Musique sacrée – Deux discours de Benoît XVI

Le chant et la musique sacrée font partie intégrante de la liturgie

Allocution de Benoît XVI à la Vieille Chapelle de Ratisbonne, 14 sept. 2006

Le chant et la musique sacrée ne servent pas seulement à « embellir » la liturgie, ils sont eux-mêmes « liturgie », affirme Benoît XVI.

Le pape a expliqué l’importance de la beauté du chant de l’assemblée et de la musique sacrée, avant de bénir un orgue manifique offert à la basilique Notre-Dame de la Vieille Chapelle de Ratisbonne, mercredi matin, avant de passer la journée en privé.

« La musique et le chant sont plus qu’un embellissement – même superflu – du culte ; en effet, ils font partie de la mise en œuvre de la liturgie, et même ils sont eux-mêmes liturgie ».

Il ajoutait : « Une musique sacrée solennelle avec chœur, orgue, orchestre et chant du peuple, n’est donc pas un ajout, qui encadre la liturgie ou la rend agréable, mais une façon importante de participer activement à l’événement cultuel ».

« Cette vénérable maison de Dieu, la basilique ‘Notre Dame de la Vieille chapelle’ a été restaurée de façon splendide – on le voit – a déclaré Benoît XVI au début de son allocution, et elle reçoit aujourd’hui un nouvel orgue qui va être béni et destiné solennellement à son but : la glorification de Dieu et l’édification de la foi ».

Le pape citait à ce propos la constitution sur la liturgie du concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, soulignant qu’elle « met en évidence que ‘le chant sacré, uni aux paroles fait nécessairement partie intégrante de la liturgie solennelle’ (n. 112) ».

Le pape rappelait qu’un important renouveau liturgique est dû justement à cette Vieille Chapelle en disant: « C’est un chanoine de cette collégiale, Carl Joseph Proske, qui a donné, au XIXe siècle, un élan essentiel au renouveau de la musique sacrée. Le chant grégorien et l’antique polyphonie vocale classique ont été intégrés dans le déroulement de la liturgie. Le soin apporté à la musique sacrée dans la « Vieille Chapelle » a eu une importance qui s’est étendue bien au-delà des frontières de la région, et il a fait de Ratisbonne un centre du mouvement de la réforme de la musique sacrée, dont l’influence se fait ressentir jusqu’à aujourd’hui ».

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Allocution du pape Benoît XVI le 25 juin 2006, lors du concert offert en l’honneur du Saint Père par la Fondation Domenico Bartolucci, le 25 juin 2006

A 17,30 h, dans la Chapelle Sixtine, en la présence du Saint Père Benoît XVI, a eu lieu un Concert offert au pape par la Fondation Domenico Bartolucci, dirigé par Mgr. Domenico Bartolucci en personne.

Innover sans renier le passé.

Benoît XVI a invité l’Eglise à conserver avec soin “l’héritage“ de la musique liturgique sacrée, à “chercher de nouvelles expressions musicales sans renier le passé“. Des paroles prononcées le 25 juin 2006, au terme du concert donné en son honneur, au Vatican.

A l’issue du concert offert par la Fondation italienne « Domenico Bartolucci » dans la Chapelle Sixtine le 25 juin en fin d’après-midi, Benoît XVI a affirmé: « Les divers morceaux que nous venons d’entendre qui constituent un ensemble entre le XVI et le XX siècle, confirment la conviction selon laquelle la polyphonie religieuse, et celle de l’Ecole Romaine tout particulièrement, sont un héritage à conserver avec soin, à faire vivre et à diffuser au bénéfice de la communauté ecclésiale toute entière et non des seuls chercheurs et amateurs. Il s’agit en effet d’un patrimoine spirituel, artistique et culturel d’une valeur inestimable ».

Un aggiornamento authentique de la musique liturgique ne peut avoir lieu que dans le sillage de la grande tradition du passé, du chant grégorien et de la polyphonie sacrée“, a encore affirmé le pape Benoît XVI. Dans ce sens, selon lui, “la communauté a toujours promu et soutenu ceux qui recherchent des nouvelles voies expressives sans renier le passé, l’histoire de l’esprit humain qui est celle de son dialogue avec Dieu“.

Le concert, auquel assistaient aussi des cardinaux, des prélats et quelques invités triés sur le volet, était dirigé par l’ancien directeur du choeur de la Chapelle Sixtine, Mgr Domenico Bartolucci. Il a ainsi proposé plusieurs de ses propres oeuvres, dont le Oremus pro Pontifice nostro Benedicto, composé par le Maestro pour le pape Benoît XVI en 2005, et des oeuvres de Giovanni Pierluigi da Palestrina. Le compositeur a fait partie du choeur de la Chapelle Sixtine au milieu du 16e siècle.

Enfin, Benoît XVI a souligné que Mgr.Bartolucci (89 ans) « a sans cesse cherché à mettre en valeur le chant liturgique, y compris comme véhicule d’évangélisation. Par le biais d’innombrable concerts de par le monde, la chapelle musicale pontificale, dirigée par le Maestro, a coopéré par le langage universel qu’est l’art à la mission même des Papes, qui est de diffuser le message chrétien. Et la Sixtine continue cette ouvre sous la direction de Mgr.Giusppe Liberto ».

Le Saint-Père a également rappelé que la Fondation Domenico Bartolucci a pour but de « maintenir et diffuser la tradition classique et contemporaine de cette célèbre école polyphonique, qui s’est toujours caractérisée par le chant pur, démuni de tout accompagnement instrumental« .

A propos de Mgr Domenico Bartolucci :

Nommé directeur du choeur de la Chapelle Sixtine par Pie XII en 1956, il avait été envoyé à la retraite en 1997 sous le pontificat de Jean Paul II, au profit de Mgr Giuseppe Liberto. Bien qu’âgé de 80 ans, le départ de Mgr Bartolucci avait été interprété à l’époque comme la volonté du pape Jean-Paul II d’aller vers des liturgies moins classiques lors des cérémonies pontificales. A l’époque, le cardinal Joseph Ratzinger n’avait pas caché son regret du départ du directeur du chœur de la Chapelle Sixtine.

Figure de grande autorité et amateur attentif de l’ancienne école polyphonique, il imprégna profondément son style composite. Lui-aussi a été l’auteur d’oratorios et professeur à l’Institut pontifical de musique sacrée. Il a été placé à la direction de la Chapelle Liberiana à partir de 1973 par Mgr Valentino Miserachs Grau, actuel maître titulaire.

Source: VIS 060626 (340) – archives E.S.M.

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