Sixième dimanche après la Pentecôte

emission_radio_pent6multiplicationpains2Dimanche 12 juillet 2020
Dominica Sexta post Pentecosten
VIe Dimanche après la Pentecôte
Vert –  2e classe

Merci de lire ce message avant de cliquer pour écouter la bande-son.

La gratuité des services multiples qu’offre la Toile est bien appréciable et nous en profitons tous.
Elle présente toutefois des limites et peut-être en êtes-vous conscient.
Nous nous réjouissons du succès de l’émission que nous mettons en ligne dès le lundi de chaque semaine que Dieu fait. Mais force est de constater que cela occasionne un dépassement de trafic. Si nous voulons éviter les problèmes rencontrés l’an passé (blocage complet), il nous faut désormais payer. Si vous ajoutez à cela le remplacement inévitable d’un matériel d’enregistrement vieillissant après quinze années de loyaux services, la location d’un local pour notre secrétariat et l’entrepôt du stock de la boutique en ligne, etc., vous aurez vite compris qu’il nous faut de l’aide matérielle si vous voulez continuer à nous écouter.
Il ne vous reste plus qu’à choisir entre l’adhésion à l’association (10€), l’abonnement à la revue (32€), un don déductible de vos impôts (envoyer un chèque au siège de l’association) , des achats en ligne.

Merci de votre compréhension, de votre aide pour que se poursuive notre mission de promotion de cette sublime prière chantée à laquelle vous êtes comme nous attaché.

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Marcum.

Lecture du Saint Évangile selon saint Marc. Marc. 8, 1-9.

In illo témpore : Cum turba multa esset cum Iesu, nec haberent, quod manducárent, convocatis discípulis, ait illis : Miséreor super turbam : quia ecce iam tríduo sústinent me, nec habent quod mandúcent…

En ce temps-là, comme il y avait une nombreuse foule qui n’avait pas de quoi manger, il appela ses disciples et leur dit : « J’ai compassion de cette foule, car voilà trois jours déjà qu’ils restent près de moi, et ils n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, les forces leur manqueront en chemin ; or plusieurs d’entre eux sont venus de loin. » Ses disciples lui répondirent : « Comment pourrait-on ici, dans un désert, rassasier de pain ces gens ? » Et il leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept. » Alors il fit asseoir la foule par terre, prit les sept pains, et, après avoir rendu grâces, il les rompit et les donna à ses disciples pour les servir ; et ils les servirent à la foule. Ils avaient (en outre) quelques petits poissons ; après avoir prononcé la bénédiction sur eux, il dit de les servir aussi. Ils mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta sept corbeilles des morceaux qui restaient. Or ils étaient environ quatre mille. Et il les renvoya.

– Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster…  

– Allez à la fin de cette page pour accéder au lien qui vous permettra d’obtenir la partition du psaume de communion que nous vous recommandons d’interpréter en alternance avec la pièce grégorienne. Comme l’introït et l’offertoire, cette antienne de communion se chantait en procession, et le Graduel de 1907, dans les pages intitulées De ritibus servandis in cantus missæ, prévoit la possibilité de chanter des versets de psaume alternés avec l’antienne pendant la distribution de la communion. Dans les années 70, lors d’un congrès Una Voce au Mesnil Saint-Loup, un moine bénédictin nous a rappelé avoir vu les fidèles se rendant à la communion, et chantant, par cœur, l’antienne grégorienne en alternance avec la chorale.

– Vous pouvez entendre la bande sonore de cette émission dès le lundi précédant le dimanche, ici même, en cliquant sur le petit   triangle à gauche du curseur ci-dessous et préparer ainsi les chants de la messe dominicale, liturgiquement, spirituellement et …vocalement !

Bonne écoute ! Ut in ómnibus glorificétur Deus…

Introït : Dominus fortitudo

Comme c’est le cas pour la plupart des dimanches de ce temps, tous les textes des chants du propre de la messe du sixième dimanche après la Pentecôte sont tirés des psaumes, expression inépuisable des sentiments qui doivent animer l’âme chrétienne durant son séjour sur la terre. Nous retrouverons en particulier à la Communion le psaume 26 qui avait été déjà largement utilisé dans les chants des deux précédents dimanches.

Le texte de l’Introït est tiré, non du psaume 26, mais du psaume 27, qui lui fait suite dans le psautier, et qui est encore une prière suppliante, mais pleine de confiance, que David adresse au Seigneur après avoir reçu l’onction royale. Ce sont les deux derniers versets du psaume, où il élargit l’intention de sa prière à tout le peuple dont il a maintenant la charge :

Dominus fortitudo plebis suæ, et protector salutarium Christi sui est : salvum fac populum tuum, Domine, et benedic hæreditati tuæ, et rege eos usque in sæculum.

Le Seigneur est la force de son peuple et le protecteur qui donne le salut à son oint ; sauvez votre peuple Seigneur et bénissez ceux qui sont votre héritage et dirigez-les à jamais.

On aura peut-être reconnu dans la deuxième partie de cet Introït, à partir des mots salvum fac un texte que l’on retrouve dans le Te Deum, dont toute la fin, qui est une prière du matin, est formée de versets empruntés à différents psaumes. Ici l’oint du Seigneur, le roi d’Israël, est la figure du Christ, chef de l’Église, le peuple de Dieu, pour laquelle nous prions le Seigneur avec confiance, sachant qu’il ne l’abandonnera jamais. Cette prière confiante est exprimée par une mélodie calme et assurée assez peu étendue mais emprunte d’une certaine solennité. Si l’intonation est la même que celle de l’Introït du quatrième dimanche, la suite est différente, s’élevant beaucoup moins dans l’aigu. Cet Introït est accompagné bien entendu par le premier verset du psaume 27 :

Ad te Domine clamabo, Deus meus ne sileas a me : nequando taceas a me, et assimilabor descendentibus in lacum.

Vers vous Seigneur je crie, ne soyez pas sourd à ma voix. Si vous ne me répondez pas je serai semblable à ceux qui descendent dans la fosse.

emission_radio_pent6nadal

Graduel : Convertere Domine

Le texte du Graduel du sixième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 89, qui est une magnifique méditation sur le temps et l’éternité, la brièveté et la précarité de notre vie humaine comparée à la pérennité de Dieu pour qui mille ans c’est comme un jour. Ce psaume est attribué par la bible à Moïse, ce qui en ferait le plus ancien du psautier. Nous trouvons le premier verset du psaume dans la deuxième partie du Graduel.

Domine refugium factus es nobis, a generatione et progenie.

Seigneur vous vous êtes fait notre refuge de génération en génération.

Tandis que les générations se succèdent, Dieu est toujours là pour nous secourir. Et la première partie du Graduel est une supplication qui commence la deuxième partie du psaume :

Convertere Domine aliquantulum, et deprecare super servos tuos.

Littéralement :

Tournez-vous, Seigneur, un peu de temps, c’est-à-dire : ” Tournez-vous, Seigneur, sans tarder, et écoutez les prières de vos serviteurs. “

Quelle que soit la brièveté de la vie, on trouve le temps long quand on est dans l’épreuve, et on supplie Dieu de ne plus faire attendre son secours. Ce mot aliquantulum est bien souligné par la mélodie, c’est même le seul passage original. Le reste de ce Graduel est fait de formules habituelles que l’on retrouve en particulier dans les Graduels de cette époque de l’année. Nous avons même déjà signalé que les mots servos tuos avaient identiquement la même mélodie que dans le Graduel du dimanche précédent où ils étaient empruntés à celui d’aujourd’hui.

emission_radio_pent6multiplicationpains3

Alléluia : In te Domine speravi

Le texte du verset de l’Alléluia du sixième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 30, qui est souvent utilisé dans la liturgie. C’est un des grands psaumes où David exprime sa confiance en Dieu au milieu des épreuves et son abandon à la divine providence. C’est le psaume de l‘In manus tuas. Par une curieuse coïncidence nous allons retrouver le Te Deum dont nous avions reconnu une phrase dans l’Introït de cette messe. On sait que ce cantique d’action de grâces se termine par le premier verset du psaume 30 par lequel débute justement ce texte :

In te Domine speravi, non confundar in æternum : in tua justitia libera me, et eripe me : inclina ad me aurem tuam, accelera ut eripias me.

En vous Seigneur j’ai mis mon espérance, que je n’aie jamais à en rougir ! Dans votre justice délivrez-moi et sauvez-moi, tendez vers moi l’oreille, hâtez-vous de me délivrer.

On voit que ce texte est assez long pour un verset d’Alléluia puisqu’il ne comporte pas moins de quatre phrases. Il commence par un chant d’espérance, et s’achève par une supplication ardente. La mélodie exprime ces sentiments par une grande ligne très développée, très chantante et pleine de ferveur mystique.

emission_radio_pent6multiplicationpainsravenne

Offertoire : Perfice gressus meos

Comme il arrive souvent pour les dimanches de ce temps, l’Offertoire du sixième dimanche après la Pentecôte est repris à un autre dimanche de l’année, et c’est aujourd’hui celui du dimanche de la Sexagésime. Comme l’Introït et l’Alléluia, il est tiré d’un psaume de David, le psaume 16, encore une prière très suppliante mais pleine de confiance :

Perfice gressus meos in semitis tuis, ut non moveantur vestigia mea : inclina aurem tuam, et exaudi verba mea : mirifica misericordias tuas, qui salvos facis sperantes in te, Domine.

Affermissez mes pas dans vos sentiers, afin que ma démarche ne soit pas ébranlée. Tendez l’oreille et écoutez mes paroles, faites éclater vos miséricordes, vous qui sauvez ceux qui espèrent en vous Seigneur.

On voit que ce texte est voisin de celui de l’Alléluia, puisqu’on y retrouve même les mots inclina aurem tuam, mais qu’il y a quand même une nuance ;  ici c’est la prière du juste, celui qui accomplit fidèlement la volonté de Dieu et fait valoir cette qualité pour obtenir d’être exaucé. De plus il demande à être soutenu dans cette voie de fidélité. Cette demande s’exprime par une mélodie très calme et contemplative, avec de nombreuses notes longues qui lui donnent un certain caractère d’immobilité, marquant l’assurance du juste dans l’observance de la loi de Dieu, mais elle est en même temps très expressive avec des accents bien soulignés.

emission_radio_pent6multiplicationpains1

Communion : Circuibo

Nous retrouvons dans la Communion du sixième dimanche après la Pentecôte le psaume 26 que nous avions déjà trouvé plusieurs fois les deux dimanches précédents. Et c’est aujourd’hui le quatrième psaume de David qui exprime sa confiance en Dieu, et plus particulièrement ici sa reconnaissance pour la protection que le Seigneur lui accorde sans cesse :

Circuibo, et immolabo in tabernaculo ejus hostiam jubilationis : cantabo, et psalmum dicam Domino.

Je me tiendrai assidûment dans le Temple et j’y présenterai mon offrande avec joie : je chanterai et psalmodierai pour le Seigneur.

Cette offrande que nous présentons joyeusement à Dieu est évidemment l’Eucharistie, et ce chant convient particulièrement bien au moment de la communion. La mélodie de ce chant d’action de grâces est joyeuse, paisible et légère avec un grand crescendo progressif qui s’élève jusqu’au mot hostiam. Puis la deuxième phrase est plus calme et intérieure, presque extatique.

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion . C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…