Liturgie – textes magistériels

Très nombreux au cours du XXe s., ces textes devraient être soigneusement lus par les catholiques les plus motivés par la question de la liturgie. On pourrait même conseiller fortement de se documenter aussi sur la forme du rit romain que l’on ne pratique pas usuellement. Il n’est pas question ici de se satisfaire de ce que l’on voit, mais de comprendre à la lumière de l’enseignement de l’Eglise. Cet éclairage permet parfois de remettre en question nombre d’idées toutes faites, et d’acquérir une véritable lucidité sur la période entourant le Concile.

Voici tout d’abord un tableau mentionnant les principaux textes magistériels parus depuis le début du XXe s., a l’exception de ceux qui n’ont aucun impact sur la musique sacrée. A la suite du tableau, vous trouverez quelques éclairages sur cette production magistérielle.

AnnéetypeTitreForme concernée
1903instructionTra le sollecitudiniles deux formes
1955encycliqueMusicæ sacræ disciplinales deux formes
1958instructionDe Musica Sacrales deux formes
1960décretSimplification des rubriquesforme extraordinaire
1960codeRubriques généralesforme extraordinaire
1962misselMissale Romanumforme extraordinaire
1963constitutionSacrosanctum Conciliumforme ordinaire
1964directives (France)dir. de la Commission épisc. de liturgieforme extraord. 1964
1965cérémonialRitus servandusforme ordinaire
1967instructionMusicam sacramforme ordinaire
1967instructionTres abhinc annosforme ordinaire
1970instructionLiturgica instaurationesforme ordinaire
1972motu proprioMinisteria quædamforme ordinaire
1974misselMissale Romanumforme ordinaire
1980instructionInestimabile donumforme ordinaire
1983codeDroit Canonforme ordinaire
1984cérémonialCérémonial des évêquesforme ordinaire
1988directives (France)Les concerts dans les églises
1988motu proprioEcclesia Dei adflictaforme extraordinaire
2002misselMissale Romanumforme ordinaire
2004instructionRedemptionis Sacramentumforme ordinaire
2007motu proprioSummorum Pontificumforme extraordinaire

Lorsque le pape saint Pie X publie son motu proprio en 1903, il réagit contre une dérive déjà longue qui aura truffé le répertoire catholique de pièce de style lyrique. Seule la musique portant les caractère du sacré a sa place dans la liturgie. Saint Pie X écrit que ce motu proprio est un « code » de la musique sacré : il a force de loi ! Et comme il n’aborde pas les rubriques de la messe, mais les principes fondamentaux de la musique sacrée, et que de plus il n’a jamais été abrogé, ce texte vaut encore aujourd’hui pour les deux formes du rit romain. Il en va exactement de même pour les deux textes qui suivront plus tard en 1955 et 1958. En 1960 la « Simplification des rubriques » annonce des changements qui valent pour la forme extraordinaire.

Après le Concile, la « nouvelle messe » – face au peuple et en français – est promue partout, au point que pratiquement tout le monde, ainsi qu’une grande partie des prêtres, croient que « l’ancienne messe » ne peut plus être dite. Officiellement la « nouvelle messe » reste en latin, dos au peuple, et le grégorien y garde la première place. Mais dans la pratique, la « nouvelle messe » va déjà bien au delà de ce qu’on pouvait imaginer. A Paris on assistera à une messe où il faut pousser des hurlements, parce que le Christ est libérateur et que le cri libère l’homme… on ne s’étonne donc pas de voir naître, à cette époque, les premiers signes de ce qu’on appellera plus tard le « traditionalisme »… A cette époque, les prêtres portent encore la soutane, mais un certain nombre sont déjà adeptes de la guitare…

En 1967 les évêques français tentent dans un premier temps temps de réagir contre les excès de zèle moderniste, mais cette année est aussi celle de la publication de l’instruction « Musicam sacram », dont la lecture laisse perplexe en raison de présentations dont la logique semble sortie de nulle part.

Dans les années 80 le port de la chasuble est considéré comme un signe d’intégrisme, et quiconque ne fait qu’évoquer un mot de latin risque la mise au ban de la paroisse. Le pape Jean-Paul II donne un coup de semonce avec l’instruction « Inestimabile donum » (1980), par laquelle il condamne les principaux usages illicites relatifs l’eucharistie. Mais le document est évidemment ignoré. En 1983 paraît la nouvelle version du Droit Canon. En 1984 le nouveau Cérémonial des Evêques réaffirme des rubriques fort conventionnelles, et rappelle que la messe de l’évêque est le modèle pour tout le diocèse. En 2002 le nouveau missel apporte des précisions probablement dérangeantes, puisque la traduction française mettra plus de douze ans pour paraître !

Avec les motu proprio de 2004 et 2007, les papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont rappelé que la forme extraordinaire n’a jamais été abandonnée par l’Eglise. Benoît XVI, plus particulièrement, a maintes fois répété que la forme ordinaire découlant de la forme extraordinaire, elle ne PEUT PAS être présentée comme une forme de « rupture », mais comme une forme de « continuité ».

Ainsi notre association justifie son action de promotion de la qualité quel que soit le contexte, car la Qualité  liturgique est exigible tout le temps et partout.

Pour disposer de tous les textes – ou presque – mentionnés dans le tableau, nous recommandons vivement la consultation de : www.ceremoniaire.net qui est une remarquable source documentaire, ainsi que www.chant-liturgique-paroisse.fr .

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