Office des complies du dimanche

Merci de lire ce message avant de cliquer pour écouter la bande-son.

La gratuité des services multiples qu’offre la Toile est bien appréciable et nous en profitons tous.
Elle présente toutefois des limites et peut-être en êtes-vous conscient.
Nous nous réjouissons du succès de l’émission que nous mettons en ligne dès le lundi de chaque semaine que Dieu fait. Mais force est de constater que cela occasionne un dépassement de trafic. Si nous voulons éviter les problèmes rencontrés récemment (blocage complet), il nous faut désormais payer. Si vous ajoutez à cela le remplacement inévitable d’un matériel d’enregistrement vieillissant après quinze années de loyaux services, la location d’un local pour notre secrétariat et l’entrepôt du stock de la boutique en ligne, le paiement d’un informaticien pour assurer la maintenance de notre site, etc., vous aurez vite compris qu’il nous faut de l’aide matérielle si vous voulez continuer à nous écouter.
Il ne vous reste plus qu’à choisir entre l’adhésion à l’association (10€), l’abonnement à la revue (32€), un don déductible de vos impôts (envoyer un chèque au siège de l’association) , des achats en ligne.

Merci de votre compréhension, de votre aide pour que se poursuive notre mission de promotion de cette sublime prière chantée à laquelle vous êtes comme nous attaché.

Complies, vient du latin complere achever, compléter, parce que cet Office couronne, complète, les autres Heures du jour. C’est la prière liturgique du soir ou du coucher. Elle est admirablement adaptée à cette fin. 
Nous prions à cette heure : 1° Pour imiter N. S. qui, après la Cène, fit une longue prière au jardin des Oliviers, et pour honorer la sueur de sang qu’il y versa pour nos péchés ; 2° pour consacrer à Dieu le repos de la nuit ; 3° pour nous rappeler le souvenir salutaire de la mort, dont le sommeil est l’image ; 4° pour nous armer nous-mêmes et implorer la protection de Dieu contre la malice du démon, qui choisit de préférence le temps des ténèbres pour nous tendre ses embûches. 

– Ces phrases proviennent de l’indispensable site Introibo qui vous procurera tout le déroulement de cet office auquel nous consacrons exceptionnellement cette émission tant il nous semble capital de revenir à la prière de l’Église.   Il s’agira des complies des dimanches.

– Écoutez la bande sonore de cette émission en cliquant sur le petit triangle à gauche du curseur ci-dessous.

Nous ferons appel aux séminaristes de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre qui ont enregistré en 2018 un intéressant disque consacré à la fête de la Toussaint et à cet office du soir dans son ton romain.
Voici ci-dessous la recension de ce disque parue dans le numéro 319 de notre revue à la fin 2018. Nous n’extrayons que ce qui concerne les complies.

Gaudeamus omnes
(Toussaint – Complies du dimanche)
Chœur des séminaristes de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre

Le dernier disque compact de l’ « Institutum Christi Regis Summi Sacerdotis » de Gricigliano, en Toscane (Italie), nous donne à entendre les cinq pièces du Propre de la messe de la Toussaint du 1er novembre, le Kyriale VIII bien connu en paroisse (La « Messe des Anges »), l’office des complies du dimanche et enfin toutes les antiennes mariales.

L’ensemble est fort agréable à écouter. Les séminaristes sont appelés à rejoindre des paroisses et leur chant est plus proche de cette ambiance que de celle à laquelle nous ont habitués les abbayes dans leurs nombreux enregistrements si précieux.

C’est très net dans l’interprétation du grand chœur qui alterne avec le petit chœur, beaucoup plus léger et plus respectueux d’alléger les syllabes finales et de soigner le legato.

L’on retrouve ce coté « messe dominicale » avec un accompagnement d’orgue dans toutes les pièces, y compris dans le graduel et l’offertoire. Sa présence est là à mon sens moins souhaitable…

Mais ces voix jeunes aux intonations conquérantes et enthousiastes nous font vite oublier ces menues réserves.

L’interprétation suit la traditionnelle méthode dite de Solesmes que la Schola Saint-Grégoire du Mans enseigne au séminaire depuis de nombreuses années par des stages réguliers. L’articulation est dynamique à souhait et l’on est cette fois en revanche loin du chant de la chorale paroissiale qui, trop souvent, allonge les notes épisémées, les salicus, et alourdit ainsi désespérément le tempo.

Nos séminaristes devenus desservants de lieux de culte sauront donner charitablement quelques bons conseils à certains chefs de schola !

Les complies du dimanche :

Le vocable Complies, toujours au pluriel, vient du latin completorium qui veut dire « achèvement » et plus précisément du latin ecclésiastique completa (hora) c’est-à-dire « l’heure qui achève l’office ». On donne ce nom à la dernière des « petites heures » de l’Office divin, qui termine la journée. C’est donc la prière du soir liturgique. C’est pourquoi, en plus des éléments habituels des petites heures, elle commence par l’examen de conscience et le Confiteor, eux-mêmes introduits par une courte lecture d’une Épître de saint Pierre « Frères, soyez sobres et vigilants, car votre adversaire le diable rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, forts dans la foi ».

On trouve ensuite, comme dans les autres petites heures :

  • L’invocation initiale Deus in adjutórium meum inténde (« Seigneur venez à mon aide »),
  • Trois psaumes choisis pour leur convenance à cette heure du jour. Depuis saint Pie X, ils varient chaque soir. Le dimanche, et les jours de fête, ce sont :
    • Le psaume 4, psaume de fin de journée et de préparation au repos ;
    • Le psaume 90, qui invoque la protection des bons anges tandis que descend l’heure des ténèbres ;
    • Le psaume 133, qui est une courte doxologie invitant à la prière et à la louange incessante, de jour comme de nuit.

Ces trois psaumes sont chantés sur un ton très simple, le ton 8G (terminaison à un accent avec deux syllabes de préparation).

  • Une hymne dont le texte est toujours le même : Te lucis ante términum…, avec des mélodies qui peuvent varier. On y demande la protection divine contre les mauvais songes et les tentations nocturnes.
  • Un répons bref dont le texte est bien connu : In manus tuas Dómine, comméndo spíritum meum (« Entre vos mains, Seigneur, je remets mon esprit »), dernières paroles du Christ avant de mourir sur la croix.
  • Les complies comprennent également un cantique évangélique, comme les offices plus solennels des laudes et des vêpres. Il s’agit ici du cantique Nunc dímittis du vieillard Siméon au jour de la Présentation : « Maintenant, Seigneur, laissez aller en paix votre serviteur selon votre parole »…
  • Après l’oraison finale, les complies se terminent toujours par l’antienne à la Sainte Vierge du temps : Alma Redemptóris Mater, Ave Regína Cælórum, Regína Cæli ou Salve Regína.

L’office des complies a été peu enregistré. La forme ordinaire du rit romain est représentée par la Communauté des Béatitudes ou l’abbaye de la Pierre-qui-Vire, en français. Seule celle de Saint Wandrille a enregistré l’office en latin (couplé avec les vêpres).

Trois disques ont jusqu’alors honoré les complies dans la forme extraordinaire selon les livres de 1962. À tout seigneur tout honneur, c’est le chœur monastique de Saint-Pierre de Solesmes, dirigé en 1958 par Dom Joseph Gajard, qui commença. Treize plages lui étaient consacrées, après les vêpres du dimanche.

Il s’agissait des complies monastiques, certes peu différentes. Mais les psaumes sont toujours ceux du dimanche et les moines, les sachant par cœur, peuvent les chanter dans l’obscurité du soir, ce qui rend cet office recueilli et impressionnant.
L’office monastique ne comporte ni le répons In manus Tuas, ni le cantique de Siméon.

En 2002, le séminaire Saint-Thomas-d’Aquin de la Fraternité Saint-Pie X avait publié, dans le volume 5 de sa série Chant Compendium de larges extraits de l’office au Temps de Noël. La prise de son, in vivo, était trop précaire pour une diffusion à un large public.

C’est la Schola Bellarmina qui nous offrit l’office le plus complet en 2010 (CD 24, soit le second du volume 12 de la collection L’Année liturgique en chant grégorien). Il faut acheter le volume 13 (Motets grégoriens) pour avoir les hymnes mariales.
Il y a bien le In manus Tuas de l’Avent et de Pâques, mais seulement l’hymne Te lucis ordinaire et celle festive dite de ton n° 2.

En 2014, c’est la Fraternité Saint-Pierre qui publie un disque exclusivement consacré aux complies, portant le titre évocateur de In manus tuas.
Les séminaristes avaient enregistré quatre versions du Te lucis de différents temps liturgiques mais il manquait le ton 2, celui des fêtes de Ire classe. Or c’est précisément cette version que leurs confrères de Gricigliano nous permettent d’écouter dans le présent disque.

Nous avons pu déceler certaines faiblesses dans l’interprétation du grand chœur dans la première partie, parfois un peu lourd. La remarque est caduque dans ces complies, peut-être par une meilleure position des micros car il semble bien que le petit chœur est toujours là, et qu’il ne s’agit pas d’un échange entre deux formations choristes en nombre égal.

Force est de constater que le legato et le phrasé n’ont rien à envier aux plus belles scholas monastiques.

Le disque s’achève avec les quatre antiennes mariales, tant dans leur ton simple que solennel, ce qui conclut magnifiquement ce bel office du soir.

Voici une excellente interprétation des complies dans leur version romaine. Il n’y a pas de plus belle prière du soir que cet office et nous ne pouvons que la recommander à tous ceux qui veulent s’unir à la prière de l’Église et la réciter pour clore la journée, au moins le début et la fin. Et désormais, vous pourrez la chanter !

Rien que pour cela, nous n’hésitons pas à vous conseiller vivement cet enregistrement que vous pourrez vous procurer sur la boutique en ligne d’Una Voce*.

Oui, messieurs les abbés, pour ce beau travail, toute notre gratitude vous est acquise !

Patrick Banken

* ou directement à l’ICRSP : Villa Martelli – Via di Gricigliano, 52 – 50065 SIECI (FI) – Italie

+39.055.830.96.22 –

 

0 Partages