Dixième dimanche après la Pentecôte

Dimanche 18 août 2019
Xe dimanche après la Pentecôte
Vert – IIe classe

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Jérôme Nadal (1507-1580), un Espagnol de Majorque, a été l’un des dix premiers membres de la Société de Jésus. Pendant de nombreuses années, il a servi en tant que représentant personnel ou «délégué» du fondateur, saint Ignace de Loyola (1491-1556), pour visiter des maisons dans toute l’Europe, en particulier expliquer et mettre en œuvre les Constitutions de la Société de Jésus.

Ignace lui-même a exhorté Nadal à compiler et distribuer un guide illustré pour la prière, la méditation de l’Évangile, dans la tradition des Exercices Spirituels. Nadal a sélectionné les scènes bibliques et composé des notes pour accompagner chaque scène. Avec la coopération et le soutien des éditeurs anversois Christophe Plantin et Martinus Nutius, 153 gravures ont été produites.

En 1593, ces illustrations ont été publiées dans un volume intitulé Evangelicae Historiae Imagines, disposées dans l’ordre chronologique de la vie et le ministère de Jésus. En voici une ci-dessus…

emissions_radio_pent10jacques_tissot_brooklyn_museumJacques Tissot – Brooklyn Museum

– Nous mettons en ligne les pièces du Propre dans l’ancien ordo selon les livres liturgiques de 1962 toutes les semaines. Le compteur de ce site nous apprend que vous êtes très nombreux à en profiter et nous nous réjouissons que puisse ainsi rayonner la louange divine. Sachez toutefois que nous ne pouvons compter que sur votre aide matérielle pour faire face à nos inévitables frais (achat de disques, de matériel audio, site internet, informatique…)  

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster…  

– Allez sur le site Sancta Missa si vous ne disposez pas de livre de chants.

– Vous pouvez accéder, à la fin de cette page, au lien qui vous permettra d’obtenir la partition du psaume de communion que nous vous recommandons d’interpréter en alternance avec l’antienne.

– Écoutez la bande sonore de notre émission de dimanche prochain, ici même, dès le lundi précédent, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous. Préparez ainsi les chants des messes dominicales, liturgiquement, spirituellement et… vocalement !

Bonne écoute ut in ómnibus glorificétur Deus…

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Introït
: Dum clamarem

Les chants du propre de la messe du dixième dimanche après la Pentecôte sont encore une fois tous tirés des psaumes.

Nous trouvons à l’Introït le psaume 54, qui fait suite à celui de l’Introït du dimanche précédent, et dans lequel David exprime également sa confiance dans la protection divine au milieu des épreuves,

Dum clamarem ad Dominum, exaudivit vocem meam ab his qui appropiquant mihi : et humiliavit eos, qui est ante sæula, et manet in æternum : jacta cogitatum tuum in Domino, et ipse te enutriet.

Quand j’ai crié vers le Seigneur il a écouté ma voix, et m’a délivré de ceux qui approchaient de moi ; Il les a abaissés, Lui qui est avant les siècles et demeure à jamais. Jette tes soucis dans le Seigneur et lui-même te nourrira.

Chacun de nous peut faire sienne cette belle prière et confier ses soucis au Seigneur pour qui Il nous accorde la nourriture spirituelle, c’est-à-dire les grâces dont nous avons besoin pour affronter les difficultés et les tentations qui s’approchent de nous.
La mélodie de cet Introït, qui est d’une longueur inhabituelle, est elle-même ample et très développée avec de beaux élans plein de ferveur. Il est accompagné bien entendu par le premier verset du psaume 54 :

Exaudi Deus orationem meam, et ne despexeris deprecationem meam : intende mihi, et exaudi me.

O Dieu, écoutez ma prière et ne repoussez pas ma supplication ; soyez attentif et exaucez-moi.

Graduel : Custodi me

Le texte du Graduel du dixième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 16 que nous avons déjà rencontré à l’Offertoire du sixième dimanche, prière du juste qui se confie dans le Seigneur pour qu’il le garde dans la voie qu’il ne veut pas quitter malgré les embauches et les tentations :

Custodi me, Domine, ut pupillam oculi : sub umbra alarum tuarum protege me. De vultu tuo judicium meum prodeat : oculi tui videant æquitatem.

Gardez-moi Seigneur comme la pupille de votre œil, protégez-moi à l’ombre de vos ailes. De votre visage que provienne ma justification, que vos yeux voient ma droiture.

La première phrase est chantée comme verset à l’office des complies. Les belles images qu’elle emploie pour demander la protection divine conviennent tout à fait pour la prière du soir.
La mélodie de ce Graduel est nettement différente de celle des six dimanches précédents qui appartenaient tous au même mode grégorien ; celle-ci est plus douce et intime, mais avec de beaux élans, surtout dans la deuxième partie.

emissions_radio_pent10introiboAlléluia : Te decet hymnus

Nous retrouvons avec l’Alléluia du dixième dimanche après la Pentecôte la série des grands alléluias de louange et d’action de grâces au Seigneur pour tous ses bienfaits, qui avait été interrompue le dimanche précédent pour une prière suppliante. Une fois encore, le verset est le début d’un psaume. Cette fois c’est le psaume 64, beau cantique de reconnaissance à Dieu notamment pour les biens de la terre, ce qui convient tout à fait à cette saison.

Te decet hymnus, Deus, in Sion : et tibi reddetur votum in Jerusalem.

À vous est due une hymne, O Dieu, dans Sion. À vous est acquitté un vœu dans Jérusalem.

Sion (Jérusalem) c’est le temple, figure comme toujours de l’Église où nous venons remercier le Seigneur et figure du ciel où nous chanterons sa louange éternellement.
La mélodie de cet Alléluia est très enthousiaste, surtout dans le verset, avec de grandes envolées dans les hauteurs et une immense vocalise à la fin sur le mot Jérusalem, comme une contemplation éperdue qui ne veut plus finir.

emissions_radio_pent10doreOffertoire : Ad te Domine

Comme celui du précédent dimanche, l’Offertoire du dixième dimanche après la Pentecôte est repris à un autre dimanche de l’année, cette fois au premier dimanche de l’Avent.

Nous y retrouvons le début du psaume 24, que nous avons déjà rencontré à plusieurs reprises, prière du pécheur qui se repent et se tourne vers Dieu avec confiance en sa miséricorde.

Ad te Domine levavi animam meam : Deus meus, in te confido, non erubescam : neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui te exspectant, non confundentur.

Vers vous Seigneur j’élève mon âme, mon Dieu en vous je mets ma confiance, je n’aurai pas à en rougir. Que mes ennemis ne se moquent pas de moi ; en effet, aucun de ceux qui espèrent en vous ne sera confondu.

L’élévation de l’âme vers Dieu c’est la définition même de la prière, et on a ici une prière instante et fervente, dont la mélodie exprime d’une manière très profonde les sentiments de confiance et d’espérance qui sont ceux du texte.

emissions_radio_pent10enluminureCommunion : Acceptabis

Le texte de l’antienne de Communion du dixième dimanche après la Pentecôte est formé du dernier verset du psaume 50, le célèbre Miserere dans lequel David exprime son repentir après son crime.

Acceptabis sacrificium justitiæ, oblationes et holocausta super altare tuum, Domine.

Vous agréerez le sacrifice offert en toute justice, les oblations et les holocaustes sur votre autel, Seigneur.

Le futur qui est employé ici montre qu’il y a une condition à cet agrément par Dieu de nos offrandes ; elle nous est donnée par un verset précédent du psaume précisant que le sacrifice qui plaît à Dieu c’est un esprit humilié et un cœur contrit. Ce sont les sentiments qui étaient déjà exprimés dans l’Introït et l’Offertoire de cette messe, et avec lesquels nous pouvons nous offrir et approcher de l’autel au moment de la communion.
Après un bel élan à l’intonation, la mélodie est calme et douce, sans grands intervalles, avec juste une petite insistance sur le mot altare.

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion . C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…

Assomption de la Sainte Vierge Marie (15 août)

emission_radio_assomption9_Dormition Cathédrale de Münster

Jeudi 15 août 2019
Die 15 augusti – In Assumptione B.V.M.
Assomption de la Sainte Vierge Marie.
Fête d’obligation. Blanc.

La fête de l’Assomption de la Sainte Vierge est une des plus grandes fêtes de l’année, fête d’obligation et jour férié, même lorsqu’elle tombe en semaine. C’est aussi la fête patronale de la France depuis la consécration de notre pays à Notre Dame par le roi Louis XIII en 1638.

On sait que le dogme de l’Assomption de la Sainte Vierge a été proclamé solennellement en 1950 par le pape Pie XII, affirmant comme vérité de foi que la Bienheureuse Vierge Marie a été élevée au ciel en corps et en âme sans connaître la corruption du tombeau. Mais s’il a fallu attendre le XXe siècle pour cette proclamation, la fête de l’Assomption, ou de la  » Dormition  » de la Sainte Vierge était célébrée depuis longtemps. Depuis la promulgation du dogme, un nouveau formulaire pour la messe a été prescrit par le  décret du 31 octobre 1950. Ce nouveau formulaire met plus l’accent que l’ancien  sur la souveraine dignité de Marie. C’est cette messe Signum magnum qui est chantée dans le rit romain traditionnel dit extraordinaire depuis le Motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007. Le Graduel de 1974 a curieusement repris des pièces de l’ancienne messe, antérieure à 1950.

–  Rappelons qu’il vous suffit de cliquer sur Émissions & MP3 dans le bandeau de la partie supérieure de la page d’accueil. Le compteur de ce site nous apprend que vous êtes très nombreux à en profiter et nous nous réjouissons que puisse ainsi rayonner la louange divine. Sachez toutefois que nous ne pouvons compter que sur votre aide matérielle pour faire face à nos inévitables frais (achat de disques, de matériel audio, informatique…)  

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster…  

–  Allez sur Sancta Missa si vous ne disposez pas de livre de chants.

– Vous pouvez accéder, à la fin de cette page, au lien qui vous permettra d’obtenir la partition du psaume de communion que nous vous recommandons d’interpréter en alternance avec l’antienne.

– Écoutez la bande sonore de notre émission de dimanche prochain, ici même, dès le lundi précédent, en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous. Préparez ainsi les chants des messes dominicales, liturgiquement, spirituellement et… vocalement !

Bonne écoute ut in ómnibus glorificétur Deus…

emission_radio_assomption5apotres

C’est vers l’abbaye bénédictine de Saint-Pierre de Solesmes que nous allons nous tourner cette année. Dom Gajard dirigeait le chœur monastique. Le vinyle 33T qui nous intéresse a été enregistré en juin de l’an de grâce 1955. Il incluait également la messe de la fête de l’Ascension comme le montre la pochette du microsillon ci-dessous :

Introït : Signum magnum

Le texte de l’Introït provient du livre de l’Apocalypse de saint Jean au chapitre 12 :
Signum magnum apparuit in cælo : mulier amicta sole, et luna sub pedibus eius, et in capite ejus corona stellarum duodecim.

Un grand signe apparut dans le ciel : une femme, revêtue de soleil, la lune sous les pieds et, sur la tête, une couronne de douze étoiles.

Cette femme qui est ainsi glorifiée est avant tout la figure de l’Église qui va entamer contre le dragon un combat sans merci, mais ce texte s’applique aujourd’hui à Marie écrasant sous son pied la tête du serpent et couronnée dans le ciel. Cette vision grandiose, cosmique, appellerait semble-t-il une mélodie éclatante, or celle qui a été choisie, empruntée à un Introït du commun des Martyrs, est douce, calme et peu développée, mais pleine d’une paisible et joyeuse assurance.
Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 97, cantique d’action de grâces qui revient souvent dans la liturgie, notamment à Noël et à Pâques.

Cantate Domino canticum novum : quia mirabilia fecit.

Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles.

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Graduel : Audi filia

Pour la nouvelle messe de l’Assomption composée en 1950 on a repris au Graduel une pièce ancienne qui figurait au commun des vierges. Le texte est tiré du psaume 44, le cantique nuptial que nous avons déjà souvent rencontré ; il fait l’éloge à l’occasion de leurs noces du roi d’Israël et de son épouse, qui sont la figure du Christ et de l’Église, mais la liturgie l’applique aussi souvent à Marie ou aux vierges consacrées. Les deux versets qui forment ce Graduel sont pris dans l’éloge de la reine.

Audi filia, et vide, et inclina aurem tuam : et concupiscet Rex pulchritudinem tuam. Tota decora ingreditur filia Regis, texturæ aureæ sunt amictus ejus.

Écoute ma fille et regarde, tends l’oreille : le roi est épris de ta beauté. La fille du roi s’avance toute belle, ses vêtements sont tissés d’or.

Ces versets s’appliquent très bien à la Vierge Marie dont l’éclat et la beauté surpassent toutes les créatures, et qui maintenant règne avec son fils dans le ciel. On trouve cet éclat et cette beauté dans la mélodie aux amples vocalises, avec l’enthousiasme triomphal qui manquait à l’Introït.

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Alléluia : Assumpta est

L’Alléluia de l’Assomption est la seule pièce de l’ancienne messe qui ait été conservée dans la nouvelle. Le texte n’est pas tiré de la Sainte Écriture ; c’est un refrain qui revient à plusieurs reprises dans l’office de la fête.

Assumpta est Maria in cælum : gaudet exercitus angelorum.

Marie a été élevée au ciel, l’armée des anges se réjouit.

La mélodie traduit admirablement par ses montées et ses descentes très légères le mystère de ce jour et la joie des esprits célestes.

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Offertoire : Inimicitias

L’Offertoire de la messe de l’Assomption est une pièce nouvelle composée en 1950, dont le texte est tiré du livre de la Genèse. On se rappelle que l’Introït était tiré de l’Apocalypse, le dernier livre de la Bible, et nous voici maintenant ramenés au premier livre, au tout début de la Sainte Écriture. Il y a pourtant un rapport certain entre les deux textes. Le chapitre 12 de l’Apocalypse nous montrait le combat et la victoire d’une femme sur le dragon infernal. Elle vengeait ainsi une autre femme, Ève, celle de la Genèse, qui avait succombé aux ruses du serpent. Et Dieu lui-même s’adressant au serpent avait annoncé cette revanche. Ce sont les paroles que nous chantons aujourd’hui.

Inimicitias ponam inter te et mulierem, et semem tuum et semen illius.

Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance.

La descendance de la femme c’est évidemment le Christ qui vaincra Satan et ses suppôts, mais c’est le Christ par Marie. C’est elle la fille d’Ève qui écrase la tête du serpent, ce qui lui vaut d’entrer aujourd’hui dans la gloire. La mélodie, qui reprend des formules d’autres Offertoires, notamment celui du onzième dimanche après la Pentecôte, fait de ce texte une affirmation solennelle et pleine de fermeté ; c’est vraiment Dieu qui parle.

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Communion : Beatam me dicent

Le texte de l’Antienne de Communion de la messe de l’Assomption est tiré du Magnificat:

Beatam me dicent omnes generationes, quia fecit mihi magna qui potens est.

Toutes les générations me diront bienheureuse, car le Tout Puissant a fait pour moi des merveilles.

C’est la Sainte Vierge qui parle, et, avec son humilité admirable, elle renvoie à Dieu toute la gloire qu’elle a méritée pour les merveilles qu’elle a accomplies, gloire dont elle jouit aujourd’hui dans le ciel. C’est cette humilité que traduit parfaitement la mélodie de cette petite antienne toute simple, légère et joyeuse.

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion . C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…    

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