enregistrements arrivaient juste après la tourmente conciliaire et n’ont pas pu être appréciés longtemps. Nous sommes heureux d’avoir contribué à les exhumer de l’oubli et de leur offrir une seconde vie. Il a fallu pour ce faire l’acquisition d’une platine professionnelle de haut niveau à laquelle Una Voce a participé.
Le résultat est à la hauteur de notre attente !

Il ne vous reste plus qu’à déguster… sans modération cela va sans dire !

En voici la pochette :

C’était en juillet 1972 en l’abbaye bénédictine d’Argentan. Dom Joseph Gajard venait de retourner au Père céleste. Il avait enregistré avec les moniales une série de disques 33T à partir de 1963 jusqu’en 1971.
On le sent encore présent dans ce disque.
Les obéissantes bénédictines ont déjà adopté les pratiques du missel de Paul VI et vous n’entendrez pas le Gloria Patri dans l’introït, ce qui est un peu fâcheux en cette messe de la Sainte Trinité !
Mais l’interprétation est digne de tous les éloges comme vous l’allez constater.

Pour la première fois depuis le début de l’année liturgique, nous trouvons une fête qui n’a pas pour but de commémorer un événement de l’histoire du salut, mais de nous remettre en mémoire et graver en notre esprit un des dogmes fondamentaux de la foi catholique. C’est seulement à la fin du Moyen Âge que l’Église en a éprouvé le besoin en raison du refroidissement des convictions et de la prolifération des théories hétérodoxes. Cette fête était célébrée en certains lieux dès le Xe siècle, à la suite de révélations privées, mais ce n’est qu’au XIVe siècle qu’elle a été instituée officiellement pour l’Église universelle et fixée au premier dimanche après la Pentecôte. Il s’agit donc ici d’un office composé, non de l’expression spontanée de la prière de l’Église comme pour les messes plus anciennes. Les mélodies ne sont pas originales, à part l’Alléluia qui a été repris dans un office existant. Ce sont des adaptations plus ou moins adroites, il faut le dire, de textes nouveaux à des mélodies qui avaient été faites pour d’autres.

Les textes de la messe de la fête de la Sainte Trinité ne constituent pas un exposé théologique du dogme, comme ce sera le cas dimanche prochain pour la fête du Saint Sacrement. Comment exprimer l’inexprimable ? Ils se contentent de répéter indéfiniment notre louange à Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. En particulier les chants de la messe disent tous à peu près la même chose et on remarquera que les cinq pièces du propre : Introït, Graduel, Alléluia, Offertoire et Communion commencent toutes par le verbe bénir, benedicere c’est-à-dire : dire du bien. Et lorsque c’est l’homme qui est sujet, ce verbe est synonyme de louer. Ces textes s’inspirent plus ou moins de deux passages de la Bible, tous deux dans l’Ancien Testament, le cantique des trois jeunes hébreux dans la fournaise au livre de Daniel, qu’on trouvera au Graduel et à l’Alléluia, et les paroles de l’archange Raphaël au livre de Tobie, qu’on trouvera à la Communion et dont s’inspirent l’Introït et l’Offertoire, en y ajoutant la notion de Sainte Trinité dont l’Ancien Testament ne parlait évidemment pas.

L’idée d’une solennité spéciale en l’honneur de ce mystère, fondement de notre foi chrétienne, est belle, et le moment de sa célébration, à l’expiration du temps pascal, est heureusement choisi. On sentait comme le besoin de manifester toute notre reconnaissance à l’Auguste Triade, qui a daigné accomplir avec tant de miséricorde et tant d’honneur pour nous, l’œuvre de notre Rédemption (c’est la phrase que nous répétons à l’Introït, à l’Offertoire et à la Communion : « parce qu’il a fait éclater sur nous sa miséricorde »). Pour l’amour de nous, le Père éternel a daigné nous donner comme hostie et victime d’expiation son Fils unique lui-même ; Jésus nous a aimés in finem, c’est-à-dire jusqu’à s’immoler lui-même pour nous ; l’Esprit Saint s’est donné à nous si intimement qu’il est appelé donum, le don, précisément parce qu’il nous atteste l’amour du Père et du Fils à notre égard.

De plus, la révélation du dogme de la Très Sainte Trinité est un de ces secrets que les Hébreux avaient seulement entrevus mystérieusement, mais qui ne fut expressément révélé que dans la Nouvelle Loi. Il regarde la vie intime de Dieu ; or, les choses intimes ne se disent pas à tous, mais seulement aux amis. La connaissance de Dieu trine dans les Personnes et un dans son essence, marque le plus haut sommet de la science théologique et confère au peuple chrétien une perfection et une dignité si grandes qu’on peut bien dire qu’en ce dogme réside l’honneur, la gloire et le salut de l’Église. C’est donc fort à propos, après que l’Esprit Saint est venu instruire le troupeau des fidèles, les initiant à la possession intégrale de la vérité divine, que la famille chrétienne s’élève à la contemplation et à l’adoration in Spíritu et veritáte de l’auguste Triade, qui constitue la fin première et essentielle de l’Incarnation du Sauveur et de la rédemption du monde

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Introït : Benedicta sit

Voici le texte de l’Introït :

Benedicta sit Sancta Trinitas, atque indivisa unitas : confitebimur ei quia fecit nobiscum misericordiam suam.

Bénie soit la Sainte Trinité et son indivisible unité ; Proclamons sa louange car elle a exercé envers nous sa miséricorde.

La mélodie est calquée presque note pour note sur celle de l’Introït Invocabit me du premier dimanche de Carême, qui est affirmative, pleine d’une assurance paisible et assez solennelle. Le verset est le premier du psaume 8 :

Domine Dominus noster : quam admirabile est nomen tuum in universa terra !

Seigneur notre maître que votre nom est admirable sur toute la terre.

Ce verset est suivi comme toujours du Gloria Patri qui convient aujourd’hui plus que jamais.

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Graduel : Benedictus es

En ce premier dimanche après la Pentecôte, fête de la Sainte Trinité, le temps pascal étant terminé, nous allons retrouver le Graduel pour la première fois depuis le dimanche de Pâques.

Le texte de ce Graduel est emprunté au cantique des trois jeunes hébreux dans la fournaise, au livre de Daniel, grand cantique d’action de grâces dont tous les versets commencent par le verbe ” bénir “.

Benedictus es, Domine, qui intueris abyssos, et sedes super Cherubim. Benedictus es, Domine, in firmamento cæli et laudabilis in sæcula.

Vous êtes béni, Seigneur, qui contemplez les abîmes et trônez au-dessus des Chérubins. Vous êtes béni, Seigneur, au firmament du ciel, et digne des louanges dans les siècles.

 La mélodie est calquée, à peu près note pour note là aussi, sur celle du Graduel Constitues eos de la fête des saints Apôtres Pierre et Paul le 29 Juin. Mais, comme on le sait, les Graduels sont généralement faits de formules toutes faites qui s’enchaînent les unes aux autres. Ils s’adaptent donc plus facilement à des textes différents. Ici l’adaptation est excellente et les grandes vocalises de la mélodie expriment bien la louange du texte. En particulier le mot Domine se retrouve une fois au grave et une fois à l’aigu sur des mélodies réservées habituellement au nom du Seigneur.

Alléluia : Benedictus es

L’Alléluia de la fête de la Sainte Trinité est la seule pièce ancienne de cette messe. Il a été repris à la messe de la veille, le samedi des Quatre-Temps de la Pentecôte. Dans les premiers siècles, les samedis des Quatre-Temps étaient des jours d’ordinations et la messe était très longue ; commencée dans la soirée, elle se poursuivait une partie de la nuit, et servait de messe de dimanche. Cet Alléluia est donc bien à sa place aujourd’hui, d’autant que son texte convient parfaitement à la fête. Les messes des samedis des Quatre Temps comportent de nombreuses lectures, parmi lesquelles on trouve toujours le cantique des trois jeunes hébreux dont nous venons de parler à propos du Graduel. Le texte de l’Alléluia qui le suit en est également tiré.

Benedictus es, Domine, Deus patrum nostrorum, et laudabilis in sæcula.

Vous êtes béni Seigneur, Dieu de nos pères, et digne de louanges dans les siècles.

La mélodie cette fois, est originale. Elle est légère et très joyeuse.

Offertoire : Benedictus sit

Le texte de l’Offertoire de la fête de la Sainte Trinité est à peu près le même que celui de l’Introït. Les trois personnes y sont seulement en plus explicitement énumérées.

 Benedictus sit Deus Pater, unigenitusque Dei Filius, Sanctus quoque Spiritus : quia fecit nobiscum misericordiam suam.

Béni soit Dieu le Père et le Fils unique de Dieu ainsi que le Saint Esprit, car il a exercé envers nous sa miséricorde.

 On remarquera dans ce texte que, si les trois personnes sont énumérées, les verbes restent au singulier, montrant bien qu’elles forment un seul Dieu.

Comme celle du Graduel, la mélodie est calquée sur celle de la pièce correspondante de la messe des saints apôtres Pierre et Paul, dont le Graduel et l’Offertoire ont exactement le même texte. Mais ici l’adaptation est moins heureuse. Cette mélodie est assez complexe et très ornée, pleine de mouvement, mais se termine dans une ambiance contemplative.

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Communion : Benedicimus

Nous trouvons dans l’antienne de Communion de la fête de la Sainte Trinité le texte du livre de Tobie dont ceux de l’Introït et de l’Offertoire étaient plus ou moins inspirés. Ce sont les paroles de l’Archange Raphaël lorsqu’il se fait connaître, et invite Tobie et sa famille à rendre grâces à Dieu pour tous les bienfaits qu’ils ont reçus par son intermédiaire.

Benedicimus Deum cæli, et coram omnibus viventibus confitebimur ei : quia fecit nobiscum misericordiam suam.

Bénissons le Dieu du ciel et proclamons sa louange devant tous les êtres vivants, car il a exercé envers nous sa miséricorde.

 Ce texte nous rappelle ainsi que la Sainte Trinité est source d’amour. Seule petite différence avec le texte original, les verbes sont passés de la deuxième à la première personne : Bénissons au lieu de Bénissez. À part cela, c’est le texte exact de la Bible, tandis que l’Introït et l’Offertoire n’en avaient repris que les derniers mots et le verbe bénir au début. La mélodie est celle de la Communion Feci judicium de la messe d’une vierge martyre, avec quelques petites variantes. Elle est assez douce dans un mode contemplatif.

Le site nord-américain Musica Sacra nous propose des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion. C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…

Dimanche de la Pentecôte – Abbaye de Solesmes (1955)

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Duccio di Buoninsegna. Maestà (Face arrière). La Descente du Saint Esprit. 1308-1311 Museo dell’Opera del Duomo – Sienne (Italie)

  DOMINICA PENTECOSTES
DIMANCHE DE LA PENTECÔTE
I classis cum Octava I classis
1re classe avec octave de 1re classe
Rouge
Dimanche 31 mai 2020

► L’enregistrement que vous pouvez entendre dans les fichiers audio accompagnant les partitions ci-dessus nous vient de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes : il date de juin 1972 et ce n’est pas dom Gajard qui dirige mais Dom Jean Claire , malgré ce qui est écrit sur la pochette du CD paru en 1991 (Accord 201482-MU 750). C’est en juin 1955 que nous remonterons dans l’émission. Et si la question vous intéresse, voici quelques précisions supplémentaires.

Nous voici à Solesmes en 1955 grâce à nos bons amis Alberto Díaz-Blanco et Dominique Crochu, qui nous ont permis de puiser dans leur inépuisable discothèque : Cliquez et dégustez, en dépit d’une qualité technique plus précaire.

Le Temps Pascal a commencé le Samedi saint et ne se terminera que le samedi après la Pentecôte. La Fête de la Pentecôte en fait donc partie.

–  Rappelons qu’il vous suffit de cliquer sur Émissions & MP3 dans le bandeau de la partie supérieure de la page d’accueil. Le compteur de ce site nous apprend que vous êtes très nombreux à en profiter et nous nous réjouissons que puisse ainsi rayonner la louange divine. Sachez toutefois que nous ne pouvons compter que sur votre aide matérielle pour faire face à nos inévitables frais (achat de disques, de matériel audio, informatique…)  

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster…  

– Allez sur le site Sancta Missa si vous ne disposez pas de livre de chants.

– Allez à la fin de cette page pour accéder au lien qui vous permettra d’obtenir la partition du psaume de communion que nous vous recommandons d’interpréter en alternance avec la pièce grégorienne. Comme l’introït et l’offertoire, cette antienne de communion se chantait en procession, et le Graduel de 1907, dans les pages intitulées De ritibus servandis in cantus missæ, prévoit la possibilité de chanter des versets de psaume alternés avec l’antienne pendant la distribution de la communion. Dans les années 70, lors d’un congrès Una Voce au Mesnil Saint-Loup, un moine bénédictin nous a rappelé avoir vu les fidèles se rendant à la communion, et chantant, par cœur, l’antienne grégorienne en alternance avec la chorale.

 

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Introït : Spiritus Domini

La fête  célèbre, on le sait, la descente du Saint Esprit sur les Apôtres sous la forme de langues de feu, cinquante jours après Pâques, et après une retraite de dix jours au Cénacle sous la conduite de la Vierge Marie, faisant d’eux les témoins de la résurrection du Christ et du salut apporté à tous les hommes jusqu’aux extrémités de la terre.
Les chants du propre de la messe expriment admirablement cette invasion du monde par l’Esprit Saint.
Le texte de l’Introït est tiré de l’Ancien Testament, et plus précisément du livre de la Sagesse dont c’est un des premiers versets.

Spiritus Domini replevit orbem terrarum, et hoc quod continet omnia scientiam habet vocis.

L’Esprit du Seigneur emplit l’univers, et lui, qui fait tenir ensemble toutes choses, a la connaissance de toute parole.

A noter que le pronom hoc se rapporte à Spiritus, qui est pourtant masculin, mais on a gardé le neutre du grec Pneuma.
Dans l’Ancien Testament l’Esprit du Seigneur ne désignait pas une personne distincte, puisqu’on n’avait pas encore reçu la révélation du mystère de la Sainte Trinité ; Spiritus, c’est le souffle créateur, c’est une manière de désigner Dieu qui est pur esprit, qui est présent partout, fait exister toute chose dans une cohésion parfaite. Il sait tout, il voit tout, il entend tout même nos moindres paroles. Dans la liturgie de la Pentecôte ce texte s’applique au Saint Esprit, troisième personne de la Sainte Trinité, qui envahit en ce jour tous les cœurs, assurant l’unité des esprits dans la diversité des langues. La mélodie exprime à merveille ce souffle impétueux de l’Esprit s’élevant comme un vent violent, nous dit l’Écriture. Elle part mystérieusement du grave, puis monte progressivement en un immense crescendo jusqu’à l’extrême aigu, et y revient une deuxième fois avant de s’apaiser lentement sur les trois derniers Alléluias. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 67, acclamation triomphale dont nous avions déjà trouvé des extraits dans la messe de l’Ascension, au deuxième Alléluia et à la Communion, et dont nous allons retrouver un passage dans l’Offertoire de ce jour.

Exsurgat Deus, et dissipentur inimici eus : et fugiant qui oderunt eum a facie ejus.

Dieu se lève et ses ennemis sont dispersés, et ceux qui le haïssent s’enfuient devant sa face.

Alléluia : Emitte Spiritum

Pour la dernière fois de l’année, puisque ce dimanche de la Pentecôte est le dernier du temps pascal, il n’y a pas de Graduel mais deux Alléluias, et comme les dimanches précédents ces deux Alléluias sont assez différents, le deuxième étant nettement plus long. Le premier utilise exactement la même mélodie que le premier Alléluia de la fête de l’Ascension, une mélodie type qui revient assez souvent au cours de l’année. Le texte du verset est tiré du psaume 103, grand cantique de louange et d’action de grâces pour les merveilles de la création.

Emitte Spiritum tuum et creabuntur, et renovabis faciem terræ.

Envoyez votre Esprit et ils seront créés, et vous renouvellerez la face de la terre.

” Ils ” ce sont tous les êtres vivants, mais dans le psaume le verbe est à l’indicatif, c’est une affirmation. Après avoir dit au Seigneur ” Vous retirez votre souffle et tous tombent dans le néant ” le psalmiste ajoute : ” Vous envoyez votre souffle et ils sont créés de nouveau. ” La liturgie de la Pentecôte en mettant le verbe à l’impératif fait de ce verset une prière, et le souffle que l’on supplie Dieu d’envoyer c’est le Saint Esprit ; c’est lui qui fera toute chose nouvelle. La mélodie assez douce et calme convient bien à une prière suppliante.

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Alléluia : Veni Sancte Spiritus

Le deuxième Alléluia du dimanche de la Pentecôte est nettement différent du premier. Ici nous n’avons ni mélodie type, ni texte scripturaire, c’est une composition originale. Elle est attribuée au roi de France Robert le Pieux, fils d’Hugues Capet, qui vivait au début du XIe siècle. Cela n’a rien d’étonnant : le roi de France à cette époque était un personnage liturgique, c’était l’évêque du dehors. Le sacre était considéré comme un sacrement, et lorsque le roi avait reçu, comme c’était le cas de Robert le Pieux, une éducation soignée dans un monastère, il remplissait volontiers la fonction de chantre. Le texte de cet Alléluia est devenu très célèbre. C’est la prière type au Saint Esprit que l’on récite souvent pour l’invoquer au début d’une réunion importante.

Veni Sancte Spiritus, reple tuorum corda fidelium ; et tui amoris in eis ignem accende.

Venez Saint Esprit, emplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour
.

La mélodie très développée est vraiment expressive et suppliante. Cet Alléluia se chante à genoux.

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Pentecôte (BNF, LAT 18014) fol. 69 Petites Heures de Jean de Berry France, Paris XIVe s. (55 x 45 mm)
Séquence : Veni Sancte Spiritus

Le verset du deuxième Alléluia de la messe du dimanche de la Pentecôte est suivi immédiatement d’une Séquence, qui en développe les thèmes littéraires et musicaux, mais qui est postérieure. En effet elle est généralement attribuée à Étienne Langton, archevêque de Cantorbery, qui vivait au début du XIIIe siècle. Elle comporte dix strophes, dont les mélodies se répètent deux par deux, et dont chacune est composée de trois petits vers de sept pieds. Le texte en est très poétique et la mélodie, assez lyrique, et inspirée de celle de l’Alléluia, le met parfaitement en valeur.

Veni Sancte Spiritus, Et emite cælitus Lucis tuæ radium. Veni pater pauperum, Veni dator munerum, Veni lumen cordium.
Consolator optime, Dulcis hospes animæ, Dulce refrigerium. In labore requies, In æstu temperies, In fletu solatium.
O lux beatissima, Reple cordis intima tuorum fidelium. Sine tuo numine, Nihil est in homine, Nihil est innoxium.
Lava quod est sordidum, Riga quod est aridum, Sana quod est saucium. Flecte quod est rigidum, Fove quod est frigidum, Rege quod est devium.
Da tuis fidelibus, In te confidentibus, Sacrum septenarium. Da virtutis meritum, Da salutis exitum, Da perenne gaudium.

Venez Esprit Saint, envoyez du ciel un rayon de votre lumière, venez père des pauvres, venez dispensateur des dons, venez lumière des cœurs.
Consolateur très bon, doux hôte de l’âme, doux rafraîchissement, repos dans le labeur, modération dans la chaleur, consolation dans les larmes.
O lumière bien heureuse, emplissez jusqu’au fond les cœurs de vos fidèles ; sans votre secours il n’y a rien en l’homme, rien qui soit sans défaut.
Lavez ce qui est souillé, arrosez ce qui est sec, guérissez ce qui est blessé, assouplissez ce qui est raide, réchauffez ce qui est froid, redressez ce qui est tordu.
Donnez à vos fidèles qui ont confiance en vous vos sept dons sacrés. Donnez-leur la récompense de leurs vertus, le salut final et la joie éternelle.

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Offertoire : Confirma hoc

Le texte de l’Offertoire du dimanche de la Pentecôte est tiré du psaume 67, dont nous avons trouvé le premier verset à l’Introït et qui figurait déjà deux fois dans la messe de l’Ascension. C’est un cantique triomphal d’action de grâces pour les victoires accordées par le Seigneur à son peuple, évoquant notamment la conquête de la terre promise depuis le Sinaï jusqu’à Jérusalem. Nous sommes ici vers la fin du psaume, lorsque le peuple, arrivé sur la montagne sainte, demande au Seigneur de confirmer les merveilles qu’il a accomplies en établissant son règne sur toutes les nations.

Confirma hoc, Deus quod operatus es in nobis : a templo tuo quod est in Jerusalem tibi offerent reges munera.

Confirmez, ô Dieu, ce que vous avez accompli en nous. En votre temple, qui est à Jérusalem, les rois vous offriront des présents.

Ces rois qui offrent des présents font évidemment penser à l’Épiphanie ; ce n’est pas fortuit. Il y a entre Noël et l’Épiphanie le même rapport qu’entre Pâques et la Pentecôte, entre le mystère qui s’accomplit dans le secret et sa manifestation à tous les peuples. Le mystère de la Rédemption qui s’est accompli à Pâques est aujourd’hui manifesté par les apôtres, à qui la descente du Saint Esprit a donné la lumière pour comprendre enfin ce qui s’était passé et la force pour le proclamer. En chacun de nous ce mystère s’est accompli par la grâce du baptême, et c’est le sacrement de confirmation qui le parachève par les dons du Saint Esprit en faisant de nous des apôtres et des témoins. Il y a ainsi un rapport entre ce mot de ” confirmation ” et le premier mot de l’Offertoire Confirma. La mélodie médite calmement les richesses de ce texte en ce style contemplatif qui est le plus souvent celui des Offertoires. Elle ressemble beaucoup en particulier à celle de l’Offertoire de la messe de minuit de Noël.

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La Pentecôte – Sacramentaire de Drogon de Metz, IXe siècle

Communion: Factus est repente

Le texte de la Communion du dimanche de la Pentecôte est tiré du récit des Actes des Apôtres.

Factus est repente de cælo sonus advenientis spiritus vehementis, ubi erant sedentes, et repleti sunt omnes Spiritu Sancto, loquentes magnalia Dei.

Il arriva soudain du ciel un bruit comme celui d’un vent violent, envahissant le lieu où ils étaient assis, et tous furent remplis de l’Esprit Saint, racontant les merveilles accomplies par Dieu.

Ce texte se passe de commentaires. La mélodie très mouvementée en suit parfaitement les différentes inflexions. Les grands intervalles du début évoquent l’arrivée impétueuse du vent ; un crescendo enthousiaste s’élève au début de la deuxième phrase, puis la mélodie s’étale avec complaisance pour annoncer les merveilles de Dieu.

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion . C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…


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Notre Dame du Mont-Carmel (16 juillet)

Carmel (16 juillet)
Notre Dame du Mont-Carmel, œuvre baroque d’Antoine Duparc à Beniaján (Espagne)

Mardi 16 juillet 2019
BEATÆ MARIÆ VIRGINIS DE MONTE CARMELO
Notre Dame du Mont-Carmel

Cette commémoraison fut instituée par les Carmes vers 1380.
Sixte-Quint approuva la fête pour tout l’ordre du Carmel en 1578. Elle s’étendit aux États espagnol, autrichien et portugais au XVIIe siècle.
Benoît XIII l’inscrivit au calendrier romain en 1726 comme double-majeur. Jean XXIII la réduisit au rang de simple commémoraison en 1960.

Notre Dame du Mont-Carmel et des saints du Carmel (Simon Stock, Ange de Jérusalem, Marie-Madeleine de Pazzi, Thérèse d’Avila) par Pietro Novelli (1641)

 

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster…  

– Le site Sancta Missa n’offre hélas pas les partitions de cette messe.
Vous pourrez télécharger un missel ICI.

– Écoutez la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous. Une bonne façon de préparer les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et vocalement !

Bonne écoute ! Ut in ómnibus glorificétur Deus…

 

Wikipédia offre à ceux qui voudraient en connaître plus sur Notre Dame du Mont-Carmel un excellent article.

► Nous n’avons à notre disposition aucun enregistrement de l’alléluia de cette fête Per te, Dei génitrix. 

Difficultés techniques lors de l’écoute audio

Certains de nos visiteurs nous ont fait part d’une “panne” du lecteur permettant l’écoute des fichiers audio.

Ce problème est très clairement dû à un problème de mise à jour, mais nous n’avons pas pu déterminer pour l’instant à quel niveau il se situe, mais la meilleure explication est que certains navigateurs ne sont pas mis à jour, tandis que le moteur de notre site l’est automatiquement.

Pour nous permettre de comprendre – trop lentement au goût de tout le monde, mais nous n’y pouvons rien – nous vous proposons de nous signaler ces problèmes en nous indiquant la version de votre système d’exploitation (Windows ou Macintosh) et celle de votre navigateur. Merci d’avance.

Formulaire de contact avec le webmaster

Una Voce en exploration diocésaine…

[A]u cours de sa séance de décembre 2017, notre Conseil d’administration a décidé d’étendre son action en direction des diocèses de France. Nous faisons le constat suivant :

  • le Concile Vatican II dit formellement que le chant grégorien “a la première place dans la liturgie”
  • toutes les paroisses se réclament du Concile
  • mais la grande majorité d’entre elles ignorent cette prescription du Concile
  • cette ignorance est subie par la majorité des paroissiens, et non pas désirée par eux
  • la question du chant grégorien peut de nouveau être discutée sereinement dans beaucoup de paroisses

Una Voce considère donc que son action en faveur de l’Art sacré n’est plus sujette aux restrictions que l’on a connues à la fin du XXe s.

C’est pourquoi nous avons décidé d’explorer les diocèses. Cette action se déroule en deux temps :
• 1) établir les bases d’un réseau relationnel par diocèses
• 2) utiliser ces réseaux pour proposer toute action de redécouverte du chant grégorien par les paroisses, et des préconisations de l’Église à ce sujet.

Pour atteindre ses objectifs, Una Voce active son réseau de correspondants locaux.

Vous voulez faciliter cette exploration d’Una Voce ? Vous connaissez des personnes intéressées, prêtres diocésains et laïcs impliqués dans les paroisses ? Vous pensez même pouvoir contribuer activement  à notre action ? Consultez l’annuaire de nos correspondants locaux !

Ce plan d’action d’Una Voce, qui a été créée pour promouvoir l’Art sacré, s’inscrit dans cette réflexion du Pape émérite Benoît XVI à propos du nouveau Missel : “C’est un malheur, à mon avis, d’avoir donné l’impression qu’il s’agissait là d’un livre nouveau, au lieu de replacer l’ensemble dans l’unité de l’histoire liturgique. Je crois donc qu’une nouvelle édition devra montrer et dire clairement que le missel de Paul VI n’est rien d’autre qu’une version nouvelle du missel auquel avaient déjà travaillé saint Pie X, Urbain VIII, saint Pie V et leurs prédécesseurs en remontant jusqu’à l’Église primitive.” (Joseph Ratzinger “La Célébration de la Foi”, Téqui, 1985, p.84-85).

Una Voce agit donc dans le sens de l’unité de l’Église, à travers l’espace et le temps. Ce faisant, notre association s’inscrit dans la tendance des jeunes générations de catholiques, lesquels n’éprouvent aucunes réticences à l’égard du chant grégorien.

Il faut bien reconnaître, cependant, que cette nouvelle action d’Una Voce implique, de la part des correspondants locaux, des démarches inhabituelles et des approches différentes. C’est pourquoi cette action s’inscrit dans le moyen terme, et que les conclusions seront longues à venir.

Una Voce à Solesmes : “La sémiologie Dom Cardine” 10-12 Avril

12 Avril

Du 10 au 12 avril 2018, à l’Abbaye de Solesmes, se sont déroulées les “Deuxièmes rencontres grégoriennes” sur le thème La sémiologie de Dom Cardine, 30 et 50 ans après sous l’égide de :

  • Très Réverend Père Dom Philippe Dupont, Abbé de Solesmes
  • Très Réverend Père Dom Notker Wolf, Abbé Primat bénédictin émérite
  • Dom Patrick Hala, directeur de l’Atelier de Paléographie

Dom Guilmard en a été l’organisateur. Plus de 60 participants, dont 16 conférenciers, se sont retrouvés, venus de différents pays d’Europe, mais aussi de pays plus lointains tels que Taïwan, Urugay, ou USA. La liste des conférences est donnée au bas de cette page.

Le succès rencontré s’explique par la thématique : l’intérprétation du chant grégorien selon les hypothèse de Dom Cardine n’est pas encore parvenue à une stabilité et une maturité pourtant souhaitée par tous. Et par ailleurs nul n’ignore que le courant cardinien n’a pas encore convaincu tout le monde, loin s’en faut.

Una Voce reste fidèle à l’intérprétation de Dom Gajard (celle que tout le monde connaît) pour trois raisons : parce que c’est celui développé historiquement par Solesmes depuis Dom Mocquereau, parce que les livres qui en découlent ont reçu l’imprimatur de divers évêques, et enfin parce que c’est la seule méthode de chant qui permette d’unir les fidèles, les chantres et le clergé dans l’exercice du chant sacré.

Cependant Una Voce ne veut nullement que ni la vérité historique ni l’équité pratiquée à l’égard de Dom Cardine n’en pâtisse. Pour cette raison, Una Voce a eu l’occasion de tenter l’ouverture d’un dialogue authentique, mais le recours à un forum internet s’est avéré n’être qu’une demi bonne solution…

Aussi, c’est avec enthousiasme que nous avons participé à ce colloque. Una Voce va d’ailleurs tisser un lien formel avec l’association qui fédère les recherches sur Dom Cardine mais surtout sur les manuscrits anciens, que tous gagnent à mieux connaître.

Cinq membres du Conseil d’Administration étaient sur place, à savoir : Patrick Banken (notre Président), Philippe Bévillard, Charles Huber, Antoine Scherrer, et Alain Cassagnau.

Un article sera publié sur ce colloque dans le prochain numéro de la revue d’Una Voce.


Conférences

•    Une leçon de sémiologie de Dom Cardine. M. Giedrius Gapsys, Lituanie/France.
•    La réception de la Sémiologie en Espagne : les cours de Dom Cardine dans la péninsule ibérique. M. Juan Carlos Asensio, Espagne.
•    Souvenir et influences. M. Iegor Reznikoff, France.
•    Dom Cardine et L. Agustoni : une amitié sémiologiquement étonnante. M. Giovanni Conti, Suisse, et Mme Yseult Pelloso, Italie.
•    Table ronde sur Dom Cardine. T.R.P. Notker Wolf.
•    “Sémio-modalité” : vers la synthèse totale du “style verbal” et de la modalité. Mgr Alberto Turco, Italie.

•    Souvenirs. M. Alexander Schweitzer, Suède, Allemagne.
•    La sémiologie de la notation du chant bénéventin. M. Matthew Peattie, USA.
•    New challengers in semiological research. M. Franz Karl Prassl, Allemagne, Italie.
•    MMMO database : un atelier de paléographie musicale au XXIe s. M. Dominique Gatté.
•    La sémiologie, exégète de la modalité, de la paléographie ; de la relation texte et musique ave la composition. M. Guido Milanese, Italie.
•    La sémiologie pour métamorphoser la mélodie grégorienne. M. Philippe Lenoble, Le Mans.
•    Table ronde “la sémiologie en général”. T.R.P. Notker Wolf
•    Visite de l’Atelier de Paléographie

•    Comment les signes écrits sont-ils véhicules de l’Esprit ? T.R.P. Dom Xavier Perrin, Abbé de Quarr, Angleterre.
•    “Il n’y a pas de méthode Cardine”. M. Louis-Marie Vigne, Paris.
•    La semiologia prima della semiologia : Il trattato di Paleografia Musicale di Raffaello Baralli. M. Gianlucca Bocchino, Italie.
•    Quels usages de la sémiologie dans les répertoires instables. M. J.-F. Goudesenne, Tours.
•    Sonorita della “h” nelle parole “nihil, mihi, vehementer” (analisi fonetica sulla base di semiologia. M. Michal Slawecki, Pologne.
•    Table ronde finale. T.R.P. Notker Wolf
•    Synthèse, mot d’envoi, et chant du Te Deum. M. François Fierens, Belgique.

TEST

Test de la liste de lecture intégrée + partitions

 

A.G. de la Fédération Internationale Una Voce 2015

L’année dernière nous célébrions le 50e anniversaire de notre association Una Voce, à Paris. Mais nous ne sommes qu’une composante de la Fédération Internationale (FIUV). Cette année, c’était à son tour d’organiser la célébration de son cinquantenaire. En effet, cette dernière a été fondée à la suite de la création de notre association, et elle en a même repris le nom ! C’est dire combien le rôle de la France a été déterminant.

Nous nous sommes donc retrouvés à la Domus Australia, via Cernaia, à Rome, du 21 au 26 octobre 2015. Voici quelques photos prises les 24 et 25. A cette occasion, Patrick Banken, Président de Una Voce France, a été élu Vice-Président de la Fédération.

Notre assemblée générale coïncidait – pas tout-à-fait par hasard, et cela ne surprendra personne – avec le Pèlerinage Summorum Pontificum qui a suscité de magnifiques moments, dont le plus impressionnant fut, évidemment, la messe célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome.
ALBUM PHOTO.

Musique sacrée – L’orgue – Discours de Benoît XVI

Extraits de l’allocution de Benoît XVI à la Vieille Chapelle de Ratisbonne – 14 sept. 2006

L’orgue, le « roi des instruments », peut conduire à la « joie de la foi », souligne le pape Benoît XVI dans son allocution à la Vieille Chapelle de Ratisbonne, avant la bénédiction du nouvel orgue, offert par la Fondation de la Vieille Chapelle.

Cette fondation a également contribué, en 2002, avec le Lichtenstein, à l’acquisition d’un orgue, dû à un facteur suisse, offert à la chapelle Sixtine.

Soulignant la spécificité de l’orgue, le pape expliquait comment cet instrument est apte à traduire les sentiments humains: « L’orgue est appelé depuis toujours et à juste titre le roi des instruments musicaux, parce qu’il reprend tous les sons de la création et – comme il a été dit il y a peu, ajoutait le pape, en citant les paroles du président de la Fondation de la Vieille chapelle -, il se fait l’écho de la plénitude des sentiments, de la joie à la tristesse, de la louange à la lamentation ».

Mais Benoît XVI soulignait aussi combien l’orgue traduit quelque chose de la grandeur de Dieu : « En outre, comme toute musique de qualité, en transcendant la sphère simplement humaine, il renvoie au divin, ajoutait le pape. La grande variété des timbres de l’orgue, depuis le « piano » jusqu’au bouleversant « fortissimo », en fait l’un des instruments supérieurs à tous les autres. Il est en mesure de faire écho à tous les domaines de l’existence humaine. Les multiples possibilités de l’orgue nous rappellent d’une certaine façon l’immensité et la magnificence de Dieu ».

Le pape citait Bach et Bruckner comme ayant eu explicitement ce souci de rendre gloire à Dieu : « Par leur musique, les grands compositeurs veulent en définitive, chacun à leur façon, glorifier Dieu. Au-dessus du titre de beaucoup de ses partitions, Jean-Sébastien Bach a écrit les lettres : “S. D. G.”: Soli Deo Gloria – seulement à la gloire de Dieu. Anton Bruckner aussi mettait au début les paroles :                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           ié au Bon Dieu ». Que tous ceux qui fréquentent cette magnifique basilique, soient conduits, grâce à la grandeur de l’édifice et à travers la liturgie enrichie de l’harmonie du nouvel orgue, et du chant solennel, à la joie de la foi ! C’est mon souhait au jour de l’inauguration de ce nouvel orgue ».