ÉDITORIAL

Una Voce Patrick BankenCher ami internaute,

La Semaine sainte, la Grande Semaine comme on l’appelait naguère, n’est point achevée mais permettez-nous d’aborder dès à présent son ultime aboutissement, la fête des fêtes, Pâques et sa lumineuse jubilation.
Jubilo, jubilas, jubilat, jubilamus… Voilà un verbe que nous conjuguerons en effet cette année à toutes les formes. Non seulement dans notre émission hebdomadaire sur ce site internet où vous êtes ou sur Radio-Courtoisie : certains d’entre vous, internautes, qui êtes aussi des auditeurs, connaissez bien les indicatifs : ils sont différents mais usent tous deux de ce verbe jubilare que l’on retrouve dans l’incipit des deux pièces interprétées.
Non seulement en cette fête de Pâques à venir, bien sûr, où nous chanterons, par exemple dans l’O Fílii et fíliæ, « cette hymne jeune fille » comme disait Julien Gracq qui l’aimait entre toutes : « In hoc festo sanctíssimo, allelúia, allelúia/ Sit laus et jubilátio / Allelúia, allelúia/ Benedicámus Dómino ! »
Mais encore pendant toute l’année, qui est la cinquantième de notre association, dans l’attente et l’espérance des 4 et 5 octobre 2014 où nous célèbrerons l’anniversaire à Sainte-Jeanne-de-Chantal (Paris XVIe). Jubilé, du latin Jubilaeus, lui-même issu de l’hébreu Yobél : « cor ou corne annonçant la fête, et notamment l’année jubilaire qui clôt une période de cinquante ans ».

J’ai évoqué l’hymne O Fílii et fíliæ, et sa jubilation. Quelle meilleure illustration en donner que la couverture de notre numéro 245* : un détail du tableau de Pierre Brueghel l’Ancien, dit aussi le Rustique ou le Drôle (il n’était pas pour rien un contemporain de Rabelais), qui a su exprimer dans sa Résurrection (1563) toute la joie de Pâques ?
In albis ángelus
, dit l’hymne, Praedixit muliéribus/ Quia surréxit Dóminus : « L’ange vêtu de blanc/ Annonça aux femmes/ Que le Seigneur avait ressuscité ». Et l’auteur de l’hymne énumère les premiers témoins : Et María Magdaléne/ Et Jacóbi, et Salóme, « Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques (le Mineur), et Marie de Salomé (peut-être mère de Jean) » ; «Sed Johánnes Apóstolus/ Cucúrrit Petro cítius… « Et Jean l’Apôtre accourut plus vite encore que Pierre »… Brueghel  l’a en effet représenté plus proche de l’ange que Pierre qui porte déjà la pourpre de l’autorité romaine.
Leur joie est encore teintée de la douleur du Vendredi saint, et de la stupéfaction du petit matin. Mais elle est là, contenue. Sachons la conserver, comme l’espérance, pendant toute cette année de Jubilé.

Bien à vous in Xto Rege per Mariam..

Patrick Banken, Président

*Rappelons que vous pouvez vous abonner ici sur notre boutique en ligne.