L'émission, avec souvent des interprètes différents et plus complète (elle dure presque 60'), est diffusée trois fois par semaine sur Radio Courtoisie.
► Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face, Vierge, Patronne secondaire de la France a rendu sa belle âme à Dieu, à l’âge de 24 ans, le 30 septembre 1897. La date de sa fête liturgique est le 3 octobre (le 1er octobre selon le nouveau calendrier de 1969) mais la solennité, qui n’est pas obligatoire, se fait le dernier dimanche de septembre en France dans l’Ordo selon les livres liturgiques de 1962.Les fichiers-son et le textes des commentaires de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus sonten page d’accueil ici. Pour ceux d’entre vous qui fréquentent des lieux de culte où la fête ne sera pas solennisée, et pour nos amis hors de la France qui nous suivent chaque semaine, (ils nous le font savoir et nous les remercions de leur fidélité), nous disposons ci-dessous le XVIIe dimanche après la Pentecôte.
C‘est à l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes que nous vous convions cette semaine. Nous sommes en novembre de l’an de grâce 1967 et Dom Joseph Gajard est à la tête de sa schola monastique qu’il dirige depuis 1914 quand il succéda à Dom Mocquereau. Le Label « Universal » a opportunément réédité ce précieux enregistrement en 2004 à partir des masters originaux. Les huit chants de la fête du Christ-Roi ont été enregistrés antérieurement, en juin 1958.
Dimanche 27 septembre 2026 Dominica Decima octava post Pentecosten DIX-HUITIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE Vert – IIe classe
Le paralytique portant son lit forme le sujet de l’Évangile du jour, et donne son nom au dix-huitième dimanche après la Pentecôte. L’épisode de la guérison du paralytique, qui fut pour Jésus l’occasion d’affirmer son pouvoir de remettre les péchés en tant que Fils de l’homme, a toujours été particulièrement cher à l’Église. Les fresques des catacombes, parvenues jusqu’à nous, attestent encore la prédilection qu’elle inspira pour ce sujet aux artistes chrétiens des premiers âges.
►Introït : Da pacem
En ces derniers dimanches après la Pentecôte, nous allons trouver de plus en plus de chants du propre de la messe tirés, non du livre des psaumes, mais d’autres livres de l’ancien testament ; ce sera le cas en ce dix-huitième dimanche de l’Introït et de l’Offertoire. De plus ce dimanche figure au missel à la suite des Quatre-Temps de septembre, dont il est toujours proche même si une ou deux semaines l’en séparent. Nous avons déjà parlé du samedi des Quatre-Temps à propos du quatrième dimanche de l’Avent et de l’Alléluia de la fête de la Sainte Trinité ; ce samedi était dans l’Église primitive le jour des ordinations sacerdotales, dont la cérémonie durait toute la nuit et servait de messe du dimanche. Lorsqu’elle fut avancée au samedi matin, il fallait une autre messe pour le dimanche, qui était le plus souvent le dix-huitième après la Pentecôte. On choisit celle de la dédicace de la basilique de Saint-Michel à Rome, qui était célébrée le 29 septembre (nous en reparlerons à propos de cette fête), date également proche de ce dimanche. Seul l’Alléluia actuel y fut introduit plus tardivement. Ces considérations historiques étaient nécessaires pour comprendre pourquoi les chants de cette messe se rapportent spécialement au sacerdoce des prêtres, et à la consécration des églises, deux éléments directement ordonnés au culte divin. Le texte de l’Introït s’inspire d’un passage du livre de l’Ecclésiastique, mais en le modifiant un peu :
Da pacem, Domine, sustinentibus te, ut prophetæ tui fideles inveniantur : exaudi preces servi tui, et plebis tuæ Israel. Donnez la paix, Seigneur, à ceux qui se confient en Vous, que vos prophètes soient trouvés fidèles : exaucez les prières de votre serviteur et de votre peuple Israël.
En réalité le texte biblique ne parle pas de paix. Il demande seulement au Seigneur d’exaucer les prières de ses serviteurs, en étant fidèle à ses promesses transmises par les prophètes, et en sauvant son peuple : c’est intentionnellement que la liturgie a rajouté à ce texte l’idée de la paix, en relation d’ailleurs avec le psaume 121, dont le début est chanté comme verset de cet Introït et qu’on va retrouver au Graduel :
Lætatus sum in his quæ dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus. Je me suis réjoui de ce qu’il m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur.
C’est dans la maison du Seigneur, figure de l’Église, que les fidèles trouvent la paix, ainsi que le chante un autre verset du même psaume, que nous retrouverons également au Graduel, et où les prophètes, ceux qui annoncent les paroles de Dieu, rappellent les promesses du Seigneur qui s’accomplissent avec fidélité. C’est là enfin que sont exaucées les prières du peuple chrétien, l’Église des âmes, avec à sa tête le serviteur, le prêtre, que la liturgie met ici au singulier (servi tui). La mélodie de cet Introït est très suppliante et pleine de ferveur, avec un grand élan dès le début. Mais elle est également très douce et comme le dit Dom Gajard : « Ce chant qui est destiné à demander la paix, finit par nous donner la paix ».
►Graduel : Lætatus sum
Nous retrouvons dans la première partie du Graduel du dix-huitième dimanche après la Pentecôte le premier verset qui était déjà celui de l’Introït du psaume 121 ; le texte de la deuxième partie est également tiré de ce psaume, et on y retrouve l’idée de paix qui figurait aussi dans l’Introït.
Lætatus sum in his quæ dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus. Fiat pax in virtute tua : et abundantia in turribus tuis. Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur. Que la paix soit dans tes remparts et l’abondance dans tes greniers.
» La maison du Seigneur » c’est le Temple de Jérusalem, vers lequel les hébreux montaient en chantant ce psaume, et qui est comme toujours la figure de l’Église où nous trouvons la paix et l’abondance spirituelle. Ce Graduel était déjà celui du quatrième dimanche de Carême, messe où il était beaucoup question de Jérusalem, figure de la Sainte Église, notre mère, se réjouissant par avance des nouveaux enfants qui allaient lui arriver ou lui revenir à Pâques. Mais le Temple de Jérusalem c’est aussi la figure de la Jérusalem céleste à laquelle nous aspirons. Nous sommes maintenant dans les derniers dimanches de l’année liturgique, et la pensée de l’Église se fixe de plus en plus sur la récompense éternelle que nous nous efforçons d’obtenir, le ciel où nous jouirons enfin de la paix parfaite. La mélodie de ce Graduel est très légère et très enthousiaste, s’élevant sans cesse dans les hauteurs, mais s’abaissant aussi dans le grave à la fin de la première partie pour vénérer le nom du Seigneur.
►Alléluia : Timebunt gentes
L‘Alléluia du dix-huitième dimanche après la Pentecôte ne vient pas comme les autres chants de cette messe de celle de la dédicace de la basilique Saint-Michel, mais y a été ajouté plus tardivement. Le texte n’est pas le premier verset d’un psaume, comme c’est le plus souvent le cas en ce temps liturgique ; il est tiré du psaume 101, dont le premier verset était chanté à l’Alléluia du dimanche précédent, et le texte de celui-ci figurait déjà au Graduel du seizième dimanche. L’Église insiste sur ce texte qui annonce le retour glorieux du Seigneur à la fin des temps pour juger tous les peuples.
Timebunt gentes nomen tuum, Domine : et omnes reges terræ gloriam tuam. Les nations révéreront Votre nom, Seigneur, et tous les rois de la terre Votre gloire.
Ce texte se situe donc bien dans l’ambiance générale des derniers dimanches après la Pentecôte La mélodie est assez ample, faite de grandes vocalises très souples, s’élevant à l’aigu et redescendant au grave en calmes ondulations progressives sans grands intervalles, donnant à l’ensemble une ambiance très paisible.
►Offertoire : Sanctificavit
Nous retrouvons dans l’Offertoire du dix-huitième dimanche après la Pentecôte le thème de la consécration de l’église, lieu où est offert le sacrifice. Le texte est tiré de l’Ancien Testament au livre de l’Exode et raconte le premier sacrifice offert par Moïse au Sinaï, quand fut conclue l’alliance entre Dieu et son peuple.
Sanctificavit Moyses altare Domino, offerens super illud holocausta, et immolans victimas : fecit sacrificium vespertinum in odorem suavitatis Domino Deo, in conspectu filiorum Israël. Moïse consacra un autel au Seigneur, offrant sur lui des holocaustes et immolant des victimes. Il fit ainsi en présence des enfants d’Israël le sacrifice du soir d’une agréable odeur au Seigneur Dieu.
Ce premier sacrifice de l’ancienne alliance était évidemment la figure du sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui se renouvelle maintenant sur les autels de nos églises, et ce chant convient particulièrement au moment de l’Offertoire de la messe, où ce sacrifice est offert à Dieu par le prêtre et où nous nous offrons nous-mêmes en union avec lui. La mélodie de ce récit mémorable est très solennelle, joyeuse et affirmative. Elle forme un long récitatif très orné qui culmine sur le mot victimas puis elle s’apaise progressivement, descendant même dans le grave avant la conclusion très calme.
►Communion : Tollite hostias
Le texte de l’antienne de Communion du dix-huitième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 95, chant de louange invitant tous les peuples à venir rendre grâce au Seigneur, juge souverain. Comme celui de l’Offertoire de ce dimanche, le verset que nous trouvons ici se réfère directement au sacrifice qui est offert sur l’autel.
Tollite hostias, et introite in atria ejus : adorate Dominum in aula sancta ejus. Apportez des offrandes et entrez dans ses parvis : adorez le Seigneur dans son temple saint.
Nous aussi, nous venons dans l’Église pour remercier le Seigneur, l’adorer profondément et nous offrir nous-mêmes en union avec le sacrifice du Christ qui se renouvelle sur l’autel. La mélodie de cette antienne est dans l’ensemble légère et assez douce, mais on remarquera sur les mots adorate Dominum une descente au grave un peu retenue exprimant une profonde adoration.
LLe site nord-américain Musica Sacra (cliquez sur 1962 Missel puis choisissez l’antienne) nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette l’antienne de Communion. C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter…
L'émission, avec souvent des interprètes différents et plus complète (elle dure presque 60'), est diffusée trois fois par semaine sur Radio Courtoisie.
Sanctæ Terésiæ a Jesu Infánte Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (le 3 octobre) Vierge et docteur de l’Église IIIe classe – Blanc En France : Patronne secondaire IIe classe Solennité facultative le dimanche 27 septembre 2026
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face, Vierge, patronne secondaire de la France a rendu sa belle âme à Dieu, à l’âge de 24 ans, le 30 septembre 1897. La date de sa fête liturgique est le 3 octobre (le 1er octobre selon le nouveau calendrier de 1969) mais la solennité, qui n’est pas obligatoire, se fait le dernier dimanche de septembre en France dans l’Ordo selon les livres liturgiques de 1962. L’on peut très bien célébrer le dix-septième dimanche après la Pentecôte qui est en ligne. Nous pensons à nos amis de pays où n’est pas faite cette solennité et qui sont fidèles à notre émission hebdomadaire, notamment nos nombreux auditeurs hors de France !
– Le compteur de ce site nous apprend que vous êtes très nombreux à profiter de ces fichiers audio et nous nous réjouissons que puisse ainsi rayonner la louange divine. Sachez toutefois que nous ne pouvons compter que sur votre aide matérielle pour faire face à nos inévitables frais (achat de disques, de matériel audio, informatique…)
Comme déjà précisé, la solennisation de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face, Vierge, patronne secondaire de la France, n’est pas obligatoire Elle peut se faire le dernier dimanche de septembre en France dans l’Ordo selon les livres liturgiques de 1962.
Force est de constater que les lieux de culte de notre pays où est célébrée cette messe tridentine restent attachés à cette solennité. N’oublions pas que « la plus grande sainte des temps modernes » selon la célèbre expression de saint Pie X, fut canonisée en 1925, déclarée patronne des missions en 1927, co-patronne de la France (avec sainte Jeanne d’Arc) en 1947 et docteur de l’Église en 1997 pour le centenaire de sa mort.
Seule, à ma connaissance, la Schola Bellarmina a enregistré la totalité des cinq chants du propre de la messe composée en 1925 lors de la canonisation. Le site Sacra Musica vous donnera de précieuses informations.
Ces pièces ne sont pas aisées à interpréter pour des chorales non expérimentées. Les textes sont pour la plupart trop longs et s’adaptent mal aux mélodies extraites du fond grégorien ancien. Il n’en demeure pas moins qu’ils évoquent fort bien ce que fut cette âme simple, si haute, et les mystérieuses relations qu’elle eut avec le Seigneur son Dieu.
Je m’inspirerai des commentaires que Dom Ludovic Baron a rédigés dans le IIIe tome de son ouvrage majeur : L’Expression du chant grégorien publié à Kergonan, en 1948.
► Introït : Veni de Líbano
Veni de Líbano, sponsa mea, veni de Líbano, veni ; Viens avec moi du Liban, mon épouse, viens avec moi du Liban ;
Vulnerásti cor meum, soror mea sponsa, vulnerásti cor meum ; Tu m’as blessé au Cœur, ma sœur, mon épouse, tu m’as blessé au Cœur.
Dans ces deux versets du Cantique des Cantiques, c’est le Christ qui appelle l’Église, son épouse, du cri de l’amour qui, comme un feu, le brûle. Ce cri est pour chacun de nous. Dans la mesure où nous avons su cultiver en nous le sens divin de la foi, nous l’entendons qui nous convie pour des entretiens courts ou prolongés.
Que de fois ne l’entendit-elle pas, la petite Sainte ! Le jeudi Saint, 2 mai 1896, lorsque, dans l’obscurité de sa cellule, elle eut son premier crachement de sang, elle le perçut plus vif, « comme un lointain murmure qui annonçait l’arrivée de l’époux ». Le murmure se précisa, à mesure que l’amour, s’intensifiant, creusait dans le cœur de l’Époux une blessure plus cuisante. Elle n’en a plus parlé mais au moment de sa mort son dernier mouvement, lorsqu’elle ouvrit les yeux et les tint fixés vers le ciel, le temps d’un Credo, brillants de paix céleste et d’un bonheur indicible, n’était-il pas la réponse au suprême vent ?
C’est cet appel du dernier instant, éternellement prolongé dans l’éternelle union, que le Christ chante par notre voix au matin de sa fête. Admirable ouverture de ce drame d’amour auquel nous sommes conviés.
La mélodie est calquée sur la mélodie de l’introït Tibi dixit cor meum du mardi de la deuxième semaine de Carême. D’après Dom Baron, le calque est très réussi. Le mouvement mélodique est très réduit. Mais quelle mélodie traduirait bien ce chant mystérieux qui va de l’âme du Christ à l’âme qui s’est donnée à lui ? Le Psaume 112 vient alors, comme la voix de l’Église ou, si l’on veut, comme celle de la Sainte, nous invitant à chanter le Roi d’amour.
Laudáte púeri, Dóminum ; laudáte nomen Dómini Louez le Seigneur, enfants, louez de nom du Seigneur.
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► Graduel : Confíteor tibi
Comme je l’ai annoncé, j’utiliserai le coffret de la Schola Bellarmina publié en 2013, précisément le troisième CD de ce volume 15 consacré au Commun des saints. Hervé Lamy et Vincent Lecornier sont sous la direction de Bernard Lorber. Dom Baron, pour commenter le graduel qui va suivre, cite un extrait du passionnant ouvrage de sainte Thérèse, « Histoire d’une âme ». Le voici :
Je voudrais trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus… J’ai demandé aux livres saints… et j’ai lu ces mots sortis de la sagesse éternelle « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi ». Je me suis donc approchée de Dieu et, voulant savoir encore ce qu’il ferait au tout petit, j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein, je vous bercerai sur mes genoux ». Ah ! Jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses ne sont venues réjouir mon âme. O mon Dieu, vous avez dépassé mon attente, je veux chanter vos miséricordes ! Vous m’avez instruite dès ma jeunesse. [Fin de citation].
C’est ce qu’elle chante dans le graduel par notre voix avec l’Évangile de saint Matthieu.
Confíteor tibi, Pater, Dómine cæli et terræ, quia abscondísti hæc a sapiéntibus, et prudéntibus, et revelásti ea párvulis Je vous bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, car vous avez caché ces choses aux sageset aux prudents de ce monde et les avez révélées aux petits.
Dómine, spes mea a juventúte mea. Seigneur, dès mon enfance, j’ai espéré en vous.
La première phrase est toute recueillie dans une joie profonde. Dès le début de la seconde un mouvement d’exaltation assez inattendu se dessine et va s’épanouir sur une formule originale celle-là qui chante avec beaucoup de bonheur l’allégresse de la sainte évoquant ces paroles divines, qui furent pour elle « si tendres et mélodieuses ». Sur les belles formules des grandes allégresses, la joie de la petite sainte exulte ici du commencement à la fin.
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Nul doute que peu de chorales peuvent interpréter ce graduel que nous venons d’entendre. il est alors conseillé de le psalmodier. Voici ci-dessous une psalmodie extraite d’un ouvrage, hélas épuisé, édité par Desclée en 1955.
Il ne s’agit pas de l’extraordinaire Abrégés des graduels, alléluias et traits sur des formules anciennes de 1934, encore plus difficile à trouver. Après tout, rien ne vaut un exemple in vivo et je me lance à vous la chanter seul !
► Alléluia : Quasi rosa
« Ma Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus va bientôt mourir… je me demande vraiment ce que notre Mère pourra en dire après sa mort ! Elle sera bien embarrassée ! Cette petite sœur, tout aimable qu’elle est, n’a pour sûr rien fait qui vaille la peine d’être raconté ! » Ainsi parlait une sœur converse du couvent de Lisieux, pendant l’agonie de sainte Thérèse. Pouvait-elle penser que cette même « petite sœur » serait déclarée patronne des missions par le pape Pie XI, et patronne secondaire de la France avec sainte Jeanne d’Arc ! Que les premières démarches en vue de sa béatification seraient faites à peine douze ans après sa mort, et que deux ans après elle serait canonisée ! Que sa vie serait traduite en plus de trente-cinq langues ! Elle qui voulait rester toute petite et lutter contre l’orgueil : par la simple phrase de la sœur converse, elle avait gagné.
Sa vie a été consacrée à la confiance absolue en l’amour qui culmine dans l’acte d’offrande en l’Amour miséricordieux, du 9 juin 1895 : « Afin de vivre dans un acte de parfait amour, je m’offre comme victime d’holocauste à Votre Amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous. »
Les paroles de l’Ecclésiastique qui nourrissent le texte de l’alléluia de la fête correspondent bien à ce que la petite Thérèse a su entendre.
Il n’est que de citer cette phrase de l’ « Histoire d’une âme » :
« Le petit enfant jettera des fleurs, il embaumera de ses parfums le trône divin, il chantera de sa voix argentine le cantique d’amour ».
Voici ce texte scripturaire, beaucoup trop long pour un verset d’alléluia, le plus copieux du répertoire, mais magnifique…
Quasi rosa plantáta super rivos aquárum fructificate : quasi Libanus odórem suavitátis habete : florete, flores, quasi lílium, et date odórem, et frondete in grátiam, et collaudate cánticum, et benedicite Dóminum in opéribus suis. Croissez comme la rose plantée sur les bords des eaux : comme le Liban répandez votre parfum suave : semblable au lys, faites éclore vos fleurs et exhalez vos parfums, parez-vous de beauté, chantez un cantique et louez le Seigneur pour la grandeur de ses œuvres.
Dom Baron nous donne quelques informations techniques sur la façon dont on a procédé pour trouver une mélodie sur un texte aussi étendu. Écoutons-le :
On a choisi celle de l’alléluia du Xe dimanche après la Pentecôte. On en a répété la première phrase et on a appliqué à floréte flores, qui s’imposait comme mot central, l’admirable vocalise de la fin. Cela fait, il restait la moitié du texte. Fort heureusement ce même alléluia se trouve avoir un second verset, tout autre, tant pour le texte que pour la mélodie. Il est en usage pour la fête de saint Alexis le 17 juillet, au supplément pour certains lieux. On a eu l’idée, après une incise de transition sur quasi lílium de le joindre au premier et, par de très habiles sutures, on a fait l’unité. Autant que faire se pouvait ; car on sent tout de même les deux mélodies, d’autant que la vocalise finale ne reproduisant pas le jubilus de l’alléluia, un lien puissant fait ainsi défaut dans l’ensemble.
Les chorales qui se sont frottées à cet alléluia en connaissent la redoutable difficulté. Je vous propose de l’écouter par la Schola Bellarmina et ensuite de découvrir une psalmodie que Bernard Lorber avait eu la délicate courtoisie d’enregistrer pour notre schola. C’est un enregistrement privé, à la technique précaire, mais qui pourra fournir une aide à certains chanteurs.
La psalmodie chantée par l’abbé est simple, proche du recto tono. Si vous en voulez une plus ornée, en voici une, issue de l’ouvrage précédemment évoqué plus haut. Je l’ai très légèrement modifiée…
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► Offertoire : Magníficat
La vie apparemment obscure de Thérèse dans son couvent, occupée par de simples tâches (balayage, couture, travaux ménagers…), fut en réalité un long combat caché contre elle-même, et sa nature difficile. D’après les notes prises par sa sœur Céline, on apprend que Thérèse montra dès l’enfance un caractère orgueilleux et obstiné. Avant de devenir la religieuse souriante, serviable et humble, elle fut tout le contraire : dépressive, scrupuleuse à l’extrême, capricieuse, excessivement fragile. Elle fut jusqu’à la fin de sa vie atteinte par d’affreux doutes, mais s’abandonna à la confiance de l’Amour de son Divin époux. Elle ne fléchit jamais, même durant le long combat contre la mort que Dieu lui réserva comme ultime épreuve.
Le Magnificat avec son humble exultation convenait après l’Évangile de saint Matthieu où l’on a entendu pour finir « Quiconque s’abaissera comme cet enfant, celui-là est grand dans le Royaume des cieux ». Elle y est dans le Royaume notre Sainte. Et grande. Et elle y exulte, chantant à jamais son Magnificat. Ne l’a-t-elle pas déjà esquissé sur la terre ? Elle ne s’est jamais regardée que comme toute petite, elle l’a écrit à toutes les pages de son Histoire ; que comme servante, la servante qui ne cherche qu’à « faire plaisir ». Et elle a eu cette simplicité merveilleuse, cette humilité suprême de dire, parce que l’Esprit l’y poussait, que « le Seigneur fera par moi des merveilles qui surpasseront infiniment mes immenses désirs…Personne ne m’invoquera sans recevoir de réponse… Je ferai tomber, après ma mort, une pluie de roses… « . Avec elle, chantons-le, nous aussi le Magnificat, pour remercier Dieu de nous avoir donné sa servante pour nous servir, et, par elle, de faire en nous les grandes choses qu’il veut.
Magníficat ánima mea Dóminum : et exsultávit spíritus meus in Deo salutári meo : quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ : fecit mihi magna qui potens est. Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur : car il a jeté les yeux sur son humble servante, il a fait en moi de grandes choses.
La mélodie est celle de l’offertoire Jubiláte du IIe dimanche après l’Épiphanie qui a été choisie. Évidemment si habile qu’il soit, le calque ne vaut pas l’original. Cela mis à part, il est très satisfaisant. On aurait pu croire que l’enthousiasme grandiose du Jubiláte se fût mal accordé avec de telles paroles sur des lèvres si délicates. Mais la seconde phrase a été laissée de côté. On peut le regretter ; en fait elle eût été de trop. La joie de la première, avec sa belle progression sur ánima mea et sur le salutárimeo, suffit à la louange contemplative en extase éternelle devant son Dieu et son Sauveur. Et son humilité est splendidement glorifiée sur les motifs exaltants de veníte et de audíte, dans l’original. La discrétion, l’intimité qui caractérisent le quanta fecitánimæ meæ dans le Jubiláte viennent ici sur fecit mihi magna ; l’idée est la même et la mélodie devenue intérieure, enveloppe de mystère cette opération du Seigneur dans l’âme de sa chère petite Sainte.
► Communion : Circumdúxit
« Je ne suis pas un guerrier qui combat avec des armes terrestres, mais avec le glaive de l’esprit qui est la parole de Dieu. Aussi la maladie n’a pu m’abattre…Je l’ai dit : je mourrai les armes à la main ». Ses paroles au cours de son agonie résument toute l’ardeur combative et toujours dans l’humilité : « Oui… il me semble que je n’ai jamais cherché que la Vérité… Oui, j’ai compris l’humilité du cœur ». Thérèse avait vaincu, et sereinement, après de longues et interminables souffrances, elle rendit son âme à Dieu. Elle avait vingt-quatre ans. C’était le 30 septembre 1897.
Circumdúxit eam, et dócuit : et custodívit quasi pupíllam óculi sui. Sicut aquila expándit alas suas, et assúmpsit eam, atque portávit in húmeris suis. Dóminus solus dux eius fuit. Il l’a entouré et a pris soin d’elle : il l’a gardée comme la prunelle de ses yeux. Comme l’aigle il a déployé ses ailes, l’a enlevée et emportée sur ses épaules. Le Seigneur seul fut son guide.
C’est Moïse qui chantait ainsi, au peuple réuni, ce que Dieu avait fait pour lui au cours de son histoire. Chant suprême d’action de grâces après lequel il mourut. L’Église n’a eu qu’à mettre les pronoms au féminin pour l’appliquer à sainte Thérèse et lui faire évoquer ce qu’elle a écrit de plus profond et de plus ardent : « Sans se montrer, sans faire entendre sa voix, il m’instruit dans le secret… Je suis destinée à devenir la proie de l’Aigle divin… » écrit-elle dans « Histoire d’une âme ». Et si l’on pense que c’est dans l’Eucharistie et par l’Eucharistie que se sont faits cette éducation, cette direction, cet envol ; si nous nous remettons en mémoire le récit qu’elle nous a fait de sa première communion : « Ah ! qu’il fut doux le premier baiser de Jésus à mon âme ! Oui, ce fut un baiser d’amour !… » et que nous songions à ce que toutes ses autres communions ont ajouté à cette fusion, à cette fusion qui s’achève maintenant dans « l’éternelle communion de la patrie » ; alors, quelle évocation splendide que le chant sur lequel s’achève la messe de sa fête !
L’original est la communion Pópulus acquisitiónis du jeudi de la semaine de Pâques. Le calque n’est pas serré et pour adapter la mélodie à la longueur du texte, on a dû ajouter la dernière phrase de la communion Vox in Rama des Saints Innocents.
Voici comment Bernard Lorber chantait cette antienne avec le Gloria Patri.