L'émission, avec souvent des interprètes différents et plus complète (elle dure presque 60'), est diffusée trois fois par semaine sur Radio Courtoisie.
Ce dimanche 10 mai est la deuxième de mai et l’on solennise en France la fête de sainte Jeanne d’Arc qui n’appartient bien sûr qu’au Propre de France. Elle n’est en outre pas obligatoire. Les livres liturgiques de 1962 la donnent toutefois en France avec la messe Cantémus Dómino en ce 2e dimanche de mai. Il faut la chercher précisément au propre de France et tous les missels ne l’offrent pas, y compris beaucoup de paroissiens romains, dont les célèbres « 800 ».
Statue équestre de sainte Jeanne d’Arc, place des Pyramides à Paris, commandée en 1872 au maître d’œuvre Emmanuel Frémiet * (Allez en bas de cette page pour plus d’explications).
Dimanche 10 mai 2026 En France : SANCTÆ JOANNÆ DE ARC,Virginis PATRONÆ SECUNDARIÆ GALLIÆ Solennité de sainte Jeanne d’Arc, Vierge, Patronne secondaire de la France
Notre sainte nationale, patronne secondaire de la France eut une vie extraordinaire, unique dans l’histoire. Sa fête liturgique est le 30 mai puisque c’est le jour de l’an de grâce 1431 qu’elle fut brûlée sur le bûcher à Rouen.
Sainte Jeanne d’Arc sur le bûcher – Jules-Eugène Lenepveu, 1889 Détail d’une peinture de sainte Jeanne d’Arc, Panthéon, Paris, France
Quelques explications d’ordre historique… Il fallut attendre le début du XXe siècle pour que l’Église décrétât l’héroïcité des vertus de la Pucelle d’Orléans. C’était en 1904, quand saint Pie X invita solennellement la France à son culte et qu’il la béatifia en 1909. Et c’est son successeur, Benoît XV qui la canonisa en 1920. Mais les problèmes politiques intérieurs de la France à l’époque notamment avec l’Action Française contribuèrent à ce qu’elle ne fût point déclarée martyre mais seulement vierge.
De façon étonnante, c’est la Chambre des députés qui décréta à la même date, la fête de Jeanne d’Arc la fête du patriotisme, fixée au 2e dimanche de mai. La loi n’a jamais été abolie et le décret est toujours en vigueur, même si personne n’en tient plus compte. La fête fut dotée d’une messe et d’un office propre. Il n’en existe, à notre connaissance, qu’un seul enregistrement, celui de la Schola Bellarmina. Vous pouvez l’acheter sur le site Sacra Musica. C’est certes du chant grégorien d’intérêt limité, mais beaucoup d’entre vous, chers amis choristes, devront interpréter ces pièces grégoriennes.
Prosper d’Épinay (1836-1914): Sainte Jeanne d’Arc, statue en pied, en armure. Cathédrale Notre-Dame de Reims
– Voici les partitions du Propre de cette messe… ICI, puis les textes.
Illustration de Boutet de Monvel – Sainte Jeanne d’Arc devant le roi (vers 1896)
Ant. ad Introitum. Exode 15, 1 et 2.
Introït
Cantémus Dómino : glorióse enim magnificátus est. Fortitúdo mea et laus mea Dóminus, et factus est mihi in salútem. Allelúia, allelúia.
Chantons au Seigneur : il se couvre de gloire. Ma force et ma louange, c’est le Seigneur ; il fut pour moi le salut. Alléluia, alléluia.
Ps. 97, 1.
Cantáte Dómino cánticum novum, quia mirabília fecit.
Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles.
Allelúia, allelúia. V/. Judith 15, 11.Fecísti viríliter, et confortátum est cor tuum : manus Dómini confortávit te, et ídeo eris benedícta in æternum.
Alléluia, alléluia. V/. Tu as agi avec vaillance, ton cœur a été fort. La main du Seigneur t’a rendue forte, aussi seras-tu bénie à jamais.
Allelúia. V/. Ibid. 8, 29.Nunc ergo ora pro nobis, quóniam múlier sancta es, et timens Deum. Allelúia.
Alléluia. V/. Et maintenant prie pour nous, car tu es une femme sainte et craignant Dieu. Alléluia.
Ant. ad Offertorium. Judith 15, 10.
Offertoire
Benedixérunt eam omnes una voce, dicéntes : Tu glória Jerúsalem, tu lætítia Israel, tu honorificentia pópuli nostri. Allelúia.
Tous l’acclamaient, disant d’une même voix : Tu es la gloire de Jérusalem, tu es la joie d’Israël, tu es l’honneur de notre peuple. Alléluia.
Ant. ad Communionem. Ps. 22, 4.
Communion
Si ambulávero in medio umbræ mortis, non timebo mala, quóniam tu mecum es, Dómine Jesu. Allelúia.
Même si je marchais au milieu des ombres de la mort, je ne craindrais aucun mal, car tu es avec moi, Seigneur Jésus. Alléluia.
* La statue est une commande du gouvernement français faisant suite à la défaite du pays dans la guerre franco-prussienne de 1870. Parmi, les 150 statues érigée à Paris au cours de la période 1870-1914, qualifiée d’« âge d’or de la statuomanie », celle de Jeanne d’Arc est l’unique commande publique passée par l’État (les autres étant dues à des initiatives privées). La symbolique de la statue est « la reconquête ». Elle est exécutée par Emmanuel Frémiet, qui prend comme modèle Aimée Girod, une jeune Lorraine de 18 ans, et inaugurée en 1874. Le piédestal est dessiné par l’architecte Paul Abadie et la grille élaborée par Gabriel Davioud protège celui-ci1.
Une autre version de la statue, financée par M. Osiris, est exécutée en 1889 par Frémiet pour la ville de Nancy1, sur la place Lafayette. Le cheval est réduit de taille, en 1899, Frémiet remplace le cheval de Paris par le modèle de Nancy, ce qui provoque une polémique. La version de Frémiet de Jeanne d’Arc à cheval est reproduite en de nombreux exemplaires, on la retrouve entre autres à Lille, Saint-Étienne, la Nouvelle Orléans, Philadelphie, Portland et Melbourne. Le 1er mai, la manifestation annuelle du Front national en l’honneur de Jeanne d’Arc prend la statue de la place des Pyramides comme lieu de rendez-vous.Le monument fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 31 mars 1992.
Ce dimanche 10 mai est le deuxième de mai et l’on solennise en France la fête de sainte Jeanne d’Arc qui n’appartient bien sûr qu’au Propre de France. Elle n’est en outre pas obligatoire. Les livres liturgiques de 1962 la donnent toutefois en France avec la messe Cantémus Dómino. L’émission sera en ligne en ce début de semaine, directement en page d’accueil de ce site.
C’est à l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes que nous vous convions cette année pour la messe du cinquième dimanche après Pâques. Nous sommes en juin 1961 et Dom Joseph Gajard était à la tête de la schola monastique. L’ancien enregistrement qui parut en microsillon en 1961 fut opportunément réédité en CD en 2002 par le label Universal sous le titre « Dimanches du Temps pascal » (en vente ICI sur notre Boutique en ligne) Bonne écoute ut in ómnibus glorificétur Deus…
Abbaye de Solesmes – Dimanches du Temps Pascal
Dimanche 10 mai 2026 Dominica Quinta post Pascha – II classis Ve dimanche après Pâques – 2e classe – Vert
La liturgie continue à chanter le Christ ressuscité et nous exhorte, en cette semaine des Rogations, à nous unir à sa prière ; cette prière par laquelle il a demandé à Dieu de faire partager à son humanité, par l’Ascension, la gloire qu’il possède de toute éternité comme Dieu (0ff). Cette gloire qu’il a obtenue, nous la posséderons aussi un jour, parce qu’il nous a délivrés du péché par la vertu de son sang (Intr., All., Com.). Aussi faut-il que, contrairement à celui qui se regarde au miroir et oublie aussitôt comment il est, nous ayons le regard attaché sur la loi parfaite de la liberté et la mettions continuellement en pratique » (Ep.). Et puisque le Christ nous a laissé comme consolation à son départ « de pouvoir prier en son nom pour que notre joie soit pleine », demandons à Dieu « par Notre-Seigneur » de ne pas rester sans fruits dans la connaissance de Jésus, afin que croyant « qu’il est sorti de Dieu » (Ev.), nous méritions d’entrer avec lui dans le royaume de son Père. Joann. 16, 23-30.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. Je vous ai dit ces choses en paraboles. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père. En ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous ; car le Père vous aime lui-même, parce que vous m’avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; je quitte de nouveau le monde, et je vais auprès du Père. Ses disciples lui dirent : Voici que, maintenant, vous parlez ouvertement, et vous ne dites plus de parabole. Maintenant nous savons que vous savez toutes choses, et que vous n’avez pas besoin que personne ne vous interroge ; voilà pourquoi nous croyons que vous êtes sorti de Dieu.
– Vous pouvez accéder, à la fin de cette page, au lien qui vous permettra d’obtenir la partition du psaume de communion que nous vous recommandons d’interpréter en alternance avec l’antienne.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous le donnera ».
► Introït : Vocem jucunditatis
Les chants de la messe de ce cinquième dimanche après Pâques expriment une fois encore notre joie et notre action de grâces pour le grand bienfait de la Rédemption. Mais contrairement au dimanche précédent, où cette jubilation commençait d’une façon calme et légère dans l’Introït, puis s’amplifiait dans les Alléluias pour atteindre son sommet dans l’extraordinaire Offertoire Jubilate Deo, aujourd’hui c’est dès l’Introït que la joie éclate en une acclamation triomphale.
Le texte est tiré du prophète Isaïe. Il annonçait aux Israélites la délivrance définitive de la captivité de Babylone, figure de la délivrance de la captivité où le péché nous retient ici-bas. » Sortez de Babylone » s’écriait-il, et il continuait par les paroles que nous chantons aujourd’hui.
Vocem jucunditatis annuntiate, et audiatur, nuntiate usque ad extremum terræ : liberavit Dominus populum suum. Annoncez le avec des cris de joie, et qu’on l’entende. Annoncez-le jusqu’aux extrémités de la terre : le Seigneur a délivré son peuple.
Ce texte est, bien entendu, ponctué de vibrants Alléluias.
La mélodie est vraiment enthousiaste. Elle s’élève en grandes ondulations dont l’amplitude dépasse l’octave, culminant dans les hauteurs sur les mots usque ad extremum terræ, jusqu’aux extrémités de la terre. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 65, qui formait déjà le texte de l’Introït du troisième dimanche et le début de l’Offertoire du dimanche dernier. Nous retrouverons d’ailleurs ce psaume dans l’Offertoire de ce jour.
Jubilate Deo, omnis terra, psalmum dicite nomini ejus, date gloriam laudi ejus. Poussez des cris de joie pour Dieu toute la terre, chantez un psaume à son nom, donnez gloire à sa louange.
Le Greco : « Saint Jacques le Mineur » (1609), Cathédrale de Tolède. Saint Jacques dit « le Mineur » est fêté avec saint Philippe le 11 mai dans l’ancien calendrier et le 3 dans le nouveau. Il est l’auteur de l’épître de ce dimanche, comme la semaine passée.
► Alléluia : Surrexit Christus
Comme ceux des dimanches précédents, les deux Alléluias du cinquième dimanche après Pâques sont encore très différents l’un de l’autre, notamment par leur longueur. Le texte du premier Alléluia n’est pas tiré de la Sainte Écriture. C’est un des nombreux versets d’Alléluias du temps pascal qui commence par le mot surrexit : il est ressuscité. Ils expriment notre joie et notre action de grâces pour le grand bienfait de la Rédemption.
Surrexit Christus et illuxit nobis, quos redemit sanguine suo. Le Christ est ressuscité et nous a illuminés, nous qu’il a rachetés de son sang.
Cette illumination, c’est celle du baptême, qui nous a fait naître à une vie nouvelle, la vie de la grâce, et a ouvert nos yeux aux réalités surnaturelles. La mélodie exprime la joie de cette illumination d’une manière d’abord assez calme mais très gracieuse dans l’Alléluia, puis dans le verset elle s’anime progressivement pour s’élever en une grande envolée enthousiaste sur le mot redemit, le mot de la Rédemption, avant de revenir pour terminer à la calme mélodie de l’Alléluia.
Saint Jacques le Mineur – Statue d’Angelo de Rossi, dans la Basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome.
► Alléluia : Exivi a Patre
Comme c’est généralement le cas au temps pascal, le deuxième Alléluia de ce cinquième dimanche après Pâques est nettement plus long que le premier. Son texte est tiré de l’Évangile, comme toujours en ce temps liturgique, sauf dimanche dernier où c’était une phrase de saint Paul, mais c’était quand même le Nouveau Testament. Il s’agit aujourd’hui, comme dans les Communions des deux derniers dimanches, d’un passage des entretiens de Notre-Seigneur avec ses apôtres après la Cène dans l’évangile selon saint Jean, où il leur annonce son prochain départ, et en ce dimanche nous sommes à quelques jours de l’Ascension :
Exivi a Patre et veni in mundum ; iterum relinquo mundum et vado ad Patrem. Je suis sorti du Père et venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde et vais au Père.
C’est toute la mission rédemptrice du Christ qui est ici résumée dans cet aller et retour entre le ciel et la terre.
La mélodie est assez extraordinaire. Elle se tient presque entièrement dans les hauteurs. Seule la cadence finale de l’Alléluia et celle du verset redescendent au grave, et, à l’intérieur de cette ligne légère et presque immobile, suspendue en l’air, un petit motif de quatre notes monte et redescend sans cesse, quinze fois en tout si on compte la reprise de l’Alléluia, évoquant le va-et-vient entre le ciel et la terre, comme les anges montant et descendant sur l’échelle de Jacob. N’oublions pas que c’est le Christ qui parle à ses apôtres sur le ton de la confidence exprimant son amour pour son Père et pour tous les hommes, sa joie pour toutes les âmes qu’il va sauver.
Saint Jean et son aigle (1621), par Le Dominiquin (1581-1641) – BJU Museum and Gallery
► Offertoire : Benedicite gentes
Le texte de l’Offertoire du cinquième dimanche après Pâques est tiré du psaume 65 Jubilate Deo, comme celui de dimanche dernier dont le développement mélodique était exceptionnel. Celui-ci est encore assez long et solennel mais il est cependant tout à fait différent. Nous y retrouvons le style calme, intérieur et méditatif qui est celui de la plupart des Offertoires. Comme la dernière phrase de celui de dimanche dernier, le texte de celui-ci est pris dans la deuxième partie du psaume qui, après la grande action de grâces pour le salut accordé à tout le peuple, devient plus intime et personnel.
Benedicite gentes Dominum Deum nostrum, et obaudite vocem laudis ejus, qui posuit animam meam ad vitam, et non dedit commoveri pedes meos. Benedictus Dominus qui non amovit deprecationem meam, et misericordiam suam a me. Peuples, bénissez le Seigneur notre Dieu, et faites retentir sa louange, car il a gardé mon âme en vie, et n’a pas laissé mes pieds chanceler. Béni soit le Seigneur qui n’a pas repoussé ma prière ni détourné de moi sa miséricorde.
Chacun de nous remercie ici le Seigneur pour les grâces qu’il a reçues notamment à l’occasion de la dernière fête de Pâques. Il le fait en une longue contemplation on pourrait même dire rumination, la mélodie revenant sans cesse sur les mêmes notes avec une douce insistance.
Mes bien-aimés, mettez cette parole en pratique, et ne vous contentez pas de l’écouter, vous trompant vous-mêmes.
► Communion : Cantate Domino
L‘antienne de Communion du cinquième dimanche après Pâques est la seule de tous les dimanches du temps pascal dont le texte soit tiré d’un psaume, et elle commence comme l’Introït de dimanche dernier par les mots Cantate Domino. Ainsi la messe de ce dimanche s’achève-t-elle comme celle du dimanche précédent avait commencé. Ce n’est pourtant pas le même psaume. Dans l’Introït de dimanche dernier c’était le psaume 97 ; ici c’est le psaume 95, mais il lui ressemble comme un frère : c’est toujours la louange au Seigneur, roi et juge universel, et l’action de grâces continuelle pour le salut qu’il nous accorde.
Cantate Domino, benedicite nomen ejus ; bene nuntiate de die in diem salutare ejus. Chantez au Seigneur, bénissez son nom, annoncez de jour en jour son salut.
Ce texte, on le voit, est assez voisin de celui de l’Introït de ce jour, et c’est encore la même joie ; mais elle s’exprime ici d’une façon moins ample et plus légère. Il y a cependant une progression entre les trois phrases jusqu’à l’Alléluia final qui culmine dans l’enthousiasme.
Le site nord-américain Musica Sacra (cliquez sur 1962 Missel puis choisissez l’antienne) nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette l’antienne de Communion. C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…